Chapitre 5
- Hotch...je suis désolée, se fut tout ce que JJ dit.
Hotch n'avait pas besoin d'entendre la suite. Il savait ce que ces mots voulaient dire. Reid n'était pas à Las Vegas et ils ne savaient pas où il se trouvait.
- J'ai essayé tous les endroits où il aurait pu être, mais rien du tout, poursuivit-elle.
La vue de JJ s'embrouilla et les larmes commencèrent à tomber sans aucune retenue. Hotch réalisa la lourdeur et la signification des paroles de JJ. Il osait à peine le croire.
- Ça ne veut pas dire pour autant qu'il s'est fait enlevé, essaya Hotch.
- Hotch...J'ai essayé de le rejoindre chez lui et sur son cellulaire, mais il n'y aucune réponse, dit JJ. Spence ne partirait pas sans dire un mot.
Hotch savait que JJ avait raison. C'était dur à admettre, mais Reid s'était fait enlevé et s'ils ne se mettaient pas rapidement au boulot, il serait retrouvé comme les autres. Hotch décida d'aller rejoindre Rossi, mais avant il demanda à JJ de l'avertir si jamais elle avait des nouvelles bonnes ou mauvaises.
Pendant ce temps, les agents Morgan et Prentiss arrivaient devant les blocs appartements où Reid résidait. Le trajet du BAU jusqu'à leur destination s'était fait dans le silence. Aucun d'eux n'osa dire quelque chose de peur de sortir une remarque, un commentaire, une phrase qui ne ferait que rendre la situation plus difficile qu'elle ne l'était déjà. Ce n'était pas la première fois que Reid se faisait enlevé, mais c'était bien la première où ils n'avaient aucune information quelle qu'elle soit. Rien du tout. Pas un indice, pas une piste. Il n'y avait que les meurtres précédents. Et cette information n'était pas réjouissante. Ils n'avaient aucune nouvelle de Hotch ce qui voulait probablement dire qu'il n'en avait aucune.
Ils étaient devant la porte de l'appartement de Reid. Tout semblait normal du moins pour l'instant. Morgan mit sa main sur la poignée et tourna. Étonnamment, la porte n'était pas verrouillée. Prentiss et Morgan se regardèrent un moment. Puis, ils sortirent leur arme de l'étui. Ils entrèrent, prudemment, dans l'appartement.
- Reid! appela Morgan dans l'espoir de découvrir son ami sain et sauf.
Aucune réponse ne se fit entendre. Ils avancèrent lentement dans le vestibule pour déboucher dans un petit salon où était en désordre. Il était évident que Reid avait eu de la visite, mais pas le genre de visite que l'on voudrait avoir. Il y avait des traces de bagarre. Reid avait dû essayer de résister à son agresseur mais en vain. Des livres étaient sur le plancher, un vase avait dû se fracasser au sol car il y avait de la vitre un peu partout. Les coussins du divan étaient sur le sol. Autre que cela tout était normal. Il n'y avait aucun signe de Reid dans l'appartement. Prentiss et Morgan commencèrent leur petite enquête. Il n'y avait aucun signe d'infraction ce qui était étrange. Comment le suspect avait-il pu entrer? Aucune fenêtre n'était brisée et le porte ne semblait pas avoir été forcée. Pourtant, Reid n'aurait jamais laissé entrer un inconnu chez lui. Il était trop prudent pour laisser quelqu'un qu'il ne connaissait pas envahir son espace. C'était moins que probable.
Rien ne laissait croire que Reid était sérieusement blessé pour le moment. Il n'y avait aucune trace sang, mais ça ne voulait pas dire qu'il était sain et sauf. Ils ne pourraient s'en doute pas identifier l'intrus avec ce qu'ils trouveraient dans l'appartement et ce s'ils trouvaient quelque chose. Plus tard, des experts dans ce domaine pourraient les éclairer. Les empreintes, des cheveux, en fait tout ce qui pouvait être relié à l'ADN. Ils cherchèrent partout dans l'appartement en quête d'indices pour les aider à trouver leur collègue et ami. Ils gardèrent la chambre de Reid pour la fin ne voulant pas violer l'intimité de Reid inutilement. N'ayant rien trouvé dans l'appartement, ils n'eurent d'autre choix que d'entrer dans son espace personnel.
Dans la chambre, tout était en ordre. Il y avait peu de meubles; un lit double, une table de nuit, une bibliothèque ce qui était peu étonnant et une garde-robe. La chambre était impersonnelle; pas de photo, la couleur des murs était beige, pas d'objet personnel.
- Ça me semble tellement inapproprié de fouiller à travers ses choses, dit Prentiss.
- Je sais, mais il faut ce qu'il faut pour le trouver. Il faut faire notre boulot comme d'habitude, soupira Morgan.
C'était facile à dire, mais pas à faire. Reid était pour eux un petit frère, un meilleur ami, un collègue et pour certains bien plus que cela. Et il était disparu depuis plusieurs heures, voir peut-être depuis vendredi. Alors que Morgan chercha dans les tiroirs de la table de nuit, Prentiss chercha dans la bibliothèque et dans la garde-robe. C'était tellement Reid d'avoir autant de livres un peu partout. Finalement, Morgan trouva quelque chose d'intéressant bien que perturbant dans les tiroirs de la table. Il trouva une dizaine de lettres qu'il lut furtivement.
- Reid. Oh ''Pretty Boy'', pourquoi n'as-tu rien dit! s'exclama Morgan avec colère.
- Qu'y a-t-il, Morgan? demanda Prentiss inquiète en se précipitant vers lui. Bon sang, Morgan, réponds.
Morgan ne répondit pas. À la place, il lui donna les lettres écrites il y a quelques semaines de cela. Toutes contenaient à peu près les mêmes éléments, toutes aussi troublantes. Prentiss resta immobile comme paralysée, choquée par les morts qu'elle lut sur les feuilles. Elle regarda Morgan sans dire un mot. Elle voyait dans ses yeux de la colère. De la colère contre Reid pour n'avoir rien, mais il en avait plus contre la personne qui avait écrite les lettres. Tous étaient de plus en plus inquiets pour Reid. Toutes ces lettres n'annonçaient rien qui vaille.
- Pourquoi n'a-t-il rien dit? On aurait pu le protéger, demanda Prentiss.
- J'en ai aucune idée, mais quand on va le trouver je vais lui chauffer les oreilles!
Morgan appela Hotch pour lui dire qu'ils avaient trouvé quelque chose d'intéressant sans en dire plus. Hotch lui demanda de terminer les cherches et de venir le rejoindre au BAU dès qu'ils pouvaient pour lui montrer ce qu'ils avaient. Et sur ce, il raccrocha pour faire face à sa collègue.
- On doit rejoindre Hotch avec les lettres, le plus vite possible. Maintenant, si on a rien d'autre, partagea Morgan.
- Je crois qu'on peut y aller maintenant. Je crois qu'on a fait le tour. Il n'y avait rien dans la bibliothèque ni dans la garde-robe, lui dit Prentiss.
- Tu es certaine? questionna Morgan.
- Oui.
Ils quittèrent l'appartement après avoir jeté un dernier coup d'œil. Ils se mirent rapidement en route vers le BAU. Prentiss, assise du côté passager, semblait perdue dans ses pensées. Elle regardait dehors sans jamais détourner le regard. Quant à Morgan, il avait les mains crispées sur le volant. Ce qu'il avait lu, l'avait profondément choqué. Et ramenait des souvenirs qu'il essayait d'oublier depuis longtemps. Il ne pouvait rester objectif quand il savait ce qu'il pouvait arriver à Reid en ce moment même.
Le trajet du retour se fit en silence. Les deux agents étaient tous deux perdus dans leurs pensées qui étaient toutes aussi semblables. Leur inquiétait ne faisait que s'accroitre. Ce genre de chose n'était pas sensé leur arriver; pas à eux, pas à Reid. Ça ne pouvait pas être réel. C'était surement un cauchemar, un mauvais rêve et lorsqu'ils se réveilleraient tout serait normal. Hélas, c'était bel et bien la réalité aussi laide qu'elle fut. Dans le SUV, l'air était glacial et le temps semblait s'être arrêté. Puis soudainement :
- Morgan! Attention! s'écria Prentiss qui avait quitté ses songes.
Morgan fut tiré de ses pensées et porta son regard sur la route. Il venait de passer sur une lumière rouge et avait manqué de se faire frapper par un camion. Il s'arrêta sur l'accotement et enfouit son visage sur ses mains qui n'avaient pas quitté le volant.
- Emily, je ne sais vraiment pas comment gérer cette situation, avoua-t-il avec difficulté.
Elle ne sut quoi répondre à cet aveu. Elle aussi avait du mal avec cette situation, mais elle n'était pas aussi proche de Reid comme l'était Morgan.
- Il faut rester objectif même si c'est difficile. Je sais que cette situation est difficile, mais il n'y a pas d'autre moyen si on veut le retrouver. On ne peut pas laisser nos sentiments prendre le dessus sur notre jugement, lui dit-elle tout en essayant d'être rassurante autant pour lui que pour elle-même.
Ils restèrent arrêtés quelques minutes avant de repartir vers le bureau. Prentiss était inquiète, mais pas seulement pour Reid, pour Morgan aussi. Lui et Hotch semblaient être les plus touchés par la disparition du jeune agent. Tous les deux étaient très protecteurs envers Reid comme s'il était un petit enfant qui avait besoin d'être protégé de tout le mal qui l'entourait pour le garder tout aussi innocent que possible. Ils étaient protecteurs, mais jamais ils n'avaient sous-estimé Reid. Il était doué et très intelligent. Il avait un futur prometteur.
Le trajet était interminable et se faisait de plus en plus pénible. Il n'y avait aucun bruit dans le SUV que le bruit de l'automobile elle-même. Ils ne tardaient pas à arriver, encore quelques minutes et ils seraient là.
À peine étaient-ils arrivés dans la salle de conférence que le reste de l'équipe les rejoignit. Hotch fut le premier à poser la question. Qu'avaient-ils trouvé qui pourrait les aider à faire avancer l'investigation? Pour seule réponse, Morgan laissa tomber les dix lettres sur la table qui était devant lui. Tous regardèrent les lettres incrédules. Qu'est-ce que de simples lettres pouvaient bien changer dans cette investigation?
Dans une chambre sombre et froide, un homme était endormi sur un petit lit sur lequel il était attaché. Son sommeil fut troublé par toutes les horreurs qui le hantaient depuis plusieurs heures. L'homme souffrait dans ce sommeil qui aurait dû être réparateur. Il gémissait de douleur et se tortillait autant que ses liens lui permettaient. Le jeune homme était terrorisé appelant ceux qui lui étaient chers. Ces personnes, pourtant, ne venaient pas. Il était seul avec son enfer. La douleur de l'homme ne s'arrêta pas aux cauchemars. Loin de là. Physiquement, il faisait peur à voir. Il y avait de nombreuses coupures sur son corps et son visage ainsi que des ecchymoses au niveau du visage et du cou. Quelques unes de ses plaies étaient infectées faisant surgir la fièvre, une terrible fièvre. Cet homme, qui n'avait rien demandé de tout cela, était mal en point. Son agresseur ne lui laissait aucun répit. Il le surveillait constamment, qu'il soit dans la pièce ou devant ses écrans. Il était toujours présent. Et les tourments de sa jeune proie ne faisaient que commencer. Il aimait torturer avant de les briser. Et ce jeune homme ne ferait pas exception à la règle. L'agresseur sourit en observant sa victime qui ne se doutait de rien. Il avait tellement d'idées pour sa victime qu'il était incapable d'attendre plus longtemps. Il laissa ses écrans pour entrer dans la chambre où se trouvait son jeune prisonnier. Il l'approcha lentement et sans bruit. Délicatement, il passa sa main dans les cheveux de l'homme. Puis, il tira brusquement avec une poigne de fer les cheveux de l'homme. Ce dernier étendu sur le lit se réveilla immédiatement et gémit de douleur sous la force du geste.
Le jeune homme était faible, très faible, mais il reconnu son enleveur. Il le regarda avec des yeux fatigués suppliant du regard. Il savait ce qui l'attendait et il en avait peur. L'homme devant lui ne montrait aucune merci.
- Non, je vous en pris. Non! S'il vous plaît. Pas encore. Non. Laissez-moi, supplia l'homme les larmes aux yeux. S'il vous plaît, relâchez-moi.
L'homme supplia faiblement, mais son kidnappeur ne broncha pas. Il aimait les voir supplier. Il aimait encore plus lorsqu'ils étaient brisés et dociles. Et cette dernière victime allait offrir plus de plaisir que les autres. Il en était persuadé. Le jeu ne faisait que commencer.
