Chapitre 7

Il avait perdu la notion du temps depuis longtemps. Ce qu'il savait du temps lui venait de Garner lorsqu'il venait lui rendre visite. Garner venait souvent la petite pièce qui servait de chambre à Reid. Il venait plusieurs fois par jour. Quand il venait Reid savait qu'il aurait mal. La douleur était rendue la seule chose qu'il connaissait. Il souffrait physiquement et psychologiquement. Il avait tant de blessures un peu partout sur son corps qu'il était méconnaissable. Garner prenait plaisir à le torturer et il ne le savait que trop bien. Reid sentait son regard rempli d'envie quand il venait le visiter. Il avait peur de ce regard qui laissait place à ce qu'il redoutait le plus. Il en connaissait la théorie et espérait ne pas avoir à l'expérimenter. Il essayait de pousser ces pensées le plus possible dans sa tête pour se concentrer sur quelque chose de plus joyeux. Il essaya de se convaincre que son équipe viendrait le délivrer. Que Hotch, Morgan, Rossi, Prentiss, JJ et Garcia étaient à sa recherche et qu'ils étaient tout près de le trouver. À l'occasion, les visites de Garner n'étaient pas si douloureuses. Par fois, il venait dans la pièce et il ne faisait qu'observer Reid. Il pouvait passer des heures à le regarder sans bouger et sans dire la moindre chose.

Reid était couché sur le lit en position fœtale. Garner l'avait détaché quelques heures auparavant jugeant qu'il n'était pas en état de vouloir s'enfuir. Il était inoffensif. Il était pratiquement une poupée de chiffon. Reid avait les yeux fermés, mais il ne dormait pas. Il voulait éviter le regard de Garner le plus possible. De plus, il n'avait pas beaucoup de force, car il consommait peu de nourriture et d'eau. Il avait faim et il avait soiffe, mais Garner ne lui donnait que très peu de nourriture et d'eau. De plus, tout son corps lui faisait mal, mais il essaya tant bien que mal de réfléchir à un moyen pour sortir de se calvaire. Il savait que l'individu qui l'avait enlevé avait un quelconque problème obsessionnel et qu'il était l'objet de cette obsession. Que faire? Cette question trottinait dans sa tête. Une partie de lui voulait abandonner tout combat alors que l'autre partie de lui voulait combattre Garner. De plus, il commençait à douter que son équipe soit à sa recherche ou qu'elle puisse le trouver.

Garner le torturait tout en lui apportant un certain réconfort. Un instant, il le battait et l'autre instant il s'excusait et lui promettait que tout irait bien bientôt. Il lui disait que bientôt ils seront heureux et que plus rien de ne pourra s'immiscer être eux. Plus rien ne pourra les séparer. Reid n'y comprenait rien, car il avait tout mal à tout comprendre à cause de son état. Garner croyait-il vraiment qu'il consentirait à cette idée d'un futur avec lui? Croyait-il vraiment qu'il pourrait être heureux avec la personne qu'ait son agresseur? Reid ne voulait plus qu'une chose que cette torture finisse peu importe la façon qu'elle finirait. Il voulait la paix.

C'était un jour pluvieux et sombre. Le ciel annonçait un violent orage. Garner descendit rejoindre Reid dans la pièce dans laquelle il était confiné. Il observa Reid, couché sur le lit, pendant un moment. Puis, il s'approcha vivement du lit pour tirer du sommeil sa jeune proie. Quelque peu désorienté, Reid ne comprenait rien de ce qui se passait autour lui. Tout était légèrement flou autour de lui, mais tout se clarifia lorsqu'il put voir Garner. Il retint sa respiration ayant peur de ce dernier et ses yeux virevoltaient dans ses orbites. Terrifié, il n'osa ni parler ni bouger. Il ne voulait pas le contrarier, car Garner semblait d'une humeur indécise. Par instant, il semblait calme et serein alors que l'instant d'après une colère impressionnante et terrifiante pouvait se lire dans ses yeux. Reid décida d'attendre que son kidnappeur fasse le premier geste avant de parler et de bouger. Garner s'approcha de lui et lui prit fermement un bras.

- Allez! Debout! dit Garner d'une puissante qui le terrorisa encore plus qu'il ne l'était déjà.

Craignant les foudres de Garner, il obéit immédiatement et se laissa trainer par Garner jusqu'à la salle de bain où Garner lâcha brusquement son emprise sur Reid. Il le lâcha si brusquement que Reid eut de la difficulté à rester sur ses pieds.

- Déshabilles-toi, Spence, lui demanda-t-il plus doucement.

Reid rougit et essaya de fuir la pièce, mais Garner lui saisit le bras d'une poigne de fer avant qu'il ne puisse se rendre à la porte de la salle de bain. Reid se débattait comme un petit démon pour se libérer de la poigne de Garner. Mais rien à faire, il était bien plus fort et bien plus puissant que lui. Malgré tout, il continua de plus belle. Il ne voulait pas se déshabiller devant cet homme craignant ce qu'il pouvait lui faire dans cet état de vulnérabilité. Il commença même à crier et à se débattre plus violemment lorsque Garner lui saisit les deux bras et tenta de l'immobiliser.

- Je ne te le dirai pas une troisième fois. Alors enlève tes vêtements sinon la punition sera terrible. Tu sais de quoi je suis capable, n'est-ce pas, Spence? Tu sais ce qui t'arrivera si tu continues de me défier, Spence? Tu sais, n'est-ce pas? Allez, réponds-moi!

Reid ne savait que trop bien quel genre de torture Garner était capable de lui faire subir. Il subissait sa torture depuis plusieurs jours et il ne voulait pas souffrir davantage. Il en avait plus qu'assez. Tout homme avait une limite et celle de Reid était presque atteinte. Donc en guise de réponse, Reid acquiesça de la tête tout en tremblant légèrement. Il n'arrivait pas à formuler une phrase, tellement il avait peur de l'homme ou plutôt de ce que cette homme était capable de faire.

- Tu sais ce que tu dois faire pour éviter que je ne me fâche, n'est-ce pas? lui demanda Garner avec un sourire vainqueur.

Reid acquiesça de nouveau, mais n'osa pas faire le moindre mouvement. Il regardait Garner sans croiser le regard ce dernier de peur qu'il ne se fâche. Il le regardait sans bouger comme si la peur l'avait pétrifié. Un moment passa et Garner commençait à s'impatienter. Il n'aimait pas la désobéissance et ne la tolérait pas.

- Qu'est-ce que tu attends pour te bouger? Une invitation? rétorqua-t-il.

Ces paroles réveillèrent Reid et il baissa la tête en guise de soumission. Lentement, il commença à se dévêtir. Il prenait tout son temps pour deux raisons. La première était qu'il souffrait énormément et que le moindre mouvement était pour lui une vraie torture. La deuxième et la dernière était qu'il avait peur et qu'il voulait retarder l'inévitable. Il commença par enlever les morceaux un par un. Il se défit des morceaux qui lui manqueraient moins. Puis arriva le moment le plus difficile, enlever son boxer. Avant d'enlever ce dernier morceau, il leva la tête et supplia Garner du regard.

- Ah non, non, non. Quand je dis de te déshabiller, ça comprend les sous-vêtements. Alors dépêches-toi un peu, je n'ai pas que ça à faire!

Lentement et tremblotant, Reid enleva son sous-vêtement. Aussitôt enlevé, il porta ses mains devant lui pour essayer de couvrir un peu son corps nu. Il se sentait si humilié et gêné qu'il rebaissa la tête pour cacher son visage rougit et pour éviter le regard de l'homme.

Garner le regarda avec un regard rempli de désir. Et il semblait se retenir de lui sauter dessus. Garner s'approcha de Reid. Il était si près que Reid pouvait sentir son halène et la chaleur de son corps. Le jeune commença à paniqué. Cette proximité le mettait réellement mal-à-l'aise. Il n'aimait pas être si proche d'un inconnu, encore moins dans cette position. Croyant que Garner allait le toucher, il ferma les yeux comme s'il croyait que tout cela n'était qu'un cauchemar et qu'il allait se réveiller d'une minute à l'autre. Après un instant, il ne sentit rien. Par contre, il pouvait entendre le bruit de l'eau qui sortait du pommeau de douche. Il rouvrit les yeux et laissa échapper un soupire de soulagement qui ne passa inaperçu auprès de Garner. Ce dernier venait d'ouvrir l'eau de la douche.

- Embarque dans la douche et laves-toi. Fais ça vite ou sinon…

Craignant l'homme, Reid obéit malgré sa timidité face à la présence constante de Garner pendant qu'il se lavait. Il n'y avait aucun rideau de douche pour empêcher Garner de regarder avec avidité son corps nu et ruisselant d'eau. Lorsqu'il eut terminé et qu'il s'apprêta à sortir de la douche, Garner n'en pouvait plus. Il ne pouvait plus se contrôler. Il voulait le jeune homme. Il le prit par le poignet et le tira contre corps pressant le corps de Reid contre le sien. Il posa bouche près de son oreille.

- Tu es mien, Spence. Plus rien ne nous sépare à présent, lui murmura Garner à l'oreille.