Isumi repoussa violemment Ogata.
- Qu'est-ce que vous faites ? Vous avez perdu la tête !
Ogata remit négligemment ses lunettes sur son nez avant de répondre, impassible.
- Tu n'as pas aimé ?
Irrité par sa désinvolture et son sans-gêne, Isumi se leva d'un bond et partit en claquant la porte derrière lui. Non mais, pour qui se prenait-il ? S'imaginait-il qu'il allait se laisser faire sans rien dire ? Se croyait-il irrésistible à ce point ?
- Quel prétentieux !
Furieux, Isumi marchait à vive allure dans les rues de Tokyo. Pour calmer ses nerfs, il entra dans un club de go et y resta jusqu'à la fermeture.
Lorsque Sai s'éveilla le lendemain matin, la première pensée qui lui vint fut la main de Toya Meijin sur la sienne. Il se leva et se dirigea vers la salle de bains. Il fit couler l'eau et s'en aspergea le visage en espérant que le liquide purifierait également son esprit troublé. Lorsqu'il revint dans la chambre, Hikaru dormait toujours. Sai le regarda d'un air attendri. Sans faire de bruit, il s'habilla et descendit à la cuisine prendre le petit-déjeuner. La mère d'Hikaru l'accueillit avec sa gentillesse habituelle.
- Fujiwara-san, j'apprécie beaucoup votre présence, mais ne croyez-vous pas qu'il est temps que vous preniez un appartement ? Hikaru a grandi et sa soif d'indépendance ne fait que croître, ce que je comprends tout à fait. Pourquoi ne faites-vous pas une colocation tous les deux ?
- C'est une très bonne idée, Madame, répondit Sai en souriant. Je lui soumettrai l'idée. Merci pour votre conseil.
La mère du jeune homme parut soulagée. À ce moment, Hikaru entra, encore à moitié endormi.
- Bien, il faut que j'aille faire les courses, je compte sur vous pour lui parler, Fujiwara-san.
- Me parler de quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? marmonna Hikaru en s'asseyant à côté de Sai.
- Ta mère nous propose de faire une colocation.
- Vraiment ? C'est vrai que je gagne ma vie en tant que professionnel alors c'est possible. Par contre, toi, tu ne gagnes pas d'argent et je ne pourrai pas payer le loyer pour nous deux...
- Ne t'inquiète pas, je suis sûr que tes parents nous aideront.
- Oui, probablement...
- Est-ce que tu vas au club de go avec Toya-kun aujourd'hui ? demanda Sai pour changer de sujet.
- Oui, tu veux venir ? répliqua Hikaru, la bouche pleine.
- Non, j'ai besoin d'être un peu seul.
- Ah bon ? Dommage, je suis sûr que Toya meurt d'envie de t'affronter. Tant pis, ce sera pour une autre fois. Au fait, pourquoi veux-tu être seul ?
- Pour réfléchir un peu.
Avant qu'Hikaru ait pu lui poser la moindre question, il se leva et lui fit savoir qu'il l'attendrait dans sa chambre. Étonné, Hikaru le regarda s'éloigner sans réagir.
- Mais qu'est-ce qui a bien pu se passer chez Toya Meijin hier soir ?
- Toya !
- Hikaru fit signe à son ami, déjà installé devant le goban.
- Tu es en retard, Shindo, lui fit remarquer Akira.
- Désolé, je n'avais pas vu l'heure.
- Où est Fujiwara-san ?
- Chez moi ; il n'a pas voulu venir. Il est bizarre depuis hier soir...
- Mon père aussi, figure-toi ! Qu'est-ce qui s'est passé selon toi ?
- Je ne sais pas, je me pose la même question ! Je pensais que tu pourrais m'éclairer à ce sujet...
- Je n'en sais pas plus que toi, Shindo.
- Tant pis, jouons ! Fais nigiri, Toya.
Deux semaines plus tard, Hikaru et Sai décidèrent d'organiser une pendaison de crémaillère pour fêter leur emménagement. Ils avaient fini par trouver un appartement de trente mètres carré près de la Nihon Ki-in à un prix raisonnable.
- Qui allons-nous inviter ? demanda Sai, tout excité à l'idée de faire la fête.
- Voyons... Toya bien sûr, Waya, Isumi, Ochi, Honda, Nase, Fuku... Tu crois qu'on devrait inviter Akari ?
- Oui, oui ! Invite-la !
- Calme-toi, Sai, répliqua Hikaru en riant, amusé par l'enthousiasme de son ami. Dommage que Yashiro habite dans le Kansaï ; c'est trop loin, il ne pourra pas venir.
Ils préparèrent les invitations et les envoyèrent. Tous répondirent présent, à l'exception d'Ochi, associable par nature, qui évitait soigneusement tout événement mondain.
C'est ainsi que le grand soir arriva. Sai avait revêtu ses habits de l'époque Heian et son grand chapeau noir pour l'occasion, ce qui l'enveloppait d'une aura mystérieuse et d'un charisme qui envoûtaient les invités. Ils ne cessèrent de complimenter le bishonen, rouge d'embarras. La fête battait son plein lorsque quelqu'un sonna à la porte.
- Sai, tu veux bien aller ouvrir ? dit Hikaru sans lever les yeux des goban où se déroulaient deux parties simultanées contre Waya et Isumi, tandis que les autres dansaient en chantant à pleins poumons.
Sai s'exécuta et alla ouvrir au visiteur impromptu. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant Koyo Toya sur le pas de la porte ! Il ne l'avait pas revu depuis la fameuse soirée qui l'avait troublé au plus haut point et se sentit gêné.
- Je suis désolé de vous déranger, prononça l'ex-Meijin avec difficulté, mais mon fils m'a dit que vous organisiez une pendaison de crémaillère et je voulais vous offrir quelque chose pour votre nouvel appartement.
Voyant que le sentiment de gêne était réciproque, Sai sourit et l'invita à entrer. Les invités, surpris, cessèrent leurs activités pour saluer respectueusement le père d'Akira.
- Père ! Mais que faites-vous là ? s'exclama Akira, qui observait jusqu'à présent les parties d'Hikaru.
- Ne vous dérangez pas pour moi ; faites comme si je n'existais pas, répondit Toya Meijin, que Sai emmena dans sa chambre.
Le moment de surprise passé, chacun reprit ses activités, les uns en jouant au go, les autres en s'égosillant. De leur côté, Sai et Koyo Toya entamèrent une discussion.
- On est quand même mieux ici, au calme, dit Sai. La musique va tellement fort qu'on aurait été obligés de crier pour s'entendre.
- Oui, c'est vrai, répondit Toya Meijin. Tenez, voici votre cadeau.
Sai déballa le paquet, à l'intérieur duquel se trouvait un luxueux service à thé, avec une magnifique théière en fonte.
Confus, Sai rougit jusqu'à la racine des cheveux et se confondit en remerciements. Koyo Toya coupa court à ces effusions.
- Je vous en prie, ça me fait plaisir. Et je pense que ça vous sera utile, surtout si vous recevez des gens.
- C'est un très beau cadeau, merci infiniment, Toya-sama. Au fait, comment va votre beau-père ?
- Beaucoup mieux, je vous remercie. Mon épouse est rentrée d'ailleurs.
- C'est formidable. Vous devez être tous les deux soulagés.
Toya Meijin acquiesça d'un signe de tête.
- Bien, je ne vais pas vous déranger plus longtemps.
- Restez encore un peu, je vous en prie. Vous... vous m'avez manqué, vous savez...
Cette déclaration fit naître un sourire sur les lèvres du Maître. Avec rapidité et précision, il se pencha vers le bishonen et l'embrassa. Sai eut un mouvement de recul et le repoussa.
- Qu'est-ce que vous faites, Toya-sama ?
Koyo Toya baissa la tête et murmura :
- Je crois que je suis amoureux de vous, Fujiwara-kun.
- Je crois qu'il vaut mieux que vous partiez, répliqua Sai d'un ton brusque.
La mort dans l'âme, l'ex-Meijin s'exécuta.
- Quand vous reverrai-je ? demanda-t-il avant de quitter l'appartement.
- Je ne sais pas... Je ne suis pas sûr que nous revoir soit une bonne idée... J'ai besoin de réfléchir. Bonne nuit, Toya-sama, répondit Sai avant de refermer la porte.
Koyo Toya alla se coucher dès qu'il fut de retour chez lui. Sa femme dormait déjà. Il s'allongea à côté d'elle et ferma les yeux. La sensation du baiser volé brûlait encore sur ses lèvres, telle la flamme d'une bougie. L'odeur d'encens de Sai le hantait. Jamais il n'avait été si beau. Sous ses élégants habits traditionnels, il dissimulait sans aucun doute un corps de rêve. Cette pensée le fit rougir et il se sentit aussi coupable que s'il trompait sa femme.
De son côté, Sai s'était enfermé dans sa chambre. Il essayait de toutes ses forces de vider son esprit, mais une pensée, une seule, l'obsédait : le baiser de Toya Meijin. Au bout d'un moment, Hikaru, inquiet de ne pas voir revenir son ami, frappa à la porte de sa chambre.
- Sai ? Tu es là ? Est-ce que tout va bien ?
- Oui, ne t'inquiète pas, je suis juste un peu fatigué, répondit Sai d'une voix blanche.
- Bon d'accord, repose-toi bien alors, lança Hikaru de l'autre côté de la porte sans insister davantage.
Sai entendit ses pas s'éloigner.
- Bizarre, marmonna Hikaru, il est toujours fatigué après avoir vu Toya Meijin...
Le regard de Sai se posa sur le service à thé. La déclaration d'amour du Meijin résonnait dans son esprit avec une telle force qu'il en avait la migraine. Il s'allongea sur son lit et ferma les yeux. Les émotions de la soirée l'avaient exténué et il ne tarda pas à s'endormir.
Vers deux heures du matin, la fatigue commença à s'emparer des invités et Hikaru installa des futons pour tout le monde dans le salon.
- Euh, Shindo... Je dors où, moi ? interrogea Akira.
- Ah, mince ! s'exclama Hikaru. Il n'y a pas assez de futons ! Tant pis, tu n'auras qu'à dormir avec moi.
Akira acquiesça, trop heureux d'avoir l'occasion de partager le lit de son rival. Il suivit ce dernier dans sa chambre.
- Si tu veux prendre une douche, je t'indique la salle de bains...
- Ça va aller, Shindo, l'interrompit Akira, je peux attendre demain matin.
- Comme tu veux. Allons nous coucher alors.
Mais le malheureux Akira ne parvint pas à fermer l'œil. Son rival, lui, ne tarda pas à sombrer dans les bras de Morphée. Tout doucement, avec précaution, Akira caressa les cheveux soyeux du jeune homme, en prenant soin de ne pas le réveiller. Il sentait son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine, à tel point qu'il craignait qu'elle ne vole en éclats. Après avoir longuement hésité, il se pencha vers Hikaru, écarta les mèches qui lui tombaient sur le front et l'embrassa. Le baiser réveilla Hikaru, qui se redressa sur le lit.
- Qu'est-ce que tu fais, Toya ?
- Euh... Je... je... je suis désolé, Shindo, balbutia Akira, rouge de honte.
- C'est moi ou tu m'as embrassé sur le front ? Je suis sûr que je n'ai pas rêvé !
- Non, tu n'as pas rêvé, admit Akira. Pardonne-moi, Shindo, je te promets que je ne recommencerai pas. Je ne sais pas ce qui m'a pris...
- Ça va, je te pardonne, l'interrompit Hikaru. Vraiment, je me demande ce qui t'est passé par la tête, Toya.
Akira baissa les yeux, confus. Son air désespéré émut Hikaru. Il posa la main sur son épaule et sourit.
- Sérieusement, qu'est-ce qui ne va pas ? Tu n'as pas l'air bien.
Akira esquissa un sourire et répondit, la mort dans l'âme :
- Rien, ne t'inquiète pas. Je vais bien. Excuse-moi de t'avoir réveillé.
- C'est pas grave. Allez, essaie de dormir, ça te fera du bien. Je crois que tu as besoin de repos.
- Oui, tu as raison. Je te remercie. Bonne nuit, Shindo.
- Bonne nuit, Toya.
Le lendemain matin, ce fut Hikaru qui ouvrit les yeux en premier. Tout était calme dans l'appartement ; on n'entendait même pas une mouche voler. Il s'immergea complètement dans le silence qui l'entourait et ressentit une immense paix intérieure. Il tourna son regard vers le beau jeune homme qui dormait à ses côtés. Il se souvint du baiser sur le front qu'il lui avait donné quelques heures plus tôt. Cette pensée lui procura un plaisir inexplicable, immédiatement suivi d'un intense sentiment de culpabilité. Il se leva et alla prendre une douche pour chasser cette pensée honteuse.
Lorsqu'Akira se réveilla, le lit était vide. Il s'assit et se prit la tête dans les mains. Le souvenir à la fois agréable et amer du baiser le gênait terriblement. Il était tellement embarrassé qu'il songea à s'enfuir comme un voleur ; mais au moment où il s'apprêtait à mettre son plan à exécution, Hikaru revint dans la chambre. Leurs regards se croisèrent.
- Tu as bien dormi, Toya ? demanda Hikaru en enfilant ses chaussures.
- Très bien, et toi ? articula Akira en rougissant.
- Ouais, très bien aussi. Bon, je vais voir si les autres sont réveillés.
Hikaru jeta un coup d'œil dans le salon, où tout le monde dormait encore. Il s'éclipsa et frappa à la porte de Sai. Aucune réponse. Inquiet, il tourna la poignée et pénétra dans la chambre. Le lit était fait et sur les couvertures reposait, parfaitement plié, le costume traditionnel du bishonen. Sai avait disparu. Hikaru commença à paniquer. Où avait-il bien pu aller ? Seul dans Tokyo, il pouvait lui arriver n'importe quoi ! Il pouvait se perdre ou se faire agresser ! Peut-être même avait-il encore une fois disparu ! Sans réfléchir, il s'entendit crier son nom dans l'appartement silencieux.
- Sai ! Sai ! Où es-tu ? Sai !
- Qu'est-ce qui se passe, Shindo ? demanda Akira, alerté par les cris désespérés de son rival.
Les autres, réveillés en sursaut, accoururent pour savoir ce qui se passait. Incapable de se contrôler, Hikaru fondit en larmes.
- C'est Sai... Il... il a disparu, balbutia-t-il entre deux sanglots.
- Pourquoi pleures-tu, Hikaru ? Qu'est-ce qui ne va pas ?
Hikaru reconnut immédiatement la voix de son ami.
- Sai ! Où étais-tu passé ? J'étais tellement inquiet !
- Excuse-moi, Hikaru, je ne voulais pas te causer de soucis. Je suis juste allé à la boulangerie chercher des gâteaux pour tout le monde. Il y avait du monde ; c'est pour ça que j'ai mis du temps.
- Tu aurais pu laisser un mot pour me prévenir, baka !
- La prochaine fois, je n'oublierai pas, promis ! Je suis très touché que tu sois si inquiet pour moi.
- Alors ces gâteaux, on les mange ? lança Waya pour détendre l'atmosphère.
- Oh oui ! J'ai faim ! répondit Fuku, ce qui fit rire tout le monde.
Lorsque les invités furent partis, Hikaru, aidé d'Akira, commença à ranger et nettoyer l'appartement.
- Hikaru, je vais voir Toya Meijin, annonça Sai ; ça va aller pour le ménage ?
- Oui, ne t'inquiète pas, Toya est là. Tu connais la route ?
- Je connais l'adresse et j'ai un plan ; je pense que ça ira.
- Bon, d'accord. Sois prudent. Appelle-moi quand tu seras arrivé.
- Oui. Ne t'inquiète pas, je ferai attention. Soyez sages, les enfants !
- Ouais. À plus tard ! répliqua Hikaru en souriant.
Il entendit la porte d'entrée se refermer.
- Tu le protèges comme une mère-poule, Shindo, dit Akira en riant.
- Il est naïf et vulnérable ; je m'inquiète pour lui, c'est tout, rétorqua Hikaru. Je ne veux pas qu'il lui arrive quoi que ce soit.
- Tu tiens beaucoup à lui, alors c'est normal. Que dirais-tu d'une partie de go après le ménage ?
- Tout à fait d'accord ! Dépêchons-nous de finir cette corvée !
Sai était fier de lui-même : il était arrivé chez Toya Meijin sans encombres et sans se tromper de chemin. Le cœur battant, il sonna à la porte. Ce fut Akiko Toya qui lui ouvrit, un sourire de bienvenue aux lèvres.
- Tiens, Fujiwara-kun ! Cela faisait longtemps, dit-elle en s'effaçant pour le laisser entrer. Vous venez voir mon époux, je suppose ?
- Oui, Madame, c'est exact, répondit Sai avec sa courtoisie habituelle.
- Il est dans le salon, suivez-moi.
En voyant entrer Sai, Koyo Toya se leva aussitôt.
- Bien, je vous laisse, déclara Akiko Toya en refermant la porte derrière elle.
L'ex-Meijin s'avança vers Sai, un sourire aux lèvres.
- Fujiwara-kun, si vous saviez comme je suis heureux de vous voir. Je n'ai cessé de penser à vous depuis hier soir...
- Moi aussi, je l'avoue... Mais vous êtes marié, et en plus vous êtes un homme...
- Oui, mais je ne peux pas contrôler mes sentiments pour vous, c'est plus fort que moi...
- Toya-sama...
L'ex-Meijin avait saisi ses mains et les serrait dans les siennes. Sai sentit sa volonté fondre comme neige au soleil. Il était venu pour mettre un terme à cette relation ambigüe, mais à présent, il s'en sentait incapable. Quant à Toya Meijin, il n'avait qu'une envie : finir le baiser commencé la veille. Mais Sai devina ses intentions et coupa court à toute effusion.
- M'accorderez-vous une partie ? demanda-t-il en souriant.
- Bien sûr, Fujiwara-kun, répondit Koyo Toya, terriblement frustré.
Ils s'assirent autour du goban et Sai fit nigiri. Ce fut son adversaire qui obtint les pierres noires. Après une lutte acharnée, Toya Meijin abandonna.
- Comme toujours, vous êtes invincible, Fujiwara-kun, complimenta-t-il Sai, qui rougit jusqu'à la racine des cheveux.
Il se leva et vint s'asseoir à côté du bishonen. Ils restèrent un moment silencieux, puis Sai décréta qu'il était temps pour lui de partir. Mais son hôte ne lui laissa pas le temps de se lever : il posa ses mains sur son visage aux traits fins et l'embrassa. Il s'attendait à être de nouveau repoussé, mais Sai n'avait plus la force de résister. Avec une fébrilité qu'il ne se connaissait pas, Koyo Toya commença à déboutonner la chemise de Sai, mais ce dernier le coupa dans son élan.
- Votre épouse est dans la pièce à côté... Elle pourrait nous surprendre, chuchota-t-il. Venez chez moi ce soir.
- Et Shindo-kun ?
- Je trouverai un moyen de l'éloigner de l'appartement.
- Très bien.
Ils se levèrent tous les deux et Toya Meijin raccompagna Sai à la porte.
- À ce soir. Je viendrai sans faute.
- À ce soir, Toya-sama.
