Chapitre 9 : Le cauchemar continue…

_Tu… Tu n'as pas besoin d'affaires ?

_Si… Mais nous sommes surveillés.

_Nous sommes surveillés ? Je ne comprends pas !

_Ce matin, le bureau de Booth, mon bureau, a été cambriolé. J'étais présent et certains agents qui sont venus m'y ont déjà vu.

_Et ?

_Et ? Et bien me voir sur un deuxième lieu de cambriolage certains ne verraient pas ça d'un bon œil, même si c'est une coïncidence.

_Je vois… Monsieur Sessei est-il soupçonné ?

_Par certaines personnes je le crains…

_Certaines personnes ?

_Oui celles qui ignorent la vérité, Charlie nous l'a dit. Lui pense que nous sommes deux agents sous couverts, mais pour les autres nous sommes des journalistes… Je verrais ce que Monsieur Sessei peut faire auprès du directeur de Booth. Mon article risque d'être compromis. Toutefois si leur véhicule continu à nous suivre ça va poser plus de problème, surtout là où nous allons.

_Tu vas essayer de les semer ?

_Non... Le cas échéant je me garerai et téléphonerai à Cullen.

_Ok.

Finalement le véhicule du FBI cessa de les suivre.

'Mieux' Songea Booth brièvement…

Un autre véhicule sortit vivement d'une ruelle. Booth freina brusquement ce qui eut pour effet d'envoyer balader madame contre la vitre qui se fêla sous l'impact. Elle étouffa un gémissement de douleur et porta sa main à son front douloureux.

_Ca va Bones ?

_Ca va aller… Une belle bosse doublée de deux ou trois points de suture, fit-elle cliniquement.

_Comment ça deux ou trois points de suture ?

_Ce n'est rien Kenshin, rétorqua-t-elle mi-sourire avant de se taire tandis qu'un homme descendit du véhicule qui venait de les arrêter.

Booth descendit alors la vitre de son côté.

_Que voulez-vous ? Demanda-t-il à l'agent.

_Sortez de ce véhicule les mains en l'air.

_Et pour quelle raison je vous prie ? Demanda Booth en rogne.

Il ne connaissait que trop bien l'agent devant lui. Un vrai tir au flanc ne cherchant à faire du zèle qu'en cas de problème interne. L'agent James. Celui-là même qui avait brusqué le cambrioleur dans son bureau ce matin.

_J'ai dit dehors !

_Non ! Par votre faute je dois emmener ma femme à l'hôpital, argumenta-t-il tandis qu'elle dodelinait de la tête.

L'agent prêta un rapide coup d'œil rapide à la femme au bord de l'inconscience et nota sa fraîche blessure. Quelque chose lui disait de se méfier d'eux et de les laisser aller, mais il n'écouta pas son intuition.

_Je vous escorte, mais pas d'entourloupe !

_Merci, fit Booth abruptement oubliant presque de masquer sa voix tandis que l'agent retourna au véhicule.

'Une fois à l'hôpital mon gaillard tu vas avoir une sacrée surprise.'

_Yorokobi ça va ?

_Sonnée… Où va-t-on ? Demanda-t-elle tandis que Booth redémarrait le véhicule.

_Pour le moment à l'hôpital… J'en profiterai pour prévenir Cullen

_D'accord, répondit-elle sans chercher à argumenter, les paupières lourdes.

'Elle s'est prise un sacré coup là pour ne pas argumenter contre.' Songea Booth.

Finalement à l'hôpital, tandis qu'une infirmière s'occupait de soigner madame Sessei, Monsieur alla passer son coup de téléphone sous la surveillance lointaine mais assez proche de l'agent James

_Merci monsieur, furent cependant les seuls mots que l'agent réussit à lire sur les lèvres de ce monsieur Sessei.

_Monsieur, nous n'en avons pas terminé, fit l'agent abruptement voyons que sa cible le quittait.

_Moi si. Je vais voir ma femme, répliqua Booth tout sourire.

_Monsieur je…

L'agent fut stoppé tandis que son téléphone sonna une première fois.

Il y eut un silence durant lequel le téléphone se fit entendre encore deux fois.

_ALLO ! Fit subitement l'agent sans prendre le temps d'identifier l'appelant.

Bien mal lui en pris. Booth le vit blêmir subitement avant de continuer son chemin et de rejoindre sa 'femme'.

_Comment te sens-tu mon cœur ? Lui demanda-t-il tandis que l'infirmière sortait.

_Au final deux petits points de suture, un bel hématome et un sacré mal de tête.

_Tu vas pouvoir te reposer, nous pourrons partir tranquillement d'ici quelques minutes.

_Et l'agent ?

_Ne t'en inquiètes pas, chuchota-t-il avant de lui embrasser le front.

Trois petits coups discrets furent frappés les faisant réagir et ils tournèrent la tête vers l'intrus.

_Monsieur Sessei, Madame Sessei, veuillez excuser ma conduite peu remarquable… Vous êtes libre d'aller où bon vous semble. Expliqua l'agent pâle.

_Vous vous sentez bien ? Demanda Yorokobi devant sa blancheur.

_Oui… Je… Excusez-moi un autre travail m'attends, dit-il avant de se retirer subitement.

_Tu viens chérie ?

Bien après, dans un appartement particulier.

Bones, aka Yorokobi, s'était couchée sitôt arrivée sans même prendre le temps de se changer. Booth, quant à lui, ruminait les derniers événements de leur première journée sous couverts. Mis à part au Jefferson, tout n'avait pas été des plus roses. Après s'être assuré que tout allait bien pour Bones, il s'installa au salon devant le téléviseur et finit par s'assoupir à son tour oubliant totalement sa jambe lancinante.

Au cours de la nuit, Bones, le sommeil agité, se réveilla subitement en nages, en larmes tandis qu'un 'BOOTH NON !' anxieux et terrifié s'échappa de ses lèvres. Une panique de courte durée la gagna parmi l'obscurité. Elle ne se sentait pas chez elle, elle chercha la lumière à tâtons et paniqua davantage lorsqu'elle ne trouva rien et sentant pourtant une présence à ses côtés. Cependant la lumière se fit brusquement.

_Bones ? Interrogea la voix anxieuse de son partenaire qui la dévora momentanément du regard.

_Booth. Dit-elle d'une voix plus sûre, mais demeurant curieusement terrifiée.

_Bones ! Répéta-t-il en remarquant ses yeux rouges, légèrement bouffis et encore larmoyant.

_Je vais bien, dit-elle sans grande conviction.

_Mettez-vous à l'aise, je reviens. Dit-il sans lui laisser le temps de rétorquer.

Il sortit alors de la chambre et revint cinq minutes après avec un gant de toilette et une bassine remplit d'eau. Mais il faillit tout lâcher lorsque, revenant, il la trouva de dos en train de se mettre à l'aise, ne portant que sur elle un bas de pyjama. Il déglutit et signala sa présence.

_Vous pouvez entrer Booth, dit-elle devinant sa gêne sans le voir.

_C'est que… Vous… Enfin…

_Kenshin, serais-tu un grand timide, demanda-t-elle retrouvant un peu plus son rôle.

_Uniquement face à ma femme, rétorqua-t-il en souriant et faisant un premier pas.

Elle se sentir rougir sans raison sous ce commentaire et tenta un coup d'œil vers lui avant d'enfiler son haut de pyjama. Booth avança alors plus facilement et s'arrêta face à elle où il déposa une bassine avant de s'agenouiller pour être à la même hauteur.

_Booth ? Questionna-t-elle surprise.

_Comment vous sentez-vous Bones ?

_Mieux.

_Vous me racontez ?

_Je… Je n'y tiens pas vraiment, déclara-t-elle la voix de nouveau chargée.

_Ca vous fera du bien de parler.

_Booth, grommela-t-elle.

_Bones, réprimanda-t-il de la même façon.

Ils s'échangèrent un long regard et finalement elle craqua la première et soupira.

_Vous avez gagné… La seule chose dont je me souvienne c'est… S'interrompit-elle baissant son visage.

Sans un mot, il posa une main sur celles jointes et légèrement tremblotantes de sa partenaire.

_Bones ? Questionna-t-il cherchant à la rassurer tandis que les larmes se mirent de nouveau à couler.

_Vous… Vous… Vous m'avez… Sanglota-t-elle.

_Quoi donc ? Qu'est ce que je vous ai fait ? Demanda-t-il avec appréhension.

_Vous m'avez poignardé… A plusieurs reprises… Malgré mes supplications. Puis agonisante, vous vous êtes suicidé devant moi. Raconta-t-elle difficilement.

_Bones, dit-il la voix lourde, jamais ô grand jamais je ne vous ferai de mal. Le cauchemar est terminé. Rajouta-t-il en l'enlaçant pour la bercer et déposant un baisé sur son front par la même occasion.

Elle était bouillante et il la sentit frissonner.

_Bones ? Interrogea-t-il inquiet.

_Contrecoup, murmura-t-elle claquant des dents.

_Allongez-vous ! Ordonna-t-il involontairement.

Elle obtempéra sans rechigner et Booth lui passa le gant sur son visage avec toute la délicatesse dont il était capable.

_Merci Seeley, murmura-t-elle.

_De rien Temperance, rétorqua-t-il la sentant se détendre sous ses doigts.

Il lui embrassa de nouveau le front, et, une fois la bassine posée dans un coin éloignée, et alla se recoucher à ses côtés. Sitôt ce dernier allongé, elle vint se blottir contre lui, lui tournant alors le dos. Il éteignit la lumière et enroula un bras autour de sa taille, la capturant d'une douce étreinte.