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« Je n'aimais pas mon père mais ton regard changera à tout jamais si je te raconte pourquoi. Ça, je ne le veux pas. »
Cuddy resta un moment interdite en entendant ses mots cet élan de sincérité était pour le moins inhabituel. House, lui, jouait avec la bague qu'il avait offerte à sa compagne, visiblement tracassé. Lisa entreprit alors de se blottir un peu plus contre lui et lui caressa la joue du bout des doigts.
« Je t'aime…. A tout jamais. »
Le médecin ne broncha pas, le regard perdu vers les rayons de lune qui inondaient la chambre de lumière. Cuddy se redressa pour lui faire face et observa longuement les traits tendus du visage de House; ni les mots ni la tendresse ne semblaient pouvoir l'apaiser. Sans se décourager pour autant, elle continua ses caresses le long de son torse, traçant avec douceur une ligne imaginaire entre son nombril et le creux de ses clavicules.
« Greg… .Soupira t-elle après de longues minutes de silence. Ce ne sont pas que des mots, je le pense réellement…
-Je sais. Souffla t-il.
- Je ne changerai pas.
- Quand je me vois dans tes yeux, je… je ne sais pas, c'est comme si j'étais quelqu'un d'autre. Tu es la seule à avoir ce regard, je ne veux pas m'en passer.
- Fais-moi confiance. Juste une fois. »
Lisa reposa sa tête au creux de l'épaule de son homme et sentit aussitôt des bras l'entourer. Il plongea un instant son visage dans ses cheveux ébènes et respira son parfum. Rassuré, il prit la parole et s'assit sur le lit en prenant grand soin d'éviter de croiser le regard de sa belle.
« Mon père était un sale type. Un militaire psychorigide obsédé par l'ordre et la ponctualité. Il ne tolérait pas un autre point de vue que le sien, était impatient, exigeant, intransigeant. Il m'a pourri la vie jusqu'à ce que je sois indépendant. D'ailleurs, il a toujours lutté corps et âme pour que je ne fasse pas d'études de médecine. Il devait tout contrôler.
- Il ne voulait pas que tu fasses médecine ?
- Non, seule l'armée était digne de respect. Et moi j'étais tout sauf ce qu'il espérait.
- Et quand tu étais petit ? Est ce qu'il était comme ça ?
- Quand je faisais une bêtise il me punissait fermement: il m'a fait passer plusieurs nuits dehors, sans rien et seul dans le jardin»
Le ton de House était froid et cassant, il évoquait ses épisodes passés avec un calme inquiétant. Cuddy en avait froid dans le dos, elle commençait à entrevoir l'enfer qu'avait pu vivre son compagnon dans son enfance et se sentait mal de l'avoir poussé à en parler. Elle lui prit la main et s'approcha doucement.
« Ma mère ne disait rien, elle avait trop peur d'aggraver les choses. Mais ce n'était même pas mon vrai père, elle aussi devait avoir un problème avec lui…
- Je ne comprends pas.
- Elle l'a trompé, c'est pas mon père Lisa. Non seulement on ne pouvait pas appeler ça un père mais en plus il ne l'était même pas biologiquement.
- Comment as-tu…
- J'avais deviné à 12 ans, un test génétique n'a fait que le confirmer… je lui ai dit un jour, dans une énième dispute, il ne m'a plus adressé la parole pendant des mois.
- Est ce qu'il t'a… Elle ne trouvait pas les mots. Est qu'il t'a déjà…
- Une fois.»
Deux mots, deux pauvres mots pour répondre à toute la douleur que Cuddy ressentait à travers lui. Deux mots en réponse à l'inquiétude qui la gagnait, aux sentiments d'aversion profonds qu'elle sentait naître pour cet homme. Il avait brisé son propre fils. Elle comprenait mieux désormais cette sainte horreur de la hiérarchie, ce besoin insatiable de n'en faire qu'à sa tête, cette peur d'être mari, d'être père.
Une larme glissa le long de la joue de Lisa. House l'essuya avant même qu'elle n'ait atteint la commissure de ses lèvres.
« Ne pleures pas.
- Je n'aurais jamais imaginé ça…
- Tu as promis que ton regard ne changerait pas. Dit-il sèchement.
- Mon regard sur toi ne change pas ! Seulement, ce que tu dis me blesse et j'ignore pourquoi. Je n'arrive même pas à le détester parce que tu es l'homme que j'aime aussi grâce à lui »
En entendant ces mots, House la dévisagea, incrédule.
« Tu n'arrives pas à le détester. Répéta t-il, la voix chargée d'ironie.
-Greg je…
- Sais-tu pourquoi j'ai quitté la fac ?
- Tu as été viré. Répondit-elle surprise.
- Mais pourquoi ? En as-tu la moindre idée ?
- Tu as dit avoir triché…
- J'ai menti. Je me suis fait virer parce que j'avais pas un rond.
- Que veux-tu dire ?
- J'ai quitté la fac parce que mon père m'avait coupé les vivres. Je t'ai quitté parce que j'ai osé réussir dans une voie qu'il n'approuvait pas. Tu l'aimes toujours autant ? »
TBC
