Me revoilà, un mois après le dernier chapitre en raisons des grandes vacances. A partir de maintenant j'essaye de poster plus ou moins tous les 15 jours !
Sur ce... ENJOY !
-Lily ? Regarde...
La jeune fille se pencha par dessus le chaudron sur lequel Maria et elle travaillaient. Maintenant que Maria était préfète en chef et possédait sa propre chambre, les jeunes filles ne pouvaient discuter que pendant les cours. Mais là, elles avaient visiblement discuté une seconde de trop. Leur potion était devenue bleue, quittant la couleur turquoise qu'elle aurait du garder. Lily s'apprêta à ouvrir un bouquin pour trouver comment inverser le processus, mais la cloche sonna à ce moment là. Maria commença à ranger les ingrédients, et Lily lui indiqua :
-Ne vide pas le chaudron, s'il te plait, je vais demander à Slughorn ce qu'il aurait fallu faire.
Les élèves sortirent, et Lily se dirigea vers le bureau.
-Excusez-moi, monsieur... Maria et moi, on a fait une erreur dans notre potion, vous pouvez venir voir si elle était récupérable, à ce stade là ?
Ils se dirigèrent vers la table de Lily. Severus, qui avait avancé plus vite que tout le monde, avait commencé une deuxième potion, et était donc resté plus longtemps pour ranger tout son matériel supplémentaire. Il s'approcha d'eux, et acquiesça d'un léger signe de tête lorsque Slughorn indiqua :
-C'est très facile, Miss Evans ! A la phase suivante, vous auriez juste eu à rajouter une deuxième racine d'asphodèle, et tout serait redevenu normal !
-D'accord, merci beaucoup professeur !
-Je vous en prie, Miss. C'est un plaisir d'enseigner ma matière à une élève aussi brillante !
Lily rougit légèrement, flattée par le compliment de Slughorn. Elle vida son chaudron, et termina de ranger ses ingrédients. Elle sortit en même temps que Severus. En remontant l'escalier du cachot, Lily se figea. James l'attendait dans le hall, les sourcils froncés. Luttant contre l'envie furieuse de courir dans l'autre sens, la rouquine se rapprocha de lui.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Tu te fous de ma gueule ?
-James, je... J'ai rien fait, je te jure !
-Tu inventes un prétexte bidon pour rester avec Servilus, et tu me dis que tu n'as rien fait ?
-Potter, intervint Rogue. Sa potion avait un problème, elle a posé une question à Slughorn, elle ne m'a même pas adressé la parole ! Tu veux pas la lâcher un peu ?
-Toi tu fermes ta gueule, et tu dégages avant que je ne m'énerve encore plus. Et Lily, ce soir, tu rentres direct dans la salle commune après les cours. Je veux pas te voir sortir, si tu as besoin, Remus te ramènera des bouquins de la bibliothèque.
-D'accord... James ?
-Oui ?
-Je pourrais quand même venir vous voir à votre entraînement de Quidditch ? Tu m'avais proposé l'autre jour...
Malgré les apparences, Lily adorait le Quidditch. Enfin non. Elle l'admirait, plutôt. Et elle admirait surtout les joueurs. Elle avait toujours rêvé de pouvoir voler, et, lorsqu'elle avait entendu parler de balais, elle était folle de joie à l'idée de s'envoler dans les airs. Mais elle avait déchanté très vite en comprenant que le vol était une affaire de talent, et non d'apprentissage dans des livres. Elle n'avait jamais réussi à faire décoller son balai d'un seul centimètre, et aujourd'hui encore, six ans après leurs cours de vol, elle caressait encore et toujours l'envie secrète de voler. Le visage de James se radoucit à l'évocation de son entraînement de Quidditch.
-Oui, bien sûr. Mais je ne veux pas te voir avec l'autre bâtard de Serpentard dans les gradins, c'est bien compris ?
-Severus ? S'intéresser au Quidditch ? sourit Lily. Tu n'as pas de soucis à te faire !
-Très bien. Tu m'attendras dans la salle commune, on descendra ensemble, ça te va ?
-Oui, merci beaucoup !
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Cassiopée,
Je reviens du département de la Justice Magique. Après avoir fouillé les archives, je pense pouvoir assurer avec certitude qu'ils n'ont jamais entendu parler de votre père. Par sécurité, je demanderais à un ami qui doit faire une visite à Askaban de demander aux détraqueurs si votre père est là-bas, mais j'en doute fort. Même les emprisonnements sans procès gardent une trace dans le casier judiciaire de ces personnes. Celui de votre père est vierge. Je vous tiens au courant dès que je reçois de nouvelles informations.
Cordialement,
Lucius Malefoy.
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Lily regarda sa montre. Il lui restait encore une heure avant de devoir descendre sur le terrain de Quidditch. Voulant préserver au maximum la bonne humeur de James, elle s'était assise à la même table que les maraudeurs et Cassiopée pour faire ses devoirs. Cette dernière travaillait avec Sirius, ayant gardé l'habitude de s'entraîner ensemble depuis les cours de métamorphose qu'il lui avait donnés. Les autres restaient silencieux, jusqu'à ce que Peter demande :
-Quelqu'un saurait comment commencer le devoir de potion ?
-Demande à Lily, répondit James. Elle a eu droit à un cours de potions particulier.
Lily releva la tête, foudroyant James du regard.
-De quoi tu parles ?
-Oh, excuse-moi. C'est vrai qu'à part un certain liquide blanc, Severus ne doit pas te faire goûter beaucoup de potions...
Remus, Sirius et Cassiopée relevèrent vivement la tête.
-James, murmura Lily, n'ayant vraiment pas envie d'une autre engueulade. S'il te plait, arrête de faire une fixation là-dessus ! C'est que de l'amitié, entre Severus et moi... Je passe mes journées avec toi, arrête de m'accuser à chaque fois que je passe cinq minutes ailleurs !
-Ca m'étonnerait que ce bâtard ait besoin de plus de cinq minutes pour tirer son coup. Il tiendrait pas la distance, au delà...
-James ! Arrête de l'insulter !
Une vive douleur parcourut Lily, mais James hurla "Stop !" et la douleur disparut aussi vite qu'elle était arrivée, laissant tout de même la rouquine tremblante.
-Et arrête de me donner des ordres. Je dis ça dans ton intérêt. Peut-être qu'il faut que je laisse le sort agir plus longtemps jusqu'à ce que tu t'en souviennes ?
-Je suis désolée. Mais s'il te plait...
-S'il te plait quoi ? demanda James en se levant et contournant la table pour faire face à Lily. Tu as besoin de mon autorisation pour qu'il puisse te baiser ? C'est non !
-Tu fais une fixation là-dessus, James ! Il n'y a absolument rien, fais-moi boire du véritasérum si tu veux en avoir la preuve ! T'es qu'un petit con trop imbu de ta personne pour accepter qu'une fille qui fasse parti de ton terrain de chasse ne passe pas ses journées avec toi ! Si tu m'as rachetée pour me sauver, pourquoi tu me lâches pas la grappe plus souvent ? Ca servait à quoi, de faire semblant d'être gentil au début si c'est pour finalement me traiter comme le faisait Lucius ?
Le claquement retentit dans toute la salle commune. James administra une deuxième baffe, tout aussi violente, à la jeune fille qui fondit en larmes. Il l'attrapa par le col de sa robe, mais Remus cria :
-James !
Le Gryffondor la lâcha, laissant Lily s'enfuir en courant.
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-Sirius ?
-Hmm ?
-C'est toi qu'a la carte du maraudeur ?
-Sous mon matelas, pourquoi ?
-Je te la pique. Je voudrais voir où est Lily avant de partir à l'entraînement.
-OK.
James monta dans le dortoir des Gryffondors, et alluma rapidement la carte. Un point se déplaçait plus vite que les autres. Lily Evans. Un point qui se dirigeait très rapidement vers le sommet de la tour d'astronomie. Pris d'un mauvais pressentiment, James jura :
-Merde !
Attrapant ses affaires de Quidditch et son balai au passage, il se précipita au pas de course vers la tour d'astronomie.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
Lily n'arrêta de courir que lorsque l'air frais du soir la frappa. Elle s'assit sur les créneaux, laissant ses jambes pendre dans le vide, ne réussissant pas à calmer ses larmes. Elle avait du mal à y croire, mais la douleur qui continuait à transpercer son visage le lui rappelait : James l'avait giflée, à deux reprises, et seul Remus l'avait empêché d'aller plus loin. Le vide sous ses pieds l'attirait irrésistiblement. James la traitait comme Lucius, toute sa famille était morte, excepté sa sœur mais elle doutait que celle-ci veuille de nouveau entendre parler d'elle un jour... Après tout, qu'est-ce qui la retenait ? Elle avait toujours voulu voler... Et si elle avait devant elle l'occasion de s'envoler une première et dernière fois ? L'occasion d'arrêter de se prendre la tête avec tout, avec tout le monde, l'occasion de tout oublier pour pouvoir enfin être tranquille éternellement ? Elle n'avait plus rien à perdre. Juste une tranquillité absolue, loin de Lucius, loin de James. Surtout de James. Fermant les yeux, elle se laissa glisser un peu plus près du bord.
-Fais pas ça !
-Pourquoi ? demanda-t-elle sans se retourner. Tu as pas envie d'avoir à trouver un autre punching-ball ?
-Lily...
James se rapprocha d'elle, posa son balai par terre avant de poser ses mains sur ses épaules.
-Je sais que j'ai été trop loin. J'aime pas que tu me compares à Lucius.
-Alors pourquoi tu agis comme lui ?
-Je t'ai enfermée dans un cachot ? Je t'ai affamée ? Je t'ai vendue à 100 gallions la nuit à tous les mecs qui me le demandaient ?
-Tu me violes, tu me tabasses, tu me laisses pas passer cinq minutes loin de toi. Pourquoi je sauterais pas ?
-Tu peux sauter si tu veux. Mais mon balai te rattrapera avant que tu touches le sol, et tu souffriras parce que je viens de te l'interdire.
-Tu peux lever cette interdiction.
-D'accord ! Tu peux sauter. Mais selon le sortilège d'esclavage, je suis responsable de toi. Et maintenant, je suis trop impliqué. Mon balai est juste là. Tu sautes, je saute. (1)
-Et me laisser tranquille, tu peux pas faire ça ?
-Non. Je sais que je t'emmerde trop souvent avec Severus, mais c'est de la pure jalousie. Je t'aime, ma belle. Je t'ai toujours aimé.
-On frappe pas ceux qu'on aime.
-Je peux être violent, je le sais. Et je suis désolé, ma belle. Tu sais que je me contrôle pas. Juste que je comprends pas ce que ce bâtard a de plus que moi.
-Contrairement à ce que tu affirmes, c'est l'un des seuls mecs qui me parle sans vouloir coucher avec moi. C'est tout.
-Je vais te croire sur parole, mais à moins que certaines parties de l'anatomie de Rogue ne soient pas celles que je pense, je crois pouvoir t'affirmer qu'il a autre chose derrière la tête. Je suis un mec, je sais comment on fonctionne.
-Mouais...
Lily regarda le vide.
-Ca va pas ?
-Si si. Juste que... Au moins, si j'avais sauté, j'aurais pu voler un minimum.
-Y a des balais, pour ça, ma belle.
-J'y arrive pas. Je fais un blocage sur un balai, j'arrive pas à décoller.
-Et une balade dans le ciel après l'entraînement, ça te tenterais ?
Lily releva les yeux vers James.
-Je te dois bien ça, ma belle. Allez tu viens ? J'essayerais d'abréger l'entraînement le plus possible pour qu'il nous reste du temps.
-T'es pas obligé tu sais...
-J'y tiens.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
Cassiopée sortit brusquement de la somnolence dans laquelle elle plongeait doucement. La voyant sursauter, Sirius demanda :
-Ca va ?
Elle ne répondit pas, le dévisageant. Depuis deux mois, depuis qu'elle l'avait rencontré, elle était persuadée de l'avoir déjà vu quelque part. Elle se souvenait enfin où.
(Flash-back, POV Cassiopée)
Bon, moi j'en ai marre de rester dans cette pièce avec ma poupée. Papa m'a jamais interdit de me balader dans les couloirs de son travail, pourquoi ça commencerait aujourd'hui, hein ? J'attrape Destina, ma poupée, et on sort toutes les deux voir si y a du monde à qui parler, ou des enfants d'autres gens qui travaillent avec mon papa. J'avance dans le couloir, et voit du monde tout au bout. Y a mon papa ! Et d'autres gens, mais c'est pas grave, ça le dérange jamais, que je vienne quand il est avec d'autres gens.
-C'est entendu, Mr Black, dit papa au monsieur en face de lui. Etant donné que vous êtes passés par ici pour vous servir vous-mêmes, et non sur l'estrade comme tout le monde nous rajoutons la taxe habituelle de 100 gallions. Ce qui vous fait 950 gallions, je vous prie.
J'avance, et voit un garçon à coté du grand monsieur à qui papa parle. Il dit rien, il reste à coté du monsieur. Sûrement le genre de garçon pas intéressant, ça. Y a quelque chose qui bouge derrière lui. Une fille. Je connais son visage. Le monsieur se retourne, et empoigne la fille. C'est là que je la reconnais.
-Diana ! je crie, toute contente de retrouver ma copine qui était partie il y a un mois.
Papa se retourne.
-Cassiopée ! Qu'est-ce que tu fais là ! Excusez-moi, Mr Black, c'est ma fille, elle n'avait pas à sortir de sa salle de jeux.
-Diana ! Pourquoi tu pars avec ce monsieur ? Pourquoi tu viens pas jouer avec moi ? Diana !
Papa m'attrape et m'empêche d'avancer. Le monsieur repart en portant Diana, mais le garçon ne bouge pas, il reste entre nous deux, à nous regarder toutes les deux, Diana et moi.
-Papa ! Je veux pas qu'il l'emmène papa ! Pourquoi elle part avec lui, pourquoi elle revient pas vivre à coté de chez nous ? Diana !
Le monsieur se retourne, et crie :
-Ca suffit comme ça ! Sirius, dépêche-toi !
Et, comme le garçon ne bouge toujours pas, le monsieur se retourne et le gifle très très fort.
-Tu apprendras à obéir ! Dépêche-toi !
Le garçon repart derrière lui. Il repart avec Diana. Pourquoi lui il repart avec elle ? Pourquoi c'est lui qui va pouvoir jouer avec elle, et pas moi ?
(Fin du flash-back)
-Cassie ?
-Excuse-moi, Sirius. Je... Je peux te parler en privé ?
-Oui, répondit-il, visiblement surpris par cette demande.
Les deux Gryffondors montèrent dans le dortoir de Sirius, désert, et s'assirent sur son lit.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Est-ce que tu te souviens... Quand on devait avoir plus ou moins 7 ans... T'étais venu au marché aux esclaves, avec ton père, qui achetait une gamine ?
Les yeux de Sirius s'écarquillèrent.
-Attends... C'était toi, la fille du vendeur ? Qui hurlait comme pas possible pour pas qu'on l'emmène ?
-Oui. C'était ma meilleure amie. Un matin elle a disparu. Comme toutes les autres de mon quartier.
-Putain. Cassie, je suis désolé. Je te jure que je savais pas ce qui se passait, à cette époque, je savais même pas ce que je foutais là, je suivais mon père, c'est tout.
-C'est rien, je sais que c'est pas de ta faute. Je voulais juste savoir... Diana, il lui est arrivé quoi après ?
Sirius baissa les yeux.
-Tu veux pas le savoir, crois-moi.
Cassiopée hésita un moment, avant d'insister :
-Si, s'il te plait. Elle est vivante ?
-Je sais pas. Je suppose que oui.
-Comment ça ?
-Diana est pas la seule que mon père ait acheté. A cette époque, c'était son principal business. Il... Il achetait pour un petit millier de gallions des gamines de cet âge là... Certaines d'entre elles nous ont servi d'elfes quelques semaines, mais au final, ça changeait rien. Il les revendait le triple de ce qu'il les avait achetées à des pays de l'Est ou d'Asie, où leur principal revenu était le tourisme sexuel.
-A 7 ans ? s'écria Cassiopée, horrifiée.
-Y a des tarés partout. Cassie je suis désolée.
-C'est pas ta faute, murmura-t-elle en plongeant sa tête dans ses mains.
Sirius s'approcha d'elle et passa un bras autour de ses épaules, la réconfortant doucement.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
James descendit de son balai et passa une main dans ses cheveux pour s'assurer qu'ils étaient suffisamment décoiffés, et cria aux Gryffondors qui s'étaient posés autour de lui :
-OK tout le monde, c'est bien ! Vous avez bien bossé, on s'arrête ici ! Continuez comme ça !
Lily descendit des gradins pendant que les joueurs partaient dans les vestiaires. James fut le premier à sortir, retrouvant la jeune fille à la sortie.
-Alors, ma belle, on est partis ? Tu vas faire parti des heureux élus qui vont voir le paysage de l'autre coté des montagnes qui nous entourent !
-Je te suis.
Ils partirent dans le parc, et James indiqua à Lily :
-Monte sur le balai, assez à l'avant pour que je puisse m'asseoir derrière toi et tenir le manche. Je t'encerclerais avec mes bras, ça t'empêchera de tomber.
-D'accord.
Elle monta sur le balai, qui décocha une ruade aussitôt. James maintint fermement la jeune fille d'une main, et son balai de l'autre, puis il monta derrière elle.
-Prête ?
-Prête ! Répondit Lily, un immense sourire aux lèvres à l'idée d'enfin pouvoir voler.
James donna un grand coup de pied sur le sol, et son balai s'envola aussitôt. Les yeux écarquillés d'émerveillement, Lily baissa la tête en voyant le parc s'éloigner pour devenir de plus en plus petit. Le vent fit voler ses cheveux roux à coté de la tête de James, qui veillait à bien tenir la rouquine pour l'empêcher de tomber. Le soleil se couchant, les étoiles commençant à apparaître, Lily avait l'impression de rêver, la sensation du vol étant mille fois plus intense, plus extraordinaire que tout ce qu'elle avait imaginé. La campagne anglaise défilant sous ses pieds lui rappela une chanson de son dessin animé préféré, lorsqu'elle était petite, chanson qu'elle se mit à fredonner doucement.
Rêve ta vie en couleurs,
C'est le secret du bonheur !
Rêve que tu as des ailes,
Hirondelle ou tourterelle
Et là-haut dans le ciel,
Tu t'envoles, Tu t'envoles, Tu t'envoles !
Lily tourna la tête derrière elle, pour voir le château rapetisser au fur et à mesure qu'il s'éloignait d'eux. La campagne disparaissait également, remplacée par la rocaille des montagnes qui entouraient le château. Le vent du soir, pas trop froid, continuait à accentuer la sensation qu'elle avait de s'envoler bien plus haut que n'importe qui l'avait jamais fait. Devant elle, la lune se levait. Elle aurait juré qu'elle était pleine, si elle n'avait pas su que Remus avait subi sa transformation deux jours plus tôt. A l'œil nu, il était quasiment impossible de faire la différence avec une pleine lune, l'astre d'argent brillant de tous ses feux, illuminant la nuit. James tira un peu plus sur le manche de son balai, gagnant de l'altitude, faisant croire à la rouquine qu'il avait bel et bien l'intention de monter jusque sur la lune.
Monte décrocher la Lune,
Rêve à ta bonne fortune,
Tourne, tourne dans le vent,
Sous la planète d'argent,
Décolle et batifole,
Tu t'envoles, Tu t'envoles, Tu t'envoles !
Les montagnes rocheuses défilaient sous eux, trop larges pour que Lily puisse voir ce qu'il y avait de l'autre coté. Elle leva la tête vers les étoiles, qu'elle n'avait jamais vues aussi lumineuses. Chacune d'entre elles brillait de mille feux, lui donnant l'impression d'être au milieu des étoiles, beaucoup plus haut que les 50 mètres d'altitude auxquels ils volaient. James lui glissa à l'oreille :
-Tu veux tenter quelques figures ?
-D'accord mais tu me tiens bien, hein !
-Evidemment !
Il l'embrassa sur la joue, avant que son balai ne descende en piqué vers le sol. Lily hurla, ce qui n'empêcha pas James de remonter au tout dernier moment, avant d'enchaîner par deux loopings à la suite. Lily éclata de rire, et James recommença à voler autour des montagnes. Au loin, Lily aperçut que, derrière la moitié des montagnes, une étrange lumière brillait dorée brillait.
-C'est quoi cette lumière ?
-Le paysage que je veux te montrer. Des fées lumineuses qui vivent dans les lacs derrière les montagnes. Elles en éclairent la moitié, mais elles sont regroupées sur un terrain assez petit difficile à repérer si on le connait pas. Tu vas voir...
Oooh là-haut,
Seule dans l'univers,
Brille une étrange lumière,
C'est le beau pays imaginaire
Où tu vis tes rêves en couleurs,
Où tu rêves ta vie en couleurs !
Lily avait totalement oublié que le château n'était qu'à un petit kilomètre de là où ils étaient. Ils volaient au dessus des montagnes, tournoyant autour, faisant quelques loopings une fois de temps en temps, ou ralentissant pour pouvoir admirer le sol qui défilait sous leurs pieds. Elle en oubliait presque qu'elle était sur un balai, elle avait l'impression de voler sans aucun autre support que les bras chauds et réconfortants de James qui la serrait contre son torse, en déposant de temps en temps quelques baisers dans sa nuque ou sur sa joue. Elle voulait que ce rêve ne se termine jamais, elle voulait passer sa vie sur ce balai, elle voulait passer sa vie dans les bras de James.
Imaginer le futur,
Faire des rêves d'aventures,
C'est voyager sans boussole
Laisse tes soucis sur le sol,
Et comme un rossignol,
Tu t'envoles, Tu t'envoles, Tu t'envoles !
Tu t'envoles, Tu t'envoles !
Après avoir fait quelques allers-retours, James se dirigea vers la zone lumineuse, et Lily l'interrogea :
-Comment tu fais, pour te souvenir d'où est cet endroit ? C'est lumineux sur des kilomètres...
James lui désigna, face à eux, deux étoiles parfaitement alignées, presque au-dessus d'eux, avant de montrer du doigt la direction vers laquelle le soleil se lèverait.
-Faut aller sous l'étoile ? demanda Lily.
-Oui. C'est là-bas, Lily. La deuxième étoile à droite, et tout droit vers le matin ! (2)
James continua à voler jusqu'à ce que l'étoile brille au-dessus de leurs têtes, avant de bifurquer à gauche, de l'autre coté des montagnes. Tout juste dix minutes plus tard, ils arrivèrent au-dessus d'une multitude de petits lacs, regroupés sur à peine 5 kilomètres. Des points lumineux dansaient au-dessus de l'eau, plongeant, ressortant, valsant entre eux, s'emmêlant en des guirlandes colorées qui se reflétaient sur les lacs. La forêt qui les entourait regorgeait elle aussi de points lumineux. James descendit un peu, et les fées, minuscules, apparurent encore plus scintillantes, se déplaçant rapidement, laissant une traînée dorée derrière elles, au milieu des lacs et des herbes éclairés par la lune brillant au dessus d'eux.
-James c'est magnifique ! s'exclama Lily, un sourire aux lèvres. Elles sont trop mignonnes ! Comment tu les as découvertes ?
-Un jour où j'étais en retenue, j'avais du accompagner Mme Pomfresh. Elle récupère de la poudre d'étoile pour endormir ses patients qui souffrent trop. Ce sont les seules fées d'Angleterre, et même d'Europe. La plupart vivent du coté de la Thaïlande. Mais Dumbledore leur a aménagé cet espace pour qu'elles puissent y vivre normalement. On reproduit leur habitat naturel, on leur fournit tout ce dont elles ont besoin, les professeurs de soins aux créatures magiques s'occupent d'elles, et en échange elles nous laissent récupérer leur poussière d'étoile. On pourrait pas faire ça avec des fées sauvages, elles sont trop rapides, elles ne se laisseraient pas attraper. Ce sont des créatures fascinantes, mais celles-ci sont les seules à se laisser approcher par les humains, et dans une certaine limite. Elles se laissent attraper pendant 10 secondes pour récupérer de la poussière, mais par exemple il serait impossible de les étudier en cours. Et ce serait également inutile. A quoi bon apprendre leur comportement, leurs habitudes, puisqu'il est impossible de se retrouver face à elles plus d'une fraction de seconde avant qu'elles ne s'enfuient ?
-J'avais lu quelque part qu'elles avaient la possibilité de t'aider à faire les bons choix... C'est vrai ?
-Oui. Si elles acceptent. Viens voir.
Ils descendirent, et James posa son balai sur une partie d'herbes, avant d'aider Lily à descendre. Les fées, qui s'étaient d'abord écartées d'eux, se rapprochèrent doucement. James murmura doucement :
-Qu'est-ce que je pourrais faire pour avoir le plus de chances de séduire la jolie jeune fille à coté de moi ?
Aussitôt, les fées se regroupèrent, s'envolèrent, voltigèrent les unes avec les autres. Lorsqu'elles s'immobilisèrent, elles s'étaient assemblées de façon à représenter un balai, sur lequel deux personnes étaient assises.
-Une balade en balai ? sourit James.
Lily dut bien avouer que James ne l'avait jamais autant conquise qu'avec cette balade en balai qu'il lui faisait faire. Elle acquiesça légèrement, et James se ré-empara de son balai.
-Toutes les bonnes choses ont une fin, ma belle. On finirait par les déranger, à rester trop longtemps. Tu viens ?
Lily remonta sur le balai, devant James, qui décolla et repartit au-dessus des montagnes. Frissonnant, Lily recommença à fredonner :
Rêve ta vie en couleurs,
C'est le secret du bonheur !
Rêve que tu as des ailes,
Hirondelle ou tourterelle
Et là-haut dans le ciel,
Tu t'envoles, Tu t'envoles, Tu t'envoles !
Tu t'envoles, Tu t'envoles, Tu t'envoles !
Tu t'envoles, Tu t'envoles, Tu t'envoles !
Tu t'envoles, Tu t'envoles, Tu t'envoles !
Tu t'envoles, Tu t'envoles, Tu t'envoles !
Le vent du soir étant devenu beaucoup plus froid, ils se redirigèrent vers le château, et James se posa devant le hangar à balais. Il rangea rapidement son balai, et Lily murmura :
-Merci James. Merci infiniment.
-Je t'en prie, ma belle, je te devais bien ça.
Lily frissonna, et James la serra contre lui pour la réchauffer. Se blottissant contre son épaule, James lui caressa le dos, puis la nuque. Lily releva les yeux vers lui, vers ses cheveux indomptables que le vent avait transformé en une tignasse indisciplinée, vers ses yeux noisettes rassurants plongés dans ceux émeraudes de la jeune fille. Se serrant un peu plus contre lui, elle rapprocha son visage de celui de James, qui l'embrassa doucement. Tout en répondant à son baiser, tout en se laissant aller dans la chaleur des bras du Gryffondor, Lily sentit tous ses doutes s'envoler en fumée. Oui, elle l'aimait. Elle l'aimait à la folie, et savait, dès maintenant, qu'elle voulait passer sa vie avec lui. Pour le meilleur et pour le pire.
(1) Les fans du film excuseront cette petite référence bien trop facile à caser dans un tel contexte... Pour ceux qui ne connaissent pas, filez regarder Titanic, de James Cameron
(2) Là encore, certains auront reconnu à la fois la chanson et la réplique, pour les autres, il s'agit du dessin animé Peter Pan.
Une petite reviews fait toujours plaisir :)
