Me revoila enfin ! Vraiment, vraiment désolée pour ce long retard ! Mais je n'ai pas eu du tout l'occasion d'écrire la semaine dernière, ça m'a beaucoup frustrée d'ailleurs...

En tout cas, voici le nouveau chapitre, beaucoup plus long, et j'espère que ça ne fera pas trop dramatique ou autre chose...

Pour répondre à Sid-X8 (que je remercie pour sa présence à chaque chapitre) en ce qui concerne Chiaki, tu as vu juste ^^ Ca sera expliqué dans le chapitre suivant mais je pense qu'on peut comprendre pourquoi Honey a peur de s'attacher à lui avec ce chapitre.

Voila c'est tout ! Bonne lecture !


Chapitre 6 - Mon rêve

Honey était montée en toute hâte dans sa chambre au troisième étage et avait enfilé en vitesse son short-pyjama et son T-shirt blanc de la marque Doskoï, l'un de ses préférés. En redescendant, elle était tombée sur Tetsuo, le fils d'Hayako-san, réveillé à cause d'un cauchemar. Honey dut alors le reconduire à sa chambre et le bercer en attendant qu'il s'endorme, ce que le petit garçon fit en un temps éclair. La jeune fille sortit alors doucement de sa chambre en lui adressant un sourire protecteur. « Plus tard, je veux que mon fils soit comme lui... » pensa-t-elle, « ...un petit ange ».

Repensant à son verre d'eau citronnée qui l'attendait au rez-de-chaussée, Honey se pressa de descendre. Elle commença cependant à ralentir en arrivant en haut de l'escalier menant à la salle à manger, en entendant la voix sérieuse d'Hayako-san.

- … elle est trop modeste.

A présent, la jeune fille était figée au sommet de l'escalier. Même si elle était assez loin, elle pouvait entendre distinctement la voix de l'aubergiste.

- Avant de répondre, laissez moi vous raconter son histoire, vous comprendrez pourquoi je vous demande ça.

Là, Honey était devenue blême. Son cœur s'était arrêté un instant pour repartir dans une course folle sans qu'elle ne comprenne vraiment pourquoi, et ses mains étaient devenues moites. Inconsciemment, ses genoux se plièrent et elle se retrouva assise sur le perron de l'escalier. Le cœur battant, elle attendait la suite. Mais, pourquoi au fait ? Pourquoi son cœur battait-il si vite ?

Après tout, il n'y avait rien de si grave dans son passé, à part la mort de ses parents et…l'orphelinat. Après ces épreuves, la chance lui avait sourit et elle avait été heureuse comme jamais, alors pourquoi était-elle si anxieuse ?

A cause de Luffy et des autres ? Non, c'était ridicule ! Elle s'en fichait qu'ils sachent, elle n'avait pas non plus vécu un drame si terrible, et elle était plus forte maintenant…

« Alors pourquoi je tremble comme ça ? »

Honey fixa ses mains qui étaient devenues incontrôlables. Ses yeux devinrent subitement humides et sa vue se brouilla. « Non, tout ça c'est du passé ! J'ai déjà surmonté tout ça, grâce aux villageois, à ma deuxième famille ! Je n'ai plus honte ni peur d'en parler maintenant ! Pourquoi je réagis comme ça ? »

La réponse, elle la connaissait pourtant. La partie la plus sombre, la plus terrifiante de son enfance, elle la hantait encore, même si elle persistait à affirmer le contraire. Une blessure qui se cicatrise au fur et à mesure du temps, mais qui reste malgré tout bien ancrée dans la mémoire.

Hayako-san commença son récit, le récit de son passé.

« Honey-chan est née sur une île isolée dans East Blue, une île assez pauvre. Ses parents vivaient en vendant des pots de miel grâce à leur apiculture, ils avaient à peine de quoi vivre mais ils étaient tout de même heureux…jusqu'à ce que son père ne meurt alors qu'elle avait à peine quatre ans. Ca a été une épreuve très difficile pour sa mère. Elle n'avait que peu de soutient de la part des villageois comme ils ne se fréquentaient pas beaucoup, sa maison étant très éloignée du village, mais elle a quand même trouvé le courage de vivre pour sa fille et l'a élevée comme elle a put… »

Honey se souvenait parfaitement de ce temps là. Les ruches d'élevage alignées soigneusement dans le champs, le bourdonnement assourdissant des abeilles quand elle s'en approchait trop…elle se souvenait de tout, aussi de sa maison entourée de fleurs, de leur parfum, de celui du miel et de la nature, mais aussi de celui de sa mère, si délicat et fruité. Elle se souvenait de celle-ci préparant le miel ou entretenant les ruches, enrobée dans une combinaison protectrice.

Elle la voyait encore, si belle et douce, ses longs cheveux blonds ondulants et dansants au gré du vent, ses magnifiques yeux bleus dont elle avait hérité, presque transparents, la regardant avec tendresse, et son sourire si infiniment triste qui ne la quittait jamais…

Une profonde nostalgie imprégnait cette vision d'une vie tranquille et simple, s'accordant avec l'image des champs de blés où Honey avait l'habitude de jouer, il y a longtemps de cela.

« Leur vie était paisible et sans problèmes mais hélas, peu après ses neuf ans, sa mère contracta une maladie grave à laquelle elle succomba en quelques jours… »

Là, se fut une autre image qui vint s'immiscer dans l'esprit de la jeune fille, bien malgré elle. L'image de sa mère, étendue sur son lit, inerte. Elle la revoyait comme si c'était hier, allongée paisiblement sur son grand lit blanc, dans sa chambre sentant la lavande.

Pendant quelques secondes, elle avait cru que c'était un ange endormi, les rayons du soleil venant faire scintiller sa magnifique chevelure blonde. Un ange étrangement pâle et immobile. Puis elle avait compris. Son cœur avait raté plusieurs battements, puis il s'était arrêté. Ses jambes étaient devenues molles et elle avait faillit tomber à terre, mais elle refusait d'y croire si facilement, il fallait qu'elle soit sure…ça ne pouvait pas lui arriver, pas à elle !

Pourtant, quand elle avait secoué le corps de sa mère, celle-ci ne s'était pas réveillée. Honey ne voulait même pas se souvenir de l'horrible sentiment de détresse et d'impuissance qui l'avait envahie, puis la tristesse et la peur, une peur atroce et affreusement pesante.

« Honey se retrouva seule, abandonnée. Elle se rendit au village, désespérée. Les villageois ne pouvaient pas la recueillir, ils étaient trop pauvres pour une bouche à nourrir en plus, alors ils ont contacté une île voisine qui disposait d'un orphelinat. »

Un frisson se rependit dans tout le corps de la jeune fille. On arrivait à la pire période de sa vie. Des visages lui revinrent à l'esprit, puis des odeurs dérangeantes et une pièce, sombre et effrayante.

« Malheureusement, cet orphelinat n'était pas du tout un refuge rassurant et apaisant, comme on pourrais le croire. C'était plus une prison qu'un foyer. Les enfants étaient recueillis seulement pour avoir de l'argent par la marine, et cet argent était entièrement réservé aux gérants de l'orphelinat, des personnes corrompues, sans nature. Les pauvres enfants vivaient dans des haillons et la saleté, ils devaient faire des corvées épuisantes et ne pas faire de bruits. Si ils faisaient une chose déplaisante pour les gérants, aussi minime soit-elle, ils étaient battus et enfermés dans des placards pendant plusieurs heures de suite, dans le noir total. Honey n'a pas échappé à cet horrible traitement, même si elle ne faisait rien de mal. Pour couronner le tout, les enfants les plus brutaux avaient instaurés une loi du plus fort, et les plus petits et plus faible en faisaient les frais.

En bref, la vie n'était pas bien rose dans cet endroit abominable. Honey est restée dans cet enfer pendant cinq ans, battue et humiliée tous les jours, puis elle en a eu assez. Les autres enfants avaient bien sur pensé à s'échapper, mais ils avaient trop peur et ne savaient pas où aller une fois sortis, comme le village à coté de l'orphelinat les aurait dénoncés...
Et puis un jour, un bateau pirate a accosté sur l'île et son équipage a attaqué le village. Honey a profité de la confusion pour s'enfuir et se cacher à bord du navire pirate. »

Dans les escaliers, Honey avait replié ses jambes contre elle et avait enroulé ses bras autour, formant une carapace protectrice et rassurante. Elle tremblait légèrement, mais moins que quand Hayako-san avait parlé de l'orphelinat. Elle était perdue parmi les souvenirs qui lui venaient en tête, des souvenirs effrayants. Cinq ans d'une vie passée dans la peur et la soumission.

Elle sentit que ses joues étaient humides, et elle se rendit compte qu'elle pleurait, sans le savoir. La jeune fille essuya ses joues du revers de la main puis replongea dans le flot d'images qui composaient cette nuit terrible où tout s'était joué de peu.

Elle se souvenait de s'être couchée dans son lit miteux aux vieux draps usés, dans la chambre collective des filles, et d'avoir entendu des cris affolés provenant de la ville. Elle s'était redressée, effrayée, et avait constaté que les autres filles et fillettes avaient fait de même. Elles s'étaient alors regardé avec la même expression de peur sur le visage, puis elles s'étaient approchées des deux seules fenêtres de la chambre…

Ces fenêtres donnaient une vue imprenable sur le village, grande masse de maisons sur cette toute petite île verte, la chambre étant au quatrième étage. Sauf que le village n'était pas paisible comme à l'accoutumée. Des gerbes de feu s'élevaient depuis certaines maisons, on entendait toujours plus de cris affolés et on distinguait les villageois courir se réfugier où ils pouvaient.

Des personnes différentes semblaient être la cause de tout ce malheur ; on les voyait, sabres à la main, courir après les pauvres gens et voler tout ce qu'ils trouvaient, en mettant le feu aux bâtisses qui leur tombait sous la main. Hana, une amie d'Honey plus âgée qu'elle, murmura alors avec de grands yeux, plus pour elle que pour les autres : « Des pirates… ».

C'est là qu'Honey comprit. C'était la première fois qu'elle en voyait, mais ils n'étaient pas du tout comme elle l'avait imaginé. Ils étaient plus...sauvages. Son regard se posa alors sur le bateau pirate qui attendait ses occupants au port.

Il était imposant, fait entièrement de vieux bois sombre, et sa figure de proue était une tête de cerf aux grands bois clairs qui s'élevaient vers le ciel obscure. Son pavillon ondulait sous le vent et on pouvait y voir une tête de mort affublée de cornes. Les flammes s'élevant du village donnaient un air étrange au bateau, on aurait cru un spectre revenu d'outre tombe, ce qui fit frissonner Honey.

Ses yeux se posèrent ensuite sur un personnage, plus grand que les autres et attendant devant le navire. Il avait les bras croisés sur son torse et ne semblait pas préoccupé par l'agitation qui l'entourait. Certains pirates venaient à sa rencontre et il les renvoyait d'un geste autoritaire de la main, la jeune fille en conclut qu'il était le capitaine du vaisseau pirate.

Malgré la frayeur et l'adrénaline qui se rependait dans son corps par les battements affolés de son cœur, la jeune fille fut envoutée par ce personnage. C'était le capitaine, un homme respecté par tous ses hommes, voguant sans peur sur des mers dangereuses et hostiles, faisant face au danger et explorant de nombreuses îles… et pillant les villages qu'il rencontrait. Ca, ça n'entrait pas dans la description que s'était fait Honey. Mais peu importe.

Les fillettes furent sorties de leur rêverie quand des cris retentirent au rez-de-chaussée. Ils étaient entrés dans l'orphelinat.

Elles étaient une douzaine dans la pièce, regroupées autour des fenêtres, et tous les regards se tournèrent vers les plus âgées dont Honey, Hana et trois autres filles faisaient partie. Les cinq jeunes filles se consultèrent du regard, demandant intérieurement aux autres un plan de secours. Yui, la plus âgée du groupe, pris la parole après quelques secondes de silence :

- Les escaliers de la blanchisserie. Si ils ont pris les escaliers principaux, ils ne devraient pas tarder. C'est notre seule chance.

Ses consœurs approuvèrent dans un même hochement de tête. Plus le temps d'hésiter. Les escaliers qu'elles voulaient atteindre étaient au bout d'un couloir sombre et menaient à la blanchisserie, au rez-de-chaussée. Cette pièce était, pour le bon plaisir des gérants, fermée à clef, de sorte que les enfants soient obligés de descendre et monter les escaliers pour laver leur linge. Mais elle donnait également sur le dehors grâce à une fenêtre étroite, par où elles pourraient passer facilement.

Le groupe se mit à courir à l'autre bout de la chambre, plein d'espoir, mais avant d'atteindre la porte, celle-ci s'ouvrit brusquement. Deux pirates, sabres à la main, se tenaient dans l'embrasure et regardaient les fillettes, l'air déçu.

- Y'a rien ici non plus, dit l'un d'entre eux.

- Ouais…Essayons à coté.

Puis ils partirent. Les filles étaient pétrifiées et eurent du mal à respirer de nouveau. Elles se regardèrent, ne comprenant pas vraiment la situation. Yui, après avoir retrouvé un souffle normal, expliqua :

- Ils ne sont pas intéressés par nous…Ils veulent juste voler des vivres ou d'autres choses utiles.

- On aurait dû s'en douter… ajouta Hana étalée sur le sol, soulagée.

Honey, elle, avait un air grave. Elle avait eu la pire peur de sa vie, ou du moins une peur atroce, mais à présent, se tenant devant la porte ouverte de la chambre, elle sentait un nouveau sentiment l'envahir. «C'est maintenant ou jamais ». C'était la seule phrase qui se faisait entendre dans son esprit.

Si elle partait maintenant, personne ne ferait attention avec toute l'agitation qui régnait sur l'île.

« Maintenant… ». Son cœur battait incroyablement vite, sans raison apparente. Elle sentait la peur l'entourer, mais également un nouveau sentiment, une sensation qu'elle n'avait pas ressentit depuis des années…la liberté.

« …ou jamais. » . Honey ne s'était pas rendue compte que toutes les filles la regardaient, intriguées par leur camarade qui restait bloquée devant la porte. C'est en se retournant qu'elle s'en aperçut, et elle prit la parole dans un silence uniquement gâché par les cris qui retentissaient dans le village et l'orphelinat.

- On est libre.

Honey, dans un état second, mit quelques secondes avant de se rendre compte que c'était elle qui avait parlé. Comme les autres la regardaient sans comprendre, elle continua plus fort, se reveillant :

- On est libre ! Libre ! Les filles, regardez ! Personne ne nous surveille ! On peut partir maintenant ! On peut s'enfuir d'ici et ne plus jamais revenir !

Ses camarades s'échangèrent des regards confus. Une petite fille d'une dizaine d'année demanda :

- Mais…Mais pour aller où ?

- Peut-importe ! On trouvera bien ! Tout est mieux qu'ici !

- Si on se fait attraper, on sera punies…dit une autre timidement.

- Ils sont trop occupés avec les pirates pour faire attention à nous ! C'est notre seule chance !

Le groupe semblait partagé. Honey aurait comprit leur crainte dans d'autres circonstances, mais là elle ne voulait pas. Pourquoi hésiter maintenant ? C'était stupide.

- S'enfuir d'accord. Mais après ? On ne pourra pas partir de cette île, les bateaux des villageois ont tous été brulés.

Honey se retourna vers Hana, qui venait de parler.

- Les pirates. On peu se cacher sur leur bateau jusqu'à ce qu'ils accostent sur une autre île, dit-elle.

Les yeux des fillettes s'agrandirent. Visiblement, l'idée ne les enchantait pas.

- C'est soit ça, soit on continue de vivre dans cet enfer. Et plus tard, quand on sera trop vieilles, on sera revendues comme des marchandises aux Tenryubitos ou à d'autres riches qui nous considèreront comme des esclaves…C'est ça que vous voulez ? Pas moi !

Là, ce fut un électrochoc pour les fillettes. Leur avenir était tout tracé dans cet orphelinat. Hana et Yui parurent également convaincues, bien que toujours hésitantes. Après un dernier instant de silence, la plus âgée prit la parole :

- Ne trainons pas alors !

Pour des raisons de sécurité il fut tout de même décidé de descendre par les escaliers de la blanchisserie. Il fallait aussi prévenir les autres enfants, même les brutaux, mais arrivées dans les chambres voisines, les filles constatèrent que la plupart étaient déjà partis. Elles prirent alors les plus jeunes restés par peur puis le groupe s'agrandit.

Ils descendirent dans l'obscurité de l'escalier en colimaçon puis arrivèrent enfin dans la blanchisserie, où étaient étendus des vêtements plus ou mois propres. La lumière fut allumée et des meubles furent déplacés en dessous de la petite fenêtre, seule échappatoire possible. Hana passa la première et eut du mal à l'ouvrir, mais elle réussit au bout de quelques seconde et disparut derrière le mur gris.

Les plus petits furent aidés par les plus grands et les enfants passèrent l'un après l'autre. Honey passa avant Yui et se faufila tant bien que mal par la fenêtre, pour retomber lourdement sur l'herbe fraiche. Ses compagnons l'attendaient, regardant tout autour d'eux, affolés. Les cris s'étaient estompés et seuls les rires des pirates se faisaient entendre.

Yui arriva à sa suite et il fut décidé de courir jusqu'à la rive, le plus loin possible de la vue des pirates. Une fois leur tache accomplie, les enfants purent se reposer, cachés derrière de petits buissons.

- Et maintenant ? On ne pourra pas tous rester discrets sur leur bateau si on est si nombreux…dit soudain Hana.

Ses cheveux mauves foncés, chose peu commune, brillaient à la lueur des flammes qui se faisaient plus faibles. Ses yeux marrons exprimaient un air inquiet et elle tremblait légèrement. Honey ne savait pas trop quoi répondre, les enfants devaient être une trentaine et donc elle n'avait pas tout à fait tort. Elle allait parler quand un petit garçon cria :

- Un bateau ! Regardez, un bateau arrive !

Tout les monde se retourna vers l'océan qui s'enfonçait dans l'obscurité, et ils distinguèrent en effet un bâtiment se rapprochant de l'ile. Le groupe fut silencieux, attendant quelque chose, puis des cris retentirent dans le village :

- Capitaine ! Capitaine ! La marine approche !

Les enfants émirent un même « Hooo » de surprise, puis l'espoir revint.

- Quelle chance ! On est sauvés ! Crièrent certains.

- Non…On ne peut pas compter sur eux…

C'était un jeune garçon dénommé Kenji qui venait de faire taire ses camarades qui le regardèrent, intrigués.

- Ils n'ont rien fait pour nous durant toutes ces années où on était enfermés ici ! ajouta-t-il sèchement.

- Ils ne savaient pas ! Répondit vivement Yui. La seule fois où ils sont venus inspecter l'orphelinat, les gérants nous avaient menacés et défendus de parler…Pour ce qui était de la saleté et l'état des lieux, ils avaient soudoyés les inspecteurs…

- Justement, ils feront pareil ! Coupa Kenji. Si on va voir les Marines, les gérants vont encore utiliser leur argent pour les faire taire, et je ne vous fait pas imaginer ce qui nous attend alors…

- Les gérants ne pourront pas utiliser cette ruse cette fois-ci…dit-alors un autre garçon plus âgé calmement. Ils sont morts. Je les ai vus quand je suis descendu par les escaliers principaux…En les voyant, je suis tout de suite remonté. Ils ont du vouloir protéger leur trésor jusqu'à la fin, ces monstres…

Les enfants et adolescents se turent tous. La nouvelle leur avait fait un choc, non pas qu'ils en soient attristés.

- Alors, on est vraiment libres ? Demanda timidement une jeune fille.

Des sourires apparurent sur tous les visages. Ils crièrent tous ensemble de joie et de soulagement. Un lourd fardeau c'était enlevé de leurs épaules, des années de tyrannie prenant fin.
Hana, qui riait comme jamais depuis des années, se tourna vers Honey, sa plus proche amie. Cependant, elle ne vit qu'un petit sourire triste sur son visage.

- Honey ? Qu'est-ce qui ne va pas ? lui demanda-t-elle.

- Je ne viens pas avec vous.

Hana fut glacée par cette réponse. Elle regarda son amie d'un air choqué :

- Qu…Quoi ? Mais, pourquoi ?

- Vous, partez avec la Marine, vous serez relogés dans de meilleures conditions. Moi, je pars avec les pirates.

Son amie pâlit et ne sembla pas comprendre. Le bateau de la Marine approchait de plus en plus et on pouvait entendre les pirates non loin qui criaient de se dépêcher d'embarquer les provisions à bord. Le temps s'était arrêté autour des deux amies qui se regardaient dans les yeux, l'une sans comprendre, l'autre avec un sourire tendre.

- Je sens que je dois y aller. Quelque chose m'attire vers ce bateau. Un sentiment très fort…comme si toute ma vie reposait dessus.

Hana décryptait ses paroles au fur et à mesure. Elle voyait bien dans les yeux de son amie que celle-ci avait fait son choix et qu'elle ne renoncerait pas. Elle repensa à une vieille conversation qu'elles avaient eu, lorsqu'elles avaient parlé de leurs parents décédés. Honey lui avait dit qu'elle sentait parfois la présence de sa mère auprès d'elle, qu'elle la guidait et la soutenait.

Hana n'avait pas trouvé ça étrange ni fou, puisqu'elle aussi ressentait la même chose. Ainsi, elle avait compris.

- Tu crois que c'est ta mère ?

La question sembla surprendre Honey, puis elle eut un sourire mystérieux :

- Qui sait ?

Elles se regardèrent encore un long moment, silencieuses, elles qui s'étaient soutenues dans leur enfer collectif durant de longues années…puis elles revinrent à la réalité, et Hana dit simplement :

- Alors, au revoir et bonne chance. Prends soin de toi.

Malgré le bruit que faisaient les enfants, les plus proches entendirent ces mots et se turent, ce qui fit taire les reste du groupe. Hana était en face d'Honey et faisait visiblement en effort pour ne pas pleurer, mais elle céda bien vite quand son amie la prit dans ses bras. Elles restèrent ainsi durant quelques secondes, puis Honey défit son étreinte et s'adressa aux enfants qui se tenaient devant elle, attentifs.

- Je ne viens pas avec vous, mina ! Mais je veux que vous sachiez que j'ai été très contente de vous avoir connus, et je vous souhaite d'avoir une meilleure vie à partir de maintenant !

La jeune fille pleurait à présent mais elle n'y faisait pas attention. Ils étaient tous ses amis, ses protégés pour les plus petits, et elle ne les reverrait sans doute jamais. Ils semblaient l'avoir compris puisque certains pleuraient aussi à chaudes larmes et d'autres avaient un regard triste.

- C'est grâce à toi qu'on a eu le courage de s'enfuir…Merci Honey, dit Yui.

- Va-t-en maintenant ! Ajouta Hana en pleure, ils vont partir sans toi !

Honey hocha la tête en essuyant ses larmes. Elle leur adressa un dernier adieu et demanda aux plus âgés de prendre soin des petits. Sa dernière vision du groupe fut celle d'Hana, sanglotant contre Kenji qui l'avait prise dans ses bras, et le groupe d'enfants libérés de leur vie d'esclaves.

Elle se mit alors à courir jusqu'au village et se cacha derrière la maison la plus proche du bateau pirate. Les brigands étaient tous affolés et embarquaient les dernières caisses de nourriture. Guidée par son instinct ou autre chose, Honey repéra une caisse installée non loin de là et calcula son timing.

Elle devait faire vite pour ne pas être repérée. Soudain, elle eut une brusque montée d'adrénaline et se propulsa jusqu'à la caisse qu'elle ouvrit d'un coup - heureusement, elle n'était pas fermée avec des clous - et entra dedans, en prenant soin de refermer artificiellement le receptacle. C'est là qu'elle se rendit compte de la situation : elle était dans un endroit clos et noir, obscur comme nul part ailleurs.

Elle dut faire un intense effort de concentration pour s'imaginer sur son île natale, auprès de sa mère, et ne pas penser à ses pires peurs. Elle était au bord de la crise et respirait à une vite folle, mais elle parvint à se relaxer et à visionner assez fort sa maison d'enfance pour se calmer.

Honey crut un instant que les pirates, trop pressés par le bateau ennemi qui se rapprochait de plus en plus, n'allaient pas embarquer toutes les caisses, mais elle entendit bientôt des voix se rapprocher et elle fut soulevée dans les airs avec ce qu'elle identifia comme des carottes et des choux - elle n'avait même pas eu le temps de voir ce que c'était.

Elle entendit les pas lourds des pirates sur le sol du port, ainsi que des jérémiades « Ho dis donc il est lourd ce paquet là! », puis elle fut collée contre la caisse quand ils montèrent à bord de leur navire grâce à une passerelle. Le bruit des pas se fit alors entendre sur du parquet dur et sec, puis un cri fut poussé, donnant l'ordre de déployer la grand voile et de partir de cette île aussi vite que possible.

Honey faisait toujours un effort surhumain pour ne pas faire de crise, elle arrivait à contrôler sa respiration et à se relaxer un peu.
Elle n'était pas dans le noir, pas dans un espace clos, tout allait bien, sa mère était là avec elle…Avec elle…

«Elle s'est servie d'eux pour la transporter jusqu'ici.»

Honey sursauta en entendant la voix d'Hayako-san. Elle sortait de sa caisse sombre sentant les légumes pour se retrouver chez elle, dans son auberge. Elle avait fait un long voyage dans ses souvenirs, oubliant tout ce qui l'entourait.

L'aubergiste reprit son récit :

«Mais Honey est ressortie de l'orphelinat avec des traumatismes... Aujourd'hui, elle est claustrophobe et a peur du noir…Mettez les deux réunis et elle en meurt.»

Ou presque. Elle n'était pas morte quand elle s'était retrouvée dans cette caisse. Elle s'était accrochée pour ne pas se faire repérer, parce qu'elle savait, elle sentait qu'il fallait qu'elle se batte. Elle savait que ça en valait la peine.

«En tout cas, les pirates sont venus sur Grand Line, et quand ils ont pillé notre village, elle a put sortir de leur bateau et se cacher jusqu'à ce qu'ils partent. C'est là qu'elle est venue vers moi, fatiguée et assoiffée, et qu'elle m'a tout raconté.»

En effet, rester une semaine sur un bateau pirate en essayant de ne pas se faire repérer, c'était difficile. Honey s'était fait un petit nid douillet, enfin le plus possible, cachée dans un coin de la calle. Elle avait eu de quoi manger grâce aux caisses présentes en grande quantité dans la pièce, mais en ce qui concernait la boisson, c'était plus compliqué. Il n'y avait que des tonneaux de rhum dans la calle et l'eau potable n'était accessible que dans la cuisine.

Elle avait dû attendre toute la journée, pendant une semaine, que la nuit tombe et que tout le monde fut endormit pour aller boire dans la cuisine, mais pas à sa soif. Elle avait très peur durant ses voyages nocturnes et se demandait combien de temps encore elle devrait risquer sa vie. Quand un matin, des cris avaient retentis à travers tout le navire, si bien qu'on pouvait les entendre depuis la calle.

- L'entrée de Grand Line ! Là-bas !

Grand Line ? La fameuse mer que seuls les plus braves osent affronter ? Honey s'était soudain sentit loin de chez elle et de ses amis, et elle s'était demandé ce qu'ils faisaient et où ils étaient à présent. Les pirates avaient réussit à entrer sur la mer légendaire et avaient filé droit devant, un log pose certainement volé à d'autres pirates en guise de guide.

La route des brigands avait alors croisée Cozy Shelter, et ils avaient décidé pour faire bonne mesure de piller le petit village de Kansei. Honey avait profité de leur absence pour trouver une cachette sur l'île, une force lui disant qu'il fallait qu'elle reste ici. Une fois les pirates partis et le pauvre village presque détruit, Honey avait emprunté le chemin de la prairie et était tombée au hasard des rues devant l'enseigne de l'auberge.

Elle n'avait pas d'argent sur elle et était épuisée, à cause de certaines de ses nuits blanches tourmentées par les vagues et le froid, elle n'hésita alors que quelques secondes avant d'entrer dans la bâtisse. L'intérieur était sans dessus dessous, les tables qui constituaient le mobilier principal de la pièce étaient renversées et des tas de bouts de verre étaient empilés sur le comptoir, au fond à droite.

En entendant la clochette qui avait scintillé lorsque qu'Honey avait ouvert la porte, une femme plutôt enrobée était apparue de derrière le comptoir, avec un regard interrogatif. Elle fut apparemment surprise en voyant l'inconnue et ne sut pas quoi dire tout de suite.

Honey sentit alors ses jambes faiblir brusquement et elle se retrouva par terre sans trop s'en rendre compte. Hayako-san réagit vivement et vint au secours de la jeune fille, en l'aidant à s'asseoir à la seule table de la pièce relevée.

Honey était encore dans ses haillons de l'orphelinat, pâle et fatiguée comme jamais, une sacoche pendouillant sur son flanc droit et visiblement pleine à craquer. Hayako-san lui demanda d'où elle venait et qui elle était, mais la seule chose que la jeune fille put dire fut : «A boire…s-s'il vous plait »

L'aubergiste ne demanda rien de plus et s'exécuta. Honey lui fit comprendre qu'elle n'avait pas d'argent, ce qui ne sembla pas déranger la femme.
La jeune fille dut boire quatre grands verres d'eau pour être satisfaite et parue regagner un peu de couleur, même si elle restait pâle. Elle se présenta alors à l'aubergiste, puis lui raconta toute son histoire.

«Elle était si jeune et fragile que je n'ai pas pu la renvoyer dehors. Je me suis prise d'affection pour elle…Et puis elle avait un passé si tragique…Alors, je l'ai hébergée pendant quelques jours, le temps qu'elle reprenne des forces et soit pleinement rétablie.»

Honey se souvenait de ça aussi, bien sur. Comment elle avait rencontré Tetsuo, qui était tout petit à l'époque, et Kyoshi-san, toujours aussi amoureux de sa femme, puis le vieux maire de Kansei et son fils le froussard, Akiya. Vinrent ensuite Ganji-san et Chiaki, puis tous les villageois, qui étaient curieux qu'une si jeune réfugiée soit sur leur île. Honey avait aimé se lier d'amitié avec notamment Chigiru-san, le gérant de la plus grande boutique de vêtements du village et avec Dan-kun, le vieux pécheur farfelu.

Le lendemain de son arrivée sur l'île, Hayako-san était venue dans la chambre de la jeune fille pour discuter. Elle avait alors jeté un regard à la sacoche d'Honey, curieuse.

- Dis, Honey-chan...

Honey avait deviné ses pensées sans peine.

- Ce sac ? Avait-elle dit, je l'ai trouvé sur le bateau…Enfin, vu les circonstances, volé.

Elle avait été gênée par ses paroles, mais Hayako-san l'avait invitée à poursuivre :

- Quand j'étais dans la calle quelques heures avant d'arriver ici, j'ai ouvert une caisse de nourriture, comme d'habitude. Seulement j'y ai trouvé quelque chose que je n'aurais jamais cru voir un jour. J'y ai trouvé un fruit du démon.

Hayako-san avait été parcourue d'un frisson. Ces fruits, elle les connaissait assez bien, et elle savait l'étendue des dégâts qu'ils pouvaient causer. Honey avait alors prit la sacoche et l'avait ouvert ; elle en avait sortit une sorte de melon bleu, sur lequel se dessinaient des spirales.

- Je sais ce que c'est, j'avais un livre sur ces fruits quand j'étais petite, avait-elle expliqué. Quand je l'ai vu, je ne sais pas pourquoi mais je l'ai pris.

- Tu…tu comptes le manger ?

- Absolument pas ! Avait alors vivement répliqué la jeune fille. Je ne tiens pas à être maudite moi aussi. J'adore nager et je ne me priverai jamais volontairement de ce plaisir ! Et puis j'aurais trop peur de me transformer en monstre ou en une chose immatérielle, je ne me sentirais plus moi-même après. C'est hors de question que je le mange, c'est pour ça que je ne sais pas pourquoi je l'ai pris.

L'affaire avait alors été close, le fruit était resté dans un coffre, sur la table de chevet d'Honey. Personne n'en avait voulu au village, préférant leur vie paisible plutôt qu'une malédiction.

Honey avait ensuite été convoquée chez le maire, deux jours après son arrivée, et il lui avait parlé de l'île en disant qu'elle était très souvent attaquée par des pirates. La jeune fille ne comprenait pas pourquoi la Marine ne faisait rien, et le maire lui avait répondu que c'était parce qu'elle était occupée à des choses plus « importantes » et qu'elle arrivait bien souvent quand les pirates étaient partis.

Honey en fut outrée. La Marine ne semblait pas aussi prestigieuse qu'elle se l'était imaginé.

- Mais pourquoi vous ne vous défendez pas ? Avait-elle demandé au vieux maire.

- Nous sommes trop affaiblis par les reconstructions permanentes du village suite aux dégâts causés par les différents pirates. Et de plus, nous n'avons que très peu d'armes et nous ne sommes pas très courageux…Alors nous attendons chez nous qu'ils fassent ce qu'ils ont à faire, en espérant que la Marine vienne à temps, ce qui est rare cependant.

Honey avait été choquée par si peu de volonté, mais elle les comprenait un peu. Elle avait envie d'agir pour ce village si chaleureux.

« Trois jours après son arrivée, elle était assez bien intégrée au village et le maire m'avait dit qu'il ne serait pas contre le fait de l'adopter parmi nous, dans notre petit village. L'idée m'avait ravie bien sur, après tout elle était très jeune et n'avait nulle part où aller, et puis elle était très polie et gentille. Mais comme de coutume sur notre île, des pirates vinrent bientôt saccager le village, et ce qui devait se dérouler sans incident dérapa…»

C'est là que Honey avait laissé son cœur parler. Maintenant, le fil de ses souvenirs l'accompagnant, elle ne tremblait plus. Elle se souvenait juste.

Elle fut réveillée, trois jours après son arrivée, par des hurlements affolés. Malgré son cours séjour, elle s'était attachée aux villageois et avait eu peur pour eux. Hayako-san était venue dans sa chambre précipitamment, lui expliquant que de nouveaux pirates venaient les piller et qu'il fallait qu'elle reste dans sa chambre…

Honey se pencha par-dessus la fenêtre de sa chambre qui donnait une vue imprenable sur l'allée de maisons et le port, et elle vit à peu près le même spectacle que quelques jours auparavant, alors qu'elle était encore dans l'orphelinat.

Sauf que cette fois-ci, les villageois s'étaient barricadés dans leurs maisons, et seuls les boutiques et les magasins étaient grands ouverts. Les pirates se servirent comme chez eux, ce qui mit Honey dans une rage folle. Elle voyait les si gentils villageois qui l'avaient accueillie se faire soumettre par ces abominables brigands, juste là, sous ses yeux.

Malgré tout, elle ne fit rien, parce qu'Hayako-san lui avait demandé.

Puis les pirates décidèrent que leur pillage n'était pas drôle car trop facile, et ils commencèrent à forcer les portes des maisons pour faire sortir leurs habitants de force. En les menaçant, ils firent sortir tous les autres et ils se retrouvèrent tous sur le port, sauf Honey qui devait rester en dehors de ça selon l'aubergiste.

Mais ça, pas question. Elle ne voulait pas à nouveau connaitre de drame et voir tous ces gentils gens mourir sous ses yeux. Elle ne ferait pas ce plaisir aux pirates. Déjà, ils commençaient à prendre à part certains villageois pour les frapper devant tout les autres, impuissants face aux pistolets braqués sur eux.

La jeune fille se retourna alors vers sa table de chevet et ouvrit le coffre qui y reposait. Puisque personne ne semblait prêt à faire quoi que ce soit, elle le ferait. Elle ne pourrait jamais faire face à tous ces pirates à la fois, son dernier recours était donc le fruit du démon qui reposait dans son grand étui de velours rouge.

Elle le prit, couru dans la cuisine et y prit un couteau. Elle découpa le fruit à la va-vite et le manga, après une dernière seconde d'hésitation.
Tant pis pour son pari, là, c'était pour la bonne cause. Ce n'est qu'une fois entièrement avalé qu'elle remarqua à quel point le gout de cette chose était horrible et amer.

Elle n'avait jamais mangé une pareille horreur, même à l'orphelinat. Puis elle se figea, attendant une quelconque réaction ou un quelconque changement. Mais rien ne se produisit. « C'est vraiment un fruit du démon ? » se demanda-t-elle sur le coup. Mais elle n'avait pas le temps d'attendre la réponse et elle se précipita au port.

Elle y retrouva les villageois apeurés et recroquevillés sur eux-mêmes, et cria aux pirates d'arrêter leur tyrannie sur le champs, l'adrénaline parcourant tout son corps.

Ils se retournèrent tous vers elle, et ce qui semblait être le capitaine, un grand roux, lui demanda :

- T'es qui toi, pour nous donner des ordres ? Et puis pourquoi t'es pas avec les autres ? Toi aussi tu veux que je te tabasse ?

La jeune fille frissonna en entendant ces mots. Elle ne savait pas du tout se battre et ne savait même pas si le fruit faisait effet, ou même quel pouvoir il avait. Les villageois la regardaient avec des yeux effrayés et certains la suppliait de se taire et s'enfuir. « Trop tard » se dit-elle.

- Vous ne me faites pas peur ! Rajouta-t-elle. Partez d'ici tout de suite !

Ceci sembla énerver le capitaine.

- Je vais t'apprendre les bonnes manières, gamine.

Il s'approcha d'elle en traversant la foule, lentement. Le cœur d'Honey se mit à battre à un rythme si fort qu'elle était sûre que les villageois pouvaient l'entendre. Pendant ce temps, le pirate se rapprochait toujours sous leurs yeux apeurés.

Le seul atout qu'Honey se connaissait, c'était sa souplesse. Sa mère la comparait souvent à un chat, malin et adroit mais surtout agile et souple. Par contre, Honey n'avait jamais frappé personne et elle se doutait que la force de son poing devait être aussi ridicule que celui d'un enfant de six ans.

« Qu'est-ce que je fais maintenant ? » Se demanda-t-elle. Sa respiration se fit saccadée et la boule qui hantait son ventre fut de plus en plus grosse à mesure que le pirate approchait. Elle essaya de bouger, mais elle était pétrifiée, et une seule pensée revenait sans cesse dans son esprit : « Je vais mourir ».

Le capitaine pirate était maintenant devant elle, et la jeune fille put constater qu'il était immense et était doté d'une musculature plutôt imposante.

- Honey-chan ! Va t-en !

C'était Hayako-san qui venait de crier, mais même ses paroles ne purent rendre sa mobilité à Honey. Le pirate empoigna le cou de la jeune fille et la souleva dans les airs. Elle laissa échapper un cri de surprise et de souffrance malgré elle, et elle se maudit d'être si faible et inutile.

« Je ne suis même pas fichue de les aider…Je vais mourir…c'est pitoyable ».

- Alors ? Tu disais ? Dit le capitaine pirate. Tu parles bien fort mais au final, tu n'es qu'une ridicule fourmi pour moi. Je peux t'écraser quand je veux.

Pour prouver ses dires, l'homme serra encore plus son emprise sur le cou d'Honey. Elle laissa échapper un autre cri de douleur. Son cœur battait à une telle allure qu'il était étonnant qu'il n'ai pas encore explosé. Le pirate se retourna vers les villageois, sa proie toujours entre ses mains, puis serra d'avantage. Cette fois, la jeune fille ne put émettre le moindre son, ne pouvant à peine respirer.

- Vous voyez ce qui arrive aux vermines qui osent me défier ? S'exclama-t-il.

Il commença à rire et ses hommes le rejoignirent. « Mince…pensa la jeune fille. Je commence à voir flou…Je…Je ne veux pas mourir. Pas ici…Pas maintenant. J'ai un pari à gagner».
Alors que tout semblait finit, Honey réussit à articuler ses songes dans un murmure :

- Je ne…mourrais pas…

Le capitaine pirate cessa de rire et regarda la jeune fille d'un air interrogateur, la rapprochant de son visage.

- JE NE MOURRAIS PAS ICI !

Honey avait rassemblé ses dernières forces pour pouvoir crier ainsi. Son instinct de survie avait prit le dessus, il était hors de question de se laisser faire comme ça.
Et puis soudain, la jeune fille se retrouva sur le sol du port après une lourde chute.

- Aïe !

Elle leva les yeux vers le capitaine pirate et lut sur son visage de l'incompréhension et de la surprise. Il ne l'avait pas lâchée ? Elle vit alors son poing toujours serré, dans lequel son cou aurait du être.
Elle se retourna alors vers les villageois et vit qu'ils faisaient tous la même tête étonnée et apeurée en la regardant. Ils étaient tous blêmes, on aurait cru qu'ils venaient de voir un fantôme. Honey ne comprenait pas vraiment ce qu'il s'était passé.

- Que…quoi ? Pourquoi vous me regardez tous comme ça ?

Elle n'obtint pas de réponses et n'eut pas le temps de réitérer sa question car le capitaine pirate, visiblement furieux, avait sortit sa lame de son fourreau.

- Misérable ! cria-t-il. Je ne sais pas comment tu as fait ça, mais sache que personne ne m'échappe !

La jeune fille évita de justesse le coup qui lui était réservé grâce à une galipette. Elle se releva cependant trop vite et faillit perdre l'équilibre, aussi elle ne vit pas la lame du pirate se diriger vers elle.

- HONEEEEY !

La voix d'Hayako-san avait à nouveau résonné dans le port. Mais cette fois, ce fut la seule chose qu'entendit Honey. Le temps s'était arrêté, et le silence régnait dans cette dimension inexistante.
« Je suis touchée. Je vais mourir ». Elle put entendre son cœur battre, très, très lentement, et attendit de ressentir la douleur conséquente à l'attaque du pirate.

Mais rien ne vint. Pourtant, elle n'osait pas regarder. Elle tremblait, s'attendant à sentir le sang couler à flot sur son ventre. Mais rien non plus. Son regard se tourna vers les villageois, et c'est en voyant leur lueur de totale stupéfaction qu'elle se décida à regarder.

Et Honey ne comprit pas ce qu'elle vit. Là où la lame aurait dû couper son ventre en deux, une trainée de poudre couleur arc-en-ciel faisait place. Mais était-ce vraiment de la poudre ? Elle ne comprenait pas.

La poudre se rassembla soudainement au même point et Honey retrouva son corps entier et intact. Sur le port, personne ne parlait, y compris les pirates. Le capitaine, ahurit, recommença alors de multiples assauts contre le torse de la jeune fille mais celui-ci disparaissait en nuées arc-en-ciel impalpables, pour se recomposer ensuite.

Alors, ça avait marché. Honey avait été maudite par le fruit du démon, et elle avait maintenant ses pouvoirs. Bon, pour le moment, elle ne voyait pas trop comment l'utiliser et comment il marchait, mais au moins, elle savait qu'elle était de type logia, type de pouvoir qui vous donne les capacités des éléments naturels. Le genre de pouvoir qui vous rend immatériel et impalpable. « Super ! Se dit-elle ironiquement ».

- Toi ! Mais qu'est-ce que tu es ? cria le capitaine, furieux.

- Ca…J'en ai pas la moindre idée ! répondit la jeune fille avec un sourire malicieux, malgré son agacement.

- Honey-chan…Tu…Tu l'as mangé ? Tu as mangé le fruit du démon ? demanda alors Hayako-san.

- Quoi ? Mais elle ne voulait absolument pas ! Pourquoi tu as fait ça, Honey ? ajouta le vieux maire.

- C'est évident, non ? répondit la jeune fille.

Elle trouvait ça un peu étrange de parler aux villageois en plein « combat », mais comme le capitaine pirate semblait pétrifié, elle se permit de le faire.

- Je l'ai fait pour pouvoir vous sauver !

Elle put voir les yeux étonnés des villageois s'agrandir d'avantage avec cette révélation. Les pirates les menaçaient toujours avec leur pistolet et attendaient que leur capitaine réagisse. Celui-ci restait là, sans bouger, les yeux grands ouverts. Puis il sembla reprendre conscience et son regard devint encore plus furieux qu'avant.

- Une utilisatrice de fruit du démon, hein ? Sale gamine, si tu crois que ça va m'empêcher de te tuer !

Il amorça une nouvelle attaque, et même si Honey se savait maintenant intouchable, elle préféra esquiver avec souplesse et grâce la lame du pirate. Il commençait à l'énerver sérieusement, chose rare à réussir avec Honey. Aussi, comme elle n'avait rien à perdre, elle se propulsa vers lui et lui assena le plus fort coup de pied possible au ventre.

Malheureusement, il était trop robuste et il vacilla à peine.

- Hein ? T'a fait quoi là ? J'ai rien sentit du tout ! S'écria le capitaine avant de recommencer ses attaques.

Honey esquiva à nouveau en essayant de se concentrer le plus possible sur le combat. Elle n'avait donc aucune chance coté force physique contre lui, son seul espoir était alors son fruit du démon. Mais à part disparaitre en nuée arc-en-ciel, elle ne voyait pas d'autres options.

- Chiaki !

Honey se retourna vers les villageois, intriguée par ce cri. Elle vit Chiaki s'élancer vers l'ennemi à toute vitesse, une lueur furieuse dans les yeux. Mais l'un des pirates, surpris, pointa son pistolet vers lui et fut prêt à faire feu. Encore une fois, le temps s'arrêta. Honey eut juste le temps de tendre sa main vers lui en criant « Chiaki, attention ! », et un bruit de détonation monstrueux éclata dans l'air.

Le jeune garçon s'était figé. Lui aussi semblait attendre une chose qui ne voulait pas venir. Honey, elle, était stupéfaite. C'était elle qui avait fait ça, à l'instant ?

Juste avant que la balle n'atteigne le garçon, un arc-en-ciel avait surgit derrière lui et l'avait protégé. Mais pas un arc-en-ciel constitué d'eau, comme les arc-en-ciel normaux non, celui-ci avait l'air palpable et matériel, comme une vitre toute fine.

Toutes les personnes présentes sur le port étaient à nouveau stupéfaites, sauf Chiaki qui ne comprenait pas comment il avait pu être sauvé. Il regarda Honey avec un air signifiant à peu près : « C'est toi qui m'a sauvé ? ». La jeune fille haussa les épaules. Elle ne comprenait pas plus que lui.

Elle fixa alors ses mains et se concentra. Au bout de quelques secondes, elles disparurent en trainée arc-en-ciel, comme son corps sous les coups de la lame du capitaine pirate.

Elle commençait à comprendre. Honey releva la tête puis fixa le capitaine qui restait encore immobile. Elle pointa sa main ouverte vers lui et se concentra, visionnant une sorte de cage. Aussitôt visualisée, la cage arc-en-ciel apparue autour du pirate, surpris, et quand celui-ci tapa contre la paroi, elle resta solide.

Avant que ses sbires n'aient réagit, Honey, instinctivement, fit de même avec eux. Elle ne relâcha pas sa concentration et réussit à encercler chaque pirate avec ses arc-en-ciel. Les villageois, après une dernière hésitation, crièrent tous de joie et se relevèrent en riant et en se précipitant vers Honey. Hayako-san la serra tellement fort dans ses bras qu'elle crut étouffer, et tous les villageois la remercièrent et la félicitèrent.

Akiya, le fils du maire, cria alors :

- La Marine ! Regardez ! La Marine arrive !

Tout le monde fut stupéfait de voir que c'était vrai. Pour une fois, la Marine venait à leur secours, et à temps.

- Honey-chan ! Je sais quel fruit tu as mangé ! Dit soudain Toshiro-san, le scientifique du village.

La jeune fille le regarda avec plein de surprise et tous les villageois écoutèrent.

- Je l'ai vu dans un livre sur les fruits du démon, il détaillait tous ceux qui sont connus. Le tien, c'est le Niji Niji no Mi, le fruit arc-en-ciel. En fait, ce pouvoir te permet de contrôler l'eau qui est présente dans l'atmosphère et y associe la lumière du soleil pour se fortifier, tout en ajoutant sa propre lumière, et ainsi, ça forme un arc-en-ciel ! Mais pas n'importe lequel ! Tu peux contrôler son épaisseur et donc sa perméabilité en renforçant le champs gravitationnel présent entre les minuscules gouttes d'eau et-

- Oui oui, merci Toshiro-kun, mais je crois que j'ai compris l'essentiel…dit poliment Honey.

Les villageois lui en furent reconnaissants. Quand Toshiro commençait à parler de choses scientifiques, il ne s'arrêtait plus, même si personne ne comprenait ce qu'il racontait.

La Marine accosta bientôt au port du village et embarqua les pirates après un topos de la situation par le maire.

« Honey a alors fait quelque chose d'incroyable. Elle nous a sauvé des pirates qui nous avaient envahis, en sacrifiant une part d'elle-même. »

Dans l'auberge, au temps présent, Hayako-san continuait son récit.

- Elle a fait la dernière chose qu'elle aurait voulu faire, elle a mangé un fruit du démon.

- HEEEIN ?

Luffy et ses compagnons, qui n'avaient pas parlé depuis le début, firent sursauter la jeune fille, toujours recroquevillée dans les escaliers.

- Mais alors…Depuis le début…

La jeune fille identifia cette voix facilement, c'était celle d'Ussop.

- Pourtant, elle porte cet anneau autour du doigt ! Cette pierre étrange…

Là, c'était Nami.

- Le Kairouseki ? En effet, ça peut paraitre bizarre…répondit Hayako-san.

- Ha ! Réagit soudain Luffy. Pourquoi elle ça l'affaiblit pas ?

- Ca fait trois ans qu'elle le porte, vous savez. Elle est devenue forte et a appris à vivre avec. Elle n'est pas la seule utilisatrice de fruit du démon capable de ne pas faiblir au contact de cette pierre.

- Mais pourquoi elle le porte ? demanda Nami.

- Pour plusieurs raisons... La première, c'est qu'elle sait qu'il ne faut pas qu'elle se repose entièrement sur son pouvoir. Sur Grand Line, on rencontre différents pouvoirs capables d'annuler les pouvoirs de fruits du démon, dont le Kairouseki qui est très utilisé par la Marine, vos ennemis.

- Mais pourtant, elle ne parcours pas Grand Line tous les jours... coupa Ussop.

- Heu…eh bien…Les pirates qui viennent nous attaquer sont parfois farouches et malins, et...

Honey put entendre le ton quelque peu paniqué de l'aubergiste, et elle ne put s'empêcher de sourire. Elle ne leur avait pas dit la vérité.

- Bref ! La deuxième raison, c'est qu'elle n'a jamais voulu de ce pouvoir...

- Ben, pourquoi elle a mangé le fruit du démon alors ? coupa Luffy.

- BAKA ! T'a pas écouté ? cria Nami, apparemment furieuse. Elle l'a mangé pour pouvoir défendre le village !

- Ha, je vois !

Honey eut un petit rire discret. Luffy était bête, mais ça lui donnait un coté attachant

- Donc, je disais, repris Hayako-san, Honey n'aime pas se sentir « inexistante », en quelque sorte. Son corps parait matériel et solide mais le moindre coup trop fort et elle s'évapore, et ça elle ne le supporte pas. Les pouvoirs et la gloire ne l'intéressent pas du tout, elle veut juste être comme les autres.

Encore une fois, Honey remercia intérieurement l'aubergiste. Elle ne leur avait pas tout dit.

- La troisième raison c'est que ça l'entraine et elle devient de plus en plus forte, tout simplement. Ses entrainements sont surtout basés sur le combat au corps à corps, mais aussi sur son pouvoir et son aptitude à résister au Kairouseki.

- Je vois…dit finalement Nami. Mais quel genre de pouvoir a-t-elle ?

- Ca, vous le verrez sans doute demain, quand elle s'entrainera.

Le ton de l'aubergiste fit comprendre que le sujet était clos, et les autres restèrent silencieux pendant un moment.

- Et après ? demanda Ussop.

- Ensuite, le village a été extrêmement reconnaissant de ce sacrifice, elle nous connaissait à peine et s'est battue pour nous, tout de même. Nous l'avons alors adopté et elle est devenue la protectrice du village.

Honey replongea à nouveau dans ses souvenirs. Elle vit les soldats de la Marine arriver au port et emmener les pirates, libérés de leur prison arc-en-ciel. Puis elle vit le comandant du vaisseau allié s'avancer vers les villageois et demander comment ils avaient fait pour attraper ces brigands.

Le maire leur expliqua tout, y compris le fruit du démon mangé par Honey, et le commandant se méfia.

- Toi…Qui es-tu ? demanda-t-il à la jeune fille.

Honey, bien qu'âgée de seulement quatorze ans, était beaucoup plus mature que n'importe quel autre enfant de son âge, suite aux épreuves qu'elle avait traversé. Elle savait alors qu'il ne fallait pas qu'elle dise de bêtise, car le Marine avait l'air de se méfier d'elle à cause de son pouvoir. Il la prendrait au sérieux malgré son âge.

Les villageois présents au port la regardèrent alors.

- Moi ? Je suis une pirate !

Tout le monde fut visiblement plus qu'étonné par cette brusque réponse, sauf le commandant qui ne semblait pas rigoler.

- Mais…Honey-chan, pourquoi tu dis ça ? demanda Hayako-san.

- Parce que c'est la vérité ! Il y a longtemps, quand j'étais petite, j'ai fait un pari avec ma mère. Et je ne compte pas perdre ! Pour ça, je doit dire ce que je suis réellement, ce que j'ai décidé d'être !

- Très bien, dit alors le commandant en s'adressant à ses hommes, embarquez la elle aussi.

Les villageois furent choqués et outrés par ses paroles.

- Mais enfin, c'est n'importe quoi ! Ce n'est qu'une enfant !

- Et elle nous a protégé !

- Vous ne pouvez pas faire ça ! Elle est jeune, elle ne sait pas ce qu'elle dit !

- Elle a pourtant l'air d'avoir parfaitement conscience de ses paroles, et si elle se rebelle à cet âge…Je ne tiens pas à poursuivre un utilisateur de fruit du démon en plus ! rétorqua le Marine.

- Honey-chan, enfuie toi !

Le commandant ne perdit pas une seconde et ordonna à un de ses hommes de faire feu. Le soldat tira alors un filet qui s'abattit sur la jeune fille.

- Haa ! Mais qu'est-ce que c'est ? Mes…Mes forces s'affaiblissent…

Le commandant expliqua que le filet était fait en Kairouseki et s'avança vers la jeune fille captive. Il fut cependant coupé par tous les villageois qui firent rempart devant elle avec leur corps.

- Si vous la voulez, il faudra nous passer dessus ! décreta l'un d'eux, que les autres soutinrent.

- Non, ne faites pas ça…répliqua faiblement Honey dans sa prison de pierre marine.

Elle s'était rarement sentie si lasse et faible, elle pouvait sentir sa force décroitre à chaque seconde.

- Contre-amiral ! Contre-amiral !

Un soldat de la Marine vint vers le commandant, affolé et essoufflé.

- C-Contre-amiral, on a reçu un appel de la base…On doit rentrer sur le champ !

Le concerné parut furieux par cette nouvelle et considéra les villageois amassés autour de la jeune fille.

- Tch…Vous vous en sortez bien pour l'instant, je n'ai pas de temps à perdre apparemment…On réglera ça plus tard.

Et les Marine étaient partis, embarquant les pirates avec eux. Les villageois en furent tous ravis et l'atmosphère se décontracta.

- Dis, Honey-chan…demanda alors Hayako-san après l'avoir débarrassé de son filet. De quoi est-ce que tu parlais tout à l'heure ?

- A propos du pari ? demanda la jeune fille.

Hayako-san approuva.

- Eh bien…Depuis que je suis petite, je rêve d'aventures et j'ai toujours voulu être un brave pirate, chassant des trésors et partant au-delà des mers, vers de nouvelles choses à voir. Mais je voulais être dans un équipage en particulier…Celui qui vivrait les plus grandes aventures et dont on entendrait parler sur plusieurs générations…L'équipage du seigneur des pirates !

Elle s'était alors revue, plusieurs années auparavant, devant sa mère. C'était quelques jours avant sa mort, alors qu'elle se savait mourante.

-Plus tard, je serais dans l'équipage du seigneur des pirates ! Et je vivrais les plus grandes aventures du monde ! avait dit Honey, insouciante.

- Ha oui ? Mais tu sais mon ange, tous les pirates ne sont pas si gentils que tu le crois…avait répondu sa mère.

- Cet équipage là sera gentil !

- Et comment tu sauras si il deviendra vraiment l'équipage du seigneur des pirates ?

- Je le saurais, c'est tout !

- Mais, dis moi…Pourquoi tu ne deviens pas toi-même le seigneur des pirates ?

- Ha non alors ! Etre capitaine, c'est trop grand comme responsabilité ! Et puis de toute façon c'est décidé !

- Hum, je vois. Alors, faisons un pari. Je pari que tu ne trouvera pas cet équipage et que tu ne vivra aucune de ces aventures fabuleuses.

Sa mère avait dit ceci avec un sourire. Elle voulait que sa fille lui démontre le contraire, et qu'elle fasse tout pour réaliser son rêve, aussi fou soit-il. Elle savait que sa fille était intelligente et ne ferai pas confiance à des brutes sans cœur, elle savait qu'Honey pouvait accomplir son rêve.

- Je pari le contraire ! Rétorqua la fillette. Je pari que je vais réussir, que je vais trouver des compagnons géniaux, vivre des aventures incroyables et devenir une des pirates du futur seigneur des pirates, et alors tu aura perdu !

- C'est d'accord, mais pour valider le pari, il faudra que tu revienne ici, à la maison.

- D'accord !

Elles s'étaient serré la main, devant le soleil couchant. Ce n'était pas un simple jeu. Sa mère, tout comme elle, savait que ce pari servirai à la motiver pour atteindre son rêve. Sa mère avait confiance en elle.

A Kansei, les villageois regardaient Honey, effarés.

- Le seigneur des pirates ?

- C'est mon rêve…Même si ça parait dingue et complètement décalé. Je reviendrais ensuite sur mon île natale, sur la tombe de ma mère, et je lui montrerais que j'ai gagné notre pari.

- Mais…Comment tu sauras si l'équipage que tu suivra sera celui du futur seigneur des pirates ?

- Quelque chose me dit que je le saurais…répondit Honey avec un sourire mystérieux.

Ca paraissait fou, mais elle sentait que sa mère était près d'elle et qu'elle la guidait.

- Il faut que j'attende. L'équipage passera surement ici un jour, je le sens.

- Qui te dis qu'il n'est pas déjà passé ? Et puis il y a plusieurs routes pour parcourir Grand Line...Ils risquent de ne pas passer par là !

- Je le sais, ils viendront.

La jeune fille sortit de ses pensées et retrouva à nouveau les escaliers de l'auberge.

- Elle attend la venue de quelqu'un depuis toutes ces années, disait Hayako-san. Elle attend, tout en continuant de protéger le village. Elle vous attend.

Un silence indiqua à la jeune fille que les pirates ne comprenaient pas.

- C'est pour ça qu'il faut que vous la preniez avec vous, parce que vous êtes l'équipage qu'elle attend depuis toute petite.

- Je ne comprends pas…avoua Nami.

Honey reprit alors le contrôle de son corps et se redressa. Elle descendit rapidement les escaliers.

- Pas besoin d'en dire plus, Hayako-san, dit-elle.

Tout le monde se retourna vers elle, surpris. Elle vit que Zoro dormait les bras croisés sur son torse, depuis un certain temps sans doute, et que les autres se tenaient devant des verres d'eau vides.

- Honey-chan…dirent Nami, Hayako-san et Sanji en même temps.

- C'est gentil de ta part, Hayako-san, mais ça n'est pas bien de s'imposer aux gens comme ça. En plus, je ne mérite pas d'être leur amie. Et puis, sans moi, vous n'auriez plus de vie…

Elle ne savait pas pourquoi, mais Honey sentait les larmes monter dans ses yeux. Ne voulant pas montrer aux pirates un tel spectacle, elle fit demi-tour et fila dans sa chambre.
« Je suis ridicule… » pensa-t-elle.

Dans le salon de l'auberge, les invités restaient incrédules.

- Qu'est-ce que ça veut dire ? demanda Nami à l'aubergiste.

- Ca, c'est à elle qu'il faut le demander. Désolée, mais j'en ai trop dit, il vous faudra lui forcer à vous dire ce qu'elle a sur le cœur pour savoir.

Sur ces mots, Hayako-san ne laissa pas le temps aux pirates de répliquer et les invita à monter se coucher, ce qu'ils firent volontiers, Luffy ayant une lueur étrange dans les yeux.

Honey, dans sa chambre, s'en voulait d'avoir agit ainsi. Après tout, Luffy était le futur seigneur des pirates, elle le savait, et elle adorait tous les membres de l'équipage. Pourtant, elle ne pouvait pas débarquer comme ça et s'imposer.

Et puis, à la seconde où elle avait su qu'elle avait trouvé l'équipage qu'elle attendait, elle avait soudain pensé au village, à ses habitants, et à leur vie avant qu'elle n'arrive pour les protéger. Elle avait eu peur pour eux, pour sa deuxième famille. Elle avait alors tout de même voulu connaitre un peu mieux l'équipage du futur seigneur des pirates dont elle aurait tant aimé faire partie, ceci devenant impossible.

Elle était en train de renoncer à son rêve.


Bon voila une bonne chose de faite !

J'espère que ça vous a plut...Desolée mais c'est le seul rêve que j'ai pu lui trouver, même si il parait "facile" =s Et pour le fruit du démon, j'ai relu et je trouve que ça fait bête xD mais moi quand je visualise tout ça j'aime bien...

Sinon, le prochain chapitre sera le dernier ! Eh oui, je ne compte pas non plus réécrire tout One Piece, il faudrait être fou xD Même si j'aurais aimé parler du petit Chopper...

Comme la semaine prochaine c'est le bac blanc, que c'est mon anniversaire cette semaine et que le prochain et dernier chapitre sera très long, je crains qu'il ne soit posté assez tard, peut-être mardi dans deux semaines...Désolée pour l'attente à l'avance en tout cas, et surtout,

Merci d'avoir lu ! ^^