TimberLand !

-Chapitre III-

Source : Gundam Wing AC

Auteur(e) : Yuy

Bêta de lumière : Lysanea

Genre : yaoi, romance.

Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf... vous verrez bien ^^

Couples : 1x2 ; 3x4

Personnages : Heero Yuy, Duo Maxwell, Trowa Barton, Quatre Raberba Winner...

Note en bas de page.

Lime

Futur.

Bon et agréable moment à toutes et à tous !


Le lendemain…

Il est cinq heures du matin.

Duo n'a pu sommeiller que deux petites heures et pourtant, ce dernier scrute la pièce plongée dans l'obscurité depuis bien trente minutes, comme s'il avait dormi toute une nuit.

À ses côtés, Heero dort comme un bienheureux, son bras entourant sa taille avec possessivité.

*Comment je vais sortir de là, moi ?* se demande le bûcheron.

Il décide de changer de position, mais à peine s'est-il retourné qu'Heero le serre plus fort contre lui.

*Oh, non ! Comment il est trop mignon ! ! Aaaah ! Mais faut que tu me lâches, 'ro. Allez ! On lâche son Doudou !*

- Mhmmm, grogne le pilote, le faisant sursauter.

*Quelle horreur ! Il peut lire dans mes pensées ? !… Argh ! Faut que je sorte d'ici vivant ; s'il me sent bouger, il va me sauter dessus.*

Il tente encore de se détacher de lui, mais sans succès.

*Okay… Il s'est greffé des menottes ou quoi ?*

Soudain, une idée lui traverse l'esprit.

*Mon oreiller ergonomique ! !*

Sûr de son coup, il s'en saisit.

*Garantie à vie, celui-là ! Vu que je dors sur 'ro. Allez, mon gros, au boulot !*

Lentement, avec précaution, Duo s'écarte millimètre par millimètre de sa « bouillote réglable » et commence à faire glisser l'oreiller en mousse à mémoire de formes entre eux deux.

L'opération réussie, Duo se glisse hors du lit avec toute la discrétion dont il est capable.

Mais au moment de sortir de la pièce, il ne peut s'empêcher de regarder son amant serrer le pauvre coussin, ratatiné sous son étreinte.

Puis, il referme doucement la porte, s'empare d'un jean et d'un tee-shirt dans le dressing…

*Mes affaires font pas tâche déjà au milieu de ses pulls en cachemire !*

… puis sort en direction du parc.

- Aaah ! Rien ne vaut une bonne bouffée d'air frais !

S'il est heureux comme tout les dix premières minutes, il ne tarde pas à s'ennuyer ferme ensuite.

Surtout, quelque chose le tracasse. Il est attiré par le circuit privé d'Heero. Son regard n'arrête pas de s'y poser, alors même qu'il s'efforce de penser à autre chose.

*Oh ! Et puis, mer…credi !*

D'un pas trop déterminé à son goût, il se rend en direction du hangar du Wing Zero.

- Merde, y a un code !... Pardon, mon Père, mais c'est plus fort que moi, s'excuse-t-il le regard porté vers les étoiles avant de forcer l'entrée.

L'obscurité est totale, mais cela ne semble pas le déranger. Au contraire, ne pas voir ce qui l'entoure lui fait presque oublier où il se trouve.

Alors qu'il avance à tâtons, sa jambe bute sur un objet dur et contondant.

Il pose ses mains sur l'ombre et constate qu'elle est recouverte d'une sorte de bâche, poisseuse, qui plus est.

- Ça ne peut pas être sa voiture. Ce qui est entreposé ici ne sert jamais.

Soudain frustré de ne pas voir, il décide d'allumer puis de découvrir l'obstacle poussiéreux.

- Woh !

Duo recule de deux pas, le souffle coupé.

Son regard déshabille la voiture de course noire de jais, décorée de petites bandes blanches et vertes, juste de quoi lui donner une allure encore plus imposante et inquiétante ; mais ce qui domine, c'est le noir de la carrosserie rutilante. Comme si le temps ne pouvait altérer sa force animale, sa beauté, son agressivité visuelle.

Duo sent l'excitation l'envahir et prendre le contrôle de chacune de ses cellules.

Il la veut. Elle lui appartient déjà.

- C'est l'évidence, se murmure-t-il.

Ni une, ni deux, il enfile ses combinaison et casque noir avant d'enclencher l'ouverture des deux portes coulissantes du hangar.

- Toi et moi, on est de sortie, ma belle !

Totalement envouté, Duo en oublie complètement son aversion pour ces engins. Mieux, la voiture le réconcilie avec sa passion, son don, ce qui aurait dû être sa destinée.

Ce qu'il ne sait pas encore, c'est que cette voiture est un Gundam. Le Deathscythe responsable de la mort de trois pilotes d'essai. La voiture capable de se fondre dans son environnement, de se rendre comme « invisible ».

La voiture qu'Heero a sauvée de la casse… et des mains expertes de Trowa qui voulait se servir des pièces détachées pour réparer le Wing.

Dès qu'il prend place dans l'habitacle, Duo se sent comme chez lui. Il démarre et gémit de plaisir.

- Viens, ma belle. Allons défier la vie !

Le crissement des pneus et le son continu de ses tours de piste alertent l'ouïe fine d'Heero, qui avait déjà commencé à se réveiller, dérangé par le froid et l'étrange mollesse de son… coussin.

Sans perdre une minute, il quitte leur lit, puis court jusqu'à son complexe automobile.

De l'autre côté de la villa, dans les appartements privés du couple d'amis, Trowa a lui aussi ouvert les yeux.

- Chéri ? émerge difficilement Quatre.

- Il se passe quelque chose.

- Oui, j'entends à présent. Heero ? Non…

- Duo ? ! ! prononcent-ils en même temps.

Ils se lèvent de suite et se rendent sur les lieux, tout comme Heero.

Au pas de course, il ne leur faut pas plus de trois minutes avant d'arriver, à peine essoufflés.

S'ils sont tous les trois en jeans et torses nus, ce n'est pas à cause de la fraîcheur du matin qu'ils frissonnent, mais à la vue du spectacle.

- Je croyais que Duo avait décidé de détester ça, relève Trowa, brisant le silence.

- Hn.

Heero suit le Gundam du regard, perplexe.

- Il prend son pied, intervient Quatre. Il revit, c'est incroyable !

- Alors, il va bien ? demande Heero.

- Plus que bien.

- La « maudite » a enfin trouvé son maître, ajoute Trowa.

- Ce n'est pas étonnant que tu n'aies jamais pu t'en défaire. Ton cœur devait sentir que son propriétaire t'était destiné.

- Hn.

- Ton scepticisme n'est plus crédible, mon vieux !

Ils doivent patienter encore quelques minutes avant de voir revenir Deathscythe vers eux et s'immobiliser.

Alors qu'ils s'avancent vers la voiture, Duo en sort et ôte son casque, dévoilant son large sourire.

- Cette voiture est faite pour moi, 'ro. Je le sens.

- Tu n'es pas sans savoir que trois personnes sont mortes en l'espace de deux mois.

- Alors c'est bien le fameux Gundam Deathscythe, la voiture « maudite ».

- Hn.

- Peu m'importe ! Et puis, il faut quelqu'un de tout aussi maudit pour la piloter.

Heero soupire.

- Je perds tous les êtres que j'aime, 'ro… sauf toi. Toi, je ne te perdrai pas.

Heero jette un œil à la voiture ; ça fait longtemps qu'il ne l'a pas vue.

- Tu es l'élu. Deathscythe est à toi, désormais.

Le regard pétillant, Duo entoure le cou de son pilote de ses bras avant de lui donner un long et langoureux baiser.

- Merci… Beaux « tatouages », vous deux ! ajoute-t-il en se tournant vers leurs amis.

Les « tatoués » sourient.

- C'est du fait maison, je suppose ?

- C'est plus économique, répond Quatre. On a un bel aperçu de ton talent sur le torse et le dos d'Heero, mais ôte un peu ta combinaison, voire ?

- Je viens de fournir un gros effort, je ne dois pas m'exposer au froid.

- Bien entendu, intervient Trowa. Heero, tu devrais prendre tes distances ou il va finir par attraper une pneumonie.

- Baka !

- Au fait, 'ro, mon oreiller te plaît ?

- Il est tout sauf ergonomique, râle-t-il, l'air grognon.

Duo sourit avant de nicher son nez dans son cou et de caresser son dos nu et musclé.

- Désolé, mon amour. Je sais que tu es du matin, du midi, de l'après-midi, du soir et de la nuit, se moque-t-il. J'ai dû te manquer.

- Il n'est que cinq heures trente.

Trowa et Quatre s'éclipsent discrètement afin de rejoindre leurs appartements.

- Il fallait le dire tout de suite, ça change tout, chuchote Duo à son oreille. D'habitude, tu sonnes l'assaut à six heures et les décalages horaires m'ont toujours perturbé.

Heero sourit et frissonne de la tête aux pieds, avant de presser ses mains sur ses reins jusqu'à ce que Duo soupire d'aisance contre son cou.

- Tu as déjoué la sécurité du site.

- Désolé.

- Un talent caché ?

- Oui, mais rien d'extraordinaire.

- Tout comme ta façon de piloter, ironise Heero.

- Tout à fait.

- Hn. Ça m'apprendra à déléguer.

- Mhmmm… Si tu pouvais ne pas déléguer ce qui va suivre, je t'en serais très reconnaissant.

- Deathscythe à l'air de te combler.

- Quoi ? Tu es jaloux d'une machine ? !

- Non.

- Eh bien tu devrais ! sourit Duo. Elle me fait vibrer comme personne.

Heero lui adresse ce sourire en coin si particulier, annonciateur de longues heures en tête-à-tête.

- J'aime les défis, lui dit-il avant de le porter jusqu'à sa loge.

- C'est marrant, t'as pas l'air comme ça ! le titille Duo, tout en enlevant le haut de sa combinaison.

- C'est marrant, tu risques de ne pas pouvoir conduire avant un moment.

- Huh ? !

Heero referme la porte.

Lui et Duo n'en ressortiront que bien plus tard, histoire de déjeuner avec leurs amis ; eux aussi, affairés à finir leur nuit ou à bien à commencer leur journée.

En fin d'après midi…

Quatre est anormalement silencieux depuis ce midi ; depuis que son mari a réceptionné son Gundam.

Vêtu de sa combinaison, son casque sous le bras, « Le Prince du Désert » soupire discrètement avant de caresser la portière de sa main gantée.

L'imposant Sandrock est magnifique. Très résistante et d'une qualité rare, sa carrosserie a la particularité de supporter de grandes températures extérieures malgré la chaleur dégagée par ses deux moteurs.

Résolument optimiste, Trowa l'observe du coin de l'œil, s'installant lui-même aux commandes de sa voiture.

Le Heavyarms ou la « Forteresse mobile ». Seul Trowa et Heero peuvent le piloter tant la machinerie est lourde et difficile à manier.

Il y a eu quelques petits changements à l'écurie privée d'Heero.

Désormais, le Deathscythe veille aux côtés du Wing Zero au hangar numéro un et le Heavyarms a rejoint le hangar numéro deux aux côtés du Sandrock.

- Quatre ? l'appelle doucement Trowa, voyant bien que son mari est songeur.

- Hum ?

- À toi l'honneur, chéri.

« Chéri » lui renvoie un regard noir. Il n'a toujours pas digéré le « piège » tendu par son mari.

Trowa est prêt et attend de voir passer le Sandrock devant lui avant de démarrer à son tour et de s'engager sur la piste.

Au hangar d'à côté, Heero et Duo ne sont que simples spectateurs.

- Tout va bien se passer, timber.

- Quat' n'a vraiment pas l'air dans son assiette. Tu te rends compte, j'ai failli m'étouffer avec une banane ce midi. Une banane ! Et il n'a rien dit !

- Ses stratégies sont imparables et il connaît le système.

- Oui, mais… Comment ça, « il connaît le système » ? !

Heero ne prend pas la peine de lui répondre et préfère contacter le pilote du Sandrock.

- Quatre, ici Heero.

- Qu'est-ce que vous voulez que je fasse de plus ? Des bulles avec du pétrole ?

Trowa, qui entend la conversation, n'intervient pas. Il sait que tout va se jouer maintenant.

- Outch ! Il est pas d'humeur, le « Prince du Désert », murmure Duo.

- Hn. Ça fait cinq minutes que tu tournes en rond.

- …

- Je t'ai installé le système Zero.

- Quoi ? ! Non, je ne peux pas !

- Tu le maîtrises, Qua…

- Débranche-le, le coupe-t-il.

- C'est à toi de l'enclencher, mais je veillerai à ce que tu l'utilises.

Ils savent tous qu'Heero a mis en place tout un système de panneaux mobiles afin d'intensifier ses entraînements. Ainsi, lorsqu'il l'aura mis en route, des obstacles de toutes sortes pousseront comme des champignons sur le circuit.

- S'il te plaît, Heero… Je ne veux pas piloter sous son influence.

- Tu n'arriveras à rien sans ça. C'est la seule façon de gagner cette partie.

- Alors tu viens avec nous.

- Non.

- J'ai besoin de toi ! Si jamais je n'y arrive pas… Trowa quitte la piste ! Laisse-moi seul.

- Non, répond son mari.

- J'ai confiance en toi, reprend Heero. Au stade où nous en sommes, je ne te serai d'aucune utilité.

Quatre ne sait quoi répondre et quand bien même, il n'arrive pas à sortir le moindre son.

- À tout à l'heure, chéri. Je coupe la communication radio.

C'en est trop. Quatre s'arrête en plein milieu du parcours.

Haletant, il prend le temps de méditer avant de repartir.

- Que fait-il ? l'interroge Duo.

- Il tourne la page.

Duo est ému. Il se blottit dans les bras de son pilote et attend patiemment le déroulement de la course.

Après quelques petites minutes, Heero enclenche l'un de ses programmes d'entraînement ; l'un des plus difficiles, l'un des moins accessibles.

Dans sa voiture, Quatre a du mal à suivre le rythme.

Il sait qu'il n'a plus le choix.

Alors il avise le petit bouton rouge avant de le presser.

- Système Zero enclenché, l'informe son ordinateur de bord.

- Il est trop tard pour reculer, s'encourage-t-il.

Il déjoue tous les obstacles sans aucune difficulté et finit par arriver à la hauteur de son mari. Il ralentit alors son allure, heureux de rouler à ses côtés, satisfait de garder le contrôle sur lui-même.

Trowa accélère ensuite, Quatre ne manquant pas de le dépasser à nouveau et de le guider entre les murs mobiles.

Le programme d'Heero ne leur permet pas vraiment d'apprécier plus longtemps la compagnie de l'autre sur le circuit, mais lorsqu'il se termine enfin, ils sont heureux de rentrer au hangar et de savourer sa victoire.

Quelques minutes avant…

- Ça à l'air de bien se passer, non ? demande Duo tout en tendant le cou pour mieux voir.

- Hn.

- Tu n'avais donc aucun doute ?

- Aucun.

- Ça craint ! Tu doutes jamais de rien. Je vais faire comment pour te surprendre ?

- Tu le fais à chaque instant, timber.

- Oui, pour le moment, c'est du tout frais ! Tu connais la publicité pour les meubles « pas cher » quand même chers ?

- Non.

- Et bien, tu es le poisson rouge qui a une mémoire de trois secondes…

- Charmant.

- Mais laisse-moi finir !

- Hn.

- Mais c'est pas moi, c'est la pub !

- Hn.

Duo sourit devant son air grognon et l'embrasse rapidement sur la joue.

- J'adore le poisson.

- Hn.

Duo rit doucement avant de reprendre.

- Donc, dès que tu me vois, tu dis : « Oh ! Duo. », « Oh ! Timber. », « Oh ! Un nouveau jouet. ». T'as l'impression que tu ne vas jamais te lasser de moi, mais tu vas faire quoi quand tu auras vu et revu toutes les positions du karma sutra ? Parce qu'on n'en est pas loin, là.

Heero, qui tient Duo dans ses bras, a tout fait pour se retenir, mais il ne le peut plus et finit par éclater de rire.

- Quoi ?

- Kama sutra, kin'gyo(1).

- Ah oui. Bref, tu peux pas manger du poisson toute ta vie, tu finiras par trouver ça fade, à force.

- Duo Maxwell Yuy ne peut pas être autrement qu'exceptionnel en bouche.

- Pfff !... T'as dit quoi là ? !

Heero lui sourit et replace une de ses petites mèches derrière son oreille avant de lentement poser un genou au sol et de lui faire sa demande.

- Veux-tu m'épouser ?

Duo déglutit.

- On n'est pas un peu jeunes ?

- Trowa et Quatre se sont mariés à dix-huit ans et nous en avons vingt-cinq, timber.

- J'ai pas l'impression d'être un croulant, 'ro. J'ai encore toutes mes dents !

- Tu penses peut-être que c'est trop tôt, mais je suis sûr de moi. Peu m'importe que tu me répondes aujourd'hui ou dans dix ans.

Heero voit bien ses yeux briller, mais Duo finit par retirer sa main et se détourne de lui.

- Timber ? s'inquiète Heero en se relevant.

- Chuuut ! Je cherche ce qui ne va pas dans ma vie, ce qui pourrait justifier un « non »… Parce que c'est du délire, là !

Apaisé, Heero attend.

- Je trouve pas ! Tout va bien… Je t'aime, tu m'aimes, nous nous aimons et mon bon gros Deathscythe est là pour…

- Oublie-le donc un peu, celui-là, le coupe Heero.

- Oui… je veux bien l'oublier un peu.

Heero se met alors à le courser dans le hangar et ne tarde pas à le rattraper.

- Hey, mais j'étais perché !

- Ne me fait pas languir, neko(2).

- Tu me le demandes à chaque fois et tu m'as déjà vu céder ?

- Très bien. Je ne céderai plus non plus dans ce cas, sourit Heero contre son cou.

- Co… comment ça, tu ne céderas plus ?

- Hn.

- J'espère que tu plaisantes, là ! Tu me fais languir au-delà de la limite du raisonnable.

- Tu trouves ?

- Tu veux peut-être que je fasse circuler un sondage parmi tes anciens amants ?

- Ils n'ont pas eu droit aux mêmes traitements que toi.

- Ah.

- Hn.

- 'ro ?

- Oui ?

- Hilde va péter un câble, mais ma réponse est : oui.

Heero quitte son cou pour pouvoir le regarder dans les yeux.

- Tu peux prendre ton temps. J'aime assez l'idée de ne plus céder…

- J'ai dit oui, 'ro ! Oui, je veux être ton époux. Alors tu cèdes, un point c'est tout !

- Hn, hn.

- Oh ! non, non, nonn… Mhmmmoui…

- Pardon de vous déranger, les interrompt Quatre tout sourire et pas désolé du tout. T'as pas l'impression de t'être trompé de programme, Heero ?

L'interpellé et Duo rouvrent les yeux et se sourient lèvres contre lèvres, avant de se tourner vers eux.

- On peut pas vous laissez cinq minutes, leur dit Trowa, radieux.

- Non mais t'as vu ta mèche ?

- J'avais une poussière dans l'œil et mon adorable mari s'est proposé de m'aider.

- Bah bien sûr ! Sachez, bande de névrosés du sexe, que Duo Maxwell Yuy n'a aucun compte à vous rendre.

Quatre et Trowa se sourient.

- T'en as mis un temps, vieux. Quatre semaines, c'est pas ton meilleur score, ironise-t-il.

- Vous inquiétez pas les lapinous, on vous battra niveau bambin ! sourit Duo

Quatre et Trowa perdent un peu de leur gaieté, leurs regards posés sur Heero, au visage soudain fermé.

Alors que Quatre s'apprête à intervenir, Trowa l'en empêche en serrant sa main plus fort.

- Je ne suis peut-être pas aussi doué que Quat', mais je ressens parfaitement que quelque chose ne va pas, ou plus... ? Heero ?

- Je ne veux pas d'enfant, Duo, lâche-t-il sans détour.

- Pourquoi ? Tu as été long à la détente, mais tu as fini par apprécier leur compagnie, à l'orphelinat.

Heero ne lui répond pas.

- Si tu refuses de m'expliquer, comment veux-tu construire une vie de couple ?

Duo ne parvient pas à contrôler ses émotions et lâche la main de son amant avant de s'éloigner de lui.

Heero le considère un instant avant de finalement se détourner.

- Alors on en est là ? s'emporte Duo. Je touche ton point sensible et tu t'évanouis dans la nature ?

Heero fait une pause devant son installation informatique et enclenche le plus haut niveau d'entraînement, avant de se diriger vers sa voiture.

- Je te parle, tête de mule !

- Vous aviez tort, adresse le pilote à ses amis.

- Heero ! le rappelle Quatre.

- Laisse-faire, le retient son mari.

Heero prend place à bord de son Gundam, puis démarre, lorsqu'au moment de s'engager sur la piste, dite « noire », Duo fait irruption devant la voiture, lui barrant la route.

- Je vais te le faire bouffer ton circuit !

- Duo…

- Je te demande de venir t'expliquer.

- …

- Descend tout de suite !

Heero finit par obtempérer et le rejoint. Immédiatement, Duo le prend dans ses bras et le serre fort.

- C'était la première et dernière fois que tu tentais de m'abandonner, 'ro. T'as compris ?

Le pilote est ému ; il s'attendait à tout sauf à ça.

- Gomen.

- Je m'excuse également. Je me rends compte que nous avons tous plus ou moins dévoilé notre passé, excepté toi. Je t'ai « blessé » sans le vouloir, mais j'ai besoin de savoir pourquoi.

Heero prend le temps de respirer son odeur et de caresser son dos, sa nuque et ses cheveux. Autant de douceur qu'il a bien cru perdre à jamais, en l'espace de quelques secondes.

Duo se laisse aller à ses retrouvailles, le visage niché dans son cou.

- J'ai tué une petite fille et son chiot, il y a dix ans, révèle Heero à brûle pourpoint.

Duo rouvre les yeux de surprise et prend le temps d'assimiler l'information avant de l'encourager à se confier.

- Je ne te jugerai jamais, amour. Tu peux tout me dire.

- J'ai toujours son dessin coincé entre les pages du recueil d'Odin…

Flash back

Dix ans plus tôt, au Japon…

Heero, jeune garçon fougueux et taciturne d'une quinzaine d'années, se prépare à disputer une énième course sauvage dans les rues désertes d'un site industriel japonais en construction.

- Hey, « number one » ! l'interpelle l'un des participants. J'ai appris qu'une petite fille s'intéressait à toi. T'en as de la chance ! le raille-t-il.

Mais Heero ne s'emporte jamais. La maîtrise de ses émotions passe pour une grande indifférence, mais il n'en est rien.

Une semaine plus tôt…

Heero est allongé sur l'herbe, profitant des rayons chauds du soleil, quand il sent quelque chose lui chatouiller le front.

- Hn ? !

Il se redresse en prenant appui sur ses avant-bras, avant de répondre au lumineux sourire de la petite fille brune ; il n'y a d'ailleurs bien qu'à elle qu'il sourit.

- Bonjour.

- Bonjour, Oniisan(3) !

- Je ne suis pas ton frère, Nikkou(4).

- Et alors, tu es orphelin comme moi, on peut être ce qu'on veut !

Heero soupire, mais n'a pas le cœur à la contredire.

- Je voulais te présenter mon nouvel ami : « Chien » !

L'adorable chiot aboie, comme pour répondre présent.

- Hn. C'est l'orphelinat qui te l'a acheté ?

- Oui. Je leur ai dit que je ne voulais aucun cadeau pour tous mes anniversaires réunis ; juste un ami.

- « Chien », répète Heero, dubitatif. Ce n'est pas très original comme prénom.

- Je peux l'appeler « Heero » ?

- Non plus.

- Je sais pas quel nom lui donner.

La petite fille n'a qu'à se dandiner dans sa petite robe jaune clair pour le faire craquer.

- Je peux peut-être t'aider.

- Ouiiii ! Allez viens « chien », Oniisan nous invite à s'asseoir sur lui.

- Non, je… D'accord.

Il reçoit Nikkou dans ses bras, le chiot jouant avec une brindille plus grosse que lui, devant eux.

- Que penses-tu de « Taiyou »(5) ?

- Taiyou ?

- Hn.

- Oui, j'adore ! se félicite la petite fille en battant des mains. Merci, Oniisan.

Heero lui présente ses mains, paumes offertes au ciel. Nikkou y place les siennes et compare la longueur de leurs doigts avant de tester la résistance de ceux du pilote quand on les tord en sens inverse.

Heero sourit, son nez frôlant ses cheveux raides.

- Il est l'heure de rentrer. Je te raccompagne ?

- Oui, mais avant, j'ai un cadeau pour toi.

Elle sort un morceau de papier de sa ceinture avant de le lui tendre, toute excitée.

- Allez, ouvre !

Heero s'emploie à déplier le carré. Une fois fait et sans l'avoir déchiré, il peut voir un personnage à la touffe brune impressionnante, une petite fille et son chien plus grand qu'elle et surtout, une voiture ; la sienne. Le tout devant son orphelinat.

- Il ne manque rien.

- Hn. Je n'ai pas mis Relena parce qu'elle ne fait pas partie de notre vie, s'excuse-t-elle.

- Tu as bien fait… Imouto(6).

La petite fille se mord la lèvre avant de se jeter à son cou et de le serrer très fort.

Heero lui frotte doucement le dos et la porte en se relevant.

- Viens, Taiyou.

- Allez, Taiyou, tu dois obéir à Oniisan !

Heero se charge de l'attacher, puis s'en va en direction de l'orphelinat, écoutant Nikkou lui raconter ses journées et la façon dont elle s'y prend pour faire le mur…

- Heero ! l'appelle une jeune fille blonde, le ramenant au présent.

- Qu'est-ce que tu fais là, Relena ?

- Ne fais pas ça, c'est dangereux !

- Va-t-en ! Tu n'as rien à faire ici.

- Heero…

Le pilote monte dans sa voiture et fait en sorte de couvrir sa voix par le grondement du moteur.

Ce qu'il ne sait pas, c'est que le Docteur J. l'observe depuis bientôt cinq courses.

Ce qu'il ne sait pas, c'est que sa vie va prendre un tournant inattendu ; tragique.

Par pure arrogance, l'un des participants prend Heero pour cible. Il fait tout pour le sortir du circuit, jusqu'à mettre la vie des autres pilotes en danger ; jusqu'à ce qu'Heero soit obligé de donner un violent coup de volant pour ne pas s'écraser contre un mur… et voit son « pot de colle » attitré foncer tout droit sur Nikkou et son chiot, cachés derrière des poubelles.

Elle avait encore fait le mur, en pleine nuit, pour voir les exploits de son oniisan.

Heero les aurait rejoint peu après si Docteur J. ne lui avait pas proposé d'être son pilote d'essai.

L'idée de mourir au cours de l'un d'eux l'avait immédiatement séduit et le scientifique savait qu'il pourrait compter sur lui pour tenter l'impossible.

Puis, la mort ne venant pas, Relena était entrée plus sûrement dans sa vie et il fit la rencontre de Trowa.

Depuis, Heero a construit sa vie sur un profond remord, attendant le jour où il pourrait enfin s'affranchir de ce qu'il considère comme étant sa dette, sa faute.

Fin du flash back

Duo pleure doucement sur son épaule, ses deux mains crispées dans son dos, tandis qu'Heero lui caresse tendrement le sien.

Trowa et Quatre connaissent toute l'histoire, mais l'émotion de tristesse reste intacte ; aussi, le « Prince du Désert » verse quelques larmes, bien vite effacées par son mari.

- Elle avait confiance en moi et je l'ai trahie.

- Non !

Duo essuie ses joues avant de plonger son regard dans celui d'Heero.

- Elle t'aimait, tu étais son grand frère, sa lumière tout comme elle était la tienne. De là où elle est, je suis certain qu'elle ne souhaite qu'une chose : que tu te délestes de ce fardeau et que tu lui souries à nouveau. Hein, Quat' ? Tu peux contacter les morts, aussi ?

Tout le monde pouffe de rire.

- Non, mon Duo, mais je peux répéter ce que je t'ai toujours dit, Heero. Nikkou et Taiyou vivent en toi. Ils s'épanouissent en ton cœur chaque fois que tu t'autorises à être heureux.

- Tu vois, 'ro. Tu peux pas être un poisson, t'es à moitié chien !

Heero sourit avant de le serrer très fort contre lui et de lui murmurer un émouvant « merci ».

- Je t'aime, 'ro.

- Je t'aime, Duo. De tout mon être.

Duo sourit puis ferme les yeux, certain d'être dans les bras de l'amour de sa vie.

•••••

Leur mariage est célébré cinq mois plus tard dans les magnifiques jardins d'une des propriétés du témoin de Duo : Quatre. Heero a dû passer un accord avec l'un des plus grands magazines « people » pour que leurs photographes puissent couvrir l'évènement sans gêner la cérémonie.

Dans la même année, Heero fera l'un de ses plus beaux cadeaux à son mari en l'emmenant à l'un des centres hospitalier Raberba Winner pour y « donner la vie » ; Quatre et Trowa les imitant peu après.

Ce centre propose un service de « don », aussi bien des hommes que des mères porteuses.

Les couples homosexuels, pour ne parler que d'eux, ont ainsi la possibilité d'« unir » leurs « vies », préférant ne pas savoir qui sera le père biologique du ou des enfants à naître.

Si les deux couples ont choisi cette formule, la mère porteuse de Quatre et Trowa mis au monde des jumeaux.

À leurs naissances et d'après les tests de paternité, il s'était avéré que Trowa était le père biologique du premier-né et Quatre, du deuxième ; fait extrêmement rare.(A)

Heero fut, quant à lui, père biologique du premier et Duo, du deuxième petit garçon né l'année suivante.

AC 213, le soir du Nouvel An…

- Daddy(7) ! Chichi(8) ! Hiro(9) m'a pris ma boule !

Duo et Heero se sourient avant de quitter la cuisine et de rejoindre leurs fils au salon, agenouillés devant le sapin.

- Tu en as déjà accroché plein, Keenan, le réprimande gentiment mais fermement Heero.

- C'est pas grave, Otousan(10), assure Hiro en se relevant. Je vais en profiter pour revoir mes cahiers d'écriture.

- Bah voyons ! le rattrape Duo avant de le prendre dans ses bras et de lui faire un gros câlin. On voit tout de suite de qui tu tiens !

- S'il préfère travailler plutôt que de décorer le sapin, je ne vois pas où…

- Non mais ça va pas, 'ro ? Ne faites pas attention, mes poussins, Otousan est toute chose à cause de la nouvelle année.

Leur différence de culture n'est pas la seule raison. S'ils ont décidé d'ouvrir leurs cadeaux le soir du réveillon, c'est parce que toute la famille passe la fête de Noël à l'orphelinat d'à côté. Ils enseignent ainsi la solidarité, le partage, l'altruisme en somme et la noblesse du cœur à leurs fils.

Heero sourit et reçoit leur deuxième fils, Keenan, dans ses bras.

- Moi, j'ai pas envie de travailler !

- Hn. On voit tout de suite de qui tu tiens.

- Y en a un qui n'aura pas de cadeaux, ce soir, le menace Duo.

- Je le prendrai de force, rétorque Heero, le sourire en coin.

- Chichi va voler ton cadeau ? ! s'inquiète Keenan.

- Il le fait tout le temps, se plaint Duo, néanmoins tout sourire.

Hiro reste sagement dans ses bras, sa main serrant la tresse de son père, tandis que Keenan demande à redescendre de ceux d'Heero avant de courir vers le sapin pour continuer son œuvre.

Ils sont les portraits crachés de leurs parents.

Hiro est aussi brun qu'Heero et ses yeux bleu-clair tirent vers l'indigo lorsqu'il est excité à l'idée de passer au niveau supérieur d'une discipline. Son besoin de contact humain vient de sa mère biologique tandis que son calme, sa ténacité et sa facilité d'apprentissage viennent de son père. Le fait qu'il porte les cheveux mi-longs, rassemblés en une magnifique natte, en proclamant qu'il voulait faire comme daddy a beaucoup ému Duo.

C'est d'ailleurs ce dernier qui a tenu à ce qu'il s'appelle ainsi. Heero a bien tenté de l'en dissuader, mais Duo a été catégorique. « C'est notre lumière, mon amour et il vient de toi. » lui a-t-il dit et répété.

Keenan, et Heero a veillé à ce qu'il se nomme autrement qu'Iro, a la chance d'avoir la même couleur d'yeux et la même nature de cheveux que Duo, mais il préfère les porter courts et s'en occuper le moins possible, comme son chichi. Dissipé, il sait néanmoins faire preuve d'une grande concentration pour peu que le sujet l'intéresse. D'une nature joviale, il adore taquiner son frère et effacer ses calculs mathématiques, si bien qu'Hiro doit parfois recommencer jusqu'à trois fois le même exercice mais sans jamais s'énerver après lui. Lassé d'une telle impassibilité, Keenan s'en va finalement jouer à ses côtés, en silence.

- Dis, Daddy ? l'appelle Hiro.

- Oui, mon ange ?

- Ils arrivent quand ?

- Bientôt, mon cœur.

- C'était « bientôt » aussi tout à l'heure.

- Tout arrive à point à qui sait attendre.

- J'attends depuis longtemps déjà.

- Ils te manquent, tes cousins, hein ? lui demande Duo tout en caressant sa joue.

- Hn.

- Tu veux m'aider à convertir les grammes en kilogrammes pendant que je finis de préparer le dessert ? Ensuite je te refais ta tresse, hum ?

Le sourire de béatitude qu'Hiro lui adresse fait rire Duo, tandis qu'il l'emporte dans la cuisine.

- J'ai trouvé un nouvel assistant, chéri !

Heero leur sourit.

- Chichi ? l'appelle Keenan.

- Hn ?

- Je peux pas mettre l'étoile, c'est trop haut.

- Tu ne mets pas le reste des décorations ?

- Non, c'est pour Lorenzo et Shaims(11). Oniisan m'a dit qu'il était d'accord.

- C'est gentil.

- Hn.

Quelques minutes plus tard, Quatre, Trowa et leurs fils débarquent enfin, pour le plus grand bonheur des deux familles.

- Bonsoir, Shaims. Oh ! C'est le fils à son baba, ça, hein ?

Shaims, qui veut dire « soleil » en arabe, est une sorte de Quatre miniature. Blond comme les blés, très doux, calme et souriant, il a cependant les yeux verts de sa mère, mais qui rappellent évidemment ceux de Trowa ; ce qui jette le trouble lorsqu'ils sont de sortie.

- Tu ne serais pas en pleine régression ? le titille Quatre.

- C'est pas possible, ça ! Hiro transforme tout ce qu'il touche en formule mathématique.

Quatre rit doucement, tandis qu'il entre et pose son fils à terre.

- Baba(12) ? s'impatiente-t-il doucement.

- Tu peux aller au salon retrouver tes cousins, mon cœur.

Shaims court jusqu'à la grande salle avant d'être joyeusement accueilli par Hiro et Keenan.

- Il est où Lorenzo ? demande Hiro.

- Khoya(13) arrive, il est avec papa. Oh ! Vous avez pas fini de décorer le sapin, se réjouit-il.

- Oniisan a laissé sa part, lui dit Keenan tout en l'entraînant au pied de l'arbre.

Entre temps, Trowa arrive à son tour, son fils Lorenzo dans ses bras et une valise dans une main.

Le frère jumeau de Shaims tient lui aussi beaucoup de son père. Il a les cheveux châtains, les yeux verts et promet d'être plutôt grand. D'une nature observatrice, ils ont bien cru qu'il ne parlerait jamais. Mais dès les premiers mots, Lorenzo a montré qu'il maîtrisait très bien ses deux langues paternelles.

Calme, patient, doué en tout et très protecteur, il a toujours un œil sur son frère au cas où il aurait besoin de lui. On ne sait pas si la couleur de ses yeux est génétiquement due à sa mère biologique ou à son père.

Dès qu'ils entrent et ferment la porte, Lorenzo se hâte d'aller retrouver ses cousins, pressé de comparer son niveau informatique avec Hiro.

- Qu'est-ce qu'ils ont grandi, remarque Duo.

- Nous nous sommes vus il y a un mois, minimise Quatre.

- Va dire ça à nos têtards !

- Hiro et Keenan sont tout aussi épanouis.

- Ils sont merveilleux, sourit Duo.

- Il ne s'en est toujours pas remis, intervient Heero, qui les a rejoints au salon avec Trowa.

- T'as pas bientôt fini de faire ton Shreck !

- Je ne peux pas être Shreck et Dark Vador à la fois, timber.

- Je me sens plus vraiment bûcheron, 'ro.

- Même si tu as cessé cette activité à la naissance de notre premier enfant pour t'y consacrer en plus des orphelins, tu seras toujours mon Timber, lui dit-il avant de l'embrasser rapidement.

- Et toi, Heero, quand prends-tu ta retraite ? veut savoir Quatre.

- Très subtil, mon ange, intervient son mari.

- Autant demander quand Trowa prendra la sienne, répond Heero.

Quatre sourit avant de tremper ses lèvres dans sa flûte de champagne.

- D'ici deux ans, Quat', le renseigne Duo. Trente-cinq ans, c'est bien pour arrêter. Hein, Pépé ?

- Je vais te faire regretter d'avoir osé m'appeler ainsi, lui promet son mari, faisant violemment frissonner Duo.

- J'en connais un qui va marcher comme un Pépé, demain matin.

- Tro', étouffe donc ton mari avec un gâteau !

- Je préfère me servir d'autre chose.

Duo ouvre grand la bouche.

- Tu ne t'y fais toujours pas, hein, mon Duo ? s'amuse Quatre, le regard pétillant.

- Je… je…

- Uncle(14) ? l'appelle Shaims les bras tendus vers lui, alors que son frère, Lorenzo le suit de près.

- Oh, non, toi et ton frère êtes trop mignons ! s'extasie Duo, faisant rire son neveu.

« Oncle Duo » le prend dans ses bras avant de l'embrasser sur la joue, tandis qu'« Oncle Heero » se baisse au niveau de Lorenzo avant d'ouvrir ses bras pour l'accueillir et le porter.

Tout sourire, ce dernier s'empresse de le rejoindre et s'accroche à son cou.

- On peut jouer au jeu de Ojisan(15) ? demande Shaims en serrant fort la natte de Duo.

Au cours des dernières années, Heero a crée un jeu vidéo de courses automobiles ; l'un destiné aux plus de seize ans et une autre version pour les tout-petits.

Quatre et Trowa se raclent la gorge dans une harmonie parfaite. Shaims tourne la tête vers eux, croisant deux turquoises et deux émeraudes, avant d'interroger son frère du regard, ne comprenant pas sa faute.

- Tu as oublié de dire « s'il-te-plaît », khoya, l'aide Lorenzo.

- Oh, pardon, j'ai oublié ! sourit-il faisant s'attendrir tout le monde. S'il-vous-plaît, on peut y jouer ?

Duo se mord la lèvre avant de couvrir de tendres bisous le visage de Shaims, qui rit aux éclats et tire sur la tresse de son oncle.

- C'est Keenan qui t'envoie, pas vrai ?

- Oui, mais je dois pas le dire, chuchote Shaims.

- Il est trop mignon !

- Il va falloir faire une p'tite cure de désintoxication, mon Dodo, se moque Quatre.

- J'ai pas pris Lorenzo dans mes bras encore, ça devra attendre !

- C'est oui ? demande Shaims qui sent bien que les adultes se désintéressent passablement de sa requête.

- Si Baba et Papa sont d'accord, c'est oui, répond Duo.

Shaims regarde à nouveau ses parents avec envie et espoir.

- Hum.

- Je le suis aussi, mais ne tire pas sur la natte de ton cousin ! Ça ne poussera pas plus vite.

- Mais Hiro dit rien ! se défend-il.

- Shaims… le prévient Trowa.

- D'accord, c'est promis ! Merci Baba, merci Papa !

Shaims et Lorenzo descendent des bras de leurs oncles et partent annoncer la bonne nouvelle à leurs cousins.

- Je vous avais bien dit d'envoyer Shaims ! se réjouit Keenan.

- Ça vous tente une petite partie en fin de soirée ? propose Quatre après les avoir tendrement suivis du regard.

- Hn.

- Pourquoi pas.

- C'est ça, préparez-vous, les macarons ! Je vais tous vous bouffer !

- Daddy va manger des Mac Aron ! ! s'agite Keenan.

- On se calme « Kerobero » ! dit-il en s'éloignant un peu plus des enfants, incitant leurs invités à faire de même.

- Si tu veux mon avis, vieux, ton mari est en manque de sucrerie.

- 'ro est bien meilleur ! répond Duo. Une sorte de glace chaude longue durée, vous voyez ? Sauf que le nappage chaud est à l'intérieur.

- Tu viens officiellement de déclarer notre mise à mort, timber.

Duo regarde son mari, puis tourne lentement son visage vers Quatre et Trowa, découvrant leurs expressions.

- Quelle horreur !

- Hn.

- Quel bonheur, les contre Quatre, soutenu par le sourire de son mari.

La soirée se déroule dans la joie et la bonne humeur, promettant d'autres anniversaires et réveillons tout aussi savoureux…

Dans la chambre d'Heero et Duo…

Heero est déjà dans la salle de bain, tandis que Duo se déshabille.

- Les enfants dorment à poings fermés. Je suis content de voir qu'ils ont passé un bon réveillon.

- Moi aussi, répond Heero en se présentant à l'entrée de la douche.

Duo se tourne vers lui et sourit.

- Chouette, je cherchais justement un porte-serviette.

- Je porte particulièrement bien le Duo.

Duo rit et le rejoint sous l'eau chaude.

Dans la chambre de Trowa et Quatre…

Le couple est tendrement enlacé et confortablement allongé sur leur lit, les cheveux encore humides de leur douche.

- Bonne et heureuse année, mon amour.

Trowa l'embrasse sur le front.

- Je te l'ai souhaité le huit décembre(B), mais bonne année, mon cœur.

- Dis ? l'interpelle Quatre après un silence. Tu n'as pas l'impression que le matelas est bizarre ?

- Non.

- Je t'assure que quel que chose n'est pas normal !

- J'y suis, sourit Trowa. Il ne bouge pas.

- Hum, hum, confirme son mari avant de l'embrasser. Il ne doit plus rien en rester au lever du soleil.

- Shaims est un lève tôt, lui dit-il avant de mordiller son oreille.

- Mhmmm… heureusement que Lorenzo s'occupe de le retarder…

- Son khoya est tout pour lui…

- Vous êtes tout… pour moi…

- Je vous aime…

Et Trowa l'aime avec tant de passion que Quatre ne peut plus répondre ou dire quoi que ce soit d'intelligible.

Jusqu'au matin où comme tous les jours de l'année, Shaims et Lorenzo frappent à leur porte, parés pour descendre prendre leur petit-déjeuner avec la famille Yuy Maxwell.

À suivre…


Note :

Traductions trouvées sur internet :

(1) Kin'gyo : poisson rouge

(2) Neko : chat

(3) Oniisan : frère aîné ; grand frère

(4) Nikkou : lumière du jour / rayon du soleil

(5) Taiyou : soleil

(6) Imouto : (ma) sœur cadette

(7) Daddy : papa (terme employé par leurs fils pour appeler Duo)

(8) Chichi : père (terme employé par Keenan pour appeler Heero)

(9) Hiro : Lumière sur le chemin

(10) Otousan : père (terme employé par Hiro pour appeler Heero)

(11) Shaims : soleil.

(12) Baba : papa (terme employé par les jumeaux pour appeler Quatre)

J'ai utilisé « Abi' » au début, mais Lysanea m'a expliqué la différence entre les deux mots.

« Abi' » : « Père » étant un terme très respectueux, « Baba » correspond bien mieux au langage adopté par les enfants ^^

(13) Khoya : frère

(14) Uncle : « oncle » en anglais (terme utilisé par les jumeaux pour appeler Duo)

(15) Ojisan : « oncle » en japonais (terme utilisé par les jumeaux pour appeler Heero)

(A) « Le phénomène de jumeaux avec des pères différents, qui porte le nom scientifique de super-fécondation, est très rare chez les humains, mais plus fréquent chez les animaux, chats ou chiens.

Il survient lorsque la femme produit deux ovules dans un cycle menstruel, a expliqué le professeur Rusen Aytac, chef du département de gynécologie de l'Université d'Ankara. »

Si la suite de l'article vous intéresse, vous trouverez l'adresse sur mon profil.

(B) Le 8 décembre 2010 est, d'après mon calendrier, le nouvel an musulman.

Étant donné que le monde musulman fonctionne encore sur le calendrier lunaire, le nouvel an pour l'année 2010 se situera entre le 6 et le 8 décembre, selon l'endroit de la planète où on se trouve. J'ai choisi le 8 parce que je l'ai lu sur un calendrier, je ne l'ai pas décidé arbitrairement.

Inutile de préciser que Lysanea m'a expliqué tout ça ^^'

Je réponds ici à celles et ceux qui n'ont pas de lien sur le site ou qui ne m'ont pas donné d'e-mail. Comme il est interdit de discuter/répondre par reviews/réponses interposées, il est plus prudent que je poste mes notes en fin de chapitres ^^

JTFLAM : Cela s'est comme imposé à moi ; plus je rédigeais, plus je retrouvais sur mon chemin les quelques faits marquant de la série. Cela m'a beaucoup plu de décrire les propriétés de chaque voiture de course ^^

En même temps, je ne me suis pas trop étalée sur le sujet parce que je n'y connais rien du tout ! Je me suis demandé ce qu'en penserait un éventuel fan de Formule Un XD

Pour ce qui est de la fidélité d'Heero, je vous rassure tout de suite, il l'est et le restera !

On ne peut décemment pas laisser un « Timber » tout seul… ni laisser Heero Yuy s'échapper… XD

Ombrepluie : Merci d'être là ! ^v^

Pour le petit cœur et bien d'autres petites choses adorables, je les ai simplement copier/coller sur des commentaires laissés sur des forums tels que Daily, YouTube…

Kisu

Yuy