Spoiler : 7x15 "Bombshells".
Commentaires : Les anti-Cuddy risquent de ne pas apprécier ce qui va suivre.
Bonne lecture tout de même !
IV Dépression
Une pilule. Et puis deux. Peut-être bien trois. Vous êtes porté par une somnolence vivifiante, celle de la drogue. Vous nagez dans du coton, mais vous ne vous êtes jamais senti aussi en forme. Vous oubliez tout ce qui vous a poussé à commettre l'erreur de la Vicodin. Vous essayez d'oublier, jusqu'à ce que la femme que vous vouliez effacer à jamais de votre esprit ne se précipite dans votre salle de bains, où vous êtes bêtement resté assis pendant plus de deux heures, les yeux perdus dans le vide. Il y a comme une impression de déjà-vu. Vous ne savez plus différencier le réel de l'illusion. Vous voulez vous faire tout petit et disparaître, vous vous sentez fort mais vous êtes faible, parce qu'un seul changement dans votre monde de fou réussit à tout faire basculer. Pourtant, vous vous battez contre votre tête, contre vous-même. Vous voulez hurler. Vous voulez appeler à l'aide et vous réfugier dans les bras de quelqu'un qui saurait vous sauver.
Cuddy tomba à genoux devant House, lui arracha le tube de Vicodin des mains et le jeta le plus loin possible. Le flacon orange finit sa course dans le couloir, les pilules blanches claquant contre les parois en plastique lorsqu'il atteignit le parquet.
« Non. » protesta faiblement le diagnosticien, sans bouger.
Il n'était même pas sûr qu'elle l'ait entendu. Les mains fines de Cuddy encadrèrent son visage. Il comprit alors que ses joues étaient noyées sous les larmes.
« House, reste avec moi ! Parle-moi, dis quelque chose, n'importe quoi ! Je t'en supplie ! »
« Quelque chose n'importe quoi. » réussit-il à articuler.
Pourquoi paniquait-elle ? Il était en danger de mort ? Si c'était le cas, il ne l'avait pas remarqué.
Il ne voulait pas qu'on l'aide. Il ne voulait plus de Cuddy. Il avait bien compris qu'elle l'avait rejeté, il n'allait pas lui courir après ! C'est ce qu'il avait fait quelques semaines auparavant, après lui avoir menti à propos de son patient. Et voilà comment leur seconde chance s'était terminée. Il n'y avait plus d'espoir à présent. Elle devrait faire comme lui et se résigner...
Il essaya de la repousser, refusant d'être obligé de la regarder dans les yeux – même s'il voyait principalement l'intérieur de ses paupières. Elle résista, le serra contre elle, toute sanglotante. Il sentit des pleurs frais mouiller son front. D'une certaine manière, il trouvait du réconfort dans son étreinte : elle souffrait aussi et elle venait se réfugier dans ses bras. Elle avait besoin de lui autant qu'il avait besoin d'elle. Ils étaient quittes, mais il ne voulait pas qu'elle revienne. Il ne savait plus exactement ce qu'il voulait.
Ses yeux le brulèrent. Il pleurait encore.
« Pardonne-moi House. Je ne veux pas te quitter, je veux qu'on recommence tout à zéro. Je me fiche que tu ne sois pas parfait, je ne veux pas que tu le sois. Je sais qu'on n'aura jamais de relation facile, mais j'ai tellement besoin de toi... J'ai essayé de tout faire sans ta présence à mes côtés pendant toutes ces années, je n'y suis pas arrivée, je n'y arriverai jamais. Tu m'es indispensable et je ne veux pas partir, je veux te sauver. Laisse-moi te sauver... »
Elle fondit en larmes. Les soulèvements anarchiques de sa poitrine frottèrent contre son torse.
« Lâche-moi. » souffla-t-il froidement.
Son ton n'exprimait pourtant aucune émotion. Ni haine, ni peine. Cuddy demeura immobile. Il fut obligé de se montrer un peu plus dur :
« Lâche-moi, bordel ! »
Il saisit ses bras et les éloigna de ses épaules, un peu plus brutalement qu'il ne l'aurait voulu.
« House ! » cria-t-elle désespérément.
Son cri lui vrilla les tempes. Elle s'agrippa un peu plus à lui, étouffant ses sanglots dans son épaule. Pourquoi tout devait-il se passer ainsi ? Pourquoi devaient-ils toujours se faire mal ?
« S'il te plaît, garde-moi, garde-moi... Ne nous fais pas ça. »
« C'est toi qui l'as fait. » cracha-t-il.
« Non... »
Rassemblant le peu de force qu'il lui restait, il se leva, repoussant Cuddy qui l'avait lâché pour l'aider. Son mouvement de défense fut plus brusque qu'il l'avait prévu. Elle trébucha, son dos heurta violemment le mur dans un claquement sourd qui résonna dans tout l'appartement. Ça n'avait pas été douloureux mais ses larmes redoublèrent. Il ne voulait plus d'elle, elle l'avait définitivement perdu, et il le lui faisait bien comprendre. Elle se trouva bien naïve. Elle était revenue, pensant qu'il accepterait ses excuses et qu'il voudrait encore d'elle, mais il ne l'attendrait pas indéfiniment. Comme elle auparavant : elle avait fini par abandonner et elle l'avait rejeté quand il avait été enfin prêt pour elle. Ils avaient perdu tellement de temps pour rien...
Il fixa Cuddy, puis ses mains. La repousser en la brutalisant, c'était lever la main sur elle. Chose qu'il n'avait jamais fait, et qu'il ne ferait jamais. Il ne voulait pas la blesser; ni mentalement, ni physiquement. Il voulait juste être seul. Et il n'était plus très convaincu de le vouloir.
Il s'approcha. Dans un réflexe, elle se protégea à l'aide de ses avant-bras. Il attrapa délicatement ses poignets.
« Lisa... »
« Non. »
« Lisa, ça va trop loin. »
Ses pouces dessinaient de petits cercles sur sa peau. Cuddy était raide, seuls ses pleurs la secouaient.
« Je ne te frapperai jamais. Je ne veux pas que tu croies que j'en sois capable. »
Elle ne bougea pas d'un pouce.
« S'il te plaît, fais-moi confiance. »
Elle finit par abdiquer et se laissa faire. Les yeux rougis et gonflés, ils se contemplèrent sans un mot, puis House lâcha le bras de Cuddy pour caresser sa joue du dos de la main. Elle frémit lorsqu'il l'effleura, encore effrayée.
« Je ne voulais pas te faire peur, ni te faire mal. »
« Je sais... »
Il replaça une boucle brune derrière son oreille, Cuddy pencha la tête et frotta son nez contre ses phalanges.
« Arrête de pleurer. » murmura-t-il.
« Toi aussi alors. »
Elle sourit et posa ses mains sur son visage, ses paumes se modelant autour de sa mâchoire et ses pouces effaçant ses larmes. La gorge nouée, elle s'avança, appuya son front contre le sien et ferma les yeux. House entoura ses hanches de ses bras et la berça lentement. Il vit qu'elle pleurait encore.
« Chut, c'est fini, chut... On recommence, d'accord ? On recommence tout. »
« D'accord. »
Il la serra un peu plus contre lui et enfouit son nez dans ses cheveux. Les mains de Cuddy saisirent sa nuque.
« House ? »
« Oui. »
Elle déglutit. Elle avait envie de lui dire qu'elle l'aimait, mais elle craignait d'en faire trop. Peut-être que ça ferait trop d'émotions pour la journée. Peut-être que leur relation serait désormais vide et sans sentiments.
« Non, rien... »
Elle avait peur de la suite, de ce qu'ils deviendraient.
« Je t'aime aussi, Cuddy. » dit-il, le plus sincèrement du monde.
N'oubliez pas que les reviews sont très appréciées...
