Voici donc le chapitre 3...
J'espère que vous ne serez pas trop déçu(e).
Je posterais une suite mercredi, et une autre ce week-end (enfin normalement, mais vous aurez remarquer que je ne suis pas vraiment méchante, et que j'aime bien faire plaisir à mes lecteurs...)
Bonne lecture, et à vos claviers...
Chapitre 3 :
Le froid. Perfide, sournois et envahissant. Il m'entourait, se rapprochait, s'emparait de moi jusqu'à me posséder entièrement. Incapable de bouger, je me sentais inéluctablement aspiré dans ses sombres profondeurs. Pourtant, je luttais. Je savais que si je me laissais aller, j'étais perdu. J'ignorais pourquoi, mais je devais me battre, remonter à la surface. Alors, repoussant les ténèbres, je me laissais guider par les sons qui m'attiraient vers la lumière. Ces sons m'agressaient, me déstabilisaient et pourtant m'attiraient. Ils repoussaient les ténèbres, rendaient le froid moins puissants. Je tentais d'ouvrir les yeux mais échouaient. Je voulais parler, mais encore une fois, connu l'échec. L'angoisse m'étreignit de ses bras glacés, et des tremblements s'emparèrent de tout mon corps qui s'agita sans que je puisse contrôler quoi que ce soit. Aussitôt, les sons se firent plus forts, et je sentis des mains d'une chaleur bienfaisante me toucher. Mais au premier contact de ces mains, la douleur vint tenir compagnie au froid. Vive, brûlante, omniprésente. Elle irradiait chacun de mes muscles. Mon corps n'était plus qu'une immense plaie béante. Ma respiration s'était faite sifflante, saccadée. J'essayais à nouveau de communiquer mais seuls des grognements s'échappèrent de ma gorge asséchée. Je me sentis décoller, comme si mon corps se trouvait en apesanteur. Je planais.
La sensation aurait pu être plaisante si je n'avais pas eu l'impression que mes entrailles s'étaient transformées en électrons libres et se baladaient à l'intérieur de mon corps. Des mains me touchèrent, me palpèrent et je tentais de recouvrer le contrôle de mon corps pour les faire partir, mais elles m'immobilisèrent et m'allongèrent sur une surface dure et froide. Je me débattais de plus belle lorsque je sentis un liquide se répandre doucement mais sûrement dans mes veines. Progressivement, le froid revint en force, se glissant sournoisement dans chaque cellule de mon corps et une brume épaisse envahit mon esprit. Les ténèbres l'emportèrent, et je sombrais dans un gouffre sans fin. Juste avant que le noir n'engloutisse tout sur son passage, l'image furtive d'un ange s'imposa à moi. Et je me cramponnais à elle comme un noyé à sa bouée.
« Il faut l'emmener à l'hôpital St Vincent. Si on ne l'opère pas rapidement, il ne tiendra pas le coup très longtemps! » s'exclama un ambulancier en poussant le brancard sur lequel l'homme venait d'être allongé.
« C'est déjà un miracle qu'il soit encore en vie. Il doit avoir un sacré ange gardien! » répliqua son collègue pendant que le brancard était installé à l'arrière de l'ambulance qui s'élança presque aussitôt dans les rues de New York, sirène hurlante.
L'ambulance filait à toute allure, les sirènes annonçant la tragédie qui se jouait. La vie d'un homme était en jeu. Et plus le temps passait, plus les chances d'avoir une fin heureuse s'amenuisait. Et alors que le véhicule touchait au but, ce fut le drame.
« Il fibrille! » s'écria un des ambulanciers.
« Massage cardiaque, ballonne-le! » répondit le second en commençant le massage.
Au bout de longues secondes, l'électrocardiogramme émit de nouveau un rythme régulier, signe que le cœur était repartit, mais pour combien de temps?
« Ce mec est un battant » souffla l'ambulancier alors que l'ambulance se garait devant l'entrée des urgences.
Rapidement, le brancard fut sortit et remis entre les mains des médecins. C'était à eux de jouer à présent. Les ambulanciers firent un topo rapide, et le verdict tomba. La victime fut amener au bloc opératoire. Il était alors 5h45 du matin. Et l'opération promettait d'être particulièrement longue. Heureusement pour le patient, le chirurgien était très compétent. Malheureusement pour le chirurgien, le patient était dans un sale état.
A mon arrivée à l'hôpital, Je me précipitais à la réception et demandais à parler au médecin qui avait opérer l'homme amener d'urgence le matin même. L'infirmière commença à me parler procédure et règlements, et perdant patience, j'exhibais mon badge. Immédiatement, l'infirmière me donna les informations voulues, et sans même la remercier, je me précipitais dans la direction indiquée. D'après ce que je venais d'apprendre, l'opération avait durer plus de quatre heures tant les dommages étaient nombreux. Inconsciemment, j'accélérais le pas, et arrivais devant le bureau du Dr Greg Carter, neurochirurgien. En découvrant la spécialité du médecin, je sentis mon cœur se serrer. Pourquoi un neurochirurgien?
Je frappais à la porte et pénétrais dans le bureau du médecin sans attendre d'y être inviter. Surpris par l'intrusion, le médecin leva la tête du dossier qu'il compulsait, et eut un sourire charmeur en m'apercevant. Je lui adressais un regard glacial, et lui demandais de me conduire vers le patient qu'il avait opérer ce matin. Lorsqu'il protesta en invoquant le secret médical et le règlement, je montrais à nouveau mon insigne.
« Cet homme a des ennuis? » s'enquit le médecin en me guidant à travers les couloirs de l'hôpital.
« Mon partenaire a disparu depuis ce matin, et il se pourrait que ce soit l'homme qui vous a été amener ce matin » répondis-je en laissant transparaître mon inquiétude.
« Il faut que vous sachiez que son état est critique. » déclara le médecin en me regardant avec compassion.
« De quoi souffre-t-il? » demandais-je en frissonnant, pas certaine de vouloir connaître la réponse à ma question.
« Il a eu plusieurs côtes cassées, et l'une d'elle a perforée le poumon. Mais rien de grave en soit. Ensuite, il souffre de nombreuses contusions et à des plaies multiples au visage, mais il ne devrait en garder aucune séquelle. Ce qui m'inquiète le plus, c'est la blessure à la tête. Il souffre d'une commotion cérébrale et d'un traumatisme crânien. Il est malheureusement trop tôt pour en connaître les effets à longs termes. Mais plus il restera dans le coma, plus les risques de séquelles seront importants » expliqua le médecin d'un ton dénué d'humanité.
« Savez-vous ce qu'il s'est passer? » demandais-je, songeant que dans la précipitation, j'avais oublier de demander à Hunter ce qui s'était produit.
« Accident de voiture à ce qu'on m'a dit » déclara-t-il en s'arrêtant devant une porte.
Un accident de voiture? Mais Rick ne conduisait jamais sa voiture. Il préférait prendre un taxi. Se pourrait-il que ce ne soit pas lui? A cette idée, un espoir fou prit naissance dans ma poitrine. La porte de la chambre s'ouvrit, et je fus accueillit par une série de bips stridents. La pièce était plongée dans la pénombre, et je laissais mes yeux s'habitués lentement à la faible luminosité. Enfin, je distinguais une forme allongée sur un lit. Lentement, comme au ralenti, je m'approchais de celle-ci, et frémissais en voyant la quantité impressionnante de pansements dont son corps était recouvert. En un éclair, j'enregistrais la taille et la carrure de l'homme qui correspondait à celle de Rick. Ses cheveux qui dépassaient de l'épais pansement qui lui ceignait la tête était également de la même couleur. Et alors que mon esprit enregistrait ces détails, l'espoir me quittait à nouveau. M'approchant aussi près que possible, je me penchais au-dessus du visage défiguré par les entailles et les bleus, et retenais un cri de détresse.
« Mon Dieu Rick… » soufflais-je alors qu'une larme silencieuse coulait le long de ma joue sans que je songe à l'arrêter.
C'était bien lui. J'en étais sûre à présent. Même si j'avais du mal à distinguer les traits de son visage sous le masque de douleur qu'il arborait. Mon corps me criait que c'était lui.
« Est-ce qu'il s'agit de votre ami? » s'enquit doucement le médecin qui était rester près de la porte.
« Oui. » affirmais-je sans même me retourner, puis soudain, une idée me traversa l'esprit « Pourrais-je avoir ses effets personnels s'il vous plait? » demandais-je en prenant la main de Rick dans la mienne.
« Je vais demander à l'infirmière qui m'a assister durant l'opération de vous les apporter » acquiesça-t-il avant de s'éclipser discrètement.
Peut-être que j'y trouverais un indice qui pourrait m'aider à comprendre comment il pouvait se retrouver sur ce lit d'hôpital, à lutter pour sa vie. Ça n'avait aucun sens, et pour le moment, je ne comprenais pas.
