Merci à Sarah d'Emeraude pour sa fidelité, voici comme promis la suite...
Bonne lecture
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Chapitre 8 :
De retour au commissariat j'eus la surprise de découvrir Martha qui m'attendait assise à la place de Rick. Imaginant aussitôt le pire, je me hâtais dans sa direction.
« Martha? Que fais-tu ici? » lui demandais-je d'une voix anxieuse.
« En dehors de me faire des bleus aux fesses? » s'enquit-elle en se dandinant sur la chaise « Je me demande comment Rick fait pour y rester assis aussi longtemps, c'est de la torture! » grogna-t-elle, finissant par se relever.
« Martha? » m'enquis-je en me disant que Rick ressemblait bien plus à sa mère qu'il ne voulait bien l'admettre.
« Ah oui! » s'exclama-t-elle d'un ton théâtral « Je viens d'arriver, et avant de rejoindre Alexis, j'aimerais que tu me dises ce qu'il en ait vraiment » déclara-t-elle en dardant sur moi un regard scrutateur.
« Et bien, nous avons découvert que ce n'était pas un accident. Quelqu'un a chercher à tuer Rick » déclarais-je prudemment.
« Oh mon dieu! Mais pourquoi? Je sais bien que ce garçon peut être agaçant, mais au point de vouloir le tuer! » s'écria Martha scandalisée.
« Je sais. Je travaille avec lui depuis deux ans, et j'ai envie de le tuer au moins deux fois par jour, mais je ne vois pas qui aurait pu vouloir passer à l'acte… » soupirais-je en me passant une main lasse sur le visage.
« Est-ce qu'Alexis est au courant? » demanda Martha en passant une main caressante dans mon dos, m'apportant un réconfort silencieux.
« Non. J'ai préféré ne rien lui dire. Elle est suffisamment inquiète sans en rajouter » répliquais-je immédiatement.
« Je suis d'accord. Ne te tues pas à la tâche! » me lança-t-elle avec un regard perçant.
« Tu me connais » rétorquais-je avec un fin sourire.
« Justement! » soupira-t-elle en levant les yeux au ciel.
« Tu va à l'hôpital? » demandais-je en la voyant enfiler son manteau.
« Oui. Alexis doit se demander ce que je fais! » approuva-t-elle en attrapant son sac posé sur mon bureau.
« Heureusement Ashley est à ses côtés » souris-je en revoyant la façon protectrice dont il avait poser son bras sur ses épaules au moment où je quittais la pièce.
« Je l'aimes bien ce petit » sourit Martha alors que je l'accompagnais jusqu'à l'ascenseur.
« J'essayerais de passer plus tard… » soupirais-je avant de l'étreindre.
Martha me sourit doucement, une lueur inquiète au fond des yeux. Depuis la mort de maman, c'était la première fois que j'avais l'impression d'avoir quelqu'un en dehors de mon père, qui serait toujours là pour s'inquiéter pour moi. Et c'était drôlement agréable. Bon sang, j'étais vraiment fatiguée! Voilà que je sombrais dans un sentimentalisme bêtifiant qui d'habitude me faisait grincer des dents. Bizarrement, la présence de Rick empêchait cette partie de ma personnalité de pointer trop souvent son vilain nez. Stop! Ne surtout pas penser à lui. Concentration était le mot d'ordre. Déterminée, je retournais à mon bureau, bien décidée à avancer dans cette enquête. Après tout, plus vite elle serait bouclée, plus vite je pourrais aller à l'hôpital.
Enfin! En grimaçant, je me redressais et étirais les muscles de ma nuque. J'avais l'impression que ça faisait des jours que j'étais pencher au-dessus de mon bureau à cataloguer les différentes empreintes trouver dans le hall de l'immeuble de Castle. Mais maintenant, le plus dur était fait. Rapidement, je scannais les empruntes, et laissais l'ordinateur faire le travail. Comme cela risquait de prendre un moment avant qu'il ne trouve quelque chose, je décidais de pratiquer l'autopsie de mes deux nouveaux locataires. En les observant, j'eus une impression de déjà vu. Ils ressemblaient beaucoup au couple précédent. Femme sereine et Homme torturé. Et après une heure à les examinés, mes conclusions étaient identiques.
Au moins, pouvais-je confirmer que nos victimes avaient été tués par le même tueur. Mais à part ça… En grommelant, je me penchais à nouveau sur le cas de la jeune femme. Il devait bien y avoir un indice sur ce qui avait causer sa mort. Je décidais donc de passer en revue ses organes un par un. J'allais bien finir par trouver quelque chose. Le cœur… rien. Idem pour les poumons, le foie, et tout les autres organes vitaux. Exaspérée, je pestais. Ce tueur était peut-être doué, mais il ne me ferais pas échec deux fois de suite. J'allais le coincer, et on verrais ensuite qui était le plus malin. Qu'est-ce que j'oubliais? Quel était l'organe qui servait de filtre? Et soudain, la lumière fut. Persuadée que je tenais enfin la clé du mystère, je me ruais sur ma « patiente », et m'emparais du précieux organe comme s'il avait été fait d'or. Le posant délicatement sur une tablette, j'en prélevais un échantillon que je plaçais dans la machine la plus géniale du monde, et qui s'occuperait toute seule comme une grande de faire les analyses toxicologiques pour moi.
En attendant les résultats, je consignais mes conclusions dans les dossiers de nos deux victimes. Je savais que Kate désirerait les avoir le plus tôt possible, et cette fois, j'espérais pouvoir être en mesure de lui fournir des réponses à ses questions. Ce qui me faisait penser que je devais également lui donner mon rapport concernant la bombe. Celle-ci était de fabrication artisanale, et contenait tout juste assez d'explosif pour faire concurrence à un pétard. Cependant, placer à un endroit stratégique de la voiture, comme les plaquettes de freins, le chauffeur n'avait rien pu faire pour éviter l'accident. Net et sans bavure. Du travail de professionnel, sans l'ombre d'un doute. Simultanément, des bips retentirent de mon ordinateur et de ma petite chérie, et mon imprimante se mit à cracher joyeusement des feuilles. M'en emparant au fur et à mesure, un sourire triomphant éclaira mes traits en lisant les informations. Kate allait m'adorer, c'était certain. Toute guillerette, je m'emparais de mes dossiers, et m'élançais vers les ascenseurs, pressée de faire part des dernières nouvelles à Kate, et si par la même occasion je pouvais mater Javier…
Plantée devant le tableau blanc, je cherchais à faire le lien entre nos victimes. D'un côté, un homme d'affaire florissant et sa fiancée, professeur d'informatique. De l'autre, un avocat d'affaire, et sa fiancée, restauratrice. A première vue, ces couples étaient sans problème. Mais quelque chose me disait qu'ils n'avaient pas été choisis au hasard. J'avais déjà fouillés de fond en comble le passé des deux fiancées, et rien à signaler. En fait, je pensais qu'elles n'étaient pas les cibles principales du tueur d'où le choix de leur mort. Je commençais à croire qu'elle n'avait servi qu'à dissimulée les véritables raisons des meurtres. En passant pour un tueur en série, le tueur se couvrait. Personne ne songerait à aller plus loin que les apparences. Personne sauf moi, et si jamais il s'en était pris à Rick pour essayer de me déconcentrée, j'allais me faire un plaisir de le coincer.
A nouveau, je repassais en revue ce que nous savions des deux hommes. Ils travaillaient pour deux boîtes différentes, avaient tout deux une position sociale enviable, et paraissaient appréciés par leur entourage. A première vue, ils avaient tout du prince charmant. Mais justement, de par mon métier, et mon expérience personnelle, je savais fort bien que dans 9 cas sur 10, le prince charmant se transformait en vilain crapaud quand on creusais un peu. Ils étaient tout les deux liés au monde des affaires. Si seulement Rick était là. Jamais je n'aurais cru qu'un jour cela me manquerait de ne plus entendre ses théories cousues de fil blanc, mais bien souvent celles-ci contenaient une part de vérité.
Et au moins, il avait le mérite de me faire rire, ce qui me permettais de me détendre et de me vider la tête, et c'est souvent à ce moment là que j'avais l'illumination. Mais là, j'allais devoir me débrouiller toute seule. Je pouvais y arriver. Je n'avais pas attendu que Rick fasse parti de ma vie pour être un bon flic, mais il est vrai que je devais me concentrer avec une grande force pour réussir à me souvenir de ce qu'était ma vie avant lui.
« Elles ont été empoisonnées à la Céphalosporine » clama soudain Lanie de l'autre bout de la pièce, me faisant sursauter.
« A tes souhaits! » marmonnais-je en songeant que Rick commençait à me déteindre dessus, avant de reprendre dès que Lanie fut à porter de voix « Mais encore, non parce que j'ai pas fait médecine moi! »
« La Céphalosporine appartient à la famille des antibiotiques apparentés à la pénicilline » commença-t-elle à m'expliquer.
« Attends…. Tu es en train de me dire qu'elles ont été tuer avec un antibiotique? » m'exclamais-je abasourdie.
« Et oui, c'est ça qui est génial! » triompha-t-elle avec un grand sourire.
« Ouais, en attendant les antibiotiques n'étant pas automatique, je m'abstiendrais d'en prendre à l'avenir » marmonnais-je en secouant la tête.
« Castle, sortez de ce corps! » lança Lanie d'un ton sarcastique.
Si seulement il pouvait y être en ce moment dans mon corps, mais il était allongé sur un lit d'hôpital, luttant pour sa vie, et j'ignorais même si un jour, j'aurais enfin l'occasion de l'accueillir en moi. OK. Terrain glissant. Très glissant. Je ne devais pas me laisser aller à avoir de telles pensées, parce que sinon, j'allais craquer.
« Comment as-tu découvert ça? » m'enquis-je prudemment, préférant éviter certains sujets délicats.
« Et bien, nous sommes partis du principe qu'elles avaient été droguées avec un poison indétectable et indolore grâce à la première victime. J'ai donc chercher sur la seconde victime quel organe aurait pu contenir des traces de ce poison » commença Lanie en me jetant un regard rieur qui me montra que je n'avais pas fini de répondre à ses questions.
« Et? » insistais-je en faisant semblant de ne rien avoir remarquer.
« Et la Céphalosporine met entre 1 à 8 heures grand maximum pour être éliminée par voix rénale. A faible dose, elle est peu toxique, sauf en cas d'allergie à la pénicilline. Mais administrée à très forte dose, elle se transforme en poison et entraîne une toxicité rénale entraînant la mort » termina-t-elle en me tendant un dossier qui devait contenir les résultats des tests qu'elle avait effectuer.
« Et comment se procure-t-on cette drogue? » demandais-je espérant qu'elle n'était pas en vente libre.
« Uniquement sur ordonnance. Et les hôpitaux contrôlent rigoureusement leurs stocks, donc s'il y en a eu de prescrite récemment, ça a forcément été consigné dans les registres de l'hôpital. » sourit-elle fière d'elle.
« Je vois. Je vais demander à Esposito et Ryan de se renseigner auprès des hôpitaux. Autre chose? » demandais-je en voyant les autres dossiers qu'elle avait à la main.
« Oui. D'abord, mes rapports d'autopsie. Même modus operandi que pour les deux autres victimes. Ensuite, grâce aux empreintes trouvées dans l'immeuble de Castle, l'ordinateur a isoler un suspect. » sourit-elle en me tendant le dernier dossier qu'elle avait dans les mains.
Essayant de dissimuler mon impatience, j'ouvrais fébrilement le dossier, et mon cœur fit un bond en voyant la photo qui s'y trouvait. C'était bien lui. L'homme de la vidéo. John Cena s'appelait en réalité Marcus Hell et avait fait cinq ans de prison pour braquage de banque. Sa spécialité était d'utiliser des bombes si précises qu'il ne faisait jamais rien explosé d'autres que le mécanisme d'ouverture des coffres. Un vrai pro. On le tenait. Un grand sourire illumina mes traits. Plongée dans la lecture du CV de notre suspect numéro 1, je remarquais cependant l'arrivée de Ryan et Esposito. Alors que Ryan se dirigeait tout droit vers la machine à café, Lanie et Esposito se mirent un peu à l'écart.
Ils étaient mignons tout les deux. Pour autant que je le savais, cela faisait au moins un an qu'ils étaient ensemble. Comme Lanie ne m'en avait pas parler, j'avais garder cette information pour moi. Et puis si jamais elle s'avisait de trop me taquinée à propos de ma relation avec Rick, j'avais un bon moyen pour la faire taire. Un sourire au coin des lèvres, je me raclais la gorge en voyant Ryan revenir. Immédiatement, ils se séparèrent, et Lanie vint se placer à ma gauche. Je sentais son regard sur moi, mais décidais de l'ignorer. Finalement, elle haussa les épaules et je l'entendis informer les gars des derniers progrès de l'enquête.
« On a une adresse! Allons chercher Mr Muscle » clamais-je en refermant le dossier et en enfilant ma veste.
Sans un mot, Esposito et Ryan me suivirent. En passant, j'informais le chef qui décida de nous envoyer du renfort. Une fois sur place, nous enfilâmes nos gilets, et armes au poing, nous entrâmes dans l'entrepôt désaffecté où notre artificier avait élu domicile. Une fois devant la porte de son logement de fortune, nous nous répartîmes de chaque côté de celle-ci, et je frappais à la porte.
« NYPD ouvrez! » criais-je en continuant de tambouriner sur la porte.
Devant l'absence de réponse, je vis Esposito se placer devant la porte et donner un grand coup de pied dedans. Comme au ralenti, et mue par une impulsion subite, je me jetais sur lui juste au moment où une déflagration se fit entendre.
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Oui, je sais, je ne parles toujours pas de Rick qui est donc toujours dans le coma, mais il faut bien que j'avance un peu dans l'enquête non?
Et puis Martha est enfin arriver!
Bon, je sais qu'avec un cliffangher pareil, vous allez sûrement encore plus me détestez, mais ... non, je ne dis rien, ça gâcherais le suspens.
La suite demain matin et une autre demain soir...
