NDA : Je poste ce chapitre rapidement, n'étant pas chez moi actuellement, donc je ne me répandrais pas en long discours aujourd'hui ! Quoi, qui a dit "ouf" ? Bon, bref, je remercie mes rares mais fidèles et précieux reviewers, connaître vos avis et vos impressions me fait toujours aussi plaisir, et j'ajoute aussi pour Roustine que non, pas de vampires dans cette histoire (juste la flemme de chercher dans les bouquins l'originelle couleur des yeux d'Edward, et puis comme ça personne ne doutera sur son identité...), puis ça m'amuse de voir que personne n'imagine Bella mourir, moi c'est mon trip personnel pourtant xD Bon, j'arrête, je vous laisse découvrir le new chap', l'engrenage se met doucement en route ! Enjoy !
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Une étrange routine s'installa à l'intérieur de notre modeste planque. Les jours s'écoulaient de façon régulière, tranquille, comme un cours d'eau. J'aimais vivre ici. J'aimais la certitude d'avoir un toit sur la tête. La présence lumineuse d'Irina contaminait toute la maison, et sa compagnie était aussi agréable que sa cuisine. Je trainais dans ses pattes toute la journée, l'aidant dans ses tâches quotidiennes du mieux que je pouvais. Les hommes disparaissaient généralement toute la journée on ne savait où, mais cependant, James ne rentra plus jamais avec la présence de blessures sur le visage. Laurent me faisait rire, et sa présence rassurante, presque paternelle, avait finie par complètement gommer mon attitude méfiante et sur le qui-vive, à l'affut du moindre danger pouvant survenir. Le môme que portait Irina avait de la chance. Il ferait un père formidable, même dans cette situation précaire.
Le soir, je rejoignais parfois James dans sa chambre, comme un premier soir. Quelque fois, nous parlions, longtemps, tout comme nous pouvions rester indéfiniment silencieux, pouvant cependant sentir, presque palper ce lien étroit qui s'était tissé entre nous. C'était quelque chose de difficile à décrire, mais pourtant, bien réel. Sans cesse, j'avais peur que tout s'interrompe, que tout vole en éclat sans prévenir. Chaque soir, je craignais qu'il ne rentre pas, et chaque soir, malgré son sourire et son attitude enjouée, je voyais la même peur dans les yeux d'Irina. Bien qu'on ne me disait rien, je devinais qu'ils retournaient voler, et pourtant, même lorsqu'ils ramenaient une somme importante, la plus grosse partie disparaissait le jour suivant avec le départ des deux hommes. J'en étais arrivée à la conclusion qu'ils en prenait une partie avec eux, mais qu'en faisaient-ils ensuite ?
Les mystères n'en finissaient plus de planer ici. Chaque fois que j'arrivais dans une conversation, ils se taisaient ou changeaient de sujet. N'y tenant plus, je finis par ne plus résister à la tentation d'écouter à leur insu ; cachée derrière la rambarde de l'escalier, je surpris une discussion entre James et Laurent, qui semblait assez sérieuse vu leurs expressions, que je pouvais discerner depuis ma cachette.
- Ça ne peux plus durer, disait Laurent, l'air plus sombre que je ne l'avais jamais vu, lui habituellement si souriant. Un jour, ça finira par mal tourner, ces gens sont trop dangereux ! Ce n'est pas le genre de vie que je veux pour Irina, ou pour notre enfant.
- Et qu'est-ce que tu veux faire ? soupira James, en passant une main lasse sur son front. On en a déjà parlé, on a toujours su que ce serait à risques. On ne peux pas démissionner comme ça. Ils ne nous laisseront pas partir.
- Je n'abandonnerai pas sans avoir rien tenté, persista le black, déterminé. On peux s'enfuir, très loin d'ici, et changer de vie, d'identité. Tu ne voudrais pas d'une existence normale, plutôt que de te terrer sans cesse, par peur de finir par se faire choper avec ces magouilles foireuses ?
- Bien sûr que si… murmura-t-il, désabusé. Évidement. Qu'est-ce que tu comptes faire ?
Entendant les pas d'Irina à l'étage se rapprocher, j'ai préféré prendre la fuite avant d'avoir entendu la fin de la conversation. Par la suite, je n'en ai pas vraiment appris plus, et, apaisée par mon nouveau quotidien, si sécurisant que j'en oubliais les forces de l'ordre, cette histoire me sortit de la tête jusqu'à ce que Laurent mette son plan en marche. Au début, tout était comme d'habitude, je n'avais rien soupçonnée. Un vol de plus, un assez gros butin à la clef. Les deux hommes étaient de bonne humeur en rentrant, même si je décelais une légère trace de tension dans leurs attitudes. Puis tout à coup, Laurent avait annoncé que nous allions devoir trouver une autre planque, et quitter la ville. Déstabilisée, je n'avais pas compris cet urgent besoin de partir. Nous étions tellement bien ici, pourtant…
Le lendemain, James et Laurent restèrent à la maison, chose inhabituelle, et tout le monde empaqueta ses affaires. Moi aussi. Je savais que je n'étais pas obligée de rester avec eux, que je pouvais partir à tout moment et les oublier, tourner définitivement la page. Mais c'était au-dessus de mes forces. Je ne pouvais pas laisser tomber Irina, Laurent… et James. Je ne le supporterais pas. Même si je ne savais pas où nous allions, même si je ne savais pas quels dangers nous encourions en restant ici, je restais avec eux, et je ne les lâcherai pas. Jamais.
En fin d'après-midi, alors que tous les cartons avaient été descendus au rez-de-chaussée, rendant la maison terriblement vide, un nouvel imprévu surgit. J'étais assise près dans le salon, perdue dans mes pensées, quand un bruit de moteur absolument assourdissant se fit entendre dans la cour. Tout le monde se raidit, inquiet, et James se rua à la fenêtre, avant de lâcher un soupir de soulagement. Visiblement, ce n'était pas un ennemi. Il se dirigea dehors, et tout le monde suivit, moi derrière. Dans la cour, une moto s'était arrêtée, avec un type incroyablement grand. Lorsqu'il enleva son casque, son visage révéla des origines indubitablement indiennes, avec des cheveux noirs de jais. L'air sombre, il se dirigea vers nous, et alla droit au but :
- Vous êtes en danger.
- Que se passe-t-il, Jacob ? demanda Laurent, le front plissé.
- Ils savent, vous devez fuir, vite ! Ils ont coincés Sam, Paul et Jared n'ont rien pu faire. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils ne lui fassent cracher le morceau.
- Et merde ! jura violement James en serrant les poings. Il faut qu'on s'en aille d'ici, et vite.
- Mais où ? demanda Irina d'une voix blanche.
- Réfugiez-vous chez Emily, conseilla Jacob. Je peux vous y conduire.
- Allez-y tous ensemble, ordonna James, le visage fermé. Pendant ce temps, je ferais diversion, je les attirerai sur une fausse piste. Dépêchez-vous !
Aussitôt, Laurent alla chercher la petite voiture dans le garage, celle qu'on utilisait pour aller en ville, tandis que James montait dans la camionnette qui servait aux braquages. Irina, sur le siège passager à côté de Laurent, me faisait signe de les rejoindre. Dans un état second, je secouais négativement la tête et courait à toute allure vers la camionnette.
- Qu'est-ce que tu fabriques ? s'écria James en me voyant grimper sur le siège.
- Je reste avec toi, haletais-je en claquant la porte.
- Tu es folle ? C'est dangereux ! Retourne avec Laurent et Irina !
- Je reste avec toi, persistais-je, butée.
- Mais…
- Je reste avec toi.
Je plongeais mes yeux dans les siens, plus déterminée que jamais. Je ne le laisserais pas. Je ne pouvais pas. James sembla hésiter, puis en voyant mon air décidé, il soupira et démarra.
- D'accord. Tu restes avec moi.
Dans la cour, Jacob faisait vrombir sa moto et s'éloignait rapidement, la petite voiture de Laurent et Irina à sa suite, tandis que James s'engageait sur une autre route. Les traits tirés, il semblait intensément concentré. Il arrêta la camionnette sur le bas-côté, et attendit. Je retenais mon souffle, n'osant pas parler. Même si la situation m'échappait, j'avais saisis l'essentiel : nous devions échapper à des gens dangereux, et afin d'assurer la sécurité des autres, James guettait leur arrivée pour provoquer une course poursuite, qu'il n'était même pas certain de gagner. J'avais peur. Pourtant, je ne regrettais pas de ne pas avoir suivi Laurent et Irina. Ma peur aurait été cent fois plus grande loin de James.
Après une interminable attente qui me sembla durer des heures, des véhicules apparurent enfin dans le lointain. James démarra en trombe, me faisant sursauter. Mon cœur s'accéléra dans ma poitrine, l'adrénaline se diffusa dans mes veines, la peur rampant sur moi comme un serpent aux écailles glacées. La nuit commençait à tomber, rendant le décor d'autant plus sinistre. Nous étions en pleine campagne, loin de tout, sur des routes étroites et sinueuses. Certes, James les connaissaient par cœur, mais cela suffirait-il pour nous tirer de là ? Mes craintes semblaient cependant infondées. Cette brave camionnette roulait vivement, et distançait lentement mais sûrement nos poursuivants, qui qu'ils puissent être. Lorsque, quelques heures plus tard, leurs phares eurent disparus de notre vision, James sortit de la route - pas aussi brusquement que l'avait fait Laurent le jour de notre rencontre, mais en douceur, s'enfonçant doucement dans la végétation. Je réalisais alors que nous étions dans un fossé à sec, complètement invisible depuis la route grâce à cette épaisse verdure.
- Et maintenant ? chuchotais-je anxieusement.
- Et maintenant on attends, répondit James en coupant le moteur. Passe à l'arrière.
- C'est tout ? répliquai-je en retirant ma ceinture avant de crapahuter dans le fond de la fourgonnette. On se planque ? Et on se planque de qui, au juste ?
James ne répondit pas, me rejoignit, et s'assit en face de moi, m'observant d'un air absent. On aurait dit qu'il se demandait jusqu'à quelle partie de l'histoire il pourrait me raconter. Peut-être, oui, peut-être allais-je enfin avoir des éléments de réponses…
- Écoute, murmura-t-il de la voix la plus calme que j'ai jamais pu entendre de sa part, avant de rencontrer Laurent, je n'étais pas quelqu'un de bien. Je ne le suis toujours pas d'ailleurs. Mais autrefois, c'était pire. J'étais vraiment au fond du trou, et ça m'a mené à de mauvaises fréquentations. Les Volturi. C'est une bande de mafieux, toujours à trainer dans les histoires louches : vols, cambriolages, drogues, trafics en tous genres... Mais ils se font jamais prendre parce qu'ils se salissent jamais les mains. Ils ont un tas de larbins, des gens qu'ils ramassent dans la rue, dans gens qui n'ont plus rien à perdre. Des gens comme moi. On m'a proposé de l'argent en échanger de quelques sales boulots à accomplir à leur place ; j'ai accepté. Puis on m'a mis en équipe avec Laurent. C'est tellement un type bien que j'ai toujours eu du mal à comprendre comment il en était arrivé à travailler pour les Volturi. Il m'a prit sous son aile. Irina et lui m'ont remis sur pieds, et j'ai commencé à ressembler à nouveau à un être humain - ce dont je leur en serais éternellement reconnaissant.
Restée silencieuse, je posais timidement une main sur la sienne. Il me sourit doucement, et je sentis mon cœur palpiter - et cette fois, ce n'était pas dû à la peur ou à l'adrénaline. Dans cette pénombre, car la nuit était tombée maintenant, je me sentais incroyablement isolée avec James, dans cette camionnette dissimulée dans la végétation. A l'écart de tout. Juste nous.
- Tu n'aurais pas dû venir, reprit James en détournant les yeux. Les Volturi sont très dangereux. Plus que tu ne peux l'imaginer. Ils ont une grande influence, on ne quitte pas leur service comme ça. C'est pour ça que nous devons fuir. Mais une fois loin d'eux… tout ira bien. Je te le promets.
Hochant la tête, je ramenais mes genoux contre ma poitrine et posais la tête contre la paroi, puis fermais les yeux. J'imaginais que nous allions devoir dormir ici avant de rejoindre Laurent et Irina demain matin, une fois tout danger écarté. Oui, une fois loin d'ici, tout irait mieux… Ils ne seraient plus obligés de risquer leurs vies chaque jour. Peut-être qu'enfin, nous aurions une vie normale. Je tressaillis en sentant quelque chose sur moi et ouvrit les yeux. James étendait simplement une couverture, et prit place à côté de moi pour s'y enrouler aussi.
Réconfortée par sa présence, je posais ma tête contre son épaule, pas mécontente de cette soudaine proximité. C'était comme chaque soir, lorsque j'allais me glisser dans sa chambre. Cependant, après ce baiser la première nuit, il n'y avait plus tellement eu d'autres contacts physiques entre nous… Je craignais d'accélérer les choses et de finir par le regretter. Mais… et si demain tout s'arrêtait ? Si les Volturi nous retrouvaient ? Si Cullen ressurgissait ? Non ! Je refusais que cela puisse se terminer ainsi, sans avoir eu le temps de concrétiser ce que je ressentais pour James. Il fallait que je sois sûre, que je puisse mettre des mots sur ce lien si particulier qui s'était tissé entre nous. Et je devais le faire, là, maintenant, tout de suite. Sans préambule, je me détachais de lui avant de me jeter avidement sur ses lèvres. Surpris, il se laissa faire, puis me repoussa doucement, interrogateur.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il, déstabilisé.
- J'ai peur, haletais-je, m'agrippant à lui comme une noyée. Je me dis que, si jamais je dois mourir, je ne veux pas avoir de regrets.
- Personne ne te feras de mal, m'assura-t-il fermement en saisissant délicatement mon visage entre ses mains. Je te protègerai.
Ses yeux océan se plongèrent dans les miens, et je sentis à quel point il était sincère. Il ne laisserait personne me faire de mal. Avec lui, j'étais plus en sécurité que dans un coffre fort en Suisse. Ses bras m'entourèrent dans une étreinte puissante, rassurante, et il m'adressa ce sourire qui lui était si particulier. Mon cœur battait la chamade ; je ne l'avais jamais autant aimé qu'en cet instant.
- Embrasse-moi ou je te bute… murmurais-je en me penchant vers lui.
Cette fois, ce fut lui qui captura mes lèvres, à la fois tendre et ardent, et je sentis comme un brasier naître en moi, enflammant tout mon être. Mes mains fourrageaient sauvagement dans ses cheveux tandis que les siennes se glissaient sous mon pull. Cette nuit là, tout à changé. Je me rappellerais éternellement, souvenirs tendres et passionnés, douleur et plaisir mêlés. Je m'en rappellerais également comme le moment où je pensais que tout allait vraiment commencer, alors que tout allait brutalement s'arrêter.
Le jour ne s'était pas encore complètement levé lorsque mes yeux se sont ouverts. A travers la fenêtre, je pouvais voir le ciel encore sombre, malgré les pâles et lointaines lueurs du jour qui peinaient à s'étendre dans cette immensité. Blottie contre James endormi, je me pelotonnais davantage contre son torse, à la recherche de sa chaleur - il faisait un froid épouvantable à l'intérieur de la camionnette. Pendant un long moment, je restais ainsi, savourant ce moment de pure plénitude. Puis un bruit lointain de moteur me fit tressaillir. Rapidement, je me relevais et me rhabillais, avant d'observer à travers la vitre le moindre mouvement perceptible. Le bruit de moteur de rapprochait, puis s'arrêta, remplacé par des voix. Angoissée, je secouais le bras de James pour qu'il se réveille. Il cligna des yeux, encore ensommeillé, et son regard se fit interrogateur en voyant ma panique.
Entendant les voix au-dehors, il se ressaisit immédiatement, posa un doigt sur sa bouche pour m'intimer de faire aucun bruit, et saisit son arme avant de descendre de la camionnette. Restée seule à l'intérieur, tendue et inquiète, je guettais ce qui allait se passer. Soudain, des éclats de voix se firent entendre au-dehors, puis, pire, des coups de feu. Terrifiée, je me recroquevillais tant que je pouvais au fond du véhicule, et brusquement, les portes arrières s'ouvrirent avec brutalité. A cause de la pénombre de la nuit, je discernais avec difficulté qui était là, mais une chose était sûre : ce n'était pas James.
- Tu vois quelque chose Jane ? demanda une voix masculine au-dehors.
Quelqu'un monta à l'intérieur ; une fille aux longs cheveux blonds sales, l'air famélique et horriblement inquiétante. Elle n'était pas bien vieille, mais son visage était marqué comme celui de quelqu'un qui s'est heurté à une vie difficile. En me voyant, un sourire presque dément étira ses lèvres minces, et, effrayée, je tressaillis, me tassant davantage dans le fond de la camionnette. Où était James ?
- Pas de fric en vue, Alec, annonça-t-elle d'un air sournois. Pas contre, il y a peut-être quelque chose qui intéressera Aro…
Alec, un brun présentant une ressemblance frappante avec Jane, monta à son tour et me considéra avec mépris. Il s'avança vers moi et je m'élançais dans l'espoir de fuir : il me barra la route et me frappa sèchement sur la nuque ; j'en vis trente-six chandelles et m'écroulais. Il me rattrapa sans difficulté et me jeta en travers de son épaule comme un vulgaire sac.
- On va la ramener au cas-où, histoire de ne pas rentrer les mains vides, entendis-je vaguement. Elle sait peut-être quelque chose. Où sont Félix et Démétri ?
- Probablement en train d'essayer de régler le compte de James. Allez, on y va.
James ? James… Le noir m'engloutit.
To Be Continued...
Changement de POV au prochain chapitre !
