Hey ! Me revoilà ! Voilà la suite, et merci pour les reviews :)

Cela faisait maintenant trois jours qu'Hermione avait mis son nom dans l'urne et elle était un peu stressée. Les résultats seraient donnés dans quelques heures, et Hermione n'avait toujours pas décidé si elle souhaitait être sélectionnée. Bien sûr, c'était un honneur, et cela voulait également dire aller en France, mais c'était aussi être loin de ses amis pendant trois longs mois… Même si elle savait qu'il y avait peu de chance qu'elle soit choisie, elle ne pouvait s'empêcher de retourner toutes les informations dans sa tête. Elle n'en était presque pas attentive au cours de métamorphose qui avait lieu. Enfin, presque, il ne fallait pas exagérer. Mais elle avait terminée ce qu'ils avaient à faire en une heure en à peine vingt-cinq minutes et tenter d'améliorer le désastre qu'avait produit Neville ne la tentait pas trop.

Son cochon criait à la mort en fuyant à travers la classe et le garçon peinait à l'attraper. Elle soupira en voyant l'animal rose se tortiller entre les mains d'Harry. Neville le remercia et le récupéra. Mais comme il n'arrêtait pas de bouger dans tous les sens, il finit par s'échapper à nouveau. La jeune femme hésita entre rire et pleurer.

Le cours se termina enfin et Hermione se dépêcha de se rendre à la bibliothèque. Elle comptait faire un approfondissement de ce qu'ils avaient vu la veille en botanique, car elle était certaine que cela tomberait aux ASPICs.

Tête baissée, elle fonça dans une masse sombre, juste devant le couloir qui menait à l'endroit où elle se rendait. Elle marmonna un pardon, concentrée sur sa recherche et continua son chemin.

Elle salua Madame Pince et se dirigea vers une étagère située au fond de la pièce.

La tête penchée, elle regardait les côtes des livres lorsqu'une main lui tapota l'épaule. Elle sursauta et le livre qu'elle tenait tomba sur un pied. Pas le sien heureusement. Elle entendit un homme jurer. C'était celui qui l'avait touchée. Elle se fondit en excuses, piqua un fard et ramassa le précieux ouvrage, vérifiant qu'il n'était pas abimée. Enfin, elle leva les yeux vers le garçon :

- Dean ! Qu'est-ce que tu fais là ?

- Je voulais te demander un truc… fit-il, hésitant.

- Oui ? Qu'y a-t-il ?

- Ecoute, je sais qu'avec Ron, ça ne se passait pas très bien mais…

Le cœur de la jeune femme se mit à battre à cent à l'heure. Dean voulait sortir avec elle ? Mais, elle, le voulait-elle ? Pas sûre. Comment refuser poliment sans trop le froisser ?

- Voilà, j'aurais voulu savoir si tu…

- Dean, je t'arrête tout de suite, c'est vraiment compliqué pour moi en ce moment, désolée… s'excusa-t-elle, pleine de remords.

Il avait l'air très déçu. Peut-être avait-elle répondu trop vite ?

- Mais tu sais je ne te demande pas grand-chose, juste une heure par semaine, ça suffirait ! insista le jeune garçon.

- Hein ? Je ne comprends plus rien, là… avoua Hermione.

- Ben oui, je voulais te demander des cours de soutiens en potions. Tu en donnais à Ron avant et je sais qu'il n'était pas très motivé mais je veux vraiment avoir mon ASPIC !

Hermione rougit un peu et tenta de cacher sa gêne. Elle lui bredouilla qu'elle allait y réfléchir puis fit mine de s'intéresser au livre qu'elle tenait entre les mains. Il la remercia et s'éloigna. Une fois qu'il fut hors de vue, elle se tapa sur la tête avec l'objet lourd.

« Quelle gourde ! » pensa-t-elle.

Comme si Dean allait vouloir sortir avec elle. Même qui pourrait en avoir envie ? L'échec cuisant avec Ron l'avait rendue légèrement pessimiste. Mais elle devait avouer qu'elle n'était pas facile à vivre, entre sa soif d'apprendre maladive et son caractère mi-timide mi-hystérique !

Elle secoua la tête comme pour chasser cette histoire et reprit ses recherches.

Après être rapidement repassée aux dortoirs pour déposer sa pile de livres empruntés, elle se rendit dans la Grande salle pour le dîner. Ses amis étaient déjà installés et lui avaient gardés une place.

Les plats apparurent aux moments où elle posa ses fesses sur le banc. Ron se jeta sur les cuisses de poulet.

- Ron ! protesta Hermione.

- Quoi ? fit Ron, la bouche pleine.

- Tu pourrais être un peu plus respectueux avec la cuisine de ces pauvres elfes et surtout, ne pas parler quand tu as la bouche remplie de poulet !

Il replongea dans son assiette. On aurait dit que sa vie en dépendait. Hermione soupira et n'insista pas.

Le repas continua et alors que Ron semblait enfin rassasié après sa troisième part de gâteau au chocolat, McGonagall se leva et dit :

- Il est maintenant temps de vous annoncer les quatre sélectionnés. Notre choix n'a pas été simple à prendre, néanmoins, nous étions d'accord à l'unanimité pour chacun. Pour la maison de Serpentard…

Hermione se mordit la lèvre. Pourquoi faisait-elle durer le suspense ? Elle croisa les doigts sous la table pour que ce soit Malefoy.

- Drago Malefoy !

Elle retint un hurlement de joie. Débarrassée de lui pendant trois mois ! Elle sourit à Harry, qui le lui rendit bien. Il pensait exactement la même chose. Elle vit le garçon décoloré repousser Parkinson qui tentait de l'enlacer d'un coup d'épaule. Il avait d'air de se moquer d'avoir été choisi.

- Pour la maison de Serdaigle… Sally-Ann Perks !

Hermione suivit les couinements à la table de Sally-Ann pour la repérer. Une grande blonde était le centre de l'attention et il s'agissait manifestement d'elle. Hermione la reconnut comme étant une sixième année. La grimace de Ginny lui montra qu'elle ne l'appréciait pas beaucoup.

Elle jeta un coup d'œil à Luna : celle-ci, loin d'être déçue, riait à gorge déployée. Lorsqu'elle vit les regards condescendants de ses camarades à son égard, Hermione pensa que la vie de Luna ne devait pas être simple tous les jours.

- Pour les Poufsouffle… Et ça n'a pas été facile de vous départager… Kendra Woods !

La jeune fille amérindienne, également de sixième année, croulait sous les bras et les cris de joie. En voyant l'énergie que mettait Ginny dans ses applaudissements, la Gryffondor comprit qu'il n'y avait pas que chez les Poufsouffle qu'elle était appréciée.

Puis elle se rendit compte que c'était maintenant à leur tour. Elle analysa rapidement la situation : un garçon, deux filles. Ca allait forcément être un garçon. Hermione pria pour que ce ne soit ni Ron ni Harry.

Un poids se forma dans son estomac et lui compressa le ventre lorsque la directrice dit :

- Et la maison pour laquelle nous avons le plus hésitée… Gryffondor…

Hermione ferma les yeux. Elle ne voulait pas voir, pas entendre. Elle avait le pressentiment qu'elle allait être séparée d'un de ses amis.

- Hermione Granger !

Hermione rouvrit un œil. Puis l'autre. Avant même qu'elle ait le temps de dire « Quoi ? », Harry, Ginny, Ron, et tout le reste de sa maison s'étaient jetés sur elle pour la prendre dans leurs bras. Encore trop surprise pour réaliser, Hermione ne bougea pas. Ron déposa un baiser sur sa joue et lui dit :

- Ne t'inquiète pas, ce sera génial ! Tu vas tous les ratatiner !

Hermione tenta un sourire. Cela ressembla plus à un rictus. Elle commençait légèrement à paniquer et se força à contrôler sa respiration pour se calmer. Elle n'avait pas imaginé qu'en mettant son nom dans cette stupide urne, elle serait choisie ! Elle leva les yeux vers la table des professeurs, croisa le regard de leur ancienne directrice de maison qui lui lança un silencieux « Félicitations ». A nouveau, elle tenta un sourire. Il sembla plus réussi car l'écossaise lui sourit à son tour.

Harry qui avait remarqué son malaise, la prit un peu à part, tandis que la plupart des élèves commençaient à partir.

- Ca ne va pas ?

- Trois mois, Harry, trois mois ! Comment vais-je faire pour tenir trois mois sans vous ?

- Tu te débrouilleras très bien. Et puis, Ginny a l'air d'apprécier Kendra, ce sera sûrement ton cas aussi !

Hermione baissa les yeux, pas très convaincue.

- Tu veux aller voir McGonagall pour lui demander de prendre quelqu'un d'autre ?

- Non, non, bien sûr que non ! fit Hermione. J'ai été choisie, c'est un honneur, je dois partir. Je dis juste que je vais avoir du mal. Avec l'autre Serpentard, en plus !

Elle fit une grimace. Harry approuva d'un hochement de tête.

- Ne t'inquiète pas, il restera dans son coin, tu ne l'approcheras pas, tout se passera bien !

- Si tu le dis…

Il déposa un baiser sur son front.

- Et je t'écrirais tous les jours s'il le faut !

- En plus, j'avais dit à Dean que je l'aiderais en potions…

- Je l'aiderais, assura Harry, avant de rajouter voyant la tête de son amie : à deux, on se débrouillera toujours mieux !

Elle rit.

- En tout cas, je ne pourrais plus t'aider pour tes devoirs !

Puis elle perdit son sourire :

- Par Merlin, comment vais-je faire pour mes ASPICS ?

- Comme si tu en avais besoin pour prouver ta valeur, Mione…

- Tu crois qu'ils ont la même chose, en France ? Peut-être pourrais-je les passer là-bas…

- Calme-toi ! De toute manière, tu seras de retour en avril au plus tard, tu auras bien le temps de rattraper le programme ! Tu dois déjà en connaître les trois-quarts !

- Ce n'est pas une raison…

- Arrête de te faire du mouron ! S'il le faut, je t'enverrai toutes mes notes, d'accord ?

Hermione, un peu rassurée, sourit à nouveau.

- Je préfère te voir comme ça ! Allez, viens, on va fêter ça à la salle commune ! fit Harry en lui tendant sa main.

Elle accepta cette dernière et ils partirent vers le septième étage.

La jeune brune se moucha.

- Vous allez tellement me manquer…

C'était la veille du départ d'Hermione, et alors qu'ils étaient censés fêter la nouvelle année, ils étaient tous en train de pleurer l'imminente séparation. En vérité, seules Ginny et Hermione pleuraient. Mais c'était la moitié des personnes présentes dans le dortoir des garçons, alors cela faisait quand même beaucoup. Ce n'était dans le caractère ni de l'une ni de l'autre, mais voir l'insensibilité de Ron et de Harry leur faisaient monter les larmes aux yeux.

- Toi aussi, Hermione…

Hermione prit chacun d'eux dans ses bras avant d'avaler une gorgée de bièraubeurre. Sa valise, contenant tout ce qu'elle possédait, était prête depuis trois jours. Rangée à côté d'elle par terre, près de la cheminée de la salle commune, elle semblait la narguer et lui rappeler qu'elle partait le lendemain. Après une seconde gorgée, Hermione leur fit une nouvelle fois part des ses appréhensions :

- Si je suis choisie pour être championne… Je vais risquer ma vie, et peut-être que je ne vous reverrais plus jamais parce que… Je ne sais pas, parce que je serais paralysée pour toujours ou même pire !

Elle entendit Harry soupirer :

- Tu t'es inquiétée pour ça toutes les vacances, tu ne crois pas qu'il est temps que tu arrête un peu d'imaginer tous ces scénarios absurdes ?

- Ca va être l'apogée, ce soir, je pense, fit remarquer Ginny en reniflant. Ca ira mieux demain.

- Non, ce sera pire ! contredit son amie. Demain, je vais vous quitter pour un trimestre ! Je n'aurais jamais dû accepter !

Ron semblait avoir compris qu'elle ne se consolerait pas avec des mots et la prit dans ses bras. Il l'embrassa dans les cheveux et la laissa sangloter autant qu'elle en avait besoin.

- Tu penseras peut-être que c'est une promesse en l'air, mais au moment même où tu voudras rentrer, dis-le moi et j'accoure te chercher, lui murmura le roux à l'oreille.

Elle ne répondit pas, toujours occupée à maitriser ses larmes. Avait-elle au moins entendu ? La Gryffondor finit par relever la tête. D'un regard plein de gratitude, elle souffla un « merci » et resserra son étreinte autour de son ami.

Ginny déposa une main compatissante sur son épaule et Harry prit sa main dans la sienne.

Ils ne devaient pas avoir l'air très beaux comme ça mais Hermione se sentit mieux. Leur simple présence à ce moment-là la comblait et elle comprit qu'elle n'avait pas besoin qu'ils soient avec eux pour savoir qu'ils l'aimaient et qu'ils seraient toujours là pour elle. D'une voix à peine tremblante, elle demanda :

- Vous m'écrirez, hein ?

- A condition que tu nous répondes, fit Harry en souriant.

Elle se mit à rire, suivit par les trois autres.

- Juré, promit-elle.

Ginny lui tapota le bras et lui tendit quelque chose :

- C'est un bracelet que j'ai fait moi-même. J'y ai passé toutes les vacances, alors il y a intérêt qu'il te plaise.

- Il est magnifique, Gin' !

Des torsades de fil rouges et dorées le composait. En y regardant de plus prêt, elle vit le mot Gryffondor écrit. Il semblait rétrécir et s'agrandir à mesure des battements de son cœur.

- Co… Comment as-tu fait ?

- Disons que Flitwick m'a donné quelques conseils, répondit Ginny avec un clin d'œil.

Hermione se jeta au cou de son amie, puis elle lui demanda de le lui attacher.

- Je l'enlèverai le jour de mon retour ici.

- On devrait peut-être te laisser aller te coucher ? fit Harry en montrant sa montre qui indiquait 23 heures 36.

- C'est vrai. Ce sera une longue journée, demain, avoua la brune. J'espère qu'on y ira en Portoloin, mais je n'y crois pas trop.

Elle se releva, salua les deux garçons et rejoignit le dortoir des filles quasiment vide, suivie de Ginny. Cette dernière avait décidé de profiter des nombreuses absentes pour dormir une dernière fois avec Hermione et profiter un peu plus du peu de temps qu'il leur restait toutes les deux. Elles se mirent au lit.

Mais ni l'une ni l'autre n'arrivait à trouver le sommeil et elles finirent par se mettre à parler de choses et d'autres, tout en évitant soigneusement de rappeler le départ de la brune quelques heures plus tard :

- La cuisine française est assez grasse, je te parie que je vais prendre au moins dix kilos ! s'inquiéta la brune.

- Mais non ! La cuisine moldue, peut-être, mais pas celle de Beauxbâtons, rappelle-toi les beautés qui étaient venus, il y a quatre ans ! Ca m'étonnerait qu'elles ne mangent que des chocolats, mais quand même !

- On voit que tu n'as jamais goûté de crêpes… fit Hermione en bavant presque.

- Je n'en ai même jamais entendu parler !

- C'est un peu comme des pancakes. Ca vient de Bretagne.

- L'école est à l'opposé de la Bretagne ! Tu ne devrais pas être trop tentée.

- Croisons les doigts ! Sinon, je n'ai aucune chance de séduire un mignon petit français ! plaisanta-t-elle.

- Comme si c'était ton genre… Et puis même, il te garderait loin de nous, alors je préfère que tu reviennes obèse !

Hermione rit.

- Qu'est-ce que tu crois ? C'est lui qui devra me suivre !

- Sinon, il y aura peut-être encore un beau gosse de Durmstrang… suggéra la sixième année.

- Je crois que de ce côté-là, j'ai eu ma dose. Viktor, c'est du passé, et tous les garçons me le rappelleraient ! Je préfère un français.

- Ce serait plus pratique un anglais quand même, persista Ginny.

- Le seul anglais que j'aurais sous la main pendant quatre mois, ce sera Malefoy, alors décidément, je préfère un français !

- D'accord, accorda la rousse. Un anglais, ce n'est pas possible. Il va falloir te rabattre sur un français…

- … ou attendre mon retour ici, finit Hermione. Tu sais, je ne suis pas du genre à vouloir un petit ami à tout prix !

- Je sais, je te connais, quand même. Mais c'est amusant de t'imaginer avec un français qui ne comprendra même pas l'anglais. Ou un garçon de Durmstrang que tu appelleras Viktor sans faire exprès ! Ou avec Malefoy…

- Je t'arrête, là ce n'est même pas la peine de te l'imaginer ! rit Hermione. C'est tout simplement impossible ! C'est comme marier un loup avec un agneau !

- Et qui est le loup, qui est l'agneau ?

- Quelle question ! Tu imagines vraiment Malefoy bêler ?

Elles partirent dans un fou-rire à l'imaginer en mouton.

- Bon, Hermione, dit Ginny en tentant de reprendre son sérieux. Je veux un rapport une fois par semaine, ok ?

- Sur quoi ? Sur le tournoi ou sur mes improbables mais potentiels petits-amis ?

- Les deux !

- Promis.

- Il faudrait peut-être qu'on dorme, non ?

- Oui. Heureusement que tes cours reprennent après-demain !

- Ca, je n'en ai rien à faire, pour le moment. J'espère que tu sais, à quel point tu vas tous nous manquer, déclara la jeune Weasley. Je sais que ce n'est pas comparable à ce que tu vas ressentir, mais je tenais à te le dire. Poudlard ne sera plus pareil sans toi.

Hermione ne répondit rien mais sourit de toutes ses dents. Ces trois petites phrases étaient la chose la plus touchante qu'elle ait jamais entendue.

- Je vais vivre une aventure extraordinaire et ça va être merveilleux, mais ça l'aurait été encore plus avec toi.

- Je serais là, avec toi, en pensées ! On sera tous là avec toi !

- Ecoute, tu sais que je ne suis pas particulièrement sensible mais si tu continues comme ça, je vais me remettre à pleurer, et tu ne pourras t'en prendre qu'à toi.

- Je me tais, alors, pouffa Ginny. Fais de beaux rêves.

- Toi aussi.

Et c'est sur ces mots-là qu'Hermione ferma les yeux et tomba instantanément dans les bras de Morphée.

Les doigts de la brune s'entortillaient ensembles sans qu'elle s'en rende compte. Tendue et raide comme un piquet, elle attendait l'arrivée de la directrice dans le hall. Elle avait réussi à se contenir lors des adieux avec ses amis grâce aux bouffées de stress qui la submergeaient régulièrement mais elle sentait qu'elle pouvait craquer à tout instant. Les doutes de la veille, ainsi que ceux des deux dernières semaines lui revinrent en tête.

Pourquoi avait-elle accepté ?

Elle s'apprêtait à faire demi-tour et à abandonner lorsqu'une silhouette gracieuse s'avança pour se poster à quelques mètres d'elle. Hermione marmonna un « salut » que Sally-Ann ne sembla même pas remarquer.

Quelques secondes plus tard, Kendra arriva en sautillant presque, débordante de joie :

- Bonjour, les filles ! Bien dormi ? Je n'ai rien pu avaler ce matin !

- Moi non plus, avoua Hermione.

- J'étais trop excitée, rajouta l'amérindienne.

La Serdaigle les regarda avec un air condescendant. Hermione la regarda de plus près. Elle devait faire la taille de Ron mais la moitié de son tour de taille. Elle secoua ses longs cheveux blonds parfaitement lisses et fit une moue ennuyée en soupirant. Dans le monde moldu, les agences de mannequins se la seraient arrachées. Ses yeux verts étaient la seule tache au tableau quasi royal : ils étaient beaux, mais dépourvus d'une once de gentillesse. Hermione sentit qu'entre elles deux, ça ne collerait pas.

Au contraire, lorsqu'elle regarda Kendra, elle sut qu'elle ne serait pas seule lors des trois mois à venir : la jeune fille semblait déborder de joie et d'entrain. Sa peau hâlée contrastait avec son grand sourire. Ses yeux noirs pétillaient et elle semblait décidée, les deux mains posées sur les hanches. Contrairement à Sally-Ann, Kendra avait quelques formes, mais les assumait pleinement.

Du point de vue d'Hermione, il n'y avait aucun doute sur laquelle était la plus jolie.

Enfin, Malefoy arriva, les mains dans les poches, suivi par son sac qui lévitait. La Gryffondor tourna les yeux dans l'autre direction et s'appliqua à ne pas le saluer, à l'inverse des deux autres. Installés approximativement en ligne, ils virent McGonagall approcher. Elle tenait sa baguette à la main et la pointa vers chacun de leurs sacs. Ils se transformèrent tout à tour en de minuscules colibris.

Hermione sentit une boule peser dans son ventre : ce qu'elle redoutait arrivait. Ils y allaient par la voie des airs.

- Suivez-moi, et faites attention à ce que vos bagages ne partent pas trop loin, ordonna la vieille écossaise.

Ils lui emboitèrent le pas et sortirent du château pour se diriger vers la forêt interdite.

Les hypothèses se bousculèrent dans la tête d'Hermione, sans qu'elle réussisse à en trouver une potable.

Après quelques minutes de marche à travers les arbres, la jeune femme aperçut la masse imposante d'Hagrid dans une clairière. Celui-ci accourut vers elle et l'étreignit.

- Hermione ! Je suis heureux de te voir !

- Moi aussi, Hagrid ! répondit-elle sincèrement.

- Je te félicite, tu mérites ta place. J'ai proposé ton nom dès qu'on l'a vu dans l'urne !

Hermione sourit, sans une once de reproche dans le regard. Il était content pour elle, c'est tout ce qui comptait. Il lui mit un petit paquet dans la poche :

- Pour Olympe. Tu lui diras bonjour de ma part.

Hermione accepta avec plaisir et rejoignit les autres, qui avaient commencé à seller… des Sombrals.

Elle entendit Malefoy protester :

- Je préférerais faire le voyage en balai, ce n'est pas grand-chose, que je vous demande !

- Que cela vous plaise ou non, vous irez sur un Sombral. Je vous accorde déjà d'emmener votre engin, vous devriez en être satisfait ! Tenez, miss Granger, fit-elle en lui tendant une selle.

- Merci.

- Mais professeur, je suis très à l'aise sur un balai, je ne vois pas le problème ! continua le Serpentard.

- Je serai également capable de faire le trajet en balai, monsieur Malefoy, mais ce n'est pas une raison. Un Sombral vous économisera beaucoup d'énergie et sera bien plus confortable pour les quelques heures de voyages que nous avons devant nous. Aussi, dépêchez-vous d'aller préparer le votre. Et sans discuter !

Kendra et Sally-Ann semblaient un peu mal à l'aise. La Gryffondor, ayant terminé ce qu'elle avait à faire, s'approcha des deux filles.

- Quelque chose ne va pas ?

- C'est que… ce n'est pas facile d'attacher des sangles sur quelque chose d'invisible, remarqua Kendra.

- Oh ! Vous ne les voyez pas… Laissez-moi faire, je vais m'en occuper.

- Merci.

Hermione commença par celui de Kendra.

- Alors, qui as-tu vu mourir ? demanda la Poufsouffle, pour faire la conversation.

- Je ne les compte plus… soupira-t-elle. L'année dernière a été un peu chargée pour moi.

- Je suis bête, je n'aurais pas du poser la question… Désolée.

- Non, ce n'est pas grave. Voilà, j'ai fini. Je t'aiderai à monter tout à l'heure.

Elle s'approcha de celui de Sally-Ann.

- Tu veux de l'aide aussi ? proposa Hermione.

- Pas la peine, je peux me débrouiller seule.

Hermione haussa un sourcil mais laissa passer. L'esprit d'équipe ne semblait pas être l'un des atouts de la blonde. Mais voyant à quel point elle peinait à accrocher une lanière, la brune soupira et attrapa la sangle. Quelques secondes plus tard, c'était terminé.

- Voilà ! Tu veux de l'aide pour monter ?

- Non, merci, répliqua Sally-Ann froidement.

- Tant pis.

La Gryffondor s'éloigna en se demandant ce qu'elle lui avait fait. Elle retourna vers Kendra, bien plus accueillante, mais qui ne semblait pas avoir besoin d'elle. Elle avait l'air de déjà maitriser son Sombral, perché dessus, parfaitement à l'aise et riant aux éclats.

Hermione retourna alors vers le sien et grimpa dessus tant bien que mal. Elle n'était qu'à deux mètres du sol mais se sentait déjà un peu mal. Pourquoi Merlin l'avait-il dotée du vertige ?

Elle vit Sally-Ann se faire aider par Malefoy pour monter sur le sien. Hermione réprima une bouffée de fureur. La Serdaigle était hypocrite comme personne. Quelques minutes plus tard, McGonagall leur lança :

- Vous êtes prêts ? Parfait. Vous n'avez qu'à me suivre.

Ils s'envolèrent les uns après les autres. Kendra poussa un cri de joie, savourant pleinement l'instant. Hermione quand à elle, n'en menait pas large. Elle se forçait à se concentrer sur sa respiration pour ne pas regarder le sol qui s'éloignait d'elle à toute vitesse.

Lorsqu'ils émergèrent des arbres, une foule réunit au pied du château les acclama.

Cela remonta le moral d'Hermione et elle reprit confiance en elle. Malefoy et Kendra saluèrent les cris de leurs camarades par quelques figures pendant qu'elle et Sally-Ann s'accrochaient à leurs Sombrals.

McGonagall, professionnellement, avançait tout droit, mais légèrement en altitude.

Non, en fait, elle fonçait droit vers les nuages.

Hermione s'inquiéta un peu quelques secondes avant l'impact avec la brume blanche mais elle passa à travers sans même être mouillée, grâce à la vitesse.

La vue du ciel était magnifique et comme Hermione ne pouvait plus voir le sol, sa peur s'était tarie. Elle sut que le reste du voyage se passerait bien.

Enfin, environ quatre heures après, les cinq sorciers amorcèrent une descente. Hermione resta bouche bée d'émerveillement :

- Alors, c'est ça, Beauxbâtons… murmura Kendra à ses côtés.