Désolée! Je viens de m'apercevoir que FF ne mettait pas les tirets des dialogues qui j'ai sur Word (encore un des nombreux mystères de l'informatique!).
Je les rajoute donc à partir de ce chapitre, qui est un peu court, soit, mais essentiel pour le reste de l'histoire.
J'espère que votre lecture sera agréable et bon week-end que je vous souhaite ensoleillé.
Chapitre 6 : premier gage
Je ne restai dans la chambre que quelques heures. Je tournai en rond comme un lion en cage, j'étouffai dans cet espace restreint. J'avais besoin de me calmer, de respirer. J'ouvris donc la fenêtre et m'élançai jusqu'à atteindre le premier pin. J'avançai de branches en branches jusqu' au bord d'une falaise. Je m'installai alors à la cime du géant, face à la mer. J'écoutai le frémissement des vagues, le bruit du vent dans les feuilles, les animaux nocturnes. Et doucement, le soleil transperça l'horizon, le ciel prit un couleur dorée et je trouvai que la vie méritait vraiment d'être vécue.
Une sensation m'avertit qu'Edward était là, assis sur une autre branche parallèle à la mienne. Il n'avait fait aucun bruit, il fixait lui aussi le lever du soleil.
- Tu es encore fâché, lui demandai-je.
- Je suis fâché contre ta décision, me murmura-t-il. Pas contre toi. Et toi, es-tu en colère après moi ?
- Non. Je suis en colère parce que je t'ai fait du mal et que je n'ai aucun moyen de te soulager sans faire du mal à quelqu'un d'autre.
- Et ta souffrance à toi, Bella.
- Tu t'imagines vraiment que si je ne le fais pas, je ne vais pas souffrir. La culpabilité est parfois pire que la douleur réelle.
- Tu oublieras.
- Les vampires n'oublient jamais, Edward. Tu le sais très bien.
Edward ne répondit pas. Je savais qu'il avait mal, que mon choix le torturait. J'aurai fait n'importe quoi pour qu'il n'ait plus mal mais je n'avais aucune solution. Alors il glissa sa main gauche dans ma droite. Ce n'était plus aussi difficile que la première fois. Et j'étais trop émue pour paniquer cette fois-ci. Il me regardait, les yeux toujours sombres, le visage froid mais je ne voulais pas lever les yeux vers lui.
- Tu ne changeras pas d'avis, me questionna-t-il.
- Non, lui avouai-je dans un petit souffle.
- Je voudrais que tu m'accordes une faveur.
- Tout ce que tu veux, acquiesçai-je un peu trop précipitamment avant de me rendre compte que j'étais dans une position délicate.
- Tu nous as dit qu'Alice ne pouvait lire ton avenir car tu lui en bloquais l'accès.
-En effet, confirmai-je
- Je voudrai que tu la laisses voir.
- Je fronçai les sourcils et secouai la tête.
- Edward! Ce n'est vraiment pas une bonne idée. Tu cherches à te faire encore plus de mal. Oui ! Je vais souffrir et rien ne peut arranger cela. Surtout pas le fait de le voir dans l'esprit de ta sœur.
- Je veux savoir! Je veux me préparer.
Je restai silencieuse, continuant à regarder sa main dans la mienne. Il s'approcha de moi et colla son front contre mes cheveux.
- S'il te plait, me supplia-t-il d'une voix douce.
- D'accord, agréai-je
- Merci…Nous ferions mieux de rentrer maintenant. Esmé se fait du soucis, elle a cru que tu étais partie.
Nous descendîmes de l'arbre lentement et nous marchâmes tranquillement dans le clair obscur du soleil matinal. Edward me lâcha la main devant la maison. Je me dirigeai immédiatement vers Carlisle pour arranger les préparatifs. Je passai devant Alice et rapidement plongeai mon esprit dans le sien. Je lus une frayeur intense dans son regard. Je ne me retournai pas pour voir Edward. J'imaginai dans quel état il devait être.
Carlisle allait téléphoner dans la matinée à la mère de Tulsa. Il avait réussi à trouver une thérapeutique possible pour la fillette afin de justifier sa guérison. Si la mère acceptait, j'interviendrai cinq jours plus tard, le vendredi soir. Carlisle pensait pouvoir me faire entrer sans que personne ne s'en aperçoive et me laisser suffisamment de temps pour agir sur la fillette.
- Il faudra ensuite me faire sortir, lui précisai-je. Je ne serai pas capable de le faire toute seule.
- J'avais compris. Nous en avons discuté avec Edward et il viendra nous aider à te ramener ici.
Ainsi Carlisle avait parlé à son fils. Cela expliquait pourquoi il avait fini par accepter mon choix. J'acquiesçai de la tête et m'abstins de tout commentaire.
- Durant ces cinq jours, je vais avoir besoin de me préparer.
- Comment ?
- Exceptionnellement, je vais prendre du sang animal, plus nourrissant pour moi que la nourriture des humains. Plus j'aurai d'énergie et plus je pourrai combattre les effets secondaires. Après…Quand je reviendrai ici, tu ne dois surtout pas me donner d'anti-douleur ou quoique ce soit. Au plus tu tenteras de contrecarrer les effets, au plus ils dureront.
Le docteur compris. Nous nous donnâmes rendez-vous dans la soirée pour parler des nouvelles informations. Edward m'attendait dans le couloir lorsque je sortis. Je ne voulais pas discuter avec lui, je ne voulais pas savoir ce qu'il avait vu. Je tentai de passer à côté de lui mais il me barra le passage.
- Edward, suppliai, Il n'y a rien à en dire.
- Trois semaines, maugréa-t-il.
Mon cœur s'accéléra et je sentis une boule dans mon ventre. Pour la première fois, j'eus peur.
- C'est court, mentis-je.
- C'est faux, me lança-t-il. Trois semaines de supplice. Bon sang ! Il doit bien y avoir un autre moyen.
- Tu as cinq jours pour le trouver – J'essayai d'avancer mais Edward me bloquait toujours le passage
- Laisse-moi passer maintenant. Cela ne sert à rien d'en discuter durant des heures, nous avons à la fois tord et raison tous les deux. L'important, c'est Tulsa ! Le reste est secondaire.
Je me frayai un passage et il ne m'empêcha pas d'en partir. Je partis tôt me promener, parfois dès la nuit, ne croisant aucun des enfants Cullen, pour me nourrir. Je ne rentrai que parler avec Carlisle qui me tenait au courant des préparatifs. La mère avait bien réagi, la thérapeutique avait commencé pour Tulsa. Son état avait encore empiré. Elle était sous respirateur et perfusion car elle était inconsciente. Il fallait agir maintenant ou jamais.
Le vendredi arriva rapidement. Les Cullen étaient partis au lycée. Je continuai à faire ma promenade dans la forêt. Vers quinze heures, je me rendis sur le parking du collège. Je repérai facilement la voiture d'Edward, une Volvo grise flambant neuve au milieu de vieilles guimbardes. Je m'adossai contre le pare-choc avant et attendit qu'il sorte.
Les premiers étudiants commencèrent à arriver. Ils me regardaient tous comme une bête curieuse et les chuchotements allaient bon train. Je m'aperçus qu'ils parlaient tous de moi. Je regardai mes vêtements, jetai un coup d'œil dans le rétroviseur. Je ne me trouvai pas aussi affreuse que ça.
Un garçon s'approcha alors de moi. Il devait avoir dans les dix-sept ans, blond aux yeux bleus. Il était plutôt mignon, pour un humain.
- Salut ! me lança-t-il avec un beau sourire.
- Salut !
- Je m'appelle Mike Newton. Tu es nouvelle ici ?
- Je suis Bella, continuai-je amusée, voyant bien qu'il me dévorait des yeux. Je vis chez des amis durant quelques jours.
J'aperçus alors Edward qui arrivait derrière Mike. Il s'arrêta en me voyant discuter avec un autre élève et fronça les sourcils. Je plongeai mon regard dans le sien et ne pouvais voir que lui.
- Tu sais que tu es appuyé sur la voiture d'Edward Cullen continua Mike.
Je restai silencieuse, fixant Edward.
- Eh oh, lança Mike.
Je sursautai et lui répondit :
- Pardon, tu disais ?
Cette voiture appartient à Edward Cullen. C'est un type un peu étrange et je crois qu'il n'apprécierait pas que tu t'appuies sur sa voiture.
Je souris et je vis Edwards sourire à son tour.
- Etrange dis-tu, répétais-je .
- Ouais, insista Mike, visiblement satisfait que je continue la conversation avec lui. Quand il est en colère, il te regarde avec des yeux noirs, on dirait qu'il va te bouffer. Et depuis le début de la semaine, il a l'air particulièrement en colère.
- Ouais, murmurai-je, gênée que tout le monde est remarqué la douleur dont j'étais responsable. Je peux imaginer.
- Et tu habites chez qui ? changea-t-il de conversation.
- Chez la famille Cullen !
Les yeux de Mike s'arrondirent et il devint rouge de honte. Je me mis à rigoler.
- Ne sois pas fâché, Mike. Je trouvai la situation amusante. Tu es très gentil d'être venu m'avertir. Mais je ne crois pas avoir quelque chose à craindre d'Edward.
Mike me sourit. Il ne semblait pas fâché et continuait à me fixer.
- On aura peut-être l'occasion de se revoir, me dit-il.
Je me raclai la gorge. J'étais maintenant assez gênée de la situation.
- Edward est derrière toi, lui murmurai-je.
Mike se retourna soudain. Edward avait un visage froid à faire peur.
- Au revoir alors, se hâta-t-il de dire.
- Au revoir, souris-je en rejoignant le vampire.
Il m'accueillit avec un sourire amical.
- Salut la bête féroce, ironisai-je
Il haussa les épaules.
- Ce blondinet n'est qu'un sombre idiot.
- Ah bon ! Je l'ai trouvé plutôt sympathique.
Il se renfrogna.
- Tu ne dirais pas la même chose si tu avais lu dans son esprit ce qu'il voulait faire avec toi.
- Je n'ai pas besoin de lire dans son esprit. Un jeune homme qui m'invite à me revoir a forcément une idée derrière la tête. Je m'en fiche Edward. Je ne suis pas venue pour lui.
Il prit une mèche de cheveux et la mit derrière mon oreille. J'aimais ses gestes doux, ils faisaient bondir mon cœur et accélérer ma respiration. J'avais toujours une première réaction de frayeur quand il s'approchait de moi mais j'arrivai maintenant à me maîtriser. Mais là, je savais que ce geste ne m'était pas destiné. Mike nous observait toujours et Edward voulait lui montrer que le terrain était déjà conquis.
- Pourquoi es-tu venue ?
- Ca fait cinq jours qu'on ne se voit plus. Avec les préparatifs. Alors je m'étais dit, …enfin si tu veux, …que peut-être, …on pourrait passer la soirée ensemble ?
J'étais toujours gênée pour lui demander quelque chose d'aussi personnel. Edward se rapprocha de moi et me prit la main, tendrement.
- C'est une excellente idée, chuchota-t-il à mon oreille.
Je rougis immédiatement. Il parut satisfait du résultat et me tira vers la voiture. Il m'ouvrit la porte passager et me fit entrer dans sa voiture. Puis il prit la place du conducteur et jeta un regard noir à Mike.
- Décidément, ris-je, tu es aussi gamin que lui.
- Allons, allons, un peu de rivalité n'a jamais fait de mal à personne.
- D'autant plus lorsque tu es sûr de gagner.
- Oh ! Oh ! Ton choix serait déjà fait.
Je m'empourprai encore plus.
- Je pensai à ta capacité à le transformer en repas, Edward.
Edward me sourit mais ne releva pas. Nous sortîmes du parking.
- Alors, que veux-tu faire ?, me demanda-t-il.
- Nous pourrions aller nous balader.
- Je connais l'endroit idéal.
Je fis un petit geste amical à Alice qui montait en compagnie de Jasper, Emmett et Rosalie à bord de son coupé cabriolet. Nous traversâmes la ville et nous enfonçâmes dans la forêt, jusqu'à ce que la route s'arrêta.
Edward vint m'ouvrir la porte.
- Il faut marcher un peu, m'expliqua-t-il. Ca ne te dérange pas.
- Tu veux plaisanter. On fait la course. Le dernier arrivé là-haut a un gage.
Edward acquiesça. Je m'élançai vers le haut de la montagne. Il me talonnait de près. Je sentais le vent sur mon visage, vif, agréable. Je slalomai entre les arbres, sautai par dessus les troncs couchés. Je vis bientôt une colline transpercée les nuages et le soleil apparaître. Arrivée au sommet, je tapai contre l'arbre qui me parut le plus haut. Durant une seconde, j'eus l'impression d'avoir gagner mais Edward apparut de l'autre côté du tronc, un sourire en coin.
Je râlai un coup.
- D'accord, tu as gagné. Quel est mon gage ?
- Viens d'abord, je veux te montrer quelque chose.
Il me prit la main et me tira vers l'autre versant de la colline. Le soleil illuminait le paysage, un immense champ. La gelée du mois de décembre avait cristallisé l'eau autour des fleurs et des herbes et scintillait comme autant de petits miroirs sous les rayons du soleil. C'était magnifique. Un grand sourire s'afficha sur mon visage. Je pris une grande respiration pour sentir l'air frais rentré dans mes poumons.
- Superbe, murmurai-je
- Je savais que tu allais aimer, me répondit-il.
Je marchai au milieu des herbes hautes et je finis par m'asseoir sur un tronc, admirant le ciel d'un bleu limpide. Edward s'assit à côté de moi. Il passa son bras autour de mon épaule. J'attendis quelques secondes que mon cœur s'arrête de cogner trop fort et lentement je calai ma tête sur sa clavicule. Nous restâmes ainsi quelques minutes sans bouger.
- J'ai choisi ton gage, me dit-il enfin sans la moindre ironie. Je voudrais que tu répondes à toutes mes questions. Pas de joker ! Jusqu'à vingt-trois heures !
