Disclaimer: je tiens à signaler à nouveau que tous les personnages appartiennet à Stéphanie Meyer.
Je tiens ensuite à remercier tous ceux qui ont lu le début de cette histoire et qui m'ont écrit une review. 3200 personnes sont venues sur cette histoire ce mois ci, de 23 pays différents.
C'est surtout cela qui m'épate: que quelqu'un du Burkina Faso, du Canada, du Chine ou d'Inde soit venu voir une petite FF de France, je trouve cela complètement dingue.
Bref! Vive internet
Chapitre 11 : second gage
C'était les soirées et les nuits qui passaient trop vite. Nous discutions avec Edwards, de lui, de moi, de nos rêves, de nos envies, de nous. J'aimais le toucher, caresser sa main, mettre ma tête au creux de son épaule. Je chavirai à chacun de ses baisers, enivrée par son odeur.
Et je n'arrivai toujours pas à apaiser mes émotions. Mon sang bouillait dans mes veines, mes pensées brûlaient de désir et je perdais tout contrôle.
Et le lendemain arrivait à nouveau.
Quatre jours se déroulèrent ainsi. Le vendredi matin, lorsque les enfants Cullen furent partis, je m'effondrai sur le banc du piano, vidée du trop plein d'émotion de la nuit et de son départ, une fois de plus.
Je me mis à pianoter quelques notes. Et puis la mélodie me revint. Dans les années 1950, j'avais été enthousiasmée par la musique jazz noire américaine et j'avais appris quelques chansons. J'interprétai un blues très lent. Je retrouvai facilement les accords sur le piano et les paroles d'amour et de détresse qu'elle évoquait.
Lorsque j'eus fini, je restai sans bouger, à fixer les touches bicolores.
- C'était magnifique, dit alors une voix douce.
Je me retournai et aperçus Esmé, appuyée contre le mur du salon.
- Merci, bafouillai-je.
- Pourquoi ne nous as-tu pas dit que tu savais jouer de la musique et chanter ?
- Edward joue tellement mieux que moi… et puis cela fait si longtemps.
Elle s'assit à côté de moi et me prit la main.
- Tu te dévalorises sans cesse, Bella. Tu es bien mieux que tu ne le penses. Et Edward le sait, c'est pour cela qu'il est fou de toi.
Je fis la moue. J'avais déjà beaucoup de mal à me confier à lui. Alors à quelqu'un d'autre, cela devenait une véritable torture.
- Tout ceci est tellement nouveau, lui avouai-je. Et il y a tellement d'émotions. Je n'y arrive pas.
- Tu t'en sors très bien, Bella.
- C'est difficile.
Je me tus quelques secondes, cherchant mes mots.
- J'ai l'impression de ne plus me reconnaître, murmurai-je. Je connais mes capacités, je les ai toujours contrôlées. Et là…
- Une émotion comme celle-ci ne se contrôle pas, elle se vit, Bella.
- Ca me bouffe, Esmé. Regarde-moi, je suis ridicule. Je suis malade de seulement le quitter trois heures et quand il est là, plus personne n'existe. Je le coupe de ses frères et sœurs, je le coupe de toi et Carlisle. Et je n'arrive pas à faire autrement.
Esmé sourit.
- Je ne crois pas que cela dérange Edwards.
- Moi, ça me torture.
Elle soupira et planta son regard dans le mien. Elle avait soudain l'air très sévère, peut-être un peu en colère.
- Ecoute, Bella, je vais te donner mon point de vue et tant pis si ça ne te plait pas. Dans la vie, il faut savoir être égoïste. Oui, Edwards ne voit plus sa famille, oui, il ne discute plus avec nous et préfère rester avec toi. Et bien profites-en et arrête de penser aux autres. Il est fou amoureux de toi et il n'est pas difficile de deviner que c'est réciproque. Alors cesse de culpabiliser ou de te trouver des excuses pour être malheureuse. Et si tu n'arrives pas à contrôler tes émotions, c'est peut-être parce que justement tu cherches trop à les contrôler.
Je ne comprenais pas ce qu'elle voulait me dire et je lui adressais un regard plein d'incertitude.
- Il existe un vieil adage qui dit qu'il faut guérir le mal par le mal. Tu perds tout contrôle et bien continue. Partez ce week-end ensemble, tous les deux seulement, sans Alice qui s'amuse à lire dans ton avenir et Emmett qui t'envoie des vannes en permanence. Allez quelque part où vous serez enfin seuls et perds-toi pour de bon dans tes émotions.
- Tu crois ? demandai-je un peu étonnée.
- Evidemment que j'en suis sûre. Passe enfin du temps à ne penser qu'à toi. Un amour comme cela, c'est tellement rare, tu dois profiter à fond de ton bonheur. Et lorsque vous serez repus, vous pourrez alors revenir. Et Alice ne pourra enfin ne plus nous rabattre les oreilles avec tes baisers de contes de fées.
Nous rîmes ensemble.
- Ouais, je devrais peut-être essayer.
- Bien sur. Les enfants finissent leurs cours à quinze heures cet après-midi. Fais ton sac et celui d'Edwards et court le rejoindre. Vous avez deux jours et demi rien que pour vous.
Je lui fis un sourire de gratitude et l'embrassai sur la joue.
- Merci Esmé
- De rien, ma chérie. Allez file !
Je montai à l'étage et préparai rapidement un sac pour le week-end. Et je partis en courant vers le lycée. Depuis le mardi précédent, il partait avec sa propre voiture pour que nous puissions ensuite être seuls. Il avait commencé à m'apprendre les rudiments de la conduite et il trouvait que je ne me débrouillais pas trop mal pour « un ours des cavernes » mais je ne me sentais pas encore capable de le faire seule.
J'étais extrêmement nerveuse lorsque j'arrivais au lycée. Il était déjà là, me fixant au loin, devant le 4x4. Je m'approchai, ne voyant que lui.
- Salut, murmurai-je, soudain intimidée.
- Alors, tu es prête, me répondit-il. Esmé a toujours de bonnes idées.
Je souris et m'engouffrai dans la voiture.
- Ou va-t-on ?, me demanda-t-il.
- Je n'ai pas d'idées précises mais j'ai toujours ma cabane à Fallercreeks.
- Excellente idée !
Nous roulâmes durant deux bonne heures puis Edward gara la voiture dans le petit parking réservé aux visiteurs et campeurs occasionnels. Il prit le petit sac et nous commençâmes à marcher à travers les arbres.
- Et si nous faisions à nouveau la course, lui proposai-je. Le premier arrivé à la cabane.
- J'ai déjà gagné un fois, Bella, sourit-il.
- Justement, j'ai droit à ma revanche.
Et je partis en courant. Ce parcours-là, je le connaissais par cœur. Chaque pente à gravir, chaque bosquet à sauter, chaque arbre à gravir. Et pourtant, je ne le devançai à la cabane que de quelques dixièmes de secondes. Durant un court instant, je me demandai même s'il ne m'avait pas laissé gagner.
- Tu cours vraiment très vite, admis-je.
- Tu m'as pourtant battu, déclara-t-il gaiement.
- Parce que je connais mieux le terrain que toi. J'ai donc droit à un gage.
- Tout ce que tu voudras, chuchota-t-il de sa voix envoûtante.
- D'abord on rentre, commençai-je en ouvrant la porte.
La cabane était minuscule, de la taille de la chambre d' Edwards. Elle était habillée de manière rudimentaire – un lit, une table et quatre chaises et une cheminée.
- Ce n'est pas un « quatre étoiles », lui dis-je pour m'excuser de la simplicité des lieux.
Il planta ses yeux dans les miens et referma la porte derrière nous.
- C'est parfait !
Je posai mon doigt sur sa poitrine et le poussai sur le lit. Il s'assit. J'écartai mes jambes et m'assis sur ses cuisses. Du bout des doigts, je caressai ses cheveux.
- Voici donc ton gage, continuai-je en souriant de plaisir. Durant deux jours, je veux que tu sois tout à moi.
- Mais je suis déjà tout à toi.
- Ta ta ta ! Interdiction de m'interrompre sous quelques arguments que ce soit. Aucun problème de cœur, aucun problème de bruit ou de mobilier cassé. Et tant pis si je perds tout contrôle et que la Terre entière peut lire mes pensées. Je veux vivre ça au moins un fois jusqu'au bout.
Edward fronça les sourcils.
- Je peux émettre une condition, objecta-t-il.
- Dis toujours, paniquai-je un peu, persuadée qu'il aurait été enthousiasmé par ma proposition.
- J'ai 120 ans Bella. A l'époque où j'étais humain, j'ai été élevé avec certains principes. Je voudrais que nous attendions encore un peu avant d'envisager des relations plus… intimes.
Je ris doucement.
- Seriez-vous vieux jeu monsieur Cullen. Soit tranquille. Ton gage n'incluait pas le sexe… Tant que je suis capable de me maîtriser.
Et je l'embrassai. Mes sens s'emballèrent immédiatement. Mon visage semblait irradier, ma respiration s'accéléra.
Je pris ses joues entre mes mains pour appuyer mon baiser, mes lèvres s'entrouvrirent et ma langue chercha la sienne.
Ses mains s'enfoncèrent dans mes omoplates. Je basculai en avant et je me retrouvai allongée sur lui. Je n'entendais plus rien, je ne sentais plus mon cœur, j'étais uniquement concentrée sur la sensation d'extase de mes mains sur son corps et des siennes sur le mien, du goût de ses lèvres.
Il roula sur moi, sa main descendit le long de ma hanche, sur ma cuisse et ramena ma jambe sur la sienne. Il quitta ma bouche, ses lèvres glissant sur ma joue, mon oreille, mon cou pour s'arrêter sur ma clavicule. Je me cabrai et poussai un soupir de plaisir, les yeux fermés.
J'enfouis ma tête dans son épaule goûtant à sa peau.
Nos caresses ne semblaient pas vouloir se finir. Mon esprit était entièrement envahi par mes sensations. Elle me brûlaient, me consumaient. J'en goûtais chaque instant, me délectais de cette excitation nouvelle qui m'était inconnue. Je ne voulais pas que cela s'arrête, vivre éternellement dans la jouissance de cet instant, magnifique.
Edward glissa ses mains sous mon tee-shirt et remonta lentement ses mains le long de ma colonne vertébrale. Je frissonnais de plaisir et pour la première fois, je sentis mon cœur s'emballer à la limite du possible. Il tapait contre ma poitrine à m'en faire mal.
Je reculai rapidement, la douleur devenant insoutenable.
- Pause, gémis-je. J'ai besoin d'une minute.
Je fermai les yeux, tentant de calmer mon rythme cardiaque et ma respiration.
- Cela fait plusieurs heures que ton cœur est à son paroxysme, Bella, me dit-il. J'ai cru que tu ne t'en rendrais jamais compte.
- Plusieurs heures, murmurai-je en ouvrant les yeux.
Il faisait nuit noire dehors. Je m'aperçus que la pièce était sans dessus-dessous, la table et les chaises renversées, le matelas par terre.
Je souris, surprise de ce qui s'était passé alors que j'avais l'impression que notre étreinte n'avait duré que quelques minutes.
Edward s'approcha à nouveau de moi. Sa main frôla mon bras, son souffle sur ma joue. Mon cœur bondit à nouveau et la douleur revint. Il recula de lui-même.
- Désolé, s'exclama-t-il.
- Ce n'est pas grave. Si tu as un moyen pour me calmer, je suis preneuse.
Edwards réfléchit quelques instant. Une sourire satisfait s'afficha aux coins de ses lèvres.
- Que dirais-tu d'un bain au clair de lune ?
- Excellente idée, acquiesçai-je.
Nous allâmes près du lac. Le ciel était sans nuage, les étoiles scintillaient. La lune était magnifique, ronde et éclatante.
Nous nous déshabillâmes pour ne garder que nos dessous. Je plongeai dans l'eau glaciale. Mon corps frémit quelques secondes puis s'adapta très rapidement à la température.
Edwards me rejoignit. Nous nageâmes quelques instants côte à côte. Nous nous amusâmes comme deux enfants à nous asperger, riant tous deux de nos jeux. J'étais la plus heureuse du monde. J'avais oublié mon passé, je ne voulais voir que le présent, l'avenir peut-être.
Edward parvint à me saisir le bras et m'attira à lui. J'entourai mes jambes autour de ses hanches et nous restâmes ainsi quelques instants. J'appréciai ses yeux, ses lèvres, son corps. Du bout de doigts, je caressai son torse. Il avait une musculature parfaite, une peau douce et lisse comme du marbre. Je fronçai les sourcils, admirant le grains de sa peau, de galbe de son torse, le creux de sa clavicule.
- Tu as encore mal, me demanda-t-il.
- Non, c'est passé.
- Alors à quoi penses-tu ?
Je continuai à faire courir mes mains sur lui, doucement, respirant son odeur enivrante.
- Je pense que tu es la plus belle chose qui me soit arrivée Edwards et que je ne te mérite pas.
- Pourquoi dis-tu cela Bella, tu es la femme la plus magnifique que je connaisse.
- Ce n'est pas vrai Edwards. Je sais très bien que je suis différente des autres vampires. Ma peau n'est pas aussi parfaite, elle ne scintille pas au soleil, je ne possède pas tous les atouts qu'ont les vampires pour attirer leurs proies. Les autres sont tellement plus magnifiques que moi.
- Tu ne te rends pas compte de ce que tu dégages Bella. Tu possèdes ce que beaucoup d'entre nous rêvons d'avoir : tu as l'apparence humaine. Ta peau a la couleur du soleil, des yeux brillent de vie. Si tu savais les sensations que je ressens à chaque fois que ton cœur s'accélère. Si tu savais comme tu sens bon, une odeur humaine, une odeur sucrée de miel et de cannelle. Sauf qu'on n'a pas envie de boire ton sang, on a juste envie de t'aimer.
Je rougis devant cette tirade dont je ne croyais pas un mot. Mais peu importait ! Pour l'instant, il était avec moi et c'était tout ce qui comptait. Je ne voulais pas penser au jour où il se lasserait, où il finirait pas ouvrir les yeux et se rendre compte l'énorme erreur qu'il avait commise.
- Je ne peux plus me passer de toi Edwards. Chacune de tes absences est une véritablement torture pour moi. Tu es devenu ma drogue.
- Je ne partirai plus Bella. Tu es toute ma vie. Je t'aime.
Il m'embrassa doucement. En un instant, il me ramena sur la berge et m'allongea par terre, prolongeant son baiser. Pour la première fois, je sus que je me maîtrisais enfin. Ma respiration, bien que rapide, restait régulière, mon cœur s'emballa aussi vite mais je continuais à le percevoir. Mon esprit était en communion avec le sien mais je ne me perdais plus dedans, éprouvant pleinement chaque moment. Je voulais qu'il sache ce que je ressentais, je voulais qu'il entende à quel point je l'aimais.
Nous nous rhabillâmes et nous montâmes sur la plus haute colline pour aller admirer le lever du soleil. L'astre embrasait tout le ciel. Nous restâmes ainsi de longues heures, dans les bras l'un de l'autre. Je me sentais plus calme, apaisée. J'étais enfin en accord avec moi-même, libre de mes choix.
- Un jour, lui dis-je, il faudra que je te parle de mon passé.
- Je ne te demande rien.
- Je sais. Mais je pense que ce sera mieux que tu saches certaine choses.
Mes lèvres se crispèrent et mon front se plissa devant cette perspective angoissante.
- J'ai commis de nombreuses erreurs, Edwards. De graves erreurs.
- Nous en avons tous commis, Bella. L'erreur fait hélas partie de notre apprentissage. Tu sais, au début de ma transformation, la tentation du sang a parfois été la plus forte. Heureusement, Carlisle était là pour m'aider. Mais j'ai eu ma crise d'adolescence et j'ai cru pouvoir assouvir ma soif en tuant des meurtriers. Mais le fait d'assassiner des monstres ne nous rend pas moins monstres nous-mêmes. Je le regretterai tout ma vie. Mais aujourd'hui, je sais me contrôler et j'espère que demain, je le saurais encore mieux.
- L'apprentissage est douloureux.
- Je sais. Mais aujourd'hui, tu es une femme exceptionnelle, Bella. Même chez les humains, il est rare de rencontrer quelqu'un qui éprouve une telle empathie chez les autres. Alors chez notre race, tu es presque unique.
Il m'embrassa tendrement dans le cou.
- Peut-être que si tu n'avais pas vécu tout cela, nous ne nous serions jamais rencontrés, continua-t-il. Et rien que pour cela, je ne serai jamais fâché contre quoi que tu me racontes.
Je me levai et le tirai par la main pour l'aide à se lever. Nous fîmes une grande balade à travers les prés qui environnaient la forêt de Fallercreeks. L'herbe scintillait sous les minuscules gouttes glacées du début d'hiver. L'air sentait le froid. Il caressait mon visage.
- Est ce que tu crois en Dieu, lui demandais-je.
- Oui. Mes parents, ceux qui étaient humains, m'ont élevé dans la religion catholique et je suis resté avec cette notion.
- Je crois moi aussi qu'il existe un Dieu. Peut-être pas comme le prétendent les religions. Je crois que quelque chose a créé l'univers, une sorte de force, une énergie intelligente. Mais je crois aussi que, volontairement ou pas, elle nous a laissé le libre choix. La Terre évolue comme elle le désire et comme ses habitants le désirent. Parfois c'est une catastrophe, et parfois c'est merveilleux.
Edwards acquiesça.
- Nous sommes tous liés entre nous par cette énergie. Et lorsque l'un d'entre nous meurt, c'est l'ensemble de la chaîne qui est perturbée.
- Des êtres vivants meurent chaque jour. Ta théorie ne tient pas. La chaîne serait perturbée en permanence.
- Mais d'autres naissent, en plus grand nombre, plus résistant, plus évoluée. La chaîne se consolide, elle se fortifie. Pourtant il y a des cas où la naissance ne suit pas la mort.
- Et c'est pour cela que tu as aidé Tulsa.
- Peut-être, admis-je. Je ne me pose ce genre de questions lorsque j'interviens. Je le fais parce que j'en ai envie.
Edwards ne répondit pas. Nous fermâmes les yeux, laissant le soleil éclairé notre visage. Comme tous les vampires, celui de mon compagnon irradiait comme des milliers de petits diamants. La mienne non, je la trouvais terne. Et je ne pouvais m'empêcher d'admirer le grain de sa peau, la perfection de son corps, la beauté de ses traits. Il était tellement beau et je me trouvai tellement fade à ses côtés. Comment avais-je pu attraper un être aussi exceptionnel dans mon giron : cela restait un complet mystère !
- Tu crois que les autres continueront à m'accepter, le questionnai-je alors.
- Pourquoi ?
- S'ils apprennent mon passé, précisai-je.
- Ils t'adorent Bella. Je ne me fais aucun soucis.
- Peut-être pour Carlisle, Esmé, Emmett et Alice. Mais Jasper a peur de moi.
Il me regarda, étonné que j'ai pu remarquer cela.
- Tu as lu dans son esprit ?
- Ce n'est pas nécessaire. Je sens ce genre de choses.
- Jasper a peur de ton côté humain. Il craint un jour que vienne le désir de boire ton sang. Il est jeune, il se maîtrise encore mal.
Je souris. Je trouvai la raison stupide.
- Je ne suis pas humaine.
- Mais tu le parais. Il n'est pas encore capable de faire la différence.
- Et Rosalie est aussi sur ses gardes.
- C'est différent. Rosalie est très…exclusive. Lorsque Alice et Jasper sont arrivés dans notre famille, elle a eu beaucoup de mal aussi à les intégrer. Mais cela viendra, ne te fais pas de souci.
- De vous tous, je trouve qu'elle est celle qui colle le moins avec votre système familial. Elle paraît très froide.
- C'est une apparence. Rosalie a peur de tout et surtout du changement. Elle est continuellement sur ses gardes. Quand elle était humaine, elle était très amoureuse d'un homme. Un soir, elle l'a rencontré avec des amis, complètement ivre. Ils l'ont violée et laissée pour morte. C'est là que Carlisle l'a trouvée et transformée. Depuis elle n'accorde que rarement sa confiance.
J'acquiesçai. Finalement, elle était bien plus proche de moi que je ne l'aurai cru. Je me promis de faire plus attention à elle.
Le soleil, déjà déclinait, lentement.
- Presque une journée de passée, déjà, soupirai-je un peu mélancolique.
- Et si nous rentrions à la cabane, me proposa Edwards.
Je lui pris la main et nous repartîmes vers la forêt.
Arrivée au premier arbre, la terre se déroba sous mes pieds. Je me retins à une branche. La tête me tournait, des milliers de petits points lumineux apparurent devant mes yeux. Je fus prise d'un vertige.
Edwards s'en aperçut immédiatement. Il me prit par la taille et me souleva.
- Qu'est ce que tu as ? paniqua-t-il.
- Je ne sais pas gémis-je. Je ne comprends pas.
- Tu as mal quelque part.
- Non, juste une sensation de vide. Ca va mieux maintenant. Viens ! Rentrons !
Il me relâcha. Je fis à nouveau quelques pas mais le malaise revient. Je m'adossai à un tronc.
- Je ne vois plus rien, m'exclamai-je. C'est tout noir.
- Mets ta tête entre tes genoux et respire lentement, Bella, me recommanda Edwards.
Je m'exécutai. Mais le mal ne passait pas. Un froid me saisit et je claquai des dents. Et soudain un visage apparut devant mes yeux. Une femme, jeune, aux cheveux longs, raides et blonds, le regard rouge, mauvais. Une vampire ! Et je vis Emmet, à terre, se tordant de douleur, hurlant. Derrière la femme, un homme, grand, cadavérique. Je sursautai : c'était Aro, un des trois Volturi. Alice pleurait du sang, Rosalie allongée à ses pieds.
Je me levai d'un bond, tous mes sens me revinrent.
- Ils sont en danger, hurlai-je. Ta famille est en danger. Il faut rentrer.
