Je tiens à nouveau à remercier tous ceux qui lisent ma FF et ceux qui m'envoient des review.
disclaimer: Je rappelle que tous les personnages appartiennent à Stéphanie Meyer.
Chapitre 13 : confessions 2
- Cléon est mon frère. Nous appartenions à un clan de chasseur, quelque part en Italie actuelle.
Plusieurs milliers d'années avant notre naissance, un guérisseur avait découvert une plante qui rendait les guerriers plus forts. Quand ils buvaient sa décoction, leurs sens étaient aiguisés, leurs forces décuplés, leurs peurs envolées. Au fil des siècles, cela devint une drogue, une nécessité pour eux de la boire quotidiennement. Ils devinrent de véritables sauvages, tuant et massacrant tout sur leur passage. Ils étaient froids, sans pitié, sans émotion, préférant s'attaquer aux proies les plus difficile à tuer, par fierté, par arrogance. Progressivement, leur nourriture devint quasiment exclusivement centrée sur les loups et les hommes. L'anthropophagie fut monnaie courante.
Le mélange de cette médication, l'alimentation des mâles de la tribu et le manque de mélange génétique nous transforma radicalement. Et cinq enfants naquirent avec des dons particuliers : Tian et Nacion, deux garçons qui pouvaient se transformer en loup, Cléon et Actio deux autres qui avaient les capacités de vampires et moi, la seule fille, qui possédait les deux.
- Tu peux te transformer en loup, m'interrompit Carlisle, surpris par la nouvelle.
- Je ne l'ai fait qu'une seule fois…je crois. J'ai eu horreur de ça et je n'ai plus jamais recommencé. Nos capacités n'ont commencé à vraiment apparaître qu'à l'adolescence. Ce clan était sous de régime patriarcal. Les femmes étaient sous la domination totale des hommes et elles n'avaient le droit de boire le breuvage de puissance qu'une fois dans leur vie, le jour de leur union. J'ai été élevée avec cette éducation. Je n'avais pas le droit de regarder les hommes dans les yeux ou de les toucher, je devais leur demander la permission pour leur parler, pour leur servir leur repas, pour tout. On me donna la tâche principale d'aider le guérisseur et j'appris ainsi le secret du breuvage.
Mais au fur et à mesure que je grandissais, les rapports avec les autres membres du clan se sont aggravés. Les quatre garçons avaient eu des relations hors union. Ces femmes ne donnaient naissance qu'à des enfants mal formés qui décédaient rapidement ou à des monstres à l'allure de loup qui furent abandonnés dans la forêt.
Les hommes comprirent alors rapidement que j'étais certainement la dernière possibilité pour que les capacités de vampire et de loup soient transmises. Je devins un enjeu génétique.
Les doigts d'Edward se crispèrent sur mon épaules et mes doigts. Je fronçai les sourcils mais continuai :
- Les luttes intestines commencèrent. Chacun voulait devenir le père d'un surhomme. Ma mère Clélia m'accusa d'être la cause de tous les maux de la tribu. J'étais devenue un démon. Les autres femmes me jalousaient et la poussaient dans cette idée.
Alors le jour de mes douze ans, elle tenta de me tuer en me coupant les veines avec un couteau. Cléon intervint et l'éventra.
Je m'interrompis un instant, les yeux fermés, me remémorant tout ce sang.
- Le guérisseur et le chef du sang se réunirent alors et ils décidèrent que je ne serai unie qu'à mes dix sept ans, lorsque mon corps pourrait supporter une grossesse qui serait sûrement difficile. Mon compagnon serait choisi lors d'un grand combat dont il serait le vainqueur.
Cette décision apaisa temporairement le clan et je repris ma vie. Le mois précédent mon anniversaire, les prétendants se proposèrent et les duels commencèrent. Presque tous les hommes du clan s'y tentèrent, y compris mon Cléon et mon père Alésio.
C'est mon frère Cléon qui gagna. Il fut convenu que les trois autres garçons seraient unis également le même jour que nous, même s'ils ne pouvaient avoir de descendance.
Le jour de la cérémonie eut lieu et comme de coutume, nous avons bu pour la première fois une grand quantité du fameux breuvage. Cela finit d'achever notre transformation.
Actio, Cléon et moi, nous devinrent immortels et Tian et Nacion se transformèrent en lycaon et ne purent plus redevenir des humains.
Je m'interrompis une nouvelle fois, absorbée par mes pensées.
- Je ne me souviens plus de ce qui s'est passé ensuite. La potion avait déclenché une telle violence en nous. C'était incontrôlable. Tout ce que je me souviens ensuite, c'est que tout le monde était mort. Nous les avions tous massacrés. Il ne restait plus que deux vampires, deux énormes lycaons et moi. Je me suis enfuie.
J'étais horrifiée par ce qui s'était passé et je ne voulais plus recommencer. Je me suis terrée durant des années. Et puis petit à petit, j'ai appris à me maîtriser et j'ai pu revivre parmi les humains, temporairement. J'ai commencé à rencontrer de nouveaux vampires et j'ai su que Cléon et Actio avaient trouvé le moyen de les créer.
Je me tus, les yeux baissés sur la main d'Edward. Je venais de leur révéler pourquoi ils étaient des vampires, quelle était leur origine, la cause de toute cette monstruosité. J'attendais leur verdict, angoissée.
- C'est dingue, murmura Emmet.
Je souris.
- Ouais ! Dingue ! C'est le mot, concluais-je.
Je regardai Carlisle, inquiète de sa réaction. Il semblait calme. Il s'accroupit devant moi et planta ses yeux dans les miens, souriant.
- Ton clan n'existe plus, Bella. Tu n'en as pas encore conscience, mais tu as un place dans notre famille. Sois la bienvenue chez les Cullen.
Je lui souris pour le remercier.
- Bien maintenant, je crois que tout le monde a besoin de souffler un peu, décida-t-il. Rosalie, va amener Emmett dans votre chambre et Edward, tu vas monter Bella pour qu'elle se repose. La partie est finie les enfants.
Edward m'aida à me lever et me poussa jusqu'à sa chambre. Je me laissai faire, désorientée par toutes ces péripéties. Il referma la porte derrière lui.
Je m'affalai sur le lit, frottant nerveusement ma cicatrice. Edward s'allongea à mes côtés. Il mit sa main dans la mienne pour que j'arrête.
- Tu crois qu'ils ont peur de moi, lui demandai-je.
- Non, répondit-il doucement.
Je plongeai dans ses yeux.
- Tu as peur de moi ?
- Non ! s'exclama-t-il.
Il posa sa main sur ma joue et m'embrassa tendrement. Je me blottis alors contre lui et je me mis à pleurer doucement. Je pleurai toute la nuit.
J'avais fini par m'endormir. A mon réveil, le soleil était déjà haut dans le ciel, voilé par un perpétuel tapis de nuages gris. Il avait neigé et la forêt étincelait d'un blanc immaculé.
Nous étions bientôt à Noël. Je m'étonnai d'être déjà à cette date, plus de quatre mois après ma rencontre avec les Cullen. Jamais je n'étais restée aussi longtemps avec un groupe de personnes, encore moins avec des vampires.
Un mal de tête m'emprisonnait le crâne dans un étau. Edward était resté à côté de moi. Il serra son corps contre le mien, m'embrassa langoureusement. La douleur s'évapora immédiatement, laissant place au plaisir.
- Le week-end est gâché, m'indignai-je lorsqu'il finit par relâcher son étreinte.
- Nous en aurons d'autres, me répondit-il. Beaucoup d'autres. Et tu pourras garder ton gage si tu veux.
Je ris et l'embrassai à nouveau.
- J'y compte bien, affirmai-je.
- Viens ! Carlisle veut nous parler.
Nous descendîmes dans le cuisine. Tout le monde était là. Edward m'aida à m'asseoir sur une chaise haute accolée au comptoir. Il avança vers moi un panier rempli de croissants et un bol de lait.
Je fis une moue sceptique.
- Je n'ai pas très faim, admis-je.
- Mange, m'ordonna-t-il gentiment.
J'en pris un et croqua dedans. Je regardai Emmett qui semblait s'être remis des émotions de la veille. Carlisle s'approcha de moi. Tous les enfants semblaient avoir un sourire en coin et je compris que quelque chose se tramait. Contre moi ?
- Voilà, commença le docteur Cullen, nous en avons discuté…
- Nous, soulignai-je avec un petit sourire.
Carlisle sourit à son tour et continua :
- Et nous pensons qu'il ne serait très judicieux que tu restes seule à la maison durant quelques temps.
Je fronçai les sourcils, perplexe.
- Je ne comprends pas…
- Il y a toujours un risque que les Volturi reviennent se venger et nous préfèrerions être là.
- Je ne suis pas très sure d'avoir assistée à la même scène que vous, hier. Les Volturi ne peuvent pas me faire de mal, Carlisle.
- Ce n'est pas là le problème, Bella. Penses-tu que si nous n'avions pas été là, si Edward n'avait pas été là pour être plus précis, tu aurais laissé Aro sain et sauf ?
Je regardai Edward avec perplexité.
- Non, finis-je par admettre.
- La mort d'un des membres des Volturi risque d'entraîner une guerre fratricide entre les vampires.
- En effet, murmurai-je soudain soucieuse. Mais que veux-tu que je fasse ? Que je reste enfermée dans ton bureau à l'hôpital à longueur de journée !
Tous les autres pouffèrent de rire. Visiblement, je n'avais pas trouvé la solution qu'ils avaient envisagé et je pressentais qu'elle n'allait pas me plaire.
- J'ai téléphone ce matin au proviseur du lycée et je t'ai inscrite, me dévoila-t-il.
Je me levai d'un bond et secouai la tête en souriant de gène.
- NON ! NON ! NON ! m'écriai-je. Ce n'est pas du tout une bonne idée.
- Tu es capable de te battre contre un des vampires les plus puissants et tu as peur d'une bande d'adolescents puérils, affirma Rosalie d'un ton sec.
- Ca n'a rien à voir, lui lançai-je avec un regard noir.
- De quoi as-tu peur ? me demanda Edward.
- Je ne suis jamais allée au lycée. Je ne saurai pas faire.
- Tu apprendras. Je t'aiderai.
- Je n'aime pas être entourée d'autant de monde. Ca me terrifie…
- Et je ne suis pas très sociable, dirent Emmett, Jasper et Alice ensemble.
Je lâchai un grognement et je ris de désespoir.
- Ma vie est beaucoup plus compliquée depuis que je vous ai rencontrés.
- Non, non, non ! intervint Alice. Elle est beaucoup moins ennuyeuse, nuance. Imagine tout ce qu'on va pouvoir faire ensemble. Discuter biologie, philosophie, mathématiques.
- Ah oui ! frémis-je. Je panique nettement moins, du coup !
Je me tournai vers Edward. Il avait un regard désespéré. Cela me souleva le cœur.
- Je ne veux pas que tu restes seule, Bella. Je n'ai pas confiance dans les Volturi.
Je poussai un profond soupir et je fis la moue.
- Bah, finis-je par lâcher. Après tout, nous verrons bien.
Edward afficha un grand sourire.
- Elle ne s'est pas battue ! s'indigna Emmett. Ce n'est même pas drôle.
Je le regardai suspicieusement.
- Vous n'auriez pas encore parier sur ma décision ?
- Oh ! non ! dit Alice. Maintenant ils ont bien compris qu'Edward arrivait toujours à ses fins. Non ! Juste sur le temps que cela prendrait.
J'éclatai de rire en apercevant la mine déconfite d'Emmett.
- Je ne peux pas croire que tu puisses combattre deux vampires à la fois sans le moindre problème et que tu puisses te laisser faire comme cela, grogna-t-il.
- Edward a de bien meilleurs arguments qu'eux, lui dis-je en prenant la main de mon amoureux. Bien, est-ce tout au niveau des révélations ou faut-il que je reprenne un croissant ?
Edward me sourit et m'entraîna dans la forêt. Nous fîmes une grande balade tout le reste de la journée. Je posai des dizaines de questions sur ce que j'allais faire au lycée, le comportement que je devais adopter, si les professeurs allaient m'interroger, ce que je devais faire si je ne savais pas répondre.
- Ne panique pas, Bella, finit-il par me dire en me prenant dans ses bras. Le niveau du lycée n'est pas bien compliqué et je t'aiderai.
- Rester dix heures assise à écouter un prof, ce n'est pas mon truc. Moi, j'aime être ici avec toi à me balader dans la forêt.
- Tu es bien capable de rester des heures allongées dans un lit.
Je le poussai de colère mais il m'attrapa et se colla encore plus à moi, riant aux éclats. Ma rancœur s'évanouit aussitôt. Je n'arrivai pas à lui en vouloir.
- Tu te cherches des excuses pour détester ça. Mais je suis sur que tu vas adorer, Bella. Tu es curieuse et très intelligente.
- Mais pourquoi refaites-vous encore et encore les mêmes cours ?
- Cela nous permet de rester plus longtemps dans la même ville. Nous ne sommes pas des nomades. Nous aimons notre maison.
- Vous êtes décidément une drôle de famille.
- Nous sommes ta famille, Bella ! précisa-t-il.
Je l'embrassai doucement. J'aimais sentir ses mains remontées le long de mon dos et finir s'arrêter dans mes cheveux. Elles me procuraient des frissons de plaisir intense. J'aimais sentir son baiser devenir insistant, chercher ma langue. Il me faisait chavirer le cœur et stopper la respiration .J'aimais sentir son corps se coller au mien lorsqu'il m'allongeait à terre. Il me faisait perdre tous mes moyens. J'aimais sentir mon désir se mélanger au sien, nos esprits ne faire qu'un. Je l'aimais, lui.
Nous nous séparâmes.
- Alice va encore nous rabattre les oreilles de nos étreintes, déclara Edward en jouant avec une boucle de mes cheveux.
- Je me fous complètement d'Alice, déclarai-je.
Il sourit en sachant pertinemment que c'était faux et que je serai rouge de honte lorsqu'elle l'évoquerait. Puis son regard se perdit dans ses pensées et il se rembrunit.
- Je peux te poser une question sur ton passé ?
Mon visage se ferma également.
- Dis toujours, hasardai-je.
- Tu disais que les femmes étaient soumises aux hommes.
- En effet.
- Et que certains avaient eu des relations sexuelles hors union.
- C'était fréquent.
- Est-ce qu'un homme t'a obligée…
Il stoppa là sa question mais j'avais compris le sens de ces propos.
- Non, répondis-je immédiatement. Le guérisseur l'avait formellement interdit. Le clan pensait que l'enfant recevait une partie de l'âme du père, la femme n'était somme tout qu'un ventre. L'enfant qui devait continuer la lignée des vampires devait donc avoir un père digne de cela.
J'entendis Edward soupiré de soulagement.
- Tu n'as jamais eu le choix de ton compagnon ?
- Jamais. Nous ne l'avions jamais.
- Je donnerai n'importe quoi pour que tu n'es jamais vécue ça, Bella.
- Nous n'y pouvons plus rien. Cela fait parti de mon passé et comme m'a dit quelqu'un de très perspicace, si je n'avais pas connu cela, je ne serai jamais devenue ce que je suis et je ne t'aurais jamais connu.
- Le type qui t'a sorti cette connerie est un parfait idiot, gémit Edward.
Je ris gentiment.
- C'est le type le plus formidable que je connaisse.
Je l'embrassai à nouveau. Edward m'offrit le plus beau sourire qu'on n'eut jamais vu.
- Il faut rentrer à la maison. Alice t'a préparé des affaires pour demain. Elle veut te les montrer.
- Vous n'avez jamais trouver le bouton stop pour l'arrêter, me plaignis-je.
Il rit de bon cœur et m'entraîna jusqu'à la maison. Alice passa une partie de la nuit à me montrer mes affaires, ses livres, ce que j'allai apprendre, ce que je devais faire et ne pas faire. Je l'écoutai patiemment, pas très convaincue que tout ce qu'elle me racontait allait forcement me servir.
