Je tiens à remercier à nouveau tous ceux et toutes celles qui lisent ma FF. Mon traffic est en panne ( encore!) et mon petit plaisir de voir le nombre de visiteurs venir lire un nouveau chapitre est gaché mais heureusement, vos review sont là.

Ce chapitre 15, quand je l'ai écrit (il y a un sacré moment, maintenant!), je ne l' ai pas aimé. Parce que pour moi, les Cullen partir chasser séparément. Mais j'avais besoin absolument que Bella reste seule quelques jours pour faire avancer la FF.

Bref! j'ai du le réecrire une bonne quinzaine de fois avant de me rendre compte que je n'arrivais pas à avoir une autre idée que celle écrite dans ce chapitre. Alors ne me fustigez pas! Parce que finalement, je l'aime bien.

Je le publie avec un jour d'avance parce que la famille débarque à la maison pour une semaine. Je ne promets donc pas le chapitre 16 pour mercredi.

disclaimer: tous les personnages appartiennent à Stéphanie Meyer

Chapitre 15 : une énorme connerie

Elle me laissa entrer. Je fermai la porte derrière moi.

- Je vais être directe, continuai-je. Vous avez tous un besoin urgent de vous nourrir et c'est à cause de moi si vous n'êtes pas encore partis chasser dans les montagnes. Si vous n'y allez pas très vite, il risque d'y avoir un accident... J'ai surtout peur pour Jasper.

Rosalie réfléchit quelques instants puis elle finit par me raconter.

- Carlisle et Edward craignent encore que les Volturi réapparaissent. Ceux seront eux deux les plus difficiles à convaincre. Ensuite, ce sera Alice.

- Alice sera d'accord pour aider Jasper. Et Emmett acceptera si c'est toi qui lui parle.

Rosalie sourit. Elle aimait qu'on lui rappelle qu'il était fou amoureux d'elle.

- Tu te rends compte que tu me demandes de comploter contre ma famille, murmura-t-elle, visiblement pas très en confiance.

- Je te demande de l'aider même si elle n'est pas d'accord. J'ai parfaitement conscience que je suis responsable de la situation actuelle.

- Ok ! Occupons nous de ces trois là en premier et nous irons voir Esmé ensuite. Mais comment comptes-tu empêcher Edward d'entendre ce que nous pensons ?

- J'ai la faculté d'empêcher Edward de lire dans vos esprits également, durant quelques temps du moins. Ce sera suffisant pour ce que nous voulons faire.

Rosalie alla voir Emmett et je m'occupai de Jasper et Alice. Ils ne furent pas bien difficile à convaincre et Esmé suivit avec nous.

Le soir venu, tout le monde s'installa dans la salle à manger, comme d'habitude. L'ambiance était assez tendue. Je me raclai la gorge et je fixai Carlisle droit dans les yeux, certaine d'avoir raison et convaincue de devoir le persuader.

- Voilà, Carlisle. Nous en avons discuté et…

- Nous, souligna Carlisle avec un sourire.

Je souris également, me souvenant d'une discussion que nous avions eu quelques semaines auparavant pour me persuader d'aller au lycée.

- Nous pensons qu'il serait souhaitable que vous partiez chasser du plus gros gibiers pour vous nourrir durant quelques jours.

- C'est hors de question, rugit Edward. Les Volturi sont toujours un danger.

- Les Volturi seront toujours un danger, continuai-je. Mais il n'est pas immédiat. Par contre Jasper est un danger immédiat pour tous les habitants de Forks.

- Et bien, Jasper n'a qu'à y aller avec Alice et revenir. Moi, je reste, trancha Edward.

- Tu dois admettre que tu en as besoin, lui dit Alice. Tu es irascible et agressif. Il va y avoir un accident au lycée.

- Il n'y aurai aucun accident, grogna-t-il.

- Mike m'a invitée à prendre un coca à la cafétéria lundi, lui déballai-je. J'ai accepté.

Edward sauta vers moi et me fusilla du regard. Je ne bougeai pas d'un pouce.

- En effet, aucun accident, admis-je.

Il se retourna et s'éloigna vers la fenêtre.

- Vous en avez discuté entre vous sans nous consulter.

- Comme vous l'avez fait pour m'inscrire au lycée, soulignai-je.

- Je croyais que tu n'aimais pas imposer tes choix, cracha-t-il.

Il tentait de me mettre en colère, je le savais. Je respirai un grand coup.

- Si j'avais voulu te l'imposer, Edward, nous ne serions pas là à en discuter. A l'heure qu'il est, tu serais ligoté en route pour les montagnes.

Edward soupira. Carlisle n'avait toujours rien dit. Visiblement, il attendait de voir si nous allions convaincre Edward.

- Tu pourrais venir avec nous me proposa-t-il.

Je soupirai à mon tour.

- A ce moment là, autant rester ici. Vous y rencontrerez autant de puma et d'ours. Je suis aussi humaine, Edward. Votre régime alimentaire n'est pas le mien. Vous avez fait des efforts considérables pour m'accepter telle que je suis et à mon tour, je dois vous laisser partir pour que vous puissiez vous alimenter correctement. Et puis ma disparition au lycée alors que je viens à peine d'arriver pourrais faire jaser.

- Pourquoi ne le ferions nous pas à tour de rôle ?

- Parce qu'encore une fois les Volturi ne vont pas débarquer demain parce que vous partez chasser. Et vous en avez tous besoin. Vous avez trop attendu maintenant.

- Je mets des conditions, trancha Edward.

- Tout ce que tu veux, lui dis-je, trop heureuse qu'il accepte.

- Nous partons du lundi au vendredi pendant que tu es au collège. Je ne veux pas que tu restes seule dans la maison. Retour le week-end.

- Ok !

- Le soir, je reviens ici, même pour quelques heures. Tu ne restes pas seule la nuit.

- Aucun problème.

Edward sourit de mes réponses au tac au tac.

- Et si je te demande de te mettre sur la tête et de me supplier.

- Je peux le faire aussi, lui répondis-je tout aussi rapidement.

Il rit, la première fois depuis plusieurs jours. J'en fus soulagée.

- D'accord. J'accepte.

- Préparez-vous, déclara Carlisle. Nous partons lundi à huit heures.

Edward fut encore plus protecteur que d'ordinaire, le dimanche qui suivit. Je ne lui fis surtout pas la remarque, de crainte qu'il ne revienne sur sa décision. Il me fit une bonne centaine de recommandations, me les fit répéter, me fit promettre de les respecter. Il me jura qu'il serait là tous les soirs à 19h30 plusieurs dizaines de fois.

Le lundi matin, ils embarquèrent tous dans le 4x4, direction les montagnes au nord de Forks, à quatre heures de là. Edward me lista encore une fois tout ce que je devais faire ou ne pas faire et il me confia les clefs de sa voiture. Je me débrouillai assez bien maintenant.

- Tu m'as supportée durant tout le week-end sans rien dire, m'avoua-t-il. Tu as une patience d'or.

- Je veux juste que tu me reviennes et que tout recommence comme avant, lui expliquai-je

- Tu avais peur que je revienne sur ma promesse ?

- Oui, admis-je. C'est d'ailleurs pour ça que je ne te dirai pas que tu vas me manquer, ni que je t'aime.

- Cette nuit, je reviens. Promis, me jura-t-il pour la énième fois.

Il m'embrassa longuement puis monta dans la voiture qui disparut derrière les arbres.

Je me retrouvai seule dans cette immense maison. Je savais que les Cullen avaient fait le bon choix mais j'avais le cœur chaviré. Je me préparai sans enthousiasme pour le lycée. J'allai être à nouveau sous tous les regards des élèves : les Cullen absents, moi présente, il y avait de quoi réactiver les conversations.

Je n'arrivai au lycée qu'à la dernière minute. Je franchis la porte du cours de biologie lorsque la sonnerie retentit et j'allais m'asseoir à ma paillasse habituelle, seule. Tous les élèves me regardaient, j'entendais leurs chuchotements qui d'ailleurs n'en étaient pas mais je gardai les yeux fixés sur le professeur.

A la fin du cours, Mike se planta devant moi. Lorsque Edward n'est pas là, les garçons dansent.

- Les Cullen sont absents, me demanda-t-il.

- Ils sont partis camper pour la semaine, lui répondis je en sortant du cours pour me diriger en mathématiques.

- Et pourquoi n'es-tu pas allée avec eux ?

- J'ai déjà raté beaucoup de cours, lui expliquai-je ce que Edward et moi avions convenu. Je ne peux pas me permettre de manquer cinq jours.

- Bien. Tu pourrai venir manger avec nous à la cafétéria. Ce serait dommage de rester seule.

Je retroussai mon nez, craignant bien ce genre d'invitation. Edward sauterai au plafond en apprenant ça.

- Qui c'est nous ?

- Jessica, Angéla, Ben, Tyler et moi.

- C'est sympa, mais j'avais prévu d'étudier à la bibliothèque. J'ai pris beaucoup de retard.

- Demain peut-être alors.

- Peut-être ? répondis-je un peu trop rapidement avant de me rendre compte que je lui avais laissé un espoir.

Les mathématiques et l'histoire s'écoulèrent de la même façon. Je me dépêchai de courir m'enfermer au milieu des livres. J'avais quelques lacunes dans les auteurs contemporains et je choisis la biographie d'Ernest Hemingway.

J'en étais à ses exploits durant la seconde guerre mondiale lorsqu'une voix me fit sursauter.

- Voilà la belle au bois dormant sans son prince. Sortez les mouchoirs !

Je me retournai et aperçut Mélissa. Je souris devant la vanne. Edward était absent et elle allait s'en donner à cœur joie.

- Jolie sortie, lui dis-je. Tu devrai en faire une chanson.

- Une chanson sur ta romance avec le fils Cullen. Ah non merci ! Vous dégoulinez d'amour, c'est insupportable.

- Alors fais une chanson sur une parodie de l'amour, ris-je. Je t'ai entendue avec tes trois copains. Vous hurlez, nous massacrez vos instruments. Mais tout ça, ce n'est pas vous !

- Parce que tu t'y connais en musique, toi ?

- Très modestement. Mais je sais que tu as un joli timbre de voix et de bonnes idées.

Elle me soupesa du regard. Elle ne savait pas si je me moquais d'elle ou si j'étais sérieuse. Je sentis que je devais faire le premier pas.

- On va faire quelque chose. Je vais essayer d'écrire les premières phrases sur ce thème. Je te les mets demain dans ton casier. Tu n'aimes pas, on oublie, et on n'en parle plus. Tu trouves ça intéressant, on se revoit et on en parle.

- Ouais ! Ca marche ! conclut-elle.

Je continuai l'après-midi avec l'anglais. Weston était toujours aussi passionnant. Il s'était pris d'affection pour nos discussions et nous partions parfois dans des joutes verbales que peu comprenait.

Je comptais rentrer rapidement à la maison quand Jessica m'attrapa par le bras à la sortie du cours.

- Ma pauvre Bella, s'exclama-t-elle en gesticulant dans tous les sens. Je ne sais pas comment tu fais pour supporter la séparation avec Edward. Moi j'en serai folle.

Je ne relevai pas l'allusion.

- Je survivrai, lui dis-je simplement.

- Une semaine toute seule. Il faut que nous fassions quelque chose. Vendredi après-midi, on part une quinzaine à se balader. Les garçons feront du surf et les filles papoteront autour d'un feu de bois. Tu devrais venir.

- J'y penserai. C'est sympa, merci.

Le retour à la maison fut comme un coup de bambou. Le silence, la solitude, ma solitude !

Pour m'être un peu d'animation, j'allumai la télévision. Mais les actualités évoquaient les meurtres à répétition qui s'accéléraient à Seattle. J'éteignis de suite et m'installai au piano. Je composai rapidement les quelques lignes que j'avais promises à Mélissa puis je me mis à jouer des airs que je connaissais.

- Esmé a raison, tu joues très bien, murmura la voix chaude qui m'était si chère.

Je sautai au cou d'Edward et je l'embrassai furieusement.

- Je t'ai manqué, me demanda-t-il.

- Absolument pas, lui répondis-je avec un grand sourire.

Il me souleva dans les airs et me fit tourner jusqu'au canapé. Je riais aux éclats. Il avait les yeux plus ambrés et un grand sourire aux lèvres.

- Tu as l'air d'aller mieux, remarquai-je.

- Ca va, me dit-il simplement.

- Vous vous amusez bien ?

- Jamais sans toi !

Nous rîmes et nous nous amusâmes comme si nous ne n'étions pas vu depuis plusieurs jours.

Je lui racontai ma conversation avec Mélissa qu'il trouva très amusante.

- Tu as l'art et la manière pour te lier d'amitié avec des gens particuliers, me dit-il en jouant avec la fermeture éclair de mon gilet.

Il prit un air innocent et me posa la question suivante.

- Et tu n'as pas discuté avec d'autres lycéens ?

J'affichai un large sourire. J'enroulai ma jambe autour des siennes et me collai à lui.

- Non, je ne vois pas. Tu penses à quelqu'un en particulier ?

- J'imagine bien que les charognards ont du s'approcher quand je suis parti.

- Eh ! Je ne suis pas un morceau de viande, me plaignis-je, essayant de le chatouiller pour me venger de sa remarque.

Il m'attrapa la main en riant et me renversa sur le canapé, mes bras toujours emprisonnés dans ses mains au dessus de ma tête, son visage à quelques millimètres du mien. Je m'avançai pour l'embrasser mais il se recula.

- Je veux d'abord savoir ce qu'il t'a dit, susurra-t-il de sa voix charmeuse.

- Jessica m'a invitée à papoter entre filles vendredi, le narguai-je en sachant très bien que ce n'était pas ce qu'il voulait entendre. Le style confidence autour d'un feu de bois pendant que les garçons font du surf.

- Tu vas y aller ? me demanda-t-il.

- Je ne sais pas. Peut-être.

- Ecouter des filles parler bigoudis et mode, cela n'a rien de dangereux. Tu devrais y aller.

- Dangereux pour toi ou pour moi, ironisai-je.

Je tentai à nouveau de l'embrasser mais il se recula une nouvelle fois. Je ris de son jeu.

- Et ? insista-t-il.

- Il m'a proposé de venir manger avec lui à la cafétéria.

- Une invitation en bonne et du forme, sourit méchamment Edward.

- Avec ses copains, précisai-je.

- Bien sur. Il ne faut effrayer la demoiselle avec un tête à tête trop rapide.

Je ris à nouveau, un peu gênée.

- Je lui ai dit que je devais étudier à la bibliothèque.

- Pourquoi ?

Je fronçai les sourcils.

- Tu aurais préféré que je lui dises quoi ?

- Si tu avais envie d'accepter, tu aurais du.

- Edward, je t'ai demandé de partir chasser pour éviter un massacre à Forks. Ce n'est pas pour en provoquer un pour une salade et un verre de coca.

- Je me montre parfois un peu possessif mais j'ai confiance en toi , Bella, me murmura-t-il. C'est en lui que je n'ai pas confiance. Tu sauras te défendre s'il te coince dans un coin.

Je l'observai, un peu sceptique.

- Tu accepterais vraiment que j'aille manger avec Mike et ses amis demain et que j'aille avec Jessica vendredi.

- Tu es à la fois humaine et vampire, Bella. Ce que tu as dit ce week-end est pertinent et m'a fait beaucoup réfléchir. Je ne crois pas ce que soit bien pour toi que tu renies une partie de ce que tu es uniquement parce que tu vis avec la famille Cullen. Et puis, tu vas rester toute seule durant encore quatre jours, Bella. Ce n'est pas juste pour toi. Je ne t'obligerai jamais à ne fréquenter que des vampires, tu es libre de voir qui bon te semble.

Il affiche un petit sourire narquois avant de s'approcher de moi et me susurra à l'oreille.

- Je remettrai juste les pendules à l'heure lundi avec Mike Newton.

Je pouffai à la remarque tandis qu'il m'embrassait.

Le lendemain, je glissai dès mon arrivée le début de la chanson dans le casier de Mélissa.

Après les cours du matin, Mike vint à nouveau me proposer de manger avec ses amis à la cafétéria et à sa grande surprise, j'acceptai.

- Bella, je te présente Ben et Tyler.

- Salut, Bella, me lancèrent les deux garçons.

Ben était de type asiatique, petit, les cheveux bruns, il avait un côté espiègle qui m'amusa. Tyler lui était noir, grand, baraqué, certainement de joueur de football américain.

- Alors les Cullen sont partis sans toi, me dit Ben.

- Ils reviennent vendredi soir. Cinq jours, ce n'est pas la mort, rétorquai je en prenant une pomme sur le présentoir de la cafétéria.

Je me rendis compte que ma voix sonnait faux. Edward me manquait beaucoup et je ne pensais qu'à ce soir. Nous allâmes nous asseoir avec Jessica et Angéla.

- Salut Bella, me dit Jessica. Alors as-tu réfléchi à ma proposition ? Tu viens vendredi.

- D'accord mais je prends ma voiture. Je rentrerai plus tôt.

- Ok ! Je comprends.

- Et Edward est au courant de tes escapades, me demanda Ben un sourire en coin. Il a l'air plutôt possessif.

- Oui, nous en avons parlé hier soir. Et non, il n'est pas aussi possessif que ce que tu pourrais penser.

Les quatre amis se regardèrent, interloqués.

- Au téléphone, précisai-je.

- Mais les portables captent dans les montagnes s'interrogea Angéla.

- Carlisle a un cellulaire par satellite au cas où l'hôpital cherche à le contacter.

- Il sait également que tu manges avec nous ce midi, s'inquiéta alors Mike.

Je le regardai avec un sourire plein de malice.

- Oui, nous ne nous cachons rien.

Je finis les cours à seize heures. Je me dirigeai lentement vers le parking, quand Mélissa me barra le passage.

- Ca te dit de venir à l'atelier.

- C'est quoi l'atelier, lui demandai-je.

- Là où on joue.

J'acquiesçai et la suivis. Les trois autres m'attendaient, visiblement sur la défensive. Elle me présenta Tom, un petit rouquin un peu rondouillard, Jim, un grand sec au visage toujours triste et enfin Victoria, toute habillée de noir, très effacée. Je me sentis très mal à l'aise en sa présence mais je ne compris pas pourquoi.

- Tu as dit que tu savais jouer de la musique. Montre nous, me dit Mélissa, toujours sur la défensive.

Je saisis une guitare sèche et j'interprétai une chanson des Beatles qu'Alice m'avait fait écouté et que j'aimais beaucoup. Ils m'écoutèrent religieusement jusqu'au bout.

- Ouais, c'est pas mal, admit Jim visiblement ému par mon interprétation. Mais c'est pas mon style.

- Et c'est quoi ton style, rétorquai-je.

Il ne répondit pas et se contenta de hausser les épaules.

- J'aime bien tes paroles. Je les ai continué. On pourrait travailler dessus, me proposa Mélissa.

- C'est une bonne idée.

- Pourquoi ? lâcha Victoria. Vendredi Edward revient et tu nous oublieras. On redeviendra les zarbis, comme pour tous les autres.

- Je ne vous ai jamais trouvé bizarres, lui lançai-je irritée. Mais pour le reste, tu as certainement raison. Comme ça, les choses sont claires entre nous. Vous n'aurez à me supporter que quatre jours. On en profite pour écrire quelques chansons et ensuite chacun retourne chez soi.

Les quatre ado se regardèrent.

- Ca marche, dit Tom. Au travail.

Nous finîmes la première chanson cet après-midi là et nous nous donnâmes rendez-vous le lendemain à la même heure. Je les trouvais très sympathiques. Seule Victoria m'insupportait, tantôt très réservée, tantôt irritable et désagréable. Mais elle avait de la répartie, elle était très intelligente et une voix magnifique quand elle arrivait à la poser.

Je me hâtai de rentre pour dix-neuf heures. Il était hors de questions qu'Edward m'attende et s'inquiète de mon absence. Il était encore plus joyeux que la veille. Ses yeux tiraient vers le miel. Il me donna le bonjour du reste de la famille qui profitait pleinement de leur partie de chasse. Jasper allait de mieux en mieux.

Le mercredi et le jeudi se déroulèrent finalement assez vite. Mes différentes entrevues avec Mike et ses amis où les chanteurs de l'atelier ne me permettaient pas de m'ennuyer. Nous créâmes quatre chansons en tout, une pour chaque interprète, , plus adaptées à leur type de voix et leur personnalité. Tom avait une voix un peu jazzy, un peu enrouée et il aimait les chansons d'amour. Jim préférait les chansons engagées, écologie ou pacifiste. Mélissa optait pour les chansons décalées, humoristiques. Mais incontestablement, c'était Victoria qui avait la plus belle voix : limpide, puissante, elle aurait du faire parti d'une chorale. Je me régalai à interpréter quelques classiques de gospel que j'avais déniché dans les CD d'Edward. Et même si je n'arrivai toujours pas à comprendre ses sottes d'humeur, j'avais fini par me lier avec elle.

A quinze heures le vendredi, je rejoignis Jessica sur le parking. Il était convenu que je les amènerai Angéla et elle à notre « girl party » et qu'elles reviendraient avec quelqu'un d'autre le soir. Elles étaient toutes excitées de m'emmener à « La Push », une plage où les vagues étaient superbes. Elles parlaient avec une rapidité déconcertante, hystérie d'adolescente. Jessica en pinçait visiblement pour Mike et elle espérait qu'il l'inviterait au bal des finissants. Angéla, elle, avait un faible pour Ben mais plus réservée, elle n'osait pas se lancer.

Nous passâmes devant le panneau de la réserve indienne des Quileutes.

- Tiens La Push appartient aux indiens, notai-je. Nous avons le droit d'y aller ?

- Oui. Les Quileutes sont très sympathiques, m'expliqua Angéla. Même si on ne les voit pas souvent vu que leur lycée est sur la réserve.

Certains étaient déjà arrivés à l'avance et un grand feu éclairait la plage. Les garçons s'en donnaient à cœur joie sur les vagues, visiblement pas très doués sur leur planche. Jessica me présenta à quelques amies supplémentaires et nous nous installâmes autour du feu qui réchauffait nos visages. Les papotages allaient bon train et je n'écoutai que d'une oreille distraite, à la fois heureuse d'être ici et pressée de pouvoir rentrer à la maison pour enfin retrouver toute la famille Cullen. Edward n'était pas le seul à me manquer. Carlisle et ses réflexions pertinentes, Esmé et ses confidences, Alice et son grain de folie, Jasper et son regard apeuré, Rosalie qui commençait à m'intégrer dans son univers et Emmett et ses blagues à deux sous. Cela devait être cela, faire partie d'une famille. Vouloir être auprès d'eux quand ils sont absents et les trouver insupportables quand ils sont là.

- Tiens, voilà Embry et Jacob, s'exclama Jessica qui agita les bras en direction de trois garçons.

Je vis alors avancer vers nous trois jeunes indiens. Ils étaient habillés en jean et tee-shirt, les cheveux fins, lisses et longs qui leur descendaient jusqu'aux épaules. Ils affichèrent un large sourire en nous voyant.

Je me sentis mal à l'aise lorsqu'ils arrivèrent à ma hauteur. Mais je ne relevai pas, amusée par l'attitude des filles du groupe. Les petits rires fusaient, les regards s'entrecroisaient, visiblement elles étaient sous le charme des trois membres du clan Quileute.

- Bella, je te présente Jacob, dit Jessica. Bella vient d'arriver à Forks.

Jacob me fit un grand sourire. Ses dents blanches tranchaient avec sa peau mâte. Je comprenais que les filles en soient folles.

- Salut Bella. Voici Embry et Paul. Tu t'es vite fait de nouveaux amies.

- Temporairement, me coupa Jessica. Dès ce soir, son amoureux va revenir du camping et elle va redevenir intouchable.

- En voilà un qui a bien de la chance, répondit du tac au tac l'indien.

Je rougis, gênée, secouant la tête de la stupidité de Jessica et je fixai à nouveau le feu. Les trois garçons s'installèrent avec nous. Quelque chose me dérangeait chez eux mais c'était indéfinissable. Ils semblaient charmants, discutaient agréablement avec tout le monde. Mais pourtant, je n'étais pas à l'aise. Et progressivement, je me sentis oppressée.

Au bout de quelques minutes, je fus incapable de rester parmi le groupe et je me levai pour me balader le long de la plage. Une petite brise caressait mon visage et je me calmai rapidement. J'admirai les vagues qui venaient lécher le sable à mes pieds, les oiseaux qui survolaient le large pour attraper les poissons.

- C'est beau, n'est ce pas ?

Jacob m'avait rejoint, le sourire toujours aux lèvres, une étincelle dans le regard.

- C'est magnifique, lui répondis-je.

- Nous, le clan des Quileutes, nous pensons que la nature est notre maître et que nous devons la servir.

- C'est un bon concept, admis-je même si le mot clan me déplut.

- Viens, je vais te montrer un autre endroit, sur la falaise.

Je fis une petite moue.

- Allez ! insista-t-il. Je n'ai encore jamais mangé personne.

Je le suivis, amusée. S'il pouvait savoir !

- Tu viens d'où ?, me demanda-t-il.

- De nulle part et d'un peu de partout, lui répondis-je. J'ai beaucoup voyagé.

- Et pourquoi tes parents sont-ils venus s'installer à Forks ?

Je souris.

- Tu es bien curieux, lui lançai-je.

- Ouaip ! sourit-il. C'est une qualité.

Je ris de son aplomb.

- Je ne suis pas venue avec mes parents, précisai-je. J'habite chez des amis.

- Je ne pourrai pas quitter ma famille, dit Jacob. Nous sommes très soudés.

- Pas moi, murmurai-je. Je suis en froid.

- Oh ! dit-il seulement.

Nous étions arrivés au bord de la falaise. Les rochers tombaient à pic dans l'océan. Les mouettes volaient en contrebas. J'avais l'impression d'être à la fois toute petite et d'être le maître du monde.

- Quand ce sont les beaux jours, les plus téméraires sautent, m'expliqua-t-il.

Il s'était approché de moi pour me montrer l'endroit exact où ils atterrissaient. Je sentis son souffle, son odeur. Cette odeur, je l'avais déjà sentie. Des milliers d'années auparavant.

Au loin, un loup se mit à hurler. Je l'observai quelques instants, voulant être sûre de ce que je venais de découvrir. Mais cela ne faisait aucun doute : ce regard, cet aplomb, cette odeur. Jacob était un loup garou. Les Quileutes étaient un clan de loup-garou.

- Oh merde, m'écriai-je en reculant, prise d'un effroi indescriptible.

- Qu'est ce qu'il y a ? me demanda Jacob, surpris par ma réaction.

- Je suis désolée, bafouillai-je. Je vais partir.

Il m'attrapa par le bras pour me retenir.

- Pourquoi ?, m'interrogea-t-il, toujours incrédule.

Je retirai violemment mon bras et le fixai à nouveau, apeurée.

- Je dois partir, je suis désolée, répétai-je.

Je courus vers la voiture. J'aperçus au loin Jessica et Angéla me faire de grands signes. Je ne relevai pas et démarrai à toute vitesse pour rentrer chez les Cullen.

Il était 18h30 et la famille était déjà arrivée. Je rentrai en courant dans la maison. Quand ils me virent, le visage marqué par l'angoisse, leurs sourires s'effacèrent immédiatement. Je plantai mon regard dans celui de Carlisle.

- Je crois que j'ai fait une énorme connerie, avouai-je.