Voilà! Le dernier chapitre avant les quinze prochains jours. Ma famille et moi allons visiter Paris pour la première fois (Quelle honte pour des français mais on fait ce qu'on peut)

Donc pas de suite avant la dernière semaine de juillet.

Bonnes vacances à tous ceux qui sont dans le même cas que moi.

disclaimer: tous les personnages appartiennent à Stéphanie Meyer

Chapitre 17 : Jalousies

- Je suis désolée pour tout à l'heure, me dit-elle.

- Tu ne dois pas. Tu as raison, je suis une idiote. J'ai mis ta famille en danger.

Elle rit amèrement.

- Arrête de croire que nous sommes sans défense, Bella. Tu as en face de toi sept vampires qui ont réussi à se débrouiller sans toi auparavant. Ce ne sont pas quelques cabots qui vont nous faire peur.

Je restai silencieuse. Il n'y avait rien à dire. Elle avait raison. Ils pouvaient se débrouiller très bien sans moi. Je pouvais au moins partir avec cette certitude.

- Non, je suis désolée parce que tu n'as pas la même manière de vivre que moi et que je ne te comprends pas. Quel intérêt de sauver une gamine ou de discuter avec des humains ?

- Je ne sais pas, admis-je.

- Tu es différente de nous. Nous, nous avons été transformés par le poison qui nous a rendu vampire. Nous ne sommes plus humains. Nous avons oublié que nous avions des sentiments pour eux. Nous sommes devenus une race différente. Mais toi, tu as toujours été comme ça. Tu n'es pas seulement vampire ou lycaon, tu es aussi humaine. Aucun poison ne t'a transformée. Tu es le poison. Tu as appris à grandir avec. Tu as appris à être les trois et tu as besoin d'être les trois pour vivre.

- Tu penses vraiment que c'est pour cela que j'attire les ennuis ?

- Plus on côtoie du monde et plus on risque d'avoir des soucis. La famille Cullen a toujours vécu en autarcie. Aucun rapport avec les humains, aucun problème !

- Carlisle travaille à l'hôpital.

- Il soigne les malades et les renvoie à leur maison. Il parle peu aux infirmières et aux autres collègues. Le rapport le plus étroit qu'il a eu avec une de ses patientes, c'est avec Tulsa et c'est à cause de toi.

- C'est bien ce que je dis. Je ne vous apporte que des soucis.

- Tu nous apportes quelque chose que nous ne connaissons pas, Bella. Tu es venue avec nous pour évoluer comme tu dis, pour t'adapter au monde moderne. Mais nous aussi, nous évoluons à ton contact. Nous apprenons et c'est aussi important pour nous. Même si ce n'est pas toujours facile et que cela nécessite parfois quelques … frayeurs.

Je souris à l'allusion.

- Nous avons tous besoin de toi et pas seulement Edward. Tu dois rester avec nous et ensemble, nous trouverons des solutions aux problèmes.

J'acquiesçai, soulagée qu'elle m'est dite tout cela.

- C'est Edward qui t'a demandé de venir me voir, lui demandai-je, un petit sourire ironique au coin des lèvres.

Elle rit à son tour.

- Mouais, répondit-elle. Edward pense qu'il ne peut pas te convaincre parce que tu crois que seul son amour pour toi le guide.

- Ce n'est pas faux.

- Et il pense que moi, je peux te convaincre parce tu crois que je te déteste.

Je fis la moue.

- Je ne te déteste pas, Bella. Je suis en fait un peu jalouse… Tu sais. Je crois que de tous les Cullen, je suis celle qui a le plus de mal à me faire à ma condition de vampire. Et toi, tu es tellement…

- Humaine ! continuai-je pour elle en soupirant. Franchement Rosalie ! Tu es cent fois plus belle que moi !

Elle eut un rire mauvais et baissa les yeux.

- On ne contrôle pas toujours ses sentiments. Mais j'ai appris à te connaître. Et tu es quelqu'un de chouette, Bella. Et je pense que tu as ta part dans la famille comme chacun d'entre nous. Et ça, Edward ne m'a pas demandé de te le dire.

Elle se leva, me prit par la main et m'incita à rejoindre les autres.

Je retournai auprès d'Edward, mit mon bras autour de sa taille et lui dit un grand sourire. Il me le rendit et m'embrassa sur le front, visiblement soulagé que je sois revenue parmi eux.

- Bien, dit Carlisle, Que diriez-vous d'une partie de base-ball ? Bella, sais-tu y jouer ?

- Je connais les règles, répondis-je en fronçant les sourcils.

Les sept Cullen rirent.

- Nous avons quelque peu changé les règles, m'expliqua Edward. Tu verras demain.

Nous partîmes tôt le dimanche matin. Les nuages commençaient à s'amonceler et bientôt le tonnerre craqua.

- C'est parfait, dit Alice qui scrutait le ciel.

Vers neuf heures, nous arrivâmes dans une grande plaine au nord-est de Forks. Il n'y avait pas âmes qui vivent à plusieurs centaines de kilomètres.

Jasper et Emmett sortirent le matériel tandis que Rosalie et Alice plaçaient les plots tout autour du terrain.

Edward restait à côté de moi.

- Le terrain paraît beaucoup plus grand, remarquai-je.

- Nous courons plus vite, m'expliqua Edward. Sur un terrain normal, nous nous ennuierions. D'habitude, nous faisons les filles contre les garçons, mais si tu préfères…

- Ca me va très bien, me hâtai-je de lui dire – je ne voulais surtout pas changer leurs habitudes familiales.

Jasper s'avança vers nous, jouant avec une batte. Il me la lança.

- Et bien sœurette, on va voir ce que tu vaux.

- Tu parles, ricana Emmett. Les ours des cavernes, ca ne court pas très vite.

Je souris mais ne dis rien. Je lâchai la main d'Edward pour rejoindre Alice et Rosalie. Carlisle et Esmé jouaient les arbitres.

Edward était le premier lanceur et Rosalie le batteur. Lorsqu'elle percuta la balle, le bruit était tellement fort qu'il ressemblait au tonnerre. La balle s'envola à plusieurs centaines de mètres à travers les arbres.

Edward partit immédiatement, rapide comme l'éclair pour l'attraper. J'étais fascinée: sa course était magique, il glissait sur la surface de la terre avec une agilité et une aisance déconcertante. Il attrapa la balle en quelques secondes et la relança vers Emmett. Quand celui-ci la réceptionna, Rosalie avait à peine atteint la seconde base.

C'était à mon tour d'être batteur et Jasper devait lancer. J'entendis Emmett ricaner derrière mon dos. Je ne voulais surtout pas lui donner l'occasion de se moquer de moi durant les prochains jours.

Je frappai sur la balle le plus fort possible mais je n'arrivai pas à l'envoyer aussi loin que Rosalie. Par contre, à la course, je savais que je valais presque Edward.

Je partis le plus vite possible et rattrapai rapidement Rosalie. Nous arrivâmes à finir le tour avant qu'Emmett récupère la balle.

Edward affichait un grand sourire tandis qu'Emmett sifflait d'admiration.

- Vous devriez faire une course tous les deux, lança-t-il.

Je devins soudain toute rouge, pensant à ce qu'Emmett ou Alice pourraient me faire subir s'ils étaient au courant de nos jeux de gage.

- « il » « elle » est plus rapide que moi, Edward et moi dîmes en même temps.

Je rougis encore plus et Emmett éclata de rire.

- Il va falloir que vous m'expliquiez !

- Certainement pas, m'exclamai-je.

- Mais je ne comptais pas sur toi. Entre frangins, on se dit tout.

Je regardai Edward un peu paniquée. Il me sourit gentiment et secoua la tête pour me rassurer : personne ne saura jamais nos petits arrangements.

La partie continua ainsi jusqu'à ce que je me retrouve face à Edward. Il était le batteur et j'étais le lanceur. Il envoya la balle plus loin que Rosalie et je partis plus vite que d'habitude.

Mais, avant d'arriver aux premiers arbres, j'entendis Alice hurler :

- Danger !

Je m'arrêtai et me tournai vers elle. Alice avait le visage crispé et regardait vers l'ouest. Nous nous regroupâmes autour d'elle.

- Deux vampires arrivent, dit-elle.

Je laissai mes capacités s'exprimer.

- Un homme et une femme, confirmai-je. Ils ont été transformé il y a peu de temps, très peu de temps. Ce sont des nouveau-nés, ils ont du mal à se contrôler.

- S'ils te voient comme ça, ils vont croire que tu es humaine, Bella, me dit Carlisle. Tu devrais devenir plus vampire.

Ma peau devint blanchâtre immédiate.

- Pas de soucis, lui dis-je avec une voix légèrement métallique. Ce rôle-là, je le connais par cœur.

Les deux étrangers approchèrent. Ils étaient nerveux et paniqués de tomber sur nous.

- Salut, lança l'homme – un vampire d'une vingtaine d'année aux cheveux blonds.

- Bonjour, je suis Carlisle Cullen et voici toute ma famille.

- Je suis James et voici Victoria. Nous nous rendons vers le Canada.

- C'est un beau pays, commenta Carlisle. Je vous souhaite un beau voyage.

Leurs yeux se posèrent alors sur moi. Et, durant une fraction de seconde, j'eus l'impression qu'ils eurent peur de moi. Edward se serra plus près. Il avait ressenti la même chose. Mais ils détournèrent le regard et partirent aussi vite que ce qu'ils étaient venus.

- Drôle de couples, dit Alice lorsqu'ils eurent disparu.

- Ils ont peur de quelqu'un, remarquai-je.

- De celui qui les a transformés, précisa Edward qui avait lu dans leur esprit. Ils le fuient.

- Bien, il est tard et demain, il y a école les enfants, lança Carlisle. Je vous propose de rentrer.

- Ca conviendra aux filles, nous nargua Emmett. Nous étions sur le point de les écraser.

Alice et Rosalie ricanèrent méchamment.

- Petit joueur, lancèrent-elles.

Sur le chemin du retour, je m'endormis sur l'épaule d'Edward. J'étais bien, apaisée. Pour la première fois depuis plusieurs semaines, je n'étais plus angoissées, je ne culpabilisais pas. Et l'épaule d'Edward était accueillante, tellement réconfortante. Il m'avait enfermée dans ses bras et le sourire aux lèvres, j'avais fermé les yeux.

Arrivés à la maison, il me souleva et me porta dans le lit. J'ouvris les yeux à ce moment là. Il était allongé à mes côtés et m'observait. Lui aussi était heureux.

- J'aime te regarder dormir, me dit-il. C'est fascinant.

- C'est pour ça que tu n'as toujours pas enlevé le lit de la chambre, lui demandai-je.

Il s'approcha de moi.

- Jamais. Ce lit a déjà vu beaucoup de choses et je compte bien qu'il en voit encore beaucoup d'autres.

Il m'embrassa tendrement. J'enroulai mes bras autour de son cou et me collai à lui. Il poussa un soupir et prit mes cheveux entre ses mains. Ma respiration s'accéléra et mon cœur battit plus fort. J'adorai sentir cette sensation. Elle m'électrisait complètement et me mettait dans un état second, incapable de penser.

Il fit descendre son pouce le long de ma colonne vertébrale et arrêta sa main sur le bas de mon dos. Je soupirai à mon tour de plaisir et basculai sur vers pour me coller encore plus. Il savait comment faire pour me faire perdre mes moyens et lui laissait regarder dans mon esprit. Je le sentis frémir et je souris.

- Tu n'es qu'un sale profiteur, lui murmurai-je.

- Ose dire que tu n'aimes pas.

- Tu le sais bien que j'aime.

Le lendemain, toute la famille Cullen reprit le chemin de l'école. Edward gara son 4X4 à côté du cabriolet Mercedes d'Alice. Celle-ci vint vers moi dès qu'Edward m'eut ouvert la porte. Elle avait son air des mauvais jours.

- Jacob et ici, chuchota-t-elle. A côté des arbres.

Je tournai la tête vers la forêt. J'aperçus le jeune homme aux cheveux longs, qui me fixait si intensément que je fus soudain mal à l'aise. Je me tournai vers Edward. Son visage était fermé, les lèvres crispées, le regard noir et furieux.

- Je vais lui parler, lui dis-je en mettant ma main sur son bras.

- Je viens avec toi, grogna-t-il.

- Non, ce n'est pas une bonne idée. Il ne va pas me faire de mal. Il veut juste discuter avec moi. Laisse-moi y aller toute seule, s'il te plait.

Il ne répondit pas durant quelques secondes, continuant à observer Jacob comme s'il allait le dévorer.

- D'accord. Je reste là. Mais s'il tente quoi que ce soit…

J'acquiesçai et marchai tranquillement vers Jacob. Il s'avança aussi, sortant des arbres pour venir s'arrêter en bordure du parking. Il m'adressa un large sourire et j'aperçus à nouveau cette lueur malicieuse dans les yeux.

- Salut Bella.

- Bonjour Jacob. Qu'est ce que tu fais là ?

- Je n'ai pas le droit de venir voir une compatriote, me lança-t-il.

Je souris de son aplomb.

- Tu n'arranges pas les choses, Jacob. La situation est compliquée.

- Tu es une lycaon, Bella, me dit-il. Tu es comme moi.

- Je suis aussi une vampire, soulignai-je et je préfère être ainsi.

- C'est parce que tu as toujours vécu avec ses suceurs de sang. Viens avec moi et je te montrerai ce que c'est d'être une loup-garou, de faire partie d'une communauté, de se sentir entourée.

Je secouai la tête.

- Je suis très heureuse chez les Cullen et je ne veux pas vivre autre part, Jacob.. Je suis désolée mais ta proposition ne m'intéresse pas.

Il resta silencieux, me dévorant littéralement.

- Tu es magnifique, Bella, me dit-il finalement.

Je rougis immédiatement et baissai les yeux. Je me raclai la gorge.

- Tu sais qu'Edward entend tout ce que nous disons en ce moment, ris-je.

- Ca ne me dérange pas, ironisa-t-il. J'aime la compétition.

Je ris, n'osant pas me retourner pour voir l'état dans lequel était Edward.

- Il n'y aura aucune compétition, lui expliquai-je. J'aime Edward, Jacob et j'aime la famille Cullen. Et je ne changerai rien de tout cela.

Jacob sourit, me montrant qu'il n'était pas très convaincu par mes propos.

- Rien ni personne ne pourra m'empêcher d'essayer, s'exclama-t-il.

- Tu seras déçu alors, lui dis-je sérieusement. Va-t-en Jacob, Tu ne fais qu'envenimer les choses.

- A bientôt conclut-il en se retournant.

Il marcha tranquillement jusqu'à une moto garée à quelques mètres de là. Il démarra en trombe et disparut.

Je me retournai vers Edward. Il ressemblait à un lion en cage. Et pour couronner le tout, la moitié du collège avait assisté à la scène et m'observait, intriguée.

Je pris une grande respiration et revint vers Edward. Il ne décolérait pas. Je lui dis un petit sourire.

- Si tu fais cette tête là toute la journée, c'est lui qui aura gagné, lui murmurai-je.

Il mit son bras autour de mes épaules et il m'entraîna vers la salle de cours. Il ne dit pas un mot de la matinée jusqu'à l'heure du repas.

- Edward lui dis-je alors que nous étions à table à la cafétéria. Tu ne vas tout de même pas faire la tête toute la journée.

Il finit par m'adresser un petit sourire.

- Je suis désolé, Bella. Ce chien me porte sur les nerfs. Il est arrogant, calculateur, sans gène.

- Il est jeune, lui dis-je. Il s'imagine que le monde lui appartient. Il se rendra vite compte que ce n'est pas le cas et il passera à autre chose.

- Si cela pouvait être aussi simple, soupira-t-il. Il est tenace.

- Je t'aime Edward et je t'aimerai jusqu'à la fin des temps. Ca, c'est très simple et ça ne mérite aucune contestation.

Il me sourit et m'embrassa sur le front.

- Tes amis-humains s'attendent pour que tu leur dises bonjour, me chuchota-t-il.

- Ils savaient très bien que je retournerai avec toi aujourd'hui. J'irai les voir un autre jour. Aujourd'hui, je ne te quitte pas.

Il me sourit à nouveau. Il paraissait aller mieux. En quittant le collège, je passais par mon casier. J'y trouvai un petit dossier et une clé MP3.

Edward m'interrogea du regard.

- Eh ! m'exclamai-je. J'ai moi aussi mes petits secrets.

- Décidément, il s'est passé beaucoup de choses durant mon absence.

En rentrant, je branchai le MP3 sur l'ordinateur d'Edward. Ensemble, nous écoutâmes les quatre chansons que le groupe avait enregistrées. Dans le dossier, je trouvai une lettre :

Bella.

Etant donné qu'à partir d'aujourd'hui, tu deviens intouchable, nous nous sommes dit que nous pourrions communiquer par casiers interposés. Sur le MP3, tu trouveras les chansons que nous avons écrites la semaines dernière et dans la pochette, il y de nouvelles esquisses.

Bonjour à Edward.

Mélissa.

- Mélissa te donne le bonjour, lançai-je à Edward.

Il réagit à peine.

- Simple politesse, souligna-t-il en continuant à écouter les chansons.

- Ils ne te détestent pas, lui dis-je en m'asseyant sur ses genoux. Ils détestent ce que tu représentes, c'est tout.

- Un monstre assoiffé de sang, se moqua-t-il.

- Ah, ah, ah ! Si tu leur disais cela, ils t'adoreraient, au contraire. C'est le reste du collège qui te détesterait.

Edward sourit.

- Personnellement, ca ne me dérangerait pas, soulignai-je. Jessica arrêterait de te reluquer.

Il m'embrassa dans le cou et murmura :

- Il n'y a que toi, Bella.

- J'espère bien soufflai-je en fermant les yeux. Ca me ferait mal d'être remplacée par une gamine qui vient juste de sortir des couches.

Nous rîmes ensemble. Les quatre chansons se finirent alors.

- Ils ont fait de gros progrès. Je te félicite, conclut Edward.

- Oh ! Je n'y suis pas pour grand chose. Ce sont des ado qui se cherchent. Tom se trouve laid. Il est petit et rondouillard et je crois qu'on s'est toujours un peu moqué de lui. Mai sil a une voix jazzy et du rythme. Jim, lui, a eu une rupture sentimentale et il ne s'en est pas remis. Mélissa a peur de grandir. Elle se cache derrière la haine des couples car elle a peur de s'engager. C'est pour cela qu'ils détestent ce que tu représentes : la beau même dans une magnifique famille et qui a une petite amie.

- Et Victoria, me demanda-t-il.

- Victoria, je n'arrive pas à la comprendre, hésitai-je. Elle est spéciale…

- Tu trouveras bien ?

Je secouai la tête en riant.

- Oh non ! Fini de m'intéresser aux autres. Je dois déjà gérer les problèmes que cela jusqu'ici. Pas besoin de m'en rajouter d'autres.

- C'est dans ta nature, Bella, me dit-il avec sa voix envoutante. Tu ne peux pas t'empêcher de vouloir aider les autres.

- Pas ce soir. Ce soir, j'ai envie d'être très égoïste, murmurai-je avant de l'embrasser.

Jusqu'au samedi, la vie s'écoula avec une relative quiétude. J'avais pris goût aux études.

Edward m'indiqua des livres intéressants que je dévorai littéralement durant la nuit. Les discutions animés avec le professeur d'anglais m'emballaient et me faisaient oublier l'ennui des cours d'histoire. Je passais des heures sur internet à chercher des informations sur les sujets que je devais rendre. Les Cullen, eux, préféraient largement écouter les informations ou lire les journaux. Mais je trouvais qu'ils ne relataient que la misère et la mort – la pauvreté des gens, les meurtres à répétition à Seattle qui ne semblaient pas vouloir s'arrêter, les scandales financiers – rien de bien gai. Et moi qui avait déjà une tendance naturelle à m'apitoyer sur le sort des autres, je n'avais pas besoin d'une aide supplémentaire.

Bien sûr, il avait fallu que Jessica mette son grain de sel dans le parfait bonheur. Elle s'était plantée devant Edward et moi dès le mardi, toute souriante.

- Salut Edward, s'exclama-t-elle – elle sautillait presque sur ses jambes – Salut Bella ! On s'est bien amusés à la Push, n'est-ce pas ?

- Mouais ! maugréai-je sans grand enthousiasme.

- Tu sais que tu as fait beaucoup d'effet à Jacob. Il n'a pas arrêté de poser des questions sur toi. Il faut dire que les indiens sont souvent de beaux hommes, tu ne trouves pas ?

Je sentis la main d'Edward se crisper dans le mienne. Je me décidai à couper court à la conversation.

- Si tu le dis, tranchai-je. Excuse-nous, nous sommes pressés.

- Bien sur ! Au revoir ! s'exclama-t-elle sur un ton aigu.

Le salut final ne m'était pas adressé, c'était évident.

J'entrainai Edward vers le cours de biologie avant qu'il ne fasse éclater sa colère.

- Je te propose un marché, lui dis-je une fois que nous étions assis devant notre paillasse. Tu t'occupes de Jacob si tu me laisses me débarrasser de Jessica.

- Ne me tente pas, grogna-t-il entre ses dents.

La moto réapparut quasiment tous les jours. Jacob nous regardait rentrer en classe ou en sortir. Je faisais semblant de ne pas le remarquer mais je savais que cela irritait Edward au plus haut point. Il ne le montrait pourtant pas, peut-être pour agacer Jacob par son indifférence, peut-être pour ne pas me blesser.

Il se montrait par contre beaucoup plus attentionné, plus câlin, si bien sur, il pouvait l'être davantage. Il ne me quittait plus, me dévorait des yeux. Il avait besoin de me toucher en permanence, de me dire qu'il m'aimait. Ce n'était pas pour me déplaire, bien au contraire. Mais je savais qu'il n'était pas bien, qu'il n'était pas heureux, que d'une certaine façon il souffrait. Et cela, je ne pouvais pas le supporter.