Désolée, en relisant le chapitre 20 que j'avais envoyé mercredi, je me suis aperçue qu'il y avait un couac. Il manque toute la fin du chapitre. Alors que je le renvoie avec les modifications

Le prochain chapitre ne sera pas envoyé avant un petit moment. Il est déjà écrit, mais sur papier, pas sur l'ordinateur. Il est un peu long et je n'ai guère de temps en ce moment.

Je vous remercie pour votre patience.

A bientôt!

Disclaimer: tous les personnages appartiennent à Stéphanie Meyer.

Chapitre 20: rencontre 2

Le lundi matin, j'étais très nerveuse. Pas furieux, ni colérique, juste nerveuse. Savoir que j'allais devoir rencontrer qu'une qui avait vécu les mêmes drames que moi, que j'allai lui parler, que j'allai certainement lui dévoiler une partie de mon passé, me terrorisait.

Edward le savait, le sentait. Il me couvait du regard, un peu inquiet. Il me tint la main toute la matinée, chatouillant ma peau en faisant des petits ronds avec ses doigts. Des frissons me parcouraient le corps quand la tension que cela suscitait en moi devenait trop intense et j'oubliai mes tracas.

Le professeur de mathématiques me posa une question auquel je fus bien incapable de répondre sur le moment, tant j'étais absorbée par ses ongles sur le dos de ma main. Je dus aller chercher la réponse dans son esprit.

- Le théorème de Thalès, affirmai-je enfin.

Les lycéens me dévisagèrent, un peu surpris que je prenne autant de temps pour répondre. Je rougis instantanément. Edward pouffa à côté de moi. Je lui fais un petite grimace de désapprobation.

- Je te déteste, lui murmurai-je, agacée.

- Je ne te crois pas, répondit-il d'une voix suave.

L'heure de la cafétéria sonna. Je me crispai, réalisant que le moment était proche.

- Je t'accompagne, si tu veux, me dit Edward, soudain redevenu sérieux.

- Non ! Ne le prends pas mal mais je crois que je n'y arriverai pas si tu es là.

Il comprit et m'embrassa dans les cheveux.

- Je t'attends sur le parking. Cet après-midi, on sèche.

Je lui fis un petit signe de tête pour lui faire comprendre que j'étais d'accord. Il s'éloigna alors et je me dirigeai vers l'atelier.

Mike courut derrière moi et me rattrapa pratiquement devant la porte. J'entendais Tom à la batterie.

- Salut, Bella ! Edward ne t'accompagne pas aujourd'hui ?

- Non, lui répondis-je, il a autre chose à faire.

- D'habitude, vous êtes inséparables. Vous vous êtes disputés ?

Ca te plairait bien, pensai-je, très agacée. J'imaginai la tête d'Edward à l'autre bout du collège qui devait certainement écouter cette conversation à travers l'esprit du lycéen.

- Que ce soit bien clair, Mike ! Je ne me fâcherai jamais avec Edward. Jamais ! Alors ne te fais aucune fausse joie.

Je le vis rougir jusqu'au oreilles. Il baissa un instant les yeux et balbutia :

- Je…ne crois pas que…je disais rien de précis.

Je lui fis un grand sourire.

- C'est parfait alors. Soyons amis et restons-en là ! Maintenant, excuse-moi mais je dois aller voir quelqu'un.

Il me gratifia d'un petit sourire et partir en direction de la cafétéria. Je pris une profonde respiration, tentai de rassemble mes esprits et rentra dans l'atelier. Je savais qu'ils étaient là tous les quatre, je m'en étais assurée auparavant. Ils m'adressèrent un petit salut amical et se replongèrent tous dans leur création. C'était souvent ainsi. Nous avions prit l'habitude que je furète parmi eux et que je leur donne mon point de vue.

Mais cette fois-ci, je me dirigeai droit vers Melissa. Elle me gratifia d'un large sourire.

- Contente de te revoir, Bella ! J'ai pleins de nouvelles idées. Tu veux que je te montre.

- Ce serait sympa, Melissa mais on verra ça plus tard. Je voudrai que tu me rendes un service.

Elle me regarda soupçonneuse et acquiesça lentement.

- Je voudrais discuter avec Victoria, seule. Tu pourrais sortir avec les garçons et revenir plus tard.

Ses yeux se firent de plus en plus suspicieux.

- Il y a un problème.

- Je veux juste avoir une conversation avec elle. C'est…personnel.

Elle n'insista pas et alla chercher les deux garçons. Victoria n'avais pas remarqué notre petite manège, le dos tourné, elle écoutait sur son MP3 une chanson dont elle tentait de reproduire le rythme. Je m'approchai d'elle et m'accroupis pour être à sa hauteur. Elle me remarqua et m'adressa un petit sourire.

- Salut Bella. Comment va ?

- Victoria, nous devons parler.

Le ton de ma voix la fit frémir. Elle se leva et me tourna le dos.

- Je ne veux pas t'entendre, trancha-t-elle.

- Ton père te bat, Victoria, lui affirmai-je.

Elle partit dans un rire sarcastique.

- Qu'est-ce-que tu racontes, Bella ? Tu hallucines.

- Ton père te bat régulièrement, répétai-je pour bien lui faire comprendre que j'étais fermement convaincu de ce fait.

Elle me jeta un regard noir.

- Mon père est le maire de Forks. C'est l'homme le plus important de cette ville et tout le monde le respecte.

Sans qu'elle puisse réagir, je me mis face à elle et lui pris le bras droit. Je remontai son tee-shirt jusqu'au coude et le retournai, paume de la main vers le vas, pour mettre en évidence les marques bleutées sur sa peau.

Elle se dégagea fermement et remit vivement sa manche en place.

- Je…suis tombée, balbutia-t-elle.

Je soupirai. Elle avait le comportement typique auquel je m'étais attendus, niant les faits auprès des autres mais certainement aussi pour elle-même.

- Moi aussi, à une époque, je tombai beaucoup, évoquai-je.

Elle me regarda longuement. Les larmes lui montèrent aux yeux et elle s'écroula à terre en pleurs. Je m'assis à côté d'elle, attendant que l'orage cesse. J'en avais pleuré des litres de larmes avant et surtout après ma fuite. Cela m'avait permis de me laver de tout ce qui m'avait sali durant tant d'année. Les pleurs étaient salutaires.

- père ? me demanda-t-elle enfin.

J'avais réfléchi à ma réponse la veille. Je ne pouvais pas tout lui expliquer.

- Mon père était très méchant mais il souffrait d'une sorte de malformation physique. Mon frère, lui, était très fort.

- Comment as-tu fait, Bella ? Je n'y arriverai jamais.

- Je me suis dit ça des centaines de fois avant de me décider à réagir. Je me suis trouvée toutes les excuses, je me suis mentie à chaque fois. Et puis un jour, j'en ai eu assez et je me suis enfuie. Il existe des gens pour t'aider, des assistance sociales, des associations.

Victoria secoua la tête.

- Mon père est le maire de la ville, c'est un homme influent. Il connaît beaucoup du monde…Et puis, il y a ma sœur, Crystal. Je ne peux pas la laisser.

Une boule se coinça dans le fond de ma gorge. Ma sœur !

- La mienne s'appelait Adricia, commençai-je, la voix étranglée. Ma mère est morte quelques mois après sa naissance et je l'ai pratiquement élevée. Elle était magnifique. Elle avait des boucles blondes et des yeux verts qui me faisaient chavirés. Moi aussi, je suis restée pour elle, pour la protéger…

Je me tus, le son bloqué au fond de ma gorge. A mon tour, les larmes m'étaient montées aux yeux, des larmes silencieuses, des larmes qui brulent les yeux et l'âme.

- Elle est morte, me demanda Victoria.

- Elle a eu un accident. C'est là que j'ai réalisé que j'étais trop jeune. Si j'avais réagi plus tôt, si je l'avais éloignée de ma famille, alors peut-être…

Je ne finis pas mais elle avait compris. Elle renifla ses propres sanglots.

- Que sont devenus ton père et ton frère ?

- Mon père est mort et je ne sais pas où est mon frère. Je m'en fous. Je ne veux plus le voir. Je ne veux plus qu'il décide pour moi.

- Tu as trouvé Edward et la famille Cullen. Tout le monde n'a pas la même chance que toi, Bella!

Je souriais. Oui ! J'avais beaucoup de chance.

- Je ne te dirai pas que des Edward il en existe à chaque coin de rue parce que je n'en suis pas convaincue – nous poussâmes un petit rire ensemble – mais je suis sûre qu'un jour, tu trouveras celui qui te conviendra.

Elle fit une moue, pas très sûre de mes propos.

- Je ne te demande pas de me croire, Victoria, continuai-je. Je te demande d'y réfléchir. Pour une fois, de ne pas croire que ton père a raison de te faire ce qu'il te fait mais de te demander ce qui tu veux toi. Et je veux que tu saches que je serai là si tu as besoin d'aide. Carlisle est médecin, il peut te donner des adresses. C'est ton choix et ta décision.

Elle prit un profonde respiration et me fit un petit sourire. Elle ne dit rien mais elle avait compris. Ce n'était pas une victoire, elle ne changerait peut-être rien à sa vie, aujourd'hui. Mais au moins, j'avais essayé. Et j'avais l'impression d'avoir fait le maximum que je pouvais.

La sonnerie retentit. Elle sécha un dernière fois ses larmes et se leva.

- Je dois aller en cours, maintenant le dit-elle.

Je la laissais filer, pas très certaine de l'avenir de Victoria. Je restai quelques minutes seule, à repenser à cette conversation. Puis, je me relevai et me hâtai de rejoindre Edward dans le parking. Il m'ouvrit grand les bras et je m'engouffrai dedans, le visage enfoui dans sa poitrine. Il me serra à m'étouffer mais j'étais bien. Soulagée !

- Tu as écouté, lui demandai-je.

- Oui ! chuchota-t-il.

- Pas de questions, d'accord ?

- Pas de questions, confirma-t-il. Allez viens ! On s'en va.

Les jours qui suivirent, Victoria vint souvent me parler. Elle m'évoquait son passé, sa mère décédée, ses angoisses. J'étais devenue sa confidente. Alice et Jasper prenaient soin que son père ne tente rien.

Le week-end arriva au grand galop. J'avais réussi à retrouver un certain équilibre, même si les conversations avec Victoria faisait parfois saigner d'anciennes plaies.

Les professeur d'anglais nous avait donnée à lire l'œuvre de Roméo et Juliette de Shakespeare et d'écrire une dissertation sur ce thème. Avec tous ces évènements, je l'avais oublié. Le samedi, je me mis donc à la tâche.

Edward avait déjà lu l'œuvre et écrit la dissertation depuis longtemps – l'avantage d'avoir fait plusieurs première au lycée – et il patientait sagement, allongé en travers du lit pendant que je m'attaquai au quatrième chapitre.

- Tu peux aller avec les autres, lui proposai-je.

- Je n'ai pas envie, me répondit-il de sa voix chaude et un peu rauque qui lui était si caractéristique.

Je souris d'aise et me replongeais, dans mon bouquin, bien décidée de le finir le soir même et pouvoir m'attaquer à l'écriture par la suite.

Quelques instants plus tard, je sentis ses mains remontées le long de mes bras, dans un frôlement excitant et ses lèvres déposer un doux baiser à la base de mon cou. Mon cœur s'emballa comme à l'habitude et je fermai les yeux pour gouter à ses caresses. J'en perdis le fil de ma lecture.

- Edward, à ce rythme là, je n'aurai pas fini mon travail pour lundi, soupirai-je, tentant de garder mes idées claires.

- Je pourrai te refiler une de mes anciennes dissertations, me suggéra-t-il, faisant descendre et remonter ses doigts le long de ma colonne vertébrale.

- Edward Cullen n'avez-vous pas honte, tentai-je de m'indigner tout en maitrisant ma respiration qui devenait un peu trop bruyante. Vous me proposez de tricher. Où est passé votre sens de la morale ?

Ses bras m'enveloppèrent les miens et il tenta de me prendre mon livre. Ses lèvres parcouraient mon cou et s'avançaient vers ma gorge.

- Des premières au lycée, il y en aura pleins d'autres, Tu auras largement le temps de lire Roméo et Juliette!

Je ris de plaisir et me levai pour m'écarter de lui.

- Non, non, non ! C'est toi qui a voulu que j'y aille pour que tu puisses me surveiller. Il faut en assumer les conséquences. Laisse-moi finir de lire ce livre.

Un sourire s'afficha au coin de ses lèvres et il se mit en position, prêt à bondir sur moi.

- Tu crois vraiment que tu vas pouvoir m'attraper, lui lançai-je en défi.

- Je suis le plus rapide, je te rappelle.

- Te voilà bien présomptueux. Nous sommes à égalité si mes souvenirs sont exacts.

Son bond lui dit traverser la pièce. J'esquivai et me retrouvai sur le lit. Il fit un salto arrière pour me rejoindre. Je descendis rapidement du lit et courus vers la fenêtre ouverte. Je sautai jusqu'à la branche d'un pin le plus proche. En tournant la tête, j'aperçus Edward qui me suivait. Nous sautâmes de branches en branches, d'arbres en arbres, lui tentant de m'attraper, moi de lui échapper, le tout dans un rire jovial. Au bout de plusieurs minutes, nous nous figeâmes, l'un en face de l'autre, sur deux arbres différents, jaugeant nos réflexes respectifs, le sourire aux lèvres.

Du coin de l'œil, j'aperçus Carlisle et Esmée qui nous observaient à travers la grande verrière du salon.

- On nous espionne, murmurai-je à Edward en me penchant sur le tronc.

- Ils sont heureux pour nous, me répondit-ils. Ils pensent que nous formons un beau couple.

- Tes parents se complaisent-ils toujours dans le bonheur des autres?

- Carlisle est quelqu'un qui a toujours aidé son prochain et Esmée a beaucoup de cœur. De ce côté là, tu leur ressembles beaucoup.

- Et toi, Edward crois-tu que nous formions un beau couple ?

- Moi, je crois que je vais réussi à t'attraper et à te faire oublier Shakespeare.

Sur ce, il s'élança vers moi. Je fus prête à bondir lorsque la branche sur laquelle je me tenais céda sous moi. Je tombai dans le vide, en apercevant une autre à laquelle je pourrai me rattraper. Mais Edward fut plus rapide et me saisit par la taille pour me ramener le long d'un tronc. Nos corps collés l'un à l'autre, il se pencha vers moi, l'air satisfait.

- Je t'ai eu, me murmura-t-il.

- Ce n'est pas du jeu, je suis sure que tu avais scié la branche.

Il me sourit et m'embrassa tendrement. Mon cœur partit sur des montagnes russes. Edward se mit à pouffer.

- Crois-tu que j'arriverai un jour à calmer ce fichu cœur ? maugréai-je.

- Je te l'interdit, ria-t-il.

Il m'embrassa à nouveau, tout aussi délicatement. J'entourai mes bras autour de son cour, profitant du moment présent. Mais un flash me traversa l'esprit et je me mis à grogner.

- Qu'y a-t-il ? me demanda-t-il en quittant mes lèvres.

- Tu ne vas pas aimer, répondis-je.

Au loin, nous entendîmes déjà le bruit de la moto. Ses mains se crispèrent sur ma taille et son visage se ferma dans une colère rentrée.

- Je ne veux pas que tu y ailles, jeta-t-il sèchement.

- Mea culpa, soupirai-je en faisant une moue d'excuse.

Alice sortit alors de la maison.

- Jacob arrive ! lança-t-elle.

- Merci du tuyau, grogna son frère tout en continuant de me fixer méchamment. Je ne veux pas que tu y ailles, Bella. Tu n'aimes pas te raconter et ils te forcent la main.

- Les éviter ne fera qu'aggraver les choses, Edward. Ne t'inquiète pas pour moi. J'encaisse les coups bien mieux que ce que je montre.

- C'est bien ce qui me fait peur.

Son regard se transforma en désespoir. Il savait que je devais y aller et que ni lui ni moi n'y pourrions rien.

- Je serai de retour avant le crépuscule. Promis ! lui soufflai-je. Et arrête de t'angoisser pour moi. Je suis bien plus forte qu'une bande d'ado couvert le poils.

La moto s'arrêta à quelques mètres de nous, une distance prudente face à une maison replie de vampires. Edward et moi sautâmes à terre. Alice me lança un téléphone portable que j'attrapai au vol.

- Même scénario, me dit mon compagnon. Compris ?

- Compris !

Il m'attrapa alors par la taille, me retourna vers lui et m'embrassa furieusement. Lorsqu'il se détacha de moi, ma tête tournait un peu et j'haletai.

- Dis-moi ? Tu as fait ça pour moi ou pour lui, lui demandai-je.

Edward grogna. Je lui souris et me détachai lentement pour aller rejoindre Jacob.

- Tu pues le buveur de sang, me lança-t-il en guise de bonjour.

Je m'installai à l'arrière de la moto.

- Alors je pues bon, répondis-je en faisant une grimace.

Il ne releva pas et démarra en trombe.

La moto était vraiment un engin qui me plaisait. Le vent dans les cheveux, la pluie fine qui venait s'écraser sur mon visage, la vitesse qui emballait mes sens, tout me plaisait dans ce mode de transport.

Nous arrivâmes trop vite à mon goût. Je fis la tête en descendant.

- Tu ne fais pas ça avec ton écorcheur, lâcha-t-il, un sourire en coin.

- Je fais des choses bien plus excitantes que ça avec lui, répondis-je du tact au tact.

Je lui fis une grimace et il éclata de rire.

- Je pourrai être très excitant si tu le voulais, ajouta-t-il en se penchant vers moi.

Je lui assénai un méchant coup sur l'épaule. Il se remit à rire. Il me prit la main et m'entraîna vers la plage.

J'aimais bien Jacob. Il était insouciant et plein d'énergie. Les problèmes semblaient couler sur lui comme de l'eau sur une pierre. Ici au moins, j'oubliai les problèmes avec Victoria. J'aperçus le feu sur la plage et le clan assis autour. La même boule se forma dans mon estomac.

- Second round, maugréai-je.

- Ne t'inquiète pas, me rassura Jacob. Ce soir, pas de questions gênantes, promis !

Je m'assis à nouveau à côté de Jacob et je me décidai enfin à regarder le conseil des Quileutes un peu plus minutieusement. Sam en était incontestablement le chef. Il devait avoir dans les vingt ans, guère plus. Grand, baraqué, il en imposait face aux autres par sa prestance et son charisme. A ses côtés s'affichait une jeune femme fine et gracieuse. Elle était d'une beauté rare, même si trois balafres lui barraient le visage de l'œil gauche jusqu'à la lèvre. Tous les deux semblaient amoureux à la folie et cela ma fit regretter la première impression que j'avais eu sur l'alpha des lycaons : finalement cet homme avait un cœur.

Ensuite venaient les autres loup-garou, dont Jacob, qui devaient avoir entre quinze et vingt ans. Alors que la première fois, il n'y en avait que cinq, j'en comptais aujourd'hui sept. Je fronçai les sourcils, étonnée que de nouveaux membres se soient ajoutés à leur meute. Je savais les loups-garous se multipliaient lorsque des vampires menaçaient leur territoire. Et j'étais trop ancienne et trop unique pour que ce processus m'intègre moi.

A côté de Jacob, un vieil homme d'une cinquantaine d'année était assis dans une chaise roulante. Les traits, quoique alourdis par le nombre des années, avaient d'étonnantes similitudes avec ceux de Jacob et j'en concluais qu'il devait s'agit de son père. A ses côtés, deux autres Quileutes plus âgés, une femme et un homme.

En tout avec moi, nous étions douze à nous regarder en chien de faïence. L'homme assis dans la chaise roulante, se racla la gorge et commença à parler :

- Nous nous sommes rendus compte que notre première rencontre n'a pas du être facile pour toi et nous tenions à nous excuser.

Je l'observai un peu surpris. Je ne m'attendais pas à débuter cette conversation par des excuses. Je plongeai mon regard dans celui de Sam pour savoir s'il était d'accord avec tout ceci. Ses yeux semblaient calmes, bien qu'un peu anxieux.

- Excuses acceptées, répondis-je avec un léger sourire. Cette situation n'est facile pour aucune de nous, je pense.

Jacob afficha son soulagement.

- Bien, il est temps que nous aussi nous nous présentions. Je suis Billy Black, le chef du conseil et le père de Jacob que tu connais déjà. Les deux autres anciens sont Sue et Quil. Nous sommes les trois derniers Quileutes à avoir connu l'ancienne génération des lycaons. Sam et l'alpha de la bande, Quil, Ambry, Paul, Seth et Leah, les enfants de Sue, et Jared.

Je fis un petit signe de tête à chacun lorsque Billy prononçait leur nom. Un petit silence s'établit. Je ne savais pas quoi dire.

- Comme nous te l'avons dit, continua Billy, ta venue nous a tous surpris et c'est pour cela que nous avons été sur la défensive la dernière fois. Nos questions t'ont sans doute embarrassée et nous en sommes sincèrement navrés. Mais nous avions besoin de faire la part des choses.

- Je comprends, répondis-je. Si cela peut vous rassurer, ma différence étonne beaucoup, du côté des vampires également et mes rencontres avec la plupart d'entre eux se sont avérées catastrophiques la plupart du temps.

- Catastrophiques, répéta Billy qui avait noté l'insistance sur le mot.

- Je l'ai déjà dit à Sam et son clan l'autre jour à Forks au carnaval, je n'éprouve aucun scrupule à tuer des vampires ou des loup-garou du moment qu'il s'agit de me protéger ou de protéger ceux auquel je tiens.

- Et pour les Cullen ? me demanda Sam.

- Les Cullen sont différents.

- Parce qu'ils ne se nourrissent pas d'humain, cracha-t-il d'un ton sec.

- Cela fait partie d'un des nombreux aspects de leurs différences, continuai-je tout aussi calmement. Ils forment également une famille, ce qui est exceptionnel. Ils utilisent leur don pour se protéger et non pas pour agresser les autres. Carlisle a décidé de sauver des humains en devenant médecin. Cela demanda une sacré maitrise de soi. C'est … fascinant.

J'avais prononcé le dernier mot avec un réel enthousiasme et j'entendis Jacob marmonner une injure entre ses dents.

- Quels dons possèdent les Cullen ? me demanda Sam.

Je me raidis, me rendant soudain compte que dans ma fougue, j'avais commis une erreur.

- Je croyais qu'il n'y aurait pas de questions délicates cette fois, lui répondis-je. Je ne suis pas venue ici pour vous donner des informations contre eux.

- Soit ! intervint Billy pour calmer le débat, ce dont je le remerciai intérieurement. Peut-être accepterais-tu de nous raconter comment tu les as rencontrés ?

Je souris en me replongeant dans la forêt de Fallercreeks à l'automne dernier.

- J'ai empêché Edward de tuer une ourse auquel je tenais un peu.

- Tu tenais à une ourse ? répéta incrédule Jacob.

- Ce n'est pas plus ridicule que de tenir à un loup, ironisai-je, un peu vexée que mon attachement pour cet animal le surprit.

- Parce que tu pourrai tenir à un loup?, suggéra-t-il, un air moqueur.

Je levai les yeux au ciel d'impuissance mais ne répondis pas.

- Ensuite il y a eu un accident de la route et j'ai sorti une mère et son enfant de la voiture. Mais la femme était salement amochée et Carlisle lui a sauvé la vie. C'est à partir de là que j'ai commencé à m'intéresser à eux. Ils m'ont alors proposé de venir passer un ou deux jours dans leur maison pour que nous faisions connaissance.

Je m'interrompis un instant, plongée dans les images qui défilaient devant mes yeux. Quelle frayeur j'avais éprouvé à ce moment là : la peur de me tromper encore, le doute devant la décision que j'avais à prendre et déjà l'attirance que je ressentais envers Edward. Je me ressaisis et affrontai à nouveau le regard de Sam.

- Et cela fait six mois maintenant, terminai-je avec un petit sourire.

Sam acquiesça.

- Si nous t'avons fait venir ici, continua Sam, c'est pour te faire une proposition.

Mon front se plissa d'inquiétude. Que me voulait encore cette bande de loup-garou ?

- Tu es la première des lycaons, notre origine d'une certaine façon. De ce fait, il est logique que tu deviennes l'Alpha de notre clan.

Je restai stupéfaite devant sa demande, un instant immobile, tentant de saisir ce qu'il était en train de me dire.

- Tu me proposes de devenir chef de meute, m'exclamai-je.

- Oui.

- De prendre ta place ?

- Exact ?

- Et toi ?

- Jacob est actuellement Bêta parce qu'il a refusé d'être Alpha. Je prendrai donc la troisième place.

Je me tournai vers Jacob. Il me fixai avec une intensité rare, cherchant à lire sur mon visage mes pensées.

- Pourquoi aurais-tu du être l'Alpha ? lui demandai-je.

- Mon grand-père, Ephraïm Black était l'Alpha de la meute. Par lignage, le droit me revient. Mais Sam est bien mieux que moi à cette place.

C'était la première fois depuis que je connaissais Jacob que je le voyais aussi peu sur de lui. Il avait baissé les yeux et jouait dans le sable avec un bâton de bois. Je me dis que finalement, il était un être bien plus complexe que ce que je m'étais imaginé au départ.

- Donc, si je devenais Alpha, tu devrais m'obéir au doigt et à l'œil, souriais-je.

Jacob me rendit un sourire aussi moqueur que le mien.

- Ce serait le cas de nous tous, éluda-t-il.

- Si je vous demandai d'annuler le traité avec les Cullen et de les autoriser à venir à la Push, vous seriez obligés de m'obéir.

Je sentis les Quileute frémir. Je voulais être sure qu'ils aient bien compris ce qu'ils me proposaient. Je voyais assez clairement dans leur jeu. Me proposer de devenir leur chef, c'était être pour eux plus lycaons que vampires et peut-être avoir un atout de leur côté qu'ils devaient estimer être du côté des Cullen actuellement. Or, je ne voulais pas devenir un enjeu, pour quelques parties que ce soit. Aucun des membres de la famille d'Edward n'éprouvait de sentiments de puissance de m'avoir avec eux et je voulais que cela continue ainsi.

- En effet, maugréa Sam.

- Les lycaons communiquent par la pensée lorsqu'ils sont transformés, n'est-ce-pas ?

Sam acquiesça.

- Et vous entendriez alors toutes mes pensées et toutes mes émotions, quelles qu'elles soient.

Cette fois ci, c'est Jacob qui grogna seul. Il savait bien ce que je voulais dire. Il entendrait mon amour pour Edward, il serait obligé de le subir quotidiennement.

Je secouai la tête.

- Je te remercie pour ton offre, Sam mais je la refuse. Je ne veux pas faire partie de ton clan.

- Pour quelle raison ? me demanda-t-il, un peu surpris.

- Plusieurs. La première, parce que si je n'accepte pas d'appartenir à quelqu'un, je refuse également que les autres soient sous mon contrôle. La seconde parce que je ne suis qu'à moitié lycaon et je sais que d'une manière ou d'une autre autre, mon côté vampire serait préjudiciable à votre clan. La troisième parce que je ne veux pas que nous puissiez lire mes pensés. Je possède des secrets que je ne révèlerai à personne.

- Même aux Cullen, me demanda Billy.

- Même aux Cullen. Je suis la dernière à détenir le secret de la plante qui a permis que nous existions. Son pouvoir est bien trop important pour qu'un vampire ou un lycaon ne s'en empare. Je n'avais pas une très bonne opinion de toi, Sam. Et je veux bien admettre que je me suis un peu trop précipitée. Mais il a une chose dotn j'ai toujours été certaine, c'est que tu est bien meilleur Alpha que je ne le serai jamais pour les Quileute. Et je veux que vous compreniez aussi que je ne suis pas là pour favoriser un des deux parties, du moment qu'aucun de vous ne tente de nuire à l'autre.

Sam me remercia d'un signe de tête.

Une douleur me traversa souain le front de part en part. Un vertige me prit et je m'aggripai au bras de Jacob. Je fermai les yeux, la lumière du feu m'aveuglant soudain.

- Qu'est ce qu'il y a ? s'inquiéta Jacob.

- Une vision, lui répondis-je, le souffle coupé par la douleur.

- Quoi ! Tu as des visions.

- J'essaye de les éviter mais parfois, elles s'imposent à moi.

Un visage m'apparut, ensanglanté, apeuré, en voiture sur la route de Froks, pleurant à chaudes larmes.

- Victoria, murmurai-je. C'est Victoria. Il l'a frappée.

- Qui est Victoria ?

- Une amie ! Du sang !

Mes doigts se crispèrent sur le bras du Quileute. La vision s'éclaircissait. La voiture tournait sur le chemin qui menait à la maison des Cullen. L'horreur se peignit su rmon visage. Je bondis sur mes pieds.

- Jasper, hurlai-je. Je dois rentrer chez les Cullen.

- Je te raccompagne en moto, me dit Jacob.

- Trop lent !

Je m'élançai à toute vitesse à travers les bois, ne laissant aucune chance aux indiens de me rattraper. Les arbres défilaient comme des ombres fugaces autour de moi. Je calculai qu'il me fallait une dizaine de minutes pour arriver à la maison. Trop long !

Je rentrai en contact avec Edward. Je le vis assis près du téléphone, à attendre mon appel.

- Edward, lançai-je.

- Bella ! Que se passe-t-il ? paniqua-t-il.

- Victoria arrive chez vous, couverte de sang. Tu dois empêcher Jasper de l'approcher.

- Mais c'est impossible. Alice n'a rien vu.

- Fais moi confiance, Edward. Retiens Jasper. Je n'arriverai pas assez vite.

Je vis Edward se ruer à l'étage pour retenir son frère. Mais déjà Victoria garait sa voiture devant la maison et descendait, les mains et le nez couverts de sang.

Et j'entendis Jasper rugir. Il avait senti l'odeur. Il était encore jeune végétarien, contrôler sa soif lui était impossible dans ce cas-là. Edward l'aggripa fermement et hurla pour qu'Emmet et Carlisle viennent l'aider.

Mais Jasper parvint à se libérer de son étreinte et sauta en bas de l'escaleir. Il ouvrit la porte pour bondir à l'extérieur.

Il stoppa net. Je me trouvai devant lui, la peau tellement blanche qu'elle en paraissait translucide, le regard d'un noir brillant. Il recula d'un pas, paniqué. Mais l'odeur était la plus forte. Il fonça vers moi.

Si rapide que mon geste passa inaperçu, je me touchai le front puis le sien pour effacer sa soif. Il chancella alors, retrouvant immédiatement sa raison. Derrière lui arrivait le reste de la famille qui ne comprenait pas ce qui se passait.

Jasper mit un genou à terre, la tête dans les mains, la culpabilité le terrassait. Je retrouvai mon apparence normale et me retournai vers Carlisle.

- Il faut que tu viennes. Victoria est dehors, couverte de sang.

Le docteur comprit immédiatement la situation et me suivit.

- Alice et Edward, occupez-vous de Jasper, ordonna –t-il.

A l'extérieur, Victoria s'était évanouie à quelques centimètres de sa voiture. Heureusement, elle n'avait rien vu de la scène.