Voilà le chapitre 27 plus rapidement que ce que j'avais prévu. Il est assez petit. Mais j'ai déjà découpé mes chapitres suivants et je les arrête à des moments stratégiques et non pas en fonction de leur longueur.
En espérant que la suite vous plaise
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Chapitre 27 : peur
Je pleurai toute la nuit, incapable de me calmer. J'avais retrouvé à nouveau toutes mes incertitudes, mes craintes, mes angoisses. Pire encore ! Je les avais exacerbées. Car elles n'étaient plus dirigées vers moi, elles étaient pour les Quileutes et les Cullen.
Comment avais-je pu être aussi stupide ! Comment avais-je pu croire un instant que j'avais le droit à ce bonheur qu'ils m'avaient tous apporté durant ces dix derniers mois sans qu'à un moment, j'en paye les conséquences.
Pourtant, je connaissais mon passé. Je savais qu'un jour ou l'autre, si je n'étais pas vigilante, il me rattraperait. Car la vérité s'était imposée à moi, lorsque Carlisle avait émis l'hypothèse que les Volturi n'auraient jamais laissé perpétuer les massacres de Seattle.
Il existait un cas où ils n'interviendraient pas pourtant : si ces meurtres avaient été l'œuvre de Chléon. Ils ne pouvaient rien contre lui, il était leur créateur, leur maître.
D'ailleurs, personne ne pouvait rien contre Chléon. Il avait toujours été le plus fort, celui dont les dons de vampires étaient les plus puissants. Dans mon clan, tous le craignaient et lui obéissaient aveuglément. Même les loups-garous, et Actio ! Même moi !
Chléon avait du sentir l'énergie que j'avais du dégager pour sauver Tulsa, comme les Volturi l'avait sentie. Pourquoi n'y avais-je pas pensé ? Voilà maintenant des milliers d'années que je n'avais pas revu mon frère, depuis le jour de notre union et de notre massacre. Tellement de siècles que je l'avais cru à jamais disparu.
Et maintenant, j'avais impliqué les Cullen et les Quileutes dans cette histoire. Par pur égocentrisme, j'avais oublié le risque que je leur faisais encourir en vivant auprès d'eux. Par égoïsme, Edward courait un risque mortel.
Car Chléon ne supporterait pas la concurrence. Il était tellement imbu de sa personne, tellement sûr de sa suprématie envers les autres êtres de cette planète que même si notre mariage avait plusieurs siècles et n'avait été qu'une sombre mascarade, je lui appartenais toujours.
Ce n'est qu'au petit matin que je parvins à me calmer. Je réalisai que je fixai, l'esprit vide, un rayon de rayon de soleil qui perçait à travers les feuillages. Mes habits avaient un peu séchés, mes cheveux ne dégoulinaient plus. Je m'enfichai. Tout ce qu'il fallait maintenant, c'était que j'intercepte cette armée de vampires nouveau-nés.
Je ne comprenais pas pourquoi Chléon l'avait crée. Sans doute encore une idée farfelue toute droite sortie de son esprit diabolique. Peut-être veut-il créer un nouveau clan dont il serait le chef ? Peut-être veut-il me laisser admirer les siens massacrer tous les habitants de Forks ?
Je frémis à cette idée. En dix mois, je m'étais faite tant d'amis. Je devais au moins cela à Mélissa, Tom, Jim, Jessica, Mike, Ben et Angela, surtout à Victoria, tous ceux qui ne connaissaient rien à l'autre monde qui coexistait avec eux.
Je me concentrai pour percevoir sa présence. Le flou qui m'apparaissait me prouvait que mon frère était bien présent –lui seul pouvait contrecarrer mes dons. Pourtant, je percevais son déplacement et surtout celui de ses créations. Ils se dirigeaient droits vers moi, ils seraient là dans un jour ou deux s'ils continuaient ainsi.
Mon travail durant ce temps serait de rester concentrer sur eux, de m'assurer qu'ils ne changent pas d'avis, qu'ils viennent bien vers moi et que surtout, surtout, je ne pense plus à Edward !
Cette simple image me faisait souffrir. Savoir que je ne le reverrai plus, que je ne sentirai plus son souffle sur ma peau, ses baisers sur mes lèvres, ses mains dans mes cheveux. J'en aurais encore hurlé de douleur durant des heures.
Mais ma plus grande peine venait de ce que je lui faisais endurer. J4avais du partir en lui crachant des mots effroyables et mensongers. Et il ne sauta jamais que j'avais accepté de me marier avec lui.
Oui, ils m'avaient menti. Oui, ils m'avaient caché la vérité sur la présence de nouveau-nés à Seattle. Mais je savais et j'avais lu dans leur esprit qu'ils l'avaient fait uniquement pour me protéger. La manipulation était malheureuse, j'en convenais, mais elle n'était pas malicieuse. Les Cullens m'aimaient autant que je les aimais. Cette pensée resterait toujours ancrée en moi et rien, jamais rien, ne pourrait me dissuader du contraire.
Oui, j'étais vraiment un monstre, incapable d'être une humaine, une vampire ou un loup-garou. Incapable de vivre parmi les gens sans créer des problèmes insurmontables. Incapable de ne pas faire souffrir celui que j'aime.
Et dans une sorte de demi hallucination, mon esprit le créa là, en bordure de cette petite clairière, toujours aussi beau, aussi majestueux, mais le visage torturé par la douleur. Il me fixait, immobile, le regard pleins d'interrogations et de crainte.
Si ma peine devait être cela, devenir folle au point d'imaginer un Edward empli de reproche et bien je l'acceptai. C'était presque une douce condamnation, vivre avec sa fantomatique présence.
- Bella, murmura-t-il, la voix cassée.
Mon délire parlait ! Je l'examinai à nouveau. Et là, je réalisai qu'il n'était pas le fruit de mon imagination. Edward était bien devant moi.
Je sautai sur mes deux pieds et je lui fis face à trois ou quatre mètres de lui. Une multitude de questions et d'exclamations me traversèrent l'esprit. Comment m'avait-il retrouvé ? Pourquoi était-il là ? Il était en danger.
- Fiche le camp ! fut la seule phrase que je parvins à articuler.
Edward m'observa un instant. Son visage s'apaisa et il me répondit calmement.
- Je ne partirai pas, Bella. Je sais ce que tu cherches à faire et c'est hors de question !
- Tu ne sais rien, m'écriai-je. Fiche le camp.
- Tu cherche à combattre les Volturi seule pour qu'aucun de nous ne soyons blessés.
J'eus un sourire amer.
- Je me fiche des Volturi comme de ma première chemise. Je veux que tu me laisses tranquille.
Il eut l'air surpris par ma réponse mais plutôt rassuré, comme si je venais de lui donner confirmation d'une information qu'il détenait déjà.
Je restai concentrée sur l'armée de nouveau-nés, qui, à présent, progressait bien trop vite à mon gout. Je devais faire partir Edward et trouver un autre lieu où son odeur ne serait pas avant leur arrivée. Le timing serait court. Et je n'étais pas en mesure, émotionnellement, de les gérer eux et lui.
- Tu avais raison, Carlisle. Ce ne sont pas les Volturi qui se cachent, derrière les meurtres de Seattle, murmura Edward.
Apparu alors derrière lui le reste du clan Cullen, Carlisle en tête. Je leur fis dos et pris mon visage entre mes mains, exaspérée par la tournure que prenaient les évènements. Je n'étais qu'une ridicule débutante. Moi, la vampire la plus ancienne qui puisse exister, je n'arrivai pas à leurrer sept vampires qui n'avaient pas le millénaire. Décidément, je ne réussirais jamais rien de bon.
- Fichez moi la pais, les suppliai-je.
Mais lorsque je les regardai à nouveau, ils n'avaient pas bougé.
- Tu es ici pour nous protéger, Bella, continua Carlisle. Mais pas contre les Volturi. Dès le départ, tu as compris qu'ils n'étaient pas mêlés aux meurtres. Quelqu'un d'autre les commet, quelqu'un craint par les trois vampires, comme tu l'as suggéré hier.
- Et les deux seuls que nous connaissions, finit Edward, c'est Chléon et toi.
Je frissonnai d'horreur. J'avais pensé à mon frère durant toute la nuit. Mais son nom prononcé par Edward le rendait encore plus effrayant encore.
Edward fit un pas en avant et je me reculai, continuant à le regarder perplexe. Pourquoi étaient-ils venus ? S'ils avaient eux aussi découvert la vérité, alors ils auraient du fuir et non venir se jeter dans la gueule du loup.
- Pourquoi êtes-vous là ? demandai-je.
- Pour être avec toi ! affirma Edward.
- C'est une cause perdue, continuai-je. Tu le sais très bien.
- Elle est moins perdue si nous les combattons ensemble, Bella. L es affronter seule est un suicide assuré.
- Je ne comptai pas me battre, murmurai-je.
Edward mit quelques secondes avant de réaliser ce que je venais de dire. Ses yeux s'agrandirent et je lus de l'horreur sur son visage.
Je lui faisais horreur !
- Tu comptais le suivre, balbutia-t-il. Te rends-tu compte de ce que tu t'apprêtais à faire. Vivre avec lui, prisonnière durant toute ton existence. C'est de la folie, Bella. Tu t'es enfuie de ton clan, tu as choisi la liberté et aujourd'hui, tu es prête à oublier tout ce pour quoi tu t'es battue.
- Mais que veux-tu donc que je fasse, hurlai-je. Il est plus fort que les Volturi et il est plus fort que moi. Personne ne peut le battre. Je n'ai pas le choix.
- Nous avons toujours le choix, intervint Carlisle. Tu fais partie de notre famille Cella depuis presque un an maintenant. Tu n'as pas le droit de nous lâcher comme tu l'as fait, même si tu juges que tes arguments sont valables. Etre dans une famille, c'est affronter les difficultés ensemble.
- Etre dans une famille, c'est tout faire pour la protéger, ripostai-je d'une voix cinglante. N'est-ce pas ce que vous avez fait en me cachant la vérité sur les meurtres à Seattle ? Crois-tu vraiment qu'à nous huit, nous allons vaincre le plus puissant des vampires et une bonne vingtaine de nouveau-nés. Tout cela parce que nous sommes très soudés et que nous nous aimons les uns les autres. Allons, Carlisle, je pensai que toi, au moins, tu avais plus de jugeote que cela et que tu savais que les contres de fées n'existent pas.
Un silence pesant s'abattit alors. Chacun me regardait, se demandant sans doute par quel moyen ils pouvaient me convaincre de combattre avec eux.
Mais ce n'était pas admissible pour moi. Je devais les éloigner, les empêcher de me suivre définitivement. Je devrai alors changer mes plans et m'avancer vers Chléon pour aller à sa rencontre. Plus vite je partirai avec lui et plus vite les Cullen seraient sauver.
Je cherchai désespérément quels pouvoirs je pouvais utiliser pour les faire partir. Peut-être créer une illusion d'optique qui me permettrait de m'enfuir sans qu'ils ne connaissent la direction. Mais l'éloignement m'empêcheraient de prolonger mon don et ils me poursuivraient à nouveau.
Je ne voulais pas non plus tenter quelques chose qui puisse leur faire du mal. Je les aimais trop pour cela.
Edward tenta de s'avancer à nouveau mais je gardai distance avec lui.
- Bella, me supplia-t-il. Arrête de vouloir tous régler par toi-même. Nous devons gérer cela ensemble.
- A huit contre plus de vingt, Edward. Réfléchis donc.
- Nous ne sommes pas huit…
Horrifiée, je vis alors Sam apparaitre, à la gauche de Carlisle en compagnie de Paul, Jared et Embry tandis que Jacob se plaçait à la droite de Jasper avec Leah et Seth.
- Vous avez amené les Quileutes avec vous. Mais vous êtes fous, vociférai-je. Ce sont des adolescents. Ils sont incapables d'affronter l'armée de Chléon. Ils vont se faire massacrer.
- C'est nous qui sommes venus les chercher, m'expliqua Sam. C'est nous qui les avons convaincus que tu étais partis rejoindre les Volturi pour nous protéger. Et c'et nous qui t'avons retrouvé grâce à ton odeur. Tu dois nous faire confiance, Bella. Nous sommes bien plus forts que tu ne le crois et nous allons tous nous battre à tes côtés.
- Vous êtes des inconscients, soupirai-je, résignée.
- Crois-tu vraiment que je pourrai continuer à vivre sans toi à mes côtés, murmura Edward qui tentait une nouvelle approche.
Je reculai à nouveau. Je ne parvenais plus à trouver un moyen de les faire partir. J'étais à la fois soulagée de ne plus être seule à affronter Chléon et horrifiée par mon égoïsme. Pouvais-je admettre que dix-sept personnes meurent uniquement pour satisfaire mon bien être personnel.
- De toute façon, tu ne peux plus rien faire pour nous écarter, dit Alice, les yeux dans le vague. Ils sont trop près. Ils avancent de plus en plus vite et seront là dans les vingt quatre heures maintenant. Ils nous ont déjà repérés. Même si tu t'avançais, ils sauront que nous sommes là.
Oui ! Je ne pouvais plus rien faire…
- Bella, gémit Edward. Pourquoi refuses-tu que je m'approche de toi ?
- Parce que j'essaye de trouver un moyen de te sauver encore la vie, Edward.
Son incompréhension se lut sur le visage. Je vis alors Jasper faire quelques pas en avant. Il me scruta comme s'il tentait de percer mes sentiments. Je savais qu'il ne pouvait plus ressentir, j'avais bloquer tous leurs pouvoirs.
Mais Jasper avait appris à me connaître au fil des mois et je craignais sa perspicacité. J'aurai pu leur expliquer la situation. Lui aurait compris mon choix et sans doute l'aurait-il accepter et m'aurait-il laisser seule gérer le problème.
Mais Jasper avait un défaut que je ne pouvais pas contrôler : Alice. Pour elle, il allait surement déroger à ses règles et se battre aux côtés des Cullen.
Il pencha la tête sur le côté, comme s'il jugeait de la situation et tenter de percer mon secret.
- Elle ne veut pas avoir ton odeur sur elle, dit alors Jasper d'un ton neutre, comme une évidence. Elle ne veut pas que Chléon sache pour vous deux. J'imagine qu'il n'apprécierait pas votre relation.
Edward me fixa pour voir si Jasper avait raison.
Bien sur qu'il avait raison ! Rester loin de lui, m'obliger à garder cette distance, m'était proprement insupportable. Le seule raison qui me permettait de supporter cela, c'était le fait que je puisse, peut-être , les préserver.
- Vous avez décidé de vous battre, déclarai-je. Avec un peu de chance, Chléon partira avec moi et vous laissera vous battre contre les nouveau-nés. Contre eux, à vous dix-sept, vous avec une chance. Mais contre lui… c'est impossible.
- Je ne te laisserai pas partir avec lui, Bella, affirma-t-il alors en colère.
- C'est la meilleure option, m'indignai-je. Que ferais-tu, toi, si les rôles étaient inversés ?
Ma question le dérouta. Il resta silencieux, ne sachant pas quoi répondre.
- Le désir de possession de Chléon est peut-être la clef de la solution, affirma alors Jacob en s'avançant. S'il est aussi obnubilé que tu le prétends, de te posséder, accentuer sa jalousie l'empêcherait d'avoir les idées claires et nous offrirait une opportunité.
- Il est hors de question de mettre Edward en danger, affirmai-je.
Pour la première fois depuis le début de cette discussion, je vis Carlisle faire un signe de tête pour acquiescer. Au moins cela, je pourrai l'éviter. Comment pouvait-il se servir de la situation actuelle pour régler son problème de jalousie !
- Je ne parlais pas de mettre en avant Edward, continua Jacob. Si comme tu le penses, Chléon serait fou de sentir une odeur sur toi, sa réaction serait amplifiée avec plusieurs.
Je paniquais tandis que j'aperçus plusieurs sourires. Ils étaient sérieux !
- Le rendre furieux n'est pas une bonne idée, m'exclamai-je. Vous ne savez pas ce qu'il peut être capable de faire.
- C'est justement le but. Elle nous permettra d'empêcher Chléon d'avoir des idées rationnelles, affirma Jasper. Cela nous donnera un avantage sur lui. C'est une tactique que j'ai souvent employée par le passé.
Son regard se voila, et je compris ce qui pouvaient alors déstabiliser des vampires : l'odeur du sang humain.
Edward avança d'un pas et cette fois-ci, je restai immobile. Il tendit le bras vers moi et timidement, ses doigts frôlèrent le dos de ma main.
- Tu ne peux pas choisir pour nous, Bella, me dit-il. Nous avons ici tous le droit de défendre notre liberté et nous avons décidé de rester avec toi pour combattre Chléon. J'ai décidé de rester auprès de toi. Et si ce n'est pas pour l'éternité, et bien tant pis.
Ses bras entourèrent ma taille et lentement, je sentis son corps se coller au mien. J'appuyai ma tête contre son torse et je me mis à sangloter.
J'étais vaincue. Nous étions tous vaincus.
