Voilà le chapitre suivant. Un peu court encore mais le prochain sera la première partie du combat et je voulais bien les séparer.

En espérant toujours vous divertir!

...

Chapitre 28 : le calme avant la tempête

Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés dans cette position. Tout ce que je sais, c'est qu'au bout d'un moment, je finis par sortir de ma bulle pour entendre les conversations autour de moi. Les loups-garous s'étaient rapprochés des vampires – à moins que ce ne soit le contraire- et ils discutaient ferme sur les stratégies possible lors de l'attaque. Apparemment, ils avaient mis de côté leur rancœur passée et présente et semblaient couloir s'allier pour combattre ensemble un ennemi commun.

Je me surpris à penser que de toute cette horreur, il en était sorti au moins une chose de bon. Les Quileutes et les Cullen étaient des gens biens et il était stupide qu'ils ne puissent pas s'entendre. Carlisle et Sam discutaient pour savoir qui devaient adresser la parole en premier à Chléon pour tenter soit de le persuader de renoncer au combat soit se donner du temps pour se mettre en position stratégique.

Carlisle pensait que son âge plus ancien et sa connaissance sur les vampires leur donnait un avantage. Sam estimait que la surprise de voir des loups-garous pouvait jouer en leur faveur et que c'état donc à lui de s'avancer.

- Vous avez tord tous les deux, affirmai-je, encore dans les bras d'Edward.

Je me reculai un peu et observai l'homme de mon cœur. Son visage était plus détendu maintenant et il semblait presque heureux. Cette image me glaça le sang et je détournai le regard vers les deux protagonistes. Comment peut-on être heureux de mourir ?

- Chléon est un être imbu de sa personne. Il se prend pour sorte de dieu. Que quelqu'un lui parle sans qu'il en est donné la permission sera jugé comme une offense et vous serez éliminé avant même d'avoir fini votre phrase, expliquai-je.

Je m'avançai vers eux, entrainant Edward avec moi. Puisqu'il avait décidé de mourir à mes côtés, autant profiter de son contact le plus de temps qu'il nous restait.

- Peut-être avez-vous raison ? continuai-je. LE rendre fou de jalousie peut l'amener à commettre une faute que nous pourrions exploiter. Mais pour autant, il faut que celui qui lui parle et une chance de s'en sortir.

- Toi, donc, conclut Jasper qui nous avait rejoint en compagnie de Jacob.

- Oui, moi, chléon ne supportera pas le fait que je lui parle mais il ne me tuera pas car cela fait trop longtemps qu'il attend ce moment.

Sam et Carlisle acquiescèrent à ma proposition.

- Bien, dit Jacob. Maintenant que te revoilà par mi nous, nous allons pouvoir mettre notre plan à exécution.

Il me prit dans ses bras et me serra très fort. J'entendis Edward grogner derrière moi bien que je lui tienne toujours la main.

- Ca fait bien longtemps que j'attendais ce moment là, me murmura le lycaon à l'oreille. Il faudra que je pense à remercier Chléon pour cela.

- Tu es fou, Jacob, soupirai-je.

- Il faut bien se contenter du peu que la vie nous offre.

Je passai entre les bras de tous les présents de cette clairière. Chacun m'assura de leur volonté d'être présent ici et ma peine n'en fut que plus lourde.

Je finis par m'asseoir au pied de l'arbre où je m'étais recroquevillée toute la nuit et je les observai. Edward s'était assis à côté de moi, un bras autour de mon épaule.

Jasper s'était mis en tête d'apprendre quelques rudiments de combat contre les nouveau-nés aux Quileute et aux vampires. Il en avait croisé de nombreux avant de rejoindre la famille Cullen et il les connaissait parfaitement.

Durant de longues heures, il s'entraina avec chacun d'entre eux, leur montrant comment éviter d'être ceinturer, comment les surprendre de côté et non pas en un affrontement direct. Jasper était un excellent combattant. Sans doute aurait-il pu survivre à la bataille de main s'il n'y avait pas eu Chléon ?

- Je ne veux pas que tu sois à côté de moi lorsque je parlerai à Chléon, murmurai-je alors à Edward. Tu resteras au milieu des autres.

- Il est hors de question que tu restes seule avec lui, me répondit-il d'une voix contenue. Et je ne supporterai pas d'exposer quelqu'un d'autres.

- Tu dois comprendre Edward que Chléon ne perçoit que la notion de clan. Le concept de famille telle qu'est la vôtre n'est pas possible dans son esprit. Quelqu'un placé derrière ou à côté de moi serait immédiatement perçu comme mon second et serait donc un homme à abattre. Aucun d'entre vous ne doit se distinguer des autres.

Il ne répondit pas mais je savais qu'il avait compris mon point de vue. J'observai son visage crispé qui fixait un combat entre Jasper et Emmet. On aurait pu croire qu'il était concentré sur chacun de leurs mouvements mais je sentais bien que quelque chose le gênait.

Il finit par plonger son regard dans le mien.

- Tu sais, me dit-il, tout à l'heure, quand tu m'as demandé ce que j'aurais fait si les places avaient été inversées… j'ai réalisé que je n'étais pas ici pour toi mais pour moi.

- Je ne comprends, balbutiai-je surprise.

- Je suis venu te retrouver ici par pur égoïsme, Bella. Parce que je sais que je ne pourrai plus jamais vivre sans toi. Et je préfère ce moment avec toi, même si comme tu le penses, il sera court, à une éternité de solitude. Aussi je crois que je n'aurast pas fait le même choix que toi. Je t'en aurai parlé et nous aurions décidé ensemble d'être ici. Je suis l'être le plus égoïste qui puisse exister, Bella

- Ne dis pas ca, m'emportai-je. Tu m'as beaucoup apporté, Edward, bien plus qu'aucun autre. Ne doute jamais de cela.

Il se retourna à nouveau vers Jasper. Le combat était terminé. Emmet était parti fulminer dans son coin.

- Je dois aller m'entraîner, m'affirma-t-il. Je ne resterai pas longtemps. Alice va venir me remplacer.

Il m'embrassa tendrement sur le front et partis rejoindre son frère.

Le petit lutin vint prendre immédiatement sa place. Elle observa son frère et son père se mettre en place, le visage fermé, les lèvres serrées en une fine ligne rose. Je n'avais pas besoin des dons de Jasper pour comprendre qu'elle était en colère contre moi.

Pour la première fois depuis que je la connaissais, elle resta silencieuse de nombreuses minutes avant de me murmurer, d'un ton contenu :

- Comment as-tu pu lui faire ça ? Bella. Tu savais les conséquences de ton acte et tu as choisi de le fuir. Sais-tu le mal que tu lui as fait ?

Je respirai profondément, refoulant les sanglots qui menaçaient de poindre au fond de ma gorge.

- Je sais, répondis-je. Je connaissais les risques et j'ai choisi.

- Tu as choisi qu'il meure, s'étonna-t-elle, en me fixant cette fois-ci.

- J'avais un peu espoir que vous parviendriez à l'empêcher de se rendre chez les Volturi mais oui, son suicide était un risque choisi.

- Tu voulais sa mort, cracha-t-elle, maintenant horrifiée.

- Avec mon projet, deux d'entre nous seulement aurait péri. Avec le vôtre maintenant, dix-huit vont mourir. Mon choix me semble toujours plus judicieux.

Elle parut désarçonnée par ma réponse une fraction de seconde avant de se ressaisir. Elle se retourna à nouveau vers Edward et Carlisle qui s'entraînait maintenant au centre de la clairière. Edward, étant donné son don avait un net avantage mais pour autant, Carlisle parvenait à le contrer parfois.

- Pourquoi deux seraient-ils morts ? demanda-t-elle, plus calme.

- J'ai choisi une certaine forme de liberté, il y a plusieurs millénaires, lui avouai-je. Je sais que je ne supporterai plus de revivre comme auparavant. J'avais choisi… et je préfèrerai qu'Edward ne soit pas au courant de cet aspect de ma décision.

Je le vis acquiescer.

- Je croyais que Chléon et toi ne pouvaient pas mourir, me dit-elle.

- J'ai dit que personne ne pouvait nous tuer, nuance. Mais nous pouvons nous détruire nous-mêmes. Nous sommes notre propre ennemi au même titre que le suicide puisse exister chez vous.

- Tu pourrais donc tuer Chléon ?

- Je n'ai jamais réussi à le faire dans le passé. Je ne vois pas pour quelle raison je pourrai le faire maintenant. Par contre, je connais quelques moyens pour le rendre suffisamment furieux…

Je n'avais pas besoin de continuer, elle comprenait parfaitement. Elle ne semblait pas surprise par ma décision. Peut-être l'avait-elle comprise elle-même auparavant !

- Et si notre choix faisait dix-huit survivants, y as-tu pensé ?, me questionna-t-elle.

- Vous, les Cullens, avaient toujours été très optimisme. Sinon, Carlisle n'aurait jamais pu fonder la famille qu'il a aujourd'hui. Accepter d'être différents de ceux de votre race, accepter les épreuves, les sacrifices, la souffrance. Accepter de pardonner ceux qui ne sont pas parvenu à contrôler leur soif et leur donner une seconde chance. C'est une philosophie que j'admire. Toi, tu es sans doute, de tous les enfants, celle qui le caractérise le plus. Tu ne baisses jamais les bras, Alice. Tu as toujours fait confiance à tes visions. Tu es allée chercher celui que tu aimes, tu lui as montré une autre voix que celle qu'on lui a imposée. Tu as rejoins Carlisle et les siens, tu as déjoué tous les objectifs et forcé le futur à se modifier pour devenir celui que tu voulais. Mais cet optimisme ne fait pas partir du reste du monde des vampires. Je l'ai suffisamment côtoyé pour savoir que les happy end n'existent pas chez nous. J'ai cru à un moment que je pourrai vivre avec vos normes. Mais ce n'est pas possible. Chléon nous tuera parce qu'il ne peut pas en être autrement.

Alice secoua la tête de dépit et souffla.

- Le futur peut être changé, Bella. Quiconque en a la volonté peut le faire. Je reste certaine de cela et tous les Cullen se battront pour cela.

L'entraînement d'Edward était fini. Il s'approcha de nous. Alice s'éloigna sans même l'attendre pour aller rejoindre Jasper. Il reprit sa place, enveloppant ses bras autour de mes épaules. Je calai ma tête au creux de son cou.

Je voulais profiter une dernière fois de ce plaisir, aimer le toucher et aimer être touchée en retour. Je lançai mon don de perception, très loin. Je sentis l'armée de Chléon progresser très vite de l'autre côté de la forêt. Comme je l'avais prévue, ils seraient là, le lendemain. Il ne restait qu'une nuit avec lui, à sentir la douceur de sa peau et la chaleur de ses caresses.

Je décidai de m'assoupir un instant pour récupérer un peu des forces que j'avais perdues les deux derniers jours à pleurer toutes les larmes de mon corps. Mon sommeil ne serait pas aussi réparateur que je l'aurai souhaité mais il me permettrait d'avoir les idées plus claires demain et peut-être, si la chance nous souriait comme le pensait Alice, pouvoir sauver quelques-uns de mes amis.

Je me sentis partir doucement dans les bras de Morphée, Edward adaptant sa posture à mon corps endormi par m'offrir son torse plus moelleux et ses bras m'enveloppant, protecteurs.

Nous étions ainsi depuis plusieurs heures quand, imperceptiblement, je perçus un changement : Edward était plus tendu.

- Laisse la, Jacob, l'entendis-je murmurer d'un ton tranchant. Tu ne vois donc pas qu'elle dort.

- Je ne suis pas venu pour elle, buveur de sang. Je crois qu'il faut qu'on discute avant l'affrontement de demain.

Il y eut un silence durant quelques secondes.

- Oui, admit enfin Edward, combattre ensemble sera plus dur pour nous deux que pour le reste de nos deux familles.

Jacob grogna.

- Tu peux lire dans mon esprit, ce n'est pas équitable.

- Crois-moi, je m'en passerai bien. Tu es beaucoup trop explicite sur la relation que tu voudrais avoir avec Bella.

- Serais-tu jaloux ? demanda du tac au tac le Quileute.

- D'une certaine façon oui, murmura Edward.

Jacob remua un peu. Il se rapprocha de moi.

- Crois-tu qu'elle pourrait me choisir à ta place ?

Edward rit doucement.

- Non ! Désolé, le chien mais je n'ai pas de doute là-dessus. Mais tu as quelque chose que je possède pas et je t'envie…

- Sois plus précis, veux-tu ! cracha l'indien.

- Bella est un tout. Elle est vampire, humaine et loup-garou et unique à la fois. Moi je ne peux être que vampire et je ne lui apporte que cet univers là…

- Alors que moi, je suis lycaon et humain, finit Jacob, fier de lui.

- Bella me laisse parfois lire dans ses pensés, continua le vampire, le plus détaché possible. Les liens qui l'unissent à moi sont plus forts et indéfectibles que tu ne pourrais l'imaginer. Pour autant, elle ressent un certain attachement pour toi. Tu lui apportes ton âge, ta fraicheur, ta jovialité. Un côté de Bella a besoin de cela pour vivre. C'est pour cela qu'elle aime aider les humains…

- C'est pour cela qu'elle est venue me voir quand elle était jalouse d'une de tes amies sangsues.

Edward soupira et se pencha sur moi pour m'embrasser les cheveux.

- Il y a une question que je me pose à ton sujet, poursuivit-il

- Tu ne peux le lire dans mon esprit.

- Uniquement tes pensées actuelles. Et tu n'as jamais réfléchi à ça. Je ne voudrais pas que tu te méprennes. Il est évident pour moi que Bella est unique et sans doute la femme la plus digne d'être aimer d'un homme, … quel qu'il soit. Mais pour autant, tu ne l'avais vu qu'une fois brièvement. Tu savais qu'elle était avec moi. Pourquoi autant d'acharner ?

- J'avoue que je ne sais pas, affirma Jacob, hésitant. La première fois que je l'ai aperçue, avec les autres filles de Forks, autour de ce feu, à la fois plus mûre et si fragile, là mais les yeux ailleurs, j'ai eu envie…

- De la protéger, finit Edward.

Tous deux pouffèrent, apparemment conscient qu'ils avaient ressenti la même chose.

- A partir de ce moment là, je n'ai eu de cesse de vouloir la revoir, continua Jacob… Les loups-garous éprouvent parfois des sentiments très profonds…

- Ne joue pas à ce jeu là avec moi, le chien. Tu n'es pas imprégné de Bella. Sam est imprégné d'Emilie et j'ai lu dans son esprit les changements que cela opère chez les tiens. Tes émotions sont très fortes, plus fortes de celle d'un humain normal dirons- nous, mais elles sont loin de l'imprégnation.

- Mais tu admets que je ne joue pas avec elle.

- Oui, je l'admets. Et c'est pour cela que nous parviendrons à nous battre côte à côte. Pour elle…

- Oui ! Pour elle…

Je gémis dans mon sommeil, mécontente de ce que je venais d'entendre, mais incapable d'intervenir dans leur conversation. Car, pour une fois, un loup-garou et un vampire avaient accepté une trêve.

Un miracle !

Une condamnation !

Edward me serra un peu plus dans ses bras. Il enfouit sa tête dans mon cou et souffla un peu sur ma peau. Une douce chaleur m'envahit et me relaxa. Cet être avait un pouvoir indéfectible sur moi.

Il grogna doucement.

- Ne t'inquiète pas pour après, Jacob, murmura-t-il amer. Bella aura peut-être raison. Nous périrons tous. Elle ne sera dons plus avec moi et tu ne seras plus seul.