Notes : Ce chapitre est certainement le plus difficile des quatre à faire donc j'espère avoir exploité l'idée au mieux.
Les bruits de pioches et le léger son d'une personne qui lui parlait ajouté à la lumière d'une lampe-torche rendit l'esprit juste à temps à Nick. Il était temps car son doigt était posé sur la gâchette, mais le tremblement de sa main ont ralenti ses mouvements. Quel soulagement ! Lui qui était si croyant était heureux que son Dieu l'ait reconnu et écouté son message.
Mais la découverte d'une bombe sous son cercueil se rajoutait à ce cauchemar actuel et il se disait : Non, vous n'allez pas me faire ça maintenant ? Pas après tout ce que je viens de subir ? Non laissez-moi ! » Il croisa le regard de Greg peu de temps. L'expression de son visage le rendit confus : il était pratiquement sûr maintenant que tout le monde avait entendu sa déclaration d'amour et il se demandait si l'homme de ses rêves était dégoûté ou, comme lui, avait la frousse de sa vie encore plus maintenant qu'on l'avait retrouvé ?
Il ne put le reconnaître et il aurait plus de temps pour ça plus tard. Là pour le moment, il sent Grissom accrocher son harnais, la main de Warrick dans la sienne et Greg derrière eux, hésitant sur le coup.
Il entendit ses amis compter jusqu'à trois, restant immobile de tout son corps et il se sentit soulevé du sol alors qu'une grande explosion avait lieu en dessous d'eux. Il resta conscient quelques minutes, sachant qu'on le transportait vers l'hôpital. Ceux qui restaient ses amis malgré un très léger soupçon de colère envers eux l'accompagnèrent. Et il se laissa bercer avant de s'endormir grâce aux cachets qu'on venait de lui donner. Sa dernière phrase avant de sombrer, murmuré mais quand même entendue par ses collègues : « Merci de me laisser la chance de le faire ! » Warrick et Catherine furent un peu confus mais ils comprirent le message. Il n'était pas devenu fou et deux de leurs meilleurs amis allaient enfin pouvoir être heureux ensemble.
Ces six semaines de « repos forcé » se répartirent en deux semaines d'hôpital et presque trois semaines chez ses parents.
Les deux semaines à l'hôpital n'avaient d'ailleurs pas été des plus reposantes. Il n'arrivait pas à dormir à cause des cauchemars et les calmants lui faisaient à peine réaliser que des personnes étaient avec lui dans la pièce. Mais il ne pouvait s'empêcher d'entendre des bribes de conversation. Et à chaque fois que l'homme qu'il aimait arrivait… Oh oui, il aurait aimé dire plus que des banalités, grandement plus. Oh oui ! Mais bien sûr il fallait toujours que quelqu'un vienne à couper les moments où il se sentait prêt, où il savait parfaitement qu'il ignorerait le déni dans lequel il a été plongé si longtemps et pouvoir regarder Greg en face quand il lui dirait tous les sentiments présents en lui envers cet homme absolument génial, qui lui aura sauvé la vie d'une certaine manière. Car oui, c'est pour lui qu'il s'est battu, c'est pour lui qu'il a voulu résister, sentant au fond de lui finalement que quelque chose pouvait se construire entre eux. Mais pour ça, en étant honnête avec lui-même, il devait être honnête aussi envers ses proches. Peu importe, de toute façon leur avis sur la question n'était pas le plus important. Il voulait juste être heureux. Et ne pas laisser cet incident avec lui pour toujours. Mais dans son état actuel, il en était incapable. La seule chose dont il était capable était de laisser sa famille s'occuper de lui et de personnes qui l'aideront définitivement à passer cette épreuve. Enfin pas si définitivement que ça. Il remercie quand même le ciel chaque jour de lui avoir donné cette seconde chance et veut être plus fort que tout pour vivre le bonheur qu'il s'est si longtemps mis de côté.
Il se rendit donc au Texas avec ses parents. Trois semaines pour tenter d'oublier, mais il le sait maintenant : les cauchemars deviendront moins fréquents mais être six pieds sous terre, à bout de souffle et dévoré vivant, sans avoir dit la vérité à la personne la plus importante en ce monde. Non ça…
Mais pour avancer, il doit faire quelque chose d'important : révéler sa sexualité à ses parents.
Et étonnamment pour lui, le pire n'arriva pas. En dehors d'une de ses sœurs, la nouvelle fut acceptée, tout ou moins facilement. Le plus important ? Son bonheur. Voilà ce qu'ils lui ont dit. Et vous ne pouvez pas imaginer combien il le ressentait à cet instant ce sentiment ! Oh oui, un petit pas vers sa liberté intérieure venait d'être fait.
A la fin de son « repos forcé » donc, il retrouva avec plaisir ses collègues. Les traits fatigués, ses cicatrices encore visibles, les poches en dessous de ses yeux… Il ne pouvait rien cacher cependant mais les psys avaient donné leur feu vert et lui se sentait trop enfermé chez lui à ne rien faire. Donc tant mieux. Et de plus, il voulait revoir Greg et enfin avoir la discussion qu'ils n'ont pas pu avoir depuis six semaines. Ils en ont bien besoin. Mais le travail est le travail et les deux experts ne se sont croisés que très peu. Pas de place à la vie personnelle dans ce cas-là.
Quand il eut fini, Greg n'était pas rentré. Il resta un petit bout de temps à l'attendre dans les vestiaires. Mais on lui confirma que l'enquête sur laquelle il était prendrait du temps demandait son attention en tant que chimiste car sa remplaçante avait sa journée de congé.
Et voilà, encore une discussion à remettre à plus tard. Putain de métier des fois.
Mais le fait d'avoir attendu aussi longtemps et sachant que cela devait travailler Greg autant que lui, il ne pouvait pas la reporter.
Il lui laissa donc un message sur son répondeur avant de se rendre à son appartement.
Sonnant à l'interphone, il était plus anxieux que jamais. Comment celui-ci allait réagir ? A-t-il fait exprès de l'éviter aujourd'hui ?... Les questions se multipliaient en attendant qu'on lui réponde.
« Oui ? »
« Oui, Greg. Euh c'est moi… J'avais (silence) vraiment envie de te parler si tu me laisses monter bien sûr ! »
Sa voix était empreinte de toute l'anxiété qu'il ressentait et beaucoup d'hésitation et il était sûr que ça Greg ne pouvait l'ignorer. Et dans un murmure, celui-ci répondit « Nick ? »
Riant nerveusement, il se rendit compte qu'ils étaient tous les deux dans le même état d'esprit et ça, c'était plutôt bon signe. « Oui c'est bien moi ! Je peux monter ? Enfin à moins que… »
« Non, non c'est bon, viens. Tu sais où te diriger de toute façon ? »
Et sans qu'il ait le temps de répondre, l'interphone signala que l'accès lui était permis.
Greg n'était pas au premier étage. Dans d'autres situations, il aurait pu prendre l'ascenseur, mais là la peur lui fit prendre les escaliers. Non je veux rien qui gâche cette visite chez lui, pensa t-il, même s'il voulait ralentir un peu l'échéance.
Mais non, plus de machine arrière maintenant, il devait faire face à son destin (et peut-être le Saint Graal).
La montée se fit le plus vite possible. Son cœur battait de plus en plus vite et son impatience claire.
Le couloir. Allez vas y Nick, c'est pas la mer à boire. La porte de l'appartement, voilà voilà.
Prenant une dernière grande respiration, il frappa. Il sentait de la sueur découler sur son corps, les mains devenir moites. Recule ou reculera pas ?.
La porte s'ouvrit, sur un Greg à l'air épuisé mais qui semble tout simplement heureux de le voir.
« Hey ! » « Hey, toi ! » « Euh tu me laisses rentrer ? » « Oui bien sûr ! Euh fais comme chez toi ! ».
Il se décala contre la porte pour le laisser entrer et Nick pénétra dans son appartement. Comme il s'y attendait, le bordel était là mais c'était clean.
Deux bras vinrent se poser autour de sa taille, des mains caressant son torse tendrement pendant que des petits baisers étaient déposés au creux de son cou. Et il se laissa aller contre ce corps qui le soutenaient par derrière et appréciait le vrai premier contact avec son adoré. Mais il voulait parler. Doucement, en ôtant les mains posées sur lui, il lui fit face.
« Attends, G, je voulais… » « Chut, ne dis rien stp ! » « Mais… » « Rien à dire Nicky ! » « Mais… » « Pas de mais… Moi aussi je t'aime, je t'aime tellement… »
Les larmes revinrent en force mais là au moins il savait que ce n'était pas de tristesse. N'arrivant pas à croire ce qu'il lui arrivait, il prit son visage entre ses mains, passa ses pouces en dessous de ses yeux chocolat tellement beaux pour essuyer les quelques larmes qui y figuraient aussi avant de rapprocher leurs lèvres pour la première fois.
Review, review, j'ai une idée pour le prochain chapitre mais veut savoir absolument si vous en voulez plus ou pas d'abord. Petit YAOI ou juste épilogue ? Réponse franche attendue svp.
