Et oui! Me revoilà enfin!

Je sais, je suis bien longue et je vous adresse toutes mes excuses.

Mes explications ne seront pas suffisantes, j'en ai conscience mais je vous les expose tout de même: d'abord, j'ai toujours eu du mal à finir une histoire. J'ai l'impression de perdre quelque chose. Après celui-ci, il me reste en tout et pour tout deux chapitres. Ensuite, j'ai commencé une autre histoire qui me passionne vraiment et qui me prend tout mon temps. En un mois, j'ai déjà écrit 10 chaptires et j'espère bientot pouvoir vous le montrer, en espérant qu'elle vous plaira.

J'ai écrit ce chapitre 32 sans trop vérifier l'othographe. Vous m'excuserez donc d'avances des nombreuses coquilles qui ont du rester.

Sur ce, bonne lecture!

Chapitre 32: préparatifs

Mon retour au collège de Forks avait un gout étrange. Je vivais une expérience que je connaissais déjà au travers des yeux d'une autre.

Le collège m'avait au départ effrayée, puis intéressée pour finalement m'ennuyer. Ce matin, je sentis que je n'y avais carrément plus ma place. J'avais dépassé ce stade, j'avais besoin d'autre chose.

Je me demandais furtivement si c'était ce que pensait une humaine normale lorsqu'arrivée à la fin de son cursus scolaire, elle obtenait son diplôme et devenait adulte.

Etais-je devenue enfin une adulte ? Au terme de plusieurs milliers d'années, c'était presque risible.

Tous mes amis humains vinrent prendre de mes nouvelles. Jessica était heureuse de me revoir car cela lui permettait d'approcher d'Edward. Mike, lui, regrettait plutôt la présence de ce dernier.

Lire dans l'esprit des autres me venait naturellement depuis mon réveil. Sans que je trouve cela plaisant, m'assurer que personne ne me cache d'informations essentielles, m'était devenue indispensable, même dans ce collège où la quasi-totalité des pensées était partagée entre le sexe et la mode. Quel ennui !

Les cours du matin furent aussi rébarbatifs que dans mon souvenir. La cantine de onze heures trente dut donc une bouffée d'oxygène pour moi. La salle était déjà bondée lorsqu' Edward me prit un plateau et attendit que je pose mon repas. Quand il alla se poser à notre table habituelle, je ne le retins pas le bras.

- Tu verrais un inconvénient si nous changions nos habitudes pour une fois.

Il acquiesça, à nouveau dubitatif devant ma demande à demi mots cachés.

Je saisis alors le plateau et me dirigeai vers Jessica. Je le posai à côté d'elle et tirai deux chaises. Je m'assis au plus près de l'humaine – il ne fallait tout de même pas exagérer, je n'allais pas laisser la place d'Edward à côté d'elle- et lui fit mon plus grand sourire.

- Ca ne vous embête pas si nous venons manger avec vous.

A la table de Jessica se trouvaient Mike, Angela, Tyler et Ban. Ils me regardèrent avec un étonnement qui aurait mérité d'être pris en photographie. Mais ce fut encore plus drôle lorsqu'Edward apparut à ma chaise voisine.

- N…non, pas du tout, pas de problème,… bafouillèrent-ils tous ensembles.

Edward me regarda à nouveau suspicieusement et je l'entendis me demander :

- Mais à quoi joues-tu ?

Le reste des Cullen nous observa quelques secondes avant de mettre des chaises à côté de celle de leur frère et d'affronter les humains.

La situation était plutôt tendue. Les humains ne savaient pas vraiment quoi dire et les vampires n'avaient pas vraiment envie de les aider à ses dégeler.

Personnellement, cette situation m'était totalement indifférente. Je ne cherchais avant tout qu'à finir une situation que, d'une certaine façon, j'avais moi-même déclenchée.

Je saisis une pizza – la seule nourriture à peu près potable – et je mordis dedans avant d'entamer la conversation.

- Rappelez-moi, le bal des finissants n'a pas encore eu lieu.

- Non, murmura Angela qui apparaissait la plus courageuse de tous. C'est vendredi, justement.

- Celui-là, oh ! Super ! m'exclamai-je, sans doute un peu trop enthousiaste. Tu y vas avec qui, Jessica ?

Ben avait déjà invité Angela, Tyler s'était engagé auprès d'une petite rousse que je ne connaissais pas et Jessica attendait avec impatience que Mike l'invite mais celui-ci espérait encore, je ne sais par quel prodige, qu'il avait quelques espoirs avec moi. Les humains ont parfois cette étrange habitude de prendre leur désir pour des réalités, quelque soit les preuves qui viennent à l'infirmer.

Les yeux de Jessica se posèrent subrepticement sur Edward avant qu'elle ne se retourna vers Mike. Elle rougit fortement puis bafouilla à nouveau :

- Non ! Et toi ! Tu y vas ?

- Bien sur, continuai-je sur le même ton jovial. Edward m'a déjà demandé de l'accompagner depuis un mois déjà.

Je sentis Edward remuer sur sa chaise.

- Nous nous remettons à peine de maladie. Carlisle a suggéré que nous ne devrions pas trop nous fatiguer.

J'haussai les épaules et me retournai vers les autres.

- Edward et moi avons attrapé la mononucléose, expliquai-je alors, comme si je ne savais pas qu'ils étaient tous au courant.

- C'est ce qui arrive quand on touche n'importe quoi, s'amusa Emmett.

Ses pensées se dirigeaient clairement vers les Quileutes et les humains.

- Oui, continuai-je. Comme vous pouvez le voir, Emmett se sent très coupable. Nous avons découvert qu'il était porteur sain et qu'il est donc certainement responsable de notre état.

Alice pouffa et le grognement d'Emmett eut pour effet de stopper l'inclinaison de mes amis à faire de même.

- Mais fort heureusement, nous sommes complètement rétablis et nous aurons tout le temps de nous reposer à nouveau après. Je vais donc avoir besoin d'une robe. Dis-moi, es-tu libre ce soir, Alice ?

Le petit lutin me regarda comme si j'étais devenue subitement folle.

- Pour faire les boutiques ?

- Oui !

- Avec moi ?

- Oui !

Elle sauta sur sa chaise et se mit à battre des mains comme une gamine devant une énorme glace au chocolat.

- Génial ! Je sais déjà ce qu'il te faut. Ca va être super! Super ! Super !

Je ne rejoignis pas mes amis chanteurs. Je ne voulais pas leur mettre la puce à l'oreille.

Alice et moi partîmes le soir pour Port Angeles. Alice avait bien pensé pousser jusqu'à Seattle mais je voulais aller rendre visite aux Quileutes par la suite et le temps nous manquait.

Alice avait bon goût en matière vestimentaire. Je la laissai choisir pour moi une robe de soirée simple mais bien taillée qui m'allait à merveille. J'en achetai une seconde et en profitai également pour prendre quelques tenues légères pour l'été.

Mon amie me regarda d'un air soupçonneux. Je n'avais jamais été très dépensière et lorsque je finis avec une bonne dizaine de paquets, elle comprit bien que j'avais une idée bien précise.

- Je ne compte pas m'enfuir, Alice, lui dis-je simplement. Fais-moi confiance.

Elle n'insista pas.

Je laissai Alice et les paquets devant la maison et partis immédiatement pour la Push.

J'hésitai quelques instants avant de savoir chez qui j'allai me rendre en premier. Mais j'optai rapidement pour Sam. Il me semblait normal que le chef de la meute soit le premier à remercier.

La maison était un peu à l'écart du village. Il m'accueillit, un grand sourire aux lèvres et m'invita à entrer. Tous étaient présents autour de la table, à l'exception de Jacob. Emilie leur servait des pancakes.

- Où est Jacob ? demandai-je alors.

J'avais posé le doigt là où cela faisait mal. Les cinq Quileutes attablés baissèrent le nez, gênés et un silence pesant s'installa.

- Nous avons eu des mots, m'expliqua succinctement Sam.

J'aurai du culpabiliser. Je savais que j'étais mêlée à ces « mots ». Mais rien !

Quel étrange sentiment de ne pas se reconnaître !

- Avant ou après la bataille ? demandai-je alors, d'un ton détaché.

Sam me fixa quelques secondes, intrigué lui aussi, mais il se ressaisit très vite et continua :

- Avant ! Lorsque tu es venue nous voir pour annoncer ton départ, il est devenu furieux. Il était persuadé que les Cullen t'avaient forcée à nous dire tout ton discours.

- Oh ! Et pas toi ! affirmai-je.

Il eut un petit sourire narquois.

- Disons que je trouvai la situation étrange. Toi qui vient nous annoncer ton départ, sans raison valable, simplement pour prendre l'air et qui nous demande de ne pas en vouloir aux Cullens. Je me suis dit que si tu tenais si peu à nous, tu n'aurais pas fait tous ces efforts pour éviter l'affrontement.

Je me trouvai soudainement stupide. Moi qui avais pensé, à ce moment-là, avoir tout bien ficelé.

- Tu n'as pas réussi à convaincre Jacob.

- Comment as-tu deviné ? ironisa-t-il. Jacob a foncé chez les Cullen. Nous avons frôlé l'incident diplomatique que tu redoutais tant. Fort heureusement, Carlisle est assez posé, pour un vampire. Nous avons confronté nos hypothèses et nous en sommes arrivés au fait que tu étais partie pour noue protéger. Nous avons alors compris qu'il ne pouvait pas s'agir des Volturis.

- Quelle perspicacité ! ricanai-je. Et Jacob ?

- Je pense qu'il hésite entre le remord de ne pas avoir compris tout de suis et celui de ne pas avoir pu massacrer un ou deux de tes amis.

Je vis parfaitement duquel de mes « amis » il faisait allusion.

- J'irai lui parler plus tard, lui promis-je. En attendant, je tenais à vous remercier. Décider de venir m'aider était tout à fait stupide et irresponsable mais je sais maintenant que j'aurai été bien incapable de me débrouiller sans vous tous.

Les six Quileutes ricanèrent.

- Voilà une drôle de façon de nous remercier, ajouta Paul.

- J'ai une dette envers vous, continuai-je. J'aimerai te parler si tu es d'accord.

Sam me jaugea puis d'un coup d'œil, indiqua la sortie à ses amis. Les cinq garçons disparurent rapidement après m'avoir saluée. Emilie allait faire de même mais je la retins.

- Ce que je me propose de faire n'équivaut en rien l'aide que vous m'avez apportée, j'en suis consciente, commençai-je. Mais c'est tout ce qui me vient à l'esprit actuellement.

Je me tournai vers Emilie et soulevai une mèche de cheveux pour montrer la cicatrice qui lui barrait la moitié du visage.

- Vivre à nos côtés pour une humaine est à la fois un geste courageux et dangereux, continuai-je. En venant combattre les nouveau-nés dans cette clairière, vous n'avez pas secouru que moi. Vous avez également permis de sauver les habitants de Forks que j'avais inutilement mise en dans en les côtoyant. Si tu le désires, Emilie, je peux moi aussi, effacer ce qui est advenu en vivant auprès de notre espèce.

Emilie recula d'un pas, incertaine.

- Je n'effacerai pas le souvenir de ta blessure. Il est trop ancien et cela pourrait affecter ta relation avec Sam. Mais je peux faire disparaitre les marques. Ce ne sera absolument pas douloureux, pour toi. Mais je comprendrai que tu ne le veuilles pas. Quand tu auras fait on choix, fais-moi le savoir.

Sam n'avait pas bougé. Je ne savais pas s'il était totalement tétanisé par la nouvelle ou s'il désirait que seule Emilie se décide.

Je me retournai vers la porte et m'apprêtai à sortir lorsque je sentis une main se poser sur mon bras.

Elle avait déjà fait son choix.

Je fus surprise par la rapidité et la facilité de l'acte. Vaincre Chléon m'avait fait développer mes capacités de manière étonnante.

Sam admirait sa compagne et ne se rendit pas compte que je les quittai, un peu nauséeuse.

Edward ne me posa pas de questions, même si je sentis qu'il était soupçonneux.

- Sam et Jacob se sont disputés, tu le savais ?, lui demandai-je.

- Oui, confirma-t-il. Même si cela s'est un peu amélioré après la bataille, je crois que leur relation ne sera plus ce qu'elle était.

- Comment cela ?

- Sam avait interdit Jacob de nous rendre visite. Sa position de chef de meute rendait son ordre obligatoire. Jacob a réussi à passer outre car il était le fils et petit-fils de chef des Quileutes. A présent, il y a deux alphas…

- Ce n'est pas une très bonne chose, commentai-je.

- Non ! Il va falloir qu'ils fassent un choix rapidement. Le territoire est trop petit.

Jacob devait partir. Un sentiment de malaise m'envahit. Je ne voulais pas que Jacob parte.

Plus que cela, je savais qu'il ne devait pas partir.

Je tentai donc de le retrouver le jeudi soir.

Mes dons me conduisirent à la lisière de la forêt, au nord-ouest de Forks. Je le trouvai assis sur un rocher à regarder l'océan. Je vins m'asseoir à côté de lui sans qu'il ne s'en aperçoive. Il sursauta quand il se tourna enfin vers moi. Mais il s'apaisa bien vite.

Je préférai rester silencieuse et attendre qu'il prenne la parole le premier. Je fixai l'océan. Au loin, un oiseau avait attrapé un poisson entre ses serres et s'envolait pour le dévorer plus loin.

- La belle au bois dormant s'est réveillée, me dit-il.

- Et le Béta est devenue Alpha, terminai-je.

Je le vis faire une grimace avant de me fixer à nouveau. Il n'était pas habitué à ce que je sois aussi directe.

- Ce que tu as fait était complètement stupide, Jacob, continuai-je, sur un ton neutre tout en prenant soin de ne surtout pas la regarder. Aller provoquer les Cullens simplement par défoulement, alors que tu savais qu'ils n'étaient pas coupables.

- Qu'est ce que tu en sais, cracha-t-il.

- Edward n'est pas le seul à savoir lire dans les pensés, je te rappelle.

Il eut un mouvement de recul.

- Je te rappelle que je suis l'origine et vos deux espèces. Je possède donc les pouvoirs des vampires et des lycaons.

- Et ca fait longtemps que tu le fais ?

- C'est la première fois aujourd'hui pour toi – je fis un geste de la main pour stopper sa questions – C'est une trop longue histoire.

Il me fixa encore longuement.

- Tu as changé, murmura-t-il.

Je ricanai.

- Figure-toi que tu n'es pas le premier à me le dire depuis lundi. Tuer son frère et découvrir qu'on a passé des milliers d'années à fuir quelqu'un pour rien, ca te remet en questions.

- Des questions sur quoi ?

- Pas sur ce que tu penses, en tout cas. Mais cela ouvre des perspectives.

Je fronçai les sourcils tout en continuant admirer l'oiseau de proie s'évanouir derrière les arbres. Mes pensées étaient encore confuses sur ce qui s'était réellement passé ces dix derniers mois. Et pourtant quelque chose commençait à prendre forme.

- Crois-tu au destin, Jacob ?

- Le destin ! Le truc du genre toute ta vie est déjà écrite quelques part et tu n'y peux rien.

- Quelque chose comme ça, minaudai-je.

- Non ! Sinon quel intérêt de vivre.

- Jusqu'à cette semaine, je pensai comme toi. Et pourtant, il y a certaines choses que je ne me parviens pas à m'expliquer.

- Comme…

Je pris une profonde respiration avant de me lancer.

- Lorsque j'ai fui le village, j'ai surtout cherché à m'éloigner de Chléon. Je savais qu'il était pour moi la menace ultime. Une de mes capacités consiste à pressentir lorsqu'il est proche. Je me suis toujours enfuie à temps. J'ai passé des milliers d'années à guetter son approche. Et puis, j'ai rencontré les Cullens. A partir de ce moment là, tout a changé. Je n'ai plus senti le danger. Pourtant il était si proche, à quelques kilomètres, en train de créer une armée afin de me soumettre et je n'ai rien vu. Aucun signe d'un quelconque présage.

- Une panne, ca peut arriver, commenta-t-il, sceptique.

- Pire, continuai-je sans relever. D'une certaine façon, je l'ai appelé. En aidant Tulsa, je lui ai révélé ma position.

- Qui est Tulsa ?

- Peu importe. C'est comme s'il était inscrit qu'il était temps que je l'affronte.

- Ou comme si tes dons le savaient.

- Cela revient au même, ajoutai-je en le regardant. Tout ceci m'a amené à rencontrer Edward, à faire partie de la famille Cullen, à trouver des amis humains auquel je suis attachée et à te connaître, toi et les Quileutes.

- La fin n'est pas rose pour tout le monde, remarqua-t-il.

- Elle l'est pour moi et je pense pouvoir dire qu'elle l'est pour Edward. Pour Victoria, j'y travaille. Il ne reste donc plus que toi,…

Ce fut au tour de Jacob d'avoir un rire amer.

- Tu comptes te dédoubler pour vivre avec Edward et moi ?

- N'essaye pas d'être cynique, ca ne te ressemble pas.

- Je me bats avec ce que j'ai. Et depuis que nous avons combattu Chléon, c'est tout ce qu'il me reste.

Je restai silencieuse quelques instants. Je savais ce que je voulais mais l'exprimer correctement était difficile.

- Edward m'a demandé en mariage, commençai-je.

Jacob se leva d'un coup, furieux.

- Si tu es venue pour m'annoncer cela, tu pouvais rester chez toi.

- Je sais que tu t'attendais à une autre fin mais elle ne sera pas, Jacob. Je ne sais pas expliquer pourquoi, mais je sens, je sens que tu as une place importante dans ma vie. Tu ne dois pas partir. Il doit se passer encore beaucoup de choses.

- Attendre qu'une illumination te vienne, cracha-t-il. Dois-je faire comme toi, te terrer dans un trou durant des milliers d'années pour que ton destin se rappelle de moi ? Qu'est ce que tu en sais ?

Je me tus, attendant que l'orage passe. Il me fixa d'un regard qui se voulait haineux mais je sentais derrière cette apparence une grande détresse.

- Aujourd'hui tu vas partir, continuai-je. Et je comprends maintenant que quoi ce je dise, je ne pourrai pas te convaincre de revenir sur ta décision. Mais un jour, tu reviendras. Car c'est ainsi. Ton destin n'est pas d'être éloigné des Quileutes et de moi.

- Te voilà bien arrogante ! Ou est passée la jeune femme timide et craintive.

- Elle est partie avec ton caractère jovial et ta bonne humeur, me semble-t-il. Nous avons tous changé Jacob.

Il me jaugea et je sentis qu'il n'était pas convaincu par mes propos mais que je l'avais fait réfléchir.

Il se retourna sans rien ajouter et disparut vers le nord au milieu des bois.