Comme prévu, voilà l'avant dernier chapitre avant la fin de la semaine. Finalement, j'ai eu moins de mal à l'écrire que ce que j'avais pensé. Je remercie tous ceux qui m'ont encouragé à travers leur review. Et je vais essayer de cloturer rapidement cette histoire afin de pouvoir me lancer entièrement dans mon projet du moment: Qumran.
Je rappelle que tous les personnages de cette FF appartiennent à SM
Chapitre 33 : invitations
Je n'avais pas désiré revoir Victoria avant le vendredi après-midi. Je ne voulais pas lui mettre la puce à l'oreille, lui faire comprendre ce que je manigançais depuis le début de la semaine derrière son dos. Le matin, j'avais attrapé Jim et je lui avais exposé une partie de mon plan.
- Ce soir, mon ami, tu invites Victoria au bal des finissants !
Il avait haussé les épaules avec dédain.
- Victoria ne va jamais à aucune fête, sauf le bal du Carnaval avec son père. Et puis, j'aime pas danser.
- Ne me raconte pas de salade, Jim. Tu la dévores des yeux depuis que je te connais, avec ton petit air de caniche désespéré. Alors ce soir, tu arrêtes de jouer les amoureux transis et tu fais une exception. Et Victoria viendra,…, mais elle ne le sait pas encore, c'est tout !
Jim leva des grands yeux ahuris vers moi. Je commençais à en avoir l'habitude.
J'attendis également le vendredi matin avant de tenir informer les Cullen. Je n'avais pas envie de longs palabres sur le pour et le contre. Je connaissais déjà les réticences de certains – Rosalie et sa crainte de devoir quitter Forks trop tôt et de devoir, encore, recommencer le lycée. Jasper que la moindre goutte de sang rendait fou et qui préférait se tenir à l'écart de tout conflit humain. – et je connaissais ceux qui me soutiendraient.
Alice sauta littéralement de joie quand je lui demandais de rester avec moi le soir afin d'aider mon amie humaine à se préparer. Elle allait pouvoir jouer à la poupée Barbie en grandeur réelle et il n'en fallait pas plus pour la mettre la divertir. Je proposais à Rosalie de nous accompagner mais elle refusa poliment, le contact avec des humains était pour elle une obligation due à leur choix de vie et elle évitait tout rapprochement avec eux.
Edward comprit que Victoria n'accepterait pas qu'un homme soit mêlé à cela. Et je crois aussi qu'il avait compris que j'avais besoin d'aider, seule, mon amie. J'avais commis l'erreur de ne pas réagir face à Chléon, de ne pas me battre et d'accepter la défaite alors même que la bataille n'avait pas commencé. Je devais mener cette bataille là jusqu'au bout.
Je mis la robe de Victoria dans la voiture avant d'aller au collège et j'attendis quinze heures avant de la sortir. Alice attendit tranquillement à l'extérieur de l'atelier.
Victoria finissait toujours ses journées dans cette pièce. J'avais compris depuis longtemps que c'était sa manière de se concentrer avant d'affronter la maison. Je posai la robe à côté d'elle et m'assis en face. Je la vis jeter un bref coup d'œil avant de retourner à ses partitions.
- Jolie robe, commenta-t-elle dans un grognement. Elle t'ira à merveille.
- Elle n'est pas pour moi. Mais pour toi !
Quelques feuilles tombèrent au sol. Elle me regarda avec un éclair de frayeur.
- Qu'est-ce-que tu me chantes, Bella ! s'exclama-t-elle.
- Jim t'invite au bal de ce soir. Alice attend à l'extérieur pour m'aider à te coiffer et te maquiller. Il ne manque plus que toi.
- Ne te fiche pas de moi, Bella. Tu sais très bien que même si je le voulais, je ne pourrais pas venir.
- Bien sur que si tu le veux. Et tu le peux ! Il faut juste que tu arrives à comprendre que ton père n'est pas aussi puissant que tu le penses et que tu peux le battre. Ce soir, je vais te prouver que tu peux le faire.
Elle se leva d'un bond et recula. Elle ressemblait à un petit oiseau acculé. Avais-je cet air là le mois dernier ? Certainement !
- Va-t-en, Bella ! Je ne veux plus te voir.
- Non seulement je ne partirais pas mais en plus tu vas venir avec moi.
- Et tu t'imagines que tu vas pouvoir me forcer !
- Oui !
Sur ce, je l'empoignai par le bras, pris la robe de l'autre main et l'entraînai vers la sortie. Elle cria un peu mais finit par me suivre plus docilement que je ne l'avais prévu. Je ne sais pas si c'était ma nouvelle détermination, un don que j'avais et que j'usais sur elle sans m'en rendre consciemment compte ou si finalement, elle s'était résolue à ce que cette pénible situation s'arrête enfin mais elle ne fit pas de scandale non plus pour s'installer dans la voiture.
Alice nous mena tout droit à la maison des Cullen. Nous ne croisâmes aucun autre membre de la famille lorsque nous montâmes droit dans la chambre du petit lutin.
Alice était enthousiaste. Elle faisait la conservation toute seule, sautillant, exultant devant la beauté de la jeune adolescente, se navrant de ses tenues fades et de ses cheveux ternes. Elle parvint à faire sourire Victoria qui angoissait de plus en plus au fur et à mesure que les minutes s'égrenaient. De temps en temps, je lui envoyais des ondes positives pour la calmer. Le but était qu'elle aille bien jusqu'au moment du bal. Le reste, je m'en chargeai.
Victoria était magnifique dans sa robe de mousseline beige rosée. Alice l'avait superbement coiffée et maquillée et Victoria même eut du mal à se reconnaître quand Alice accepta enfin de la mettre devant une glace.
Tandis que nous descendions les escaliers, j'appelai le sheriff Swan pour lui demander de rester à proximité de la salle de bal dans la soirée. Charlie Swan parut d'abord étonné, puis quand je lui rappelai qu'il m'avait promis de jeter un œil sur le maire, il m'assura qu'il serait là.
Les garçons étaient déjà partis et Carlisle avait voulu être présent également. Esmée fut très chaleureusement, comme d'accoutumée. Elle voulut absolument prendre une photographie de nous trois avant que nous ne partions.
Jim fut présent à notre arrivée. Ses yeux pétillaient de bonheur et je savais que Victoria allait passer une bonne soirée jusqu'à l'arrivée de son père.
Edward vint alors m'accueillir. Alice s'était également occupée de moi, plus rapidement, ce qui m'avait soulagée car j'avais découvert que je n'aimais toujours pas jouer à la poupée. Il me décocha un superbe sourire, et mon cœur s'emballa un instant devant son regard brulant.
- Tu es plus belle que jamais, m'assura-t-il en me prenant par la taille pour m'entraîner vers la musique.
- Merci ! Tu n'es pas mal non plus.
Une bonne cinquantaine d'adolescents étaient déjà présents et le D.J., un homme insipide d'une quarantaine d'année qui semblait ne pas s'être remis des années quatre-vingt, gigotait devant sa sono.
Edward m'invita à danser. C'était un exercice où je m'étais peu exercée, à peine trois ou quatre fois depuis que je vivais avec les Cullen, mais Edward était si bon cavalier que je me sentis à l'aise et je me laissais entraîner.
- Et maintenant ? me demanda-t-il.
- Maintenant ! Nous attendons que son père réalise qu'elle est venue au bal.
L'attente ne fut pas longue. Une grosse demi-heure plus tard, je perçus Jenkins qui arrivait à vive allure dans le parking. Je rejoignis aussitôt Victoria, suivie de près par toute la famille Cullen. Même si pour l'occasion, je n'avais pas besoin d'eux, se sentir entourée était agréable.
- Désolée Jim, mais je te l'emprunte un moment, dis-je simplement en saisissant Victoria par le bras et en l'entraînant dehors.
Dès que nous fûmes un peu plus loin, je lui chuchotai :
- Ton père est dehors.
Elle se raidit aussitôt et je lus la panique l'envahir.
- Je suis là, lui dis-je simplement. Je reste à tes côtés. Ce soir sera le dernier où il pensera avoir le pouvoir de te battre.
- Tu n'es qu'une ado comme moi, Bella. Tu ne peux rien faire face à ton père.
J'eus un sourire mauvais !
- Ca, ca m'étonnerait ! ricanais-je.
Le parking était dans une demi-pénombre, faiblement éclairé par quatre lampadaires. Nous entendîmes une porte de voiture claquer et je vis la grande et longue silhouette du maire de Forks arriver rapidement vers nous.
Par la pensée, je demandai aux Cullens de rester dans un endroit où Jenkins ne pouvait les voir. Les humains ont des facultés visuelles moins développées que les nôtres. Le maire devait croire que nous étions seules toutes les deux : cela permettrait de mieux lui délier la langue.
Je me mis devant Victoria, comme si je voulais la protéger. Je savais que cela mettrait son père d'autant plus en rage.
- Victoria, hurla-t-il. Tu rentres immédiatement à la maison.
Derrière mon dos, je sentis mon amie se recroqueviller sur elle-même. Je n'avais pas l'intention de laisser Victoria rentrer avec lui.
- Elle n'ira nulle part, lui lançais-je d'un ton sec qui ne désirait aucune objection. Victoria a été invitée au bal par Jim et elle s'y amuse follement.
- Ce n'est pas à toi que je m'adresse, sale petite fouine, alors pousse toi et laisse Victoria venir avec moi.
Victoria commença à se rapprocher mais de la main, je le repoussai vers l'arrière. Je devais le mettre encore plus en colère. Derrière lui, je percevais la présence de Charlie Swan. Il n'avait pas entendu le début de notre conversation mais je devais faire en sorte que maintenant, il n'en rate pas une miette.
- Et qu'est-ce qu'il se passera, Mr Jenkins, lorsque Victoria rentrera à la maison avec vous ?
- Ca ne te regarde pas.
- Battre une enfant est illégal et immoral, Mr Jenkins. L'aider à se sortir de cet enfer est le devoir de chacun et à cet égard, cela me regarde.
Jenkins regarda autour de lui, pour être sur que personne ne puisse le voir ni l'entendre. Je fis en sorte qu'il n'aperçoive pas le sheriff : manipuler l'esprit de ce monstre était d'une facilité plaisante.
Il s'approcha alors de moi et m'agrippa par le bras. Il me serra fort, pensant me faire mal. Quel idiot ! S'il savait…
- Écoute-moi bien, petite idiote. Tu n'es qu'une orpheline adoptée par le docteur Cullen. Ici, tu n'es rien, une pauvre fille abandonnée par ses propres parents. JE SUIS le maire de la ville de Forks, un dignitaire respecté par tous depuis des années…
J'avalai la boule de haine qui grossissait au fond de ma gorge. En d'autres circonstances, je lui aurai bien montré qui de nous d'eux était le plus puissant. Mais Charlie, maintenant, était assez près de nous pour entendre tout de cette conversation et je devais juste continuer à laisser parler Jenkins.
- Ma fille a commis une faute impardonnable, elle m'a désobéi. Il est de mon devoir de la punir pour qu'elle ne recommence plus. Je n'admettrai jamais qu'elle devienne comme toi, une sale petite garce. Et tu auras beau le crier sur tous les toits, qui te croira ?
- Moi ! dit simplement une voix derrière lui.
Jenkins se retourna rapidement et se retrouva devant Charlie Swan qui le toisait d'un regard froid et haineux.
J'avais réussi !
Le maire se lâcha subitement, blêmit et se mit à balbutier :
- Sheriff, qu'est ce que vous faites là ?
- Je suis venu voir si tout se passait bien ici ! Et apparemment, j'ai bien fait.
- En fait ! Je venais récupérer ma fille. Il commence à se faire tard. Viens Victoria, nous rentrons !
Charlie Swan se positionna entre Jenkins et nous deux.
- Je ne pense pas, monsieur le maire.
- Mais qu'est-ce qu'il passe, sheriff ?, toisa le maire qui avait repris un peu contenance.
- Il se passe que je viens d'entendre votre petit discours, monsieur le maire, et qu'il serait préférable que votre fille consulte un médecin et un psychologue à l'hôpital.
- Ma fille a besoin de ne voir personne, cracha Jenkins. J'exige que vous me laissiez la récupérer et que nous puissions rentrer chez nous !
Je me penchai alors légèrement pour que le maire puisse me voir et d'une voix toute innocente, je lui demandais :
- Mais où se trouve votre seconde fille, monsieur le maire ?
Jenkins blêmit à nouveau. Charlie Swan repéra le malaise.
- Vous avez raison, Mr Jenkins, nous allons faire un petit tour chez vous.
Les Cullen s'étaient rapprochés de nous maintenant. Carlisle les avait rejoints.
- Je vais prendre Victoria dans la voiture avec moi, suggéra-t-il. Je pense qu'il serait préférable que je vienne avec vous.
Charlie Swan acquiesça et empoigna fermement le maire pour l'entraîner vers sa voiture sous les protestations de plus en plus injurieuses de l'homme.
Edward mit son bras autour de ma taille. A nouveau, je me sentis entière.
- Où est sa sœur ? demanda-t-il.
- Dans la cave, répondit Alice à ma place, les yeux dans le vague. Mais tout va bien se passer. Victoria et sa sœur vont enfin avoir une vie plus normale, chez une tante maternelle.
A travers son esprit, je voyais le futur de celle qui resterait toujours mon amie, même si je savais que dorénavant, je ne la reverrais plus. Elle apprendrait à reconstruire sa vie et même si elle ne serait pas parfaite, elle serait au moins, comme l'avait souligné Alice, normale.
Je n'avais pas désiré l'accompagner à sa maison. J'avais fini ma tache. Et comme je devais apprendre maintenant à laisser mon passé et Chléon derrière moi, je devais laisser Victoria vivre son futur.
- Veux-tu que nous rentrions à la maison ?, me suggéra Edward.
- Non ! déclarai-je en le tirant vers la salle. Je veux danser.
Il fut un peu surpris mais se laissa volontiers faire, un sourire aux lèvres.
Une fois retournée à l'intérieur, j'expliquai brièvement à Jim, sans rentrer dans les détails, que Victoria avait du partir et je le laissai aux bons soins de Melissa et Tom qui commençaient à lorgner d'un mauvais œil le D.J. dont l'incompétence et l'exubérance exaspéraient tous les adolescents. Je leur suggérai qu'ils seraient bien meilleurs à sa place et il n'en fallut pas plus pour que tous les trois s'approchent de la sono et commencent à choisir leur playlist.
Une chanson plus douce emplit alors la pièce, au grand soulagement des couples qui désiraient se rapprocher à cette heure tardive. Edward me poussa vers la piste. Nous commençâmes à bouger à l'unisson, les yeux dans les yeux, un fin sourire aux lèvres. Durant cet instant, les autres ne comptaient plus et je me retrouvas enfin comme avant, avec l'homme que j'aimais plus que tout au monde.
- Es-tu heureuse ? me demanda-t-il enfin.
- Toujours avec toi, répondis-je.
Il fronça les sourcils. Ce n'était pas la réponse qu'il attendait. Il avait pensé, à juste titre, que mon comportement tout au long de la semaine avait pour unique raison que l'aboutissement de ce soir, l'emprisonnement prochain de Jenkins et la délivrance de Victoria et de sa sœur.
Il se trompait. Ce n'était qu'une étape, l'ultime avant ce que je désirai vraiment faire.
Le désir est un sentiment très puissant, songeai-je. Il ouvre les portes vers un univers fantastique.
Et le désir est personnel. J'allai enfin pouvoir faire ce que JE voulais vraiment. Mais pour cela, j'avais du auparavant régler tout ce que j'avais pu autour de moi. Quoi que je fasse, quel que soit les changements dans ma vie, je crois que je resterai toujours celle qui voudra aider les autres avant de s'occuper d'elle-même.
- Je sais que, d'une certaine façon, je suis différente depuis une semaine, lui expliquai-je doucement. J'ai découvert que j'étais enfin libre de mes faits et gestes et cela ne m'était encore jamais arrivé. C'est un sentiment étrange et j'avoue que moi-même, je ne comprends pas tout de ce que je suis maintenant.
Edward ne répondit pas. Il attendit sagement que je mette mes idées en ordre pour continuer.
- Quand je me suis réveillée la semaine dernière et que j'ai réalisé que je pouvais désormais faire tout ce que je désirai sans avoir peur de Chléon, je me suis fixée plusieurs objectifs. Je sais qu'un jour ou l'autre, notre immortalité interrogera les gens et que nous devrons partir. Je voulais résoudre le problème de Victoria avant. Je voulais aussi remercier les Quileutes même si Jacob ne sait pas encore quel est sa véritable place dans toute cette histoire, j'ai fait de mon mieux pour clôturer mon passé et pouvoir commencer à aller de l'avant. J'ai envie d'une dernière chose, Edward…
Nous nous arrêtâmes de danser, en bordure de la salle. Il me fixa, un peu inquiet.
- Durant les milliers d'années où j'ai vécu, j'ai souvent pensé à ce que j'aimerais faire. J'ai eu quelques idées loufoques – je souris – et d'autres qui n'ont plus lieu d'être maintenant. Mais il y en a une qui revenait régulièrement et aujourd'hui, j'ai envie de l'accomplir. Je vais devoir partir et faire un long voyage, Edward, très loin,…
Je sentis son corps se crisper et sa respiration se stopper.
- Il y a une chose que j'aimerais que tu fasses pour moi, Edward, murmurai-je.
- Tout ce que tu veux, Bella ! répondit-il, paniqué.
- Je voudrais que tu m'accompagnes.
