Épisode 5 :

«Tu avais l'intention de m'en parler quand ? » Le ton plein de reproches de Michael énervait déjà Brian qui essayait de se concentrer sur le changement de cartouche d'encre de son imprimante.

«Mickey... Me fais pas ta crise de bonne femme hystérique ! Ça y est maintenant, c'est fait... T'es au courant ! »

«Oui... Et le dernier, comme d'habitude ! Tout Pittsburgh l'a su avant moi !»

«Dramatise pas... Seulement ta mère...»

«C'est bien ce que je disais, tout Pittsburgh !» Rétorqua Michael...

«Mais enfin, quelle mouche t'a piqué ? Je croyais que la paternité, c'était pas ton truc.»

«Et alors, on a le droit de changer d'avis, non ? C'est toi qui me parlais d'évoluer, de devenir plus... Mature... Tu devrais être content ! Et puis Justin... » Il n'eut pas le temps de finir sa phrase.

«Justin ? Mais enfin Brian, c'est un gosse... Il a 21 ans, vous êtes inconscients »

«22, il a 22 ans... Et de nous tous, c'est lui qui en a le plus dans la cervelle ! Crois moi ! Et puis arrête de flipper comme ça... Je vais pas te demander d'assumer à notre place, alors relax, détend-toi... Tu veux un joint ? »

«Arrête Brian... Et puis, je croyais que tu avais laissé tomber tout ça ? »

«C'est vrai... Mais je garde une petite réserve pour les cas d'urgence et vu ta tête, là y a urgence ! »

«Brian, tu crois vraiment que Anna, c'est... Une bonne idée ? »

«QUOI, Anna ? » La voix de Brian se fit plus cassante, son regard, noir et menaçant.

«Ben... Tu sais... T'as pas peur qu'elle se barre... Qu'elle vous plante là, que vous restiez comme 2 cons ? »

Brian se contenta de sourire à Michael, posa un baiser sur son front, lui claqua violemment les fesses en lui disant «Allez, Desperate house wife... Dépêche toi de rentrer à la maison, ton mari va rentrer, et ses chemises sont même pas repassées... Souillon ! »

Jennifer avait fait connaissance d'Anna quelques jours seulement après son arrivée, elle était venue régulariser son dossier de location.

«Vous connaissez Brian depuis votre enfance, je crois ?»

«Depuis 19 ans Madame et je lui dois d'être en vie ! »

Drôle de jeune femme, se dit Jennifer, elle a au moins cela en commun avec Justin... S'il est vivant et debout aujourd'hui, c'est bien aussi grâce à ce diable d'homme !

Brian... Jennifer se souvenait comme elle l'avait détesté, comme elle avait souhaité qu'il n'ait jamais croisé le chemin de son fils... C'était il y a 5 ans déjà. Aujourd'hui, celui qui l'appelait «Belle maman», sourire en coin, avait gagné sa confiance et son respect, elle savait combien il aimait son fils, et comme il l'avait prouvé maintes fois. Entre eux 2 s'était installée une sorte de tendre complicité, elle reconnaissait volontiers qu'elle avait appris à aimer cet électron libre, et que son fils était heureux, et apaisé depuis leur mariage.

Le projet de bébé avec Anna ne l'avait pas surprise, ce qui l'inquiétait, c'était cette décision de ne pas vouloir savoir qui en serait le père.

«Justin, dis moi... Sincèrement, tu n'aurais pas préféré ne pas avoir de doute sur la paternité du bébé ? » Jennifer posait le plateau du thé devant elle.

«Ce sera la surprise maman, Brian est persuadé que c'est lui » Répondit le jeune homme en souriant.

Mais la vérité, sa mère l'avait bien devinée... Justin n'osait avouer que son envie d'enfant l'obsédait, comme il n'osait pas non plus, s'avouer à lui même, qu'il aurait préféré que Brian lui dise de faire cet enfant seul... Mais son homme s'était lancé dans l'aventure avec un tel enthousiasme, que le jeune homme n'avait pas eu le cœur de le couper dans son élan. Et puis, que ce soit son enfant, ou celui de son homme, auelle importance, dans le fond ? Justin en était déjà dingue !

«Anna, on y va là. Le rendez vous est à 10 h... On se bouge, on se motive ! »

Brian tentait de faire activer les troupes, autant dire... Mission impossible. La future maman faisait du 2 de tension ! Elle cherchait, un foulard, puis, ses chaussures, ah oui sa bouteille d'eau... Et aussi sa montre.

«T'as pas besoin de montre, ça fait une heure que je te sonne toutes les 2 minutes ! MAGNE TOI ! »

«Oh parle-moi sur un autre ton. Sinon, je vais vous pondre un psychotique, qui vous coûtera un bras en frais de séances chez le psy pendant 18 ans ! Justin, dis lui qu'il arrête de me bousculer ! »

Justin l'aidait à ranger son fatras dans son grand sac...

«Laisse, je le porte, c'est OK, tu as tout ? » Le jeune homme restait d'un calme Olympien.

«C'est bon, je suis prête ! » Large sourire en direction d'un Brian au bord de l'explosion.

«Aouhhhh ! Mais c'est froid votre truc ! » Le gel appliqué sur le ventre d'Anna avait provoqué un sursaut, suivi d'une grimace...

Les garçons avaient été acceptés ensemble dans la salle d'échographie, non sans un haussement d'épaule de l'infirmière, qui décidément, ne se ferait jamais aux nouvelles mœurs de ce 21 ème siècle !

«Oh oh.. » Fit le médecin.

«Quoi, qu'est ce qu'il y a, un problème ?» Brian était au comble de l'anxiété.

«Regardez... 2 colonnes vertébrales... 2 petites têtes... Nous avons 2 locataires ! Félicitations ! »

«Des jumeaux ? » s'exclama Justin !

«Hétérozygotes !» Répondit le médecin.

«Hétéro quoi ?»

«2 œufs fécondés, regardez... 2 poches... Vous voyez ? Et nous avons ici... Le garçon et là la fille. Bravo, le choix du roi en une seule fois ! Vous avez suivi un traitement de stimulation ovarienne, madame, et dans ce cas, ce n'est pas rare ! Tout va bien se passer, ne vous inquiétez pas. »

Anna n'était pas inquiète, juste un peu... Sonnée... Ceci dit, elle n'était pas vraiment surprise, instinctivement, elle s'était rendue compte qu'un truc bizarre se passait dans son corps, décidément, cette grossesse depuis le début, n'était pas comme les autres.

Brian avait insisté pour qu'on contrôle le nombre de doigts, aux pieds, aux mains... Mais oui, mais oui, tout était parfait !

«Qu'est ce que je disais ? J'en étais sûr ! On a déjà eu des jumeaux dans ma famille...» Brian, l'air satisfait, entamait ses œufs brouillés au comptoir tandis que la vue de la nourriture provoquait un nouveau haut le cœur à Anna, qui préféra aller s'asseoir avec Justin sur une banquette dans l'arrière salle.

«Justin... Ça va pas ? Tu as l'air contrarié. » Dit-elle.

«Non pas du tout... Tu te rends compte ? Des petits jumeaux, c'est génial ! » Le sourire de Justin n'arrivait cependant pas à masquer, le voile dans ses yeux...

Brian massait le ventre d'Anna, avec une crème bizarre qui sentait les algues...

«Putain, c'est quoi le parfum ? Marrée basse un jour de canicule ? » La grimace du futur papa était à la hauteur de l'odeur qui se dégageait du pot !

«Et ça ? Ça te donne pas envie de gerber ? »

«C'est pour la bonne cause... Masse et tais toi... Et vas-y doucement, je suis pas un cheval qu'on étrille ! » Répliqua la future maman, hilare. Puis, son ton se fit plus grave...

«Brian... tu n'as rien remarqué de spécial chez Justin ces derniers temps ? »

«Non, pourquoi ?»

«Écoute, je me trompe peut-être, mais tu devrais parler avec lui... Je crois qu'il vit des choses un peu... Compliquées en ce moment. »

Brian regardait Anna, interloqué.

«Accouche, crache ce que tu as à me dire... On va gagner du temps »

«Ce que tu peux être bourrin des fois ! Bon, écoute, je crois que dans le fond, Justin aurait préféré être le seul père possible... Il fait bonne figure mais, il est un peu déçu, je pense, et toi qui n'arrêtes pas de bassiner tout le monde sur l'évidence du triomphe de tes têtes chercheuses, tout ça parce que il y a déjà eu des jumeaux chez les Kinney ! T'es lourd des fois mon pauvre garçon ! Mets un bémol à ton autosatisfaction et parle à ton mec !»

«Ohhh, mais qui voilà... Le plus craquant futur papa de Pittsburgh... Alors chéri, viens faire du step avec Tatie Emmet...»

Justin posa sa serviette, et alla s'installer sur la machine voisine.

«Ça va mon cœur ? Plus que quelques semaines à tenir... Pas trop nerveux ? »

«Encore 3 mois, et 10 jours.» Répondit le jeune homme...

Emmet le regardait du coin de l'œil. Leurs rapports n'avaient pas toujours été simples au début, Emmet reconnaissait qu'il n'avait pas vu arriver avec plaisir cet ado collant dans la bande... Il avait pensé comme tout le monde, que le dernier coup de Brian ferait un passage éclair, et avait prié pour que pas trop d'ennuis ne découlent de cet épisode. Et puis, finalement, cet enfant était attachant, amusant, intelligent et talentueux, il avait su forcer son respect et son admiration. Et aujourd'hui, c'était en ami sincère et affectueux, qu'il considérait le jeune homme.

«Trésor, qu'est ce qui ne va pas ?»

«Rien... Tout va bien»

«Bébé, c'est moi ! Emmet ! Tu oublies d'où je viens, du Mississippi mon cœur, autrement dit, être extra lucide, c'est dans les gènes chez nous. Alors, aussi vrai que je sais poser du vernis sur les ongles de pieds comme personne, et que je réussis les pan cakes mieux que ma tante Rita, je sais lire dans ces jolis yeux, quand quelque chose ne va pas !» Emmet avait arrêté sa machine et posé les bras autours des épaules de Justin.

«Bébé, pas la peine, j'ai compris... Écoute, ça a vraiment de l'importance pour toi de savoir ? Oui ?

Ça changerait l'amour que tu porteras à ces enfants si ce n'est pas toi leur père ? Non, bien sûr.. Alors mon cœur, ne te rends pas malade, et puis.. on ne sera pas longs à savoir. Si les petits monstres distribuent des coups de pieds aux infirmières, ne font pas leurs nuits avant 8 mois, et tètent leur biberon d'un air lubrique et obscène... Alors, sûr et certain, ce seront les enfants du diable ! En revanche, s'ils dorment comme des anges, sourient dès leur naissance et grattent leurs petits nez de contentement quand il prennent le biberon... Bingo, ils seront de toi. Dans tous les cas de figure tu devrais en discuter avec Brian. Ça te ferait du bien »...

«Mon ange ! Ton homme est rentré ! » Brian jeta sa sacoche sur le fauteuil en cuir, desserra sa cravate, envoya valser ses chaussures... Enfin au calme ! Le loft était vide, Justin n'était pas là et il était... 22h !

Un message sur son portable... Puis un 2ème ¼ d'heure plus tard... Appel chez Anna... Chez Jennifer qui lui suggéra l'atelier.

Brian enfila un jean, les clefs de la voiture en main.

L'odeur de dissolvant, de colle et de peinture mélangés lui montèrent à la tête.

«Justin, aère un peu, c'est insupportable, ce n'est pas bon pour toi, tu le sais bien. »

Brian ouvrait la baie vitrée branlante.

«Et un de ces 4, cette fenêtre va te tomber sur le crâne »

«C'est pour ça que je l'ouvre jamais » répondit le jeune homme dans un sourire... Tout en continuant de peindre.

«Humm... en pleine inspiration ? Tu n'as pas eu mes messages ? »

«Oh, désolé, je crois que mon portable est resté dans la boite à gants »

La toile qui était entrain de prendre forme avait une puissance hors du commun, Justin réalisait une sorte de triptyque d'où semblait pour l'instant, se dégager une jungle urbaine qui se confondait avec des fonds sous marins...

«Waouh...! Tu veux que je te laisse ? Que j'aille te chercher à manger, un truc frais ? »

«Non reste, j'allais finir...» Justin enroula ses bras autours de la nuque de son amant. Celui-ci attrapa un petit chiffon blanc, et commença à enlever les petites traces de peinture bleue qui marquaient ça et là, le visage du jeune homme.

«On arrête de se barbouiller de peinture quand on quitte l'école maternelle, non ? »

«Mmmm ! »... Premier baiser... Au coin de la bouche... 2ème plus appuyé... 3ème les langues qui se touchent, puis se mélangent... Il faisait un peu chaud en cette nuit de début d'été. Brian avait empoigné le t shirt de Justin, et le fit lentement passer par dessus sa tête... Le bout de sa langue agaçait le téton du jeune homme, qui fermait les yeux...

«Tu as vu ? Le trou du piercing s'est rebouché » Dit-il.

«Tant mieux ! J'ai toujours détesté cet attirail de petite folle ! »

Justin souriait «Je sais... J'étais jeune à l'époque » Brian arrêta sa manœuvre, prit ce visage lumineux entre ses main.

«Voyez-vous ça ? Et Monsieur est un vieil homme à présent, plein d'expérience et de sagesse...»

«Sagesse, je sais pas mais expérience, ça c'est sûr j'ai été à bonne école » Adossé à la table qui servait de débarras pour ses pinceaux, Justin fut soulevé, puis assis, ses jambes entouraient à présent Brian... Il entreprenait de déboutonner la légère chemise de coton blanc de son homme, tout en l'embrassant , l'excitation les gagnait.

«Viens.. » suppliait Justin...

«Dis moi que tu m'aimes... Dis-le moi » Répliqua Brian d'un air étrange.

«Bien sûr...»

«Dis-le ! »

«Je t'aime » Déclara le garçon.

«Encore ! Dis-le encore »

Justin le regardait, inquiet, qu'arrivait-il à son homme, ce n'était pas son genre, les effusions... Il y avait quelque chose qui relevait d'un profond besoin d'être rassuré dans cette requête.

«Je t'aime, je t'aime, je t'aime, encore, toujours plus fort... Je t'aime plus que tout, plus que ma vie.»

Le jeune homme avait pris Brian dans ses bras, le couvrait de baisers, sur les yeux, le front, dans le cou...

«Qu'est ce qu'il y a Brian ? Quelque chose ne va pas ? Tu as vu le cancérologue ? Dis-moi.. »

«Non non, tout va bien. Je te l'ai déjà dit... Je suis un con c'est tout ! »

«Oh... Quelle révélation ! » S'écria Justin dans un large sourire, soulagé d'avoir été rassuré sur la santé de son homme...

«Qu'est ce que tu as fait... Brian, si c'est une histoire de back room ou de sauna... je m'en fous. Je te l'ai déjà dit.. »

Brian soupirait.

«Mais non... Simplement, tu aurais dû me dire... »

«Te dire quoi ? »

«Que tu voulais être père et que je n'étais pas invité à la fête »

«Oh, Brian, non, ça va je t'assure ça n'a pas d'importance »

«Si, bien sûr que si... Je suis déjà père, je t'ai enlevé des chances de l'être, je me suis pas rendu compte »

«C'est rien, c'est rien. Quand les bébés seront là, qu'ils soient de toi ou de moi, n'aura plus aucune importance, j'en suis sûr, ça va être magique ! »

«Sûr ?»

«Sur !»...

A cet instant, les 2 amants n'avaient plus besoin de paroles, mais juste de leurs 2 corps mêlés.

La chemise de Brian fut ôtée par des doigts pressés, le bouton de son jean, prestement, ouvert... Dans le même temps, ses mains faisaient glisser Baggy et boxer dans un même geste, libérant de toute entrave, le corps adoré de son Sunshine.

«Attend...» Justin se dégagea pour aller chercher dans un tiroir, une petit bouteille d'huile de massage. Il la tendit à Brian qui le retourna, lui faisant couler au creux des reins, le doux liquide qui dégageait une odeur de Monoi. Ses mains parcouraient à présent les globes pales, lentement, puis le pli sombre, il enduit à nouveau ses doigts de l'ongant, puis, fit délicatement entrer son pouce... Justin gémissait sourdement, cambrait ses reins... Il avait tant besoin à cet instant, de sentir son homme en lui...

«I want you in me...» Avait-il dit quelques mois après son agression, quand Brian lui avait fait retrouver la mémoire. Et cette envie ne l'avait alors plus jamais quitté.

Brian avait commencé à entrer, en lui, puis se retirait, et revenait à l'assaut, provocant à chaque fois, un petit cri sourd, jusqu'à ce qu'il s'engouffre totalement déclenchant alors un râle de plaisir intense, que le garçon ne pouvait contenir... Justin redressait la tête, la bouche entrouverte, les coups de reins de Brian se faisaient plus rapides, plus francs, ne laissant au jeune homme aucun répit... Les dernières secousses emplissant son corps d'une vague chaude et électrique... Qui le laissèrent épuisé, et comblé !

Mon Dieu ! Après tant d'années. Comment cela pouvait être encore aussi fort ?

«Reste, ne bouge pas » Justin détestait quand Brian se retirait. Depuis l'abandon définitif du préservatif, peu avant leur mariage, il adorait que son amant reste en lui.

Brian caressait ses cheveux, d'une main, le corps effondré sur le dos du garçon, la bouche embrassant la nuque blonde.

Seuls au monde, irrésistiblement, seuls au monde...

«Salle de cours d'accouchement sans douleur : 3ème étage, porte 34 ! Ah, prenez l'escalier, l'ascenseur est en panne» Déclarait sur un ton qui se voulait désolé, la réceptionniste de la maternité.

«Super, ça commence bien» Râlait Anna déjà fort encombrée par ses 2 aliens de 7 mois.

Brian avait proposé de faire une pause tous les étages. Après avoir menacé de faire un procès à la clinique, naturellement.

«Non mais franchement, il ne peuvent pas donner ces foutus cours au rez de chaussée ?»

«Entrez, c'est bien ici, soyez les bienvenus»

Une sage femme aux airs de ravie de la crèche, accueillait le «jeune couple», un sourire extatique sur les lèvres. Une dizaine d'autres baleines et conjoints, étaient déjà installés sur des tapis de sols.

Anna était déjà au bord du fou rire, suppliant du regard Brian, de la dispenser de ses commentaires.

La sage femme dut plusieurs fois les rappeler à l'ordre avant que Brian ne lui lâche, à la sortie :

«Soyons sérieux, tout ce qu'aura à apprendre ma femme, c'est à me planter les ongles dans le bras et moi l'art de souffrir en silence ! Ceci dit... Yaouhhhhn hauts les cœurs ! »

Il avait été décidé que les 2 garçons, viendraient en alternance afin de bénéficier chacun de l'enseignement de l'art de ne pas tourner de l'œil pendant l'accouchement de Madame !

Au 2ème cours, un murmure parcourut la salle à l'arrivée de Justin qui accompagnait Anna.

Celle-ci, n'avait pas l'intention de laisser le moindre doute aux gentilles petites baleines échouées sur leur tapis vert pomme.

«Mon amant... On sait jamais, des fois que mon mari soit absent le jour J, comme je sais pas qui est le père en plus !» 20 paires de mâchoires tentèrent en même temps, de ne pas se décrocher !

«Et on se détend Mesdames, fermez les yeux, imaginez que vous êtes au bord d'un ruisseau de montagne, l'herbe est douce, la brise légère... »

«Anna, tu dors, réveille-toi » Dit doucement Justin en souriant.

Depuis qu'on était arrivé au 7 ème mois, les garçons étaient venus s'installer chez elle. Par soucis de prudence, le médecin avait prévenu, que l'accouchement avait des risques de survenir avant terme, et puis... Anna peinait pour tout, ces derniers temps. Elle avait cessé de travailler depuis longtemps, son ventre la gênait dans ses mouvements. Elle avait du mal à trouver la position pour s'endormir, pour rester assise sans ressentir ces cuisantes barres en bas des reins. Bref elle saturait !

«Je te passe la crème ?» Justin avait sorti le pot pestilentiel et massait en cercles lents, le ventre tendu, au nombril proéminent. Anna somnolait...

«Oh... Oh là là ça gigote là dedans, hey les bébés ? C'est la teuf ? » S'exclamait Justin ému. Les multiples coups de pieds des jumeaux faisaient apparaître des petites bosses mouvantes à la surface du ventre de la maman. Il posa son oreille prêt du nombril pour écouter, comme on entend le bruit de la mer dans un coquillage. Anna passait les doigts dans ses cheveux. Et c'est profondément endormis, que Brian les trouva ce soir là... La scène le saisit tellement qu'il pris quelques clichés avec son portable pour garder en mémoire cet instant de grâce...