Doors of death
« Page 3, Mon spleen
Bonsoir cher Journal. Je suis d'humeur massacrante, comme à mon habitude. Mais là je dirais plus qu'habituellement. Je suis fou de rage. Encore me dirais-tu. Le commun des mortels n'est décidemment… Que vanité. Mais, foutre Dieu ! Que serait devenu Poudlard sans son confondateur Salazar Serpentard ! Sais-tu cher Journal qu'il existe encore un héritier à Serpentard, celui qui représente la lignée des sangs purs. Et c'est avec une immense fierté que je te présente celui-ci. Moi. Oui, moi. Et moi seul. Qui a la possibilité d'ouvrir la Chambre des Secrets et de liberer le Basilic afin que tous les élèves de sang mêlé ou d'ascendance moldue soient illiminés. C'est ignoble n'est-ce pas ? J'aime me faire à cette idée. D'avoir le contrôle. De leur faire tous peur. Ce midi, une petite idiote de Serdaigle, première année probablement, avec des couettes et des lunettes rondes, riait comme une imbécile dans les couloirs… »
Je refermais une nouvelle fois le Journal de façon brutal, fourfoyé par ces mots qui s'enchainent indéfiniment. Nous étions à peine au levé du jour, ce matin-là le ciel était grisonnant, presque orgeux. Me levant du lit avec difficulté, je passais un bref coup de main entre mes cheveux emmêlés, baillant pleinement. J'avais la sensation désagréable que plus j'avancais entre ces lignes, plus je me brûlait les ailes. Tout me paraissait de plus en plus amère. Mes journées si moroses sont-elles dues à la simple lecture des chroniques d'un garçon tombé, déchu, désemparé ? Il faut que je trouve le courage de me lever du lit, même si mon corps refuse de répondre.
Soudainement la porte s'était mise à toquer. Je me levais rapidement tout en descendant successivement les marches jusqu'à attérir au seuil de la porte, ouvrant celle-ci, je me retrouvais confronté à une silhouette féminine, que je n'arrivais pas à décrypter puisque mes yeux peinaient à s'ouvrir. Je sentais deux mains déposées contre mon thorax afin de me repousser à l'intérieur du Manoir, puis la porte se refermait sèchement.
_Harry, est-ce que tu vas bien ? Vu dans quel état tu es je dirais que non. Tu as vu ton visage ? Tu n'as pas nettoyé tes vêtements depuis combien de temps ?
_Hermione… Je suis désolé je viens de me réveiller.
_Kreattur ne fait pas le ménage ici ? C'est répugnant… Bref. Je suis inquiète pour toi, nous sommes inquiets pour toi Harry. Depuis un moment je sentais qu'il y avait quelque chose, mais là tu cherches à nous éviter.
_On dirait que vous vivait en meute. C'est bon, j'ai besoin de temps. C'était précisé dans mes écrits. Et tu n'as qu'à te plaindre à Ginny, je suis allé la voir hier et elle m'a honteusement repoussé.
_En même temps, on aurait dit que prenais le large, dans tes écrits comme tu dis. Tes yeux sont incroyablement cernés…
Je sentais Hermione déposer l'une de ses mains contre ma joue, son pouce effleurant ma peau comme pour m'apaiser puis elle repris la parole.
_Je me suis fais un sang d'encre pour toi. Ronald est vraiment… Très en colère après toi.
_Je n'en doute pas une seconde, notre dernière conversation n'a pas été des plus attrayante.
_Tu es quelqu'un de susceptible, tout comme lui. Mais je sais que tu es dur comme de la pierre lorsque tu l'as décidé. Tu es encore fragile, j'ai l'impression que chacune des paroles prononcées prennent des proportions énormes. Harry… Y'aurait-il quelque chose… Dont tu aimerais me parler ?
Je marquais un temps, la regardant intensément à l'intérieur de ses pupilles destabilisantes, finissant par répondre.
_Absolument rien Hermione. Je vais très bien j'ai simplement besoin de repos et de solitude pour réfléchir.
_Je.. D'accord. Sache que je suis toujours là et je pense très fort à toi. Si jamais tu as besoin d'aide, n'hésite pas. Ma porte est toujours ouverte. J'ai apporté ça pour toi, peut-être que ça te remontera le moral.
Elle tenait un livre contre sa poitrine qu'elle déposait entre mes mains juste avant de partir en prenant soin de fermer la porte.
« Les contes de Beedle le Barde. »
Ceci m'arrachant un large sourire, d'ailleurs. Elle me connaissait par cœur.
« Page 4, À contresens
La simulation est mon quotidien. Mon passé, mon présent et mon futur. Ce sourire que tu vois apparaître vainement sur mon visage, cher journal. Il est faux. Je n'arrive plus à sourire. Dans n'importe quelle situation. Je me cache derrière ce masque abominable qui ferait fuir n'importe qui, si l'on me le retirait. Même toi, cher Journal, serais-tu me démasquer ? Evidemment, tu connais tout de moi. Tu es à moi. Tu es une partie de moi. Mais…Tu n'es pas capable de comprendre. Je suis fier de paraître hautain et supérieur dès les premiers abords. Que mon regard glacial transperse littéralement chaque être que je regarde quelqu'un. Ecraser chaque jours ces débris, ces pauvres esprits saugrenus et juvéniles qui n'ont pas leur place sur cette planète. Ils sont réduit à n'être que de la poussière. Un vulgaire souvenir. Sais-tu lire dans l'âme, cher calepin ? Crois-tu que mon regard est le reflet d'une âme blessée ? Cette nuit j'ai rêvé. En train de créer mon futur, de le modeler à ma façon. Mais tu ne comprendras jamais les sous-entendus de mes phrases, et leur réel sens. Qui oserai lire ces lignes ? Il faut être coriace. Courageux. Ou peut-être fou.
Mais par n'importe quel moyen, je saurais qui a lu ce journal. Je suis persuadé que là, tu déglutis. Tu as peur. Nous verrons si ma tâche à réussie, dans quelques années. Mais tout d'abord, je saurais qui tu es petit amateur. Tu oses me défier ? Tenir entre tes mains cette œuvre ? Pauvre saut. La partie ne fait que commencer. »
Je n'en pouvais plus. Pourquoi je m'infligeais cette torture ? Demain, j'irais à la mer et jeterai cette horreur. En attendant un hibou venait d'arriver à la fenêtre, une lettre au bec. J'ouvrais donc avec surprise la fenêtre, arrachant vivement le papier afin de le lire.
« Londres, le 14 Novembre 1998
Monsieur Potter,
En raison des nombreux évènements que vous avez subventionnés ces derniers mois, nous avons l'honneur de vous annoncer que la maison du dénommé Mr Charlus Potter vous a été accordée. Elle vous sera restitutionnée en bon état. Située aux environs de Collinstrown.
Veuillez agréer Monsieur, l'expression de mes plus sincères salutations. »
Je trouvais ça étrange. Pourquoi j'héritais une nouvelle fois d'une maison ? Peu importe. J'étais vraiment très surpris de cette nouvelle. Il fallait absolument que j'aille y jeter un coup d'œil.
M'habillant rapidement, je transplanais. J'arrivais devant la maison, apercevant le toit délabré et sombre. « Bon état, tu parles. »
Quelque part, cet endroit me paraîssait idéal pour être isolé, loin de tout le monde. Après tout, qui pouvait savoir où j'étais. Le jardin était vaste, l'herbe assez haute pour s'y cacher. J'avais la sensation d'être perdu au milieu de nulle part. Je décidais de me glisser dans l'herbe, comme par reflexe puis de m'y allonger. J'observais attentivement le ciel merveilleusement éclairé, me rappelant que la vie offrait de belles choses. Ce n'était pas profond comme discours, je sais. Mais c'est ce que j'éprouvais… Je repense à Ginny. Peut-être avait-elle raison… Peut-être que je suis trop immature, que je suis trop égoïste… Je ne vis pas dans le même monde qu'eux. Je me sens tellement différent…
Dans ma sacoche le journal de Jedusor s'y trouvait. Cette fois-ci, il fallait trouver un moyen de m'en débarasser. Ce Journal ne dégage pas quelque chose qui me paraîssait pas très bon dans mon comportement. Comme ce médaillon que je portais autour du cou, lorsque j'étais à la recherche des horcruxes en compagnie d'Hermione. Ces lignes écrites d'une façon si glacial… Me. Comment dire… Pénètraient les pores et me dévoraient l'intérieur du corps, petit à petit. Je me consume. Peut-être que mettre un terme définitif à tout ça serait la meilleure solution ?
Il jubilerai tellement. Il n'attend que ça. Il ne voulait que ça. Me détruire même après sa mort. Et si quelque part, j'étais lié à lui ? Si j'avais été destiné à mourir en même temps que lui ? Je ne comprends pas comment ils peuvent faire, tous. Comme si de rien n'était. Le monde avançait, la vie continue, mais bien sûr. J'étais hors du temps. J'avais envie de vivre comme ça, sans relâche. Sans limite. Toujours en quête de lumière, mon éclat et ma lueur d'espoir sont partis. Je m'enfonçais dans une impasse sans fin. J'avais l'impression de le voir au loin, encore. Le présent n'était qu'une plaie béante qui ne cessait de s'agrandir et de saigner à flot. J'aimais noyer mes sentiments dans mes veines et je vomissais l'amour. « Bannissez-moi, oubliez-moi. » Disais-je fou de rage, les points serrés qui contrastait parfaitement avec la douceur de l'herbe que je tenais entre mes phalanges, que j'arrachais.
J'étais devant le fait accompli, ça faisait mal. Un mal de chien. Il fallait que je me confie. Pas un imcompétant, ni l'un de ses vulgaires et prétendant devins. Non, ce que je veux, c'est quelqu'un a qui je pourrais vomir mes tripes, sans que cette personne ne comprenne. Qu'elle soit destabilisée, peut-être choquée. Quelqu'un avec qui je n'ai pas vraiment d'accroche.
