Note de l'auteur : Bonjour ! Voici le chapitre 2. Vous trouverez certaines ressemblances dans la situation de Morgause avec ce qui s'est passé dans la saison 3. Comme quoi certaines personnes ne changent jamais :P Et vous aimerez certainement le nom du serviteur d'Uther ^^ !

Bonne lecture et commenter ! :P


Chapitre 2 : Camelot et Orcaney

Un serviteur du nom de Colin aidait Uther à s'habiller pendant que Gwen s'affairait dans la pièce voisine. Son emprisonnement et la trahison de Morgana avait complètement démoli le roi. L'homme autrefois fort de ses convictions, puissant et entêté, n'était maintenant plus que l'ombre de lui-même.

Morgana et Morgause n'avait pas été retrouvées sous les décombres. Arthur avait demandé à Uther ce qu'il planifiait et comment organiser les reconstructions de la ville mais le roi était resté muet. Gaius lui avait dit alors que le roi avait vécu un traumatisme et qu'il lui faudrait du temps pour se remettre de ces évènements. N'étant plus en mesure d'occuper ses fonctions, Arthur dû le remplacer et être à contrecœur nommé régent.

Le roi avait beaucoup vieillit en quelques mois. Ses cheveux gris étaient maintenant presque totalement blanc et également plus long car il ne prenait plus autant soin de lui qu'avant. S'il avait l'habitude avant de porter souvent une cotte de maille en dessous de ses tuniques, il n'en portait maintenant plus et s'habillait beaucoup plus simplement. Uther avait beaucoup maigri et semblait ne plus du tout se soucier de la vie ainsi que du bien-être de son royaume.

Vêtu d'une simple tunique longue de couleur grise et d'un pantalon de cuir brun, Uther se dirigea d'un pas lent vers Guenièvre.

- Guenièvre... commença le roi.

Gwen se tourna vers l'homme et lui fît un sourire afin de l'encourager à poursuivre sa demande.

- Votre majesté désire quelque chose ? lui demanda-t-elle aimablement.

- J'aimerai que tu me fasses la lecture...

C'était fréquent depuis quelques temps. Le roi savait lire, bien sûr. Il était éduqué comme n'importe quel homme provenant d'une lignée royale mais il appréciait la voix douce de Gwen. La compagnie de la jeune femme était agréable car elle était toujours simple, posée et polie. N'était-ce pas pour ça qu'Arthur lui avait demandé de prendre soin du roi ? Ce dernier semblait avoir totalement oublié qu'il était responsable de la mort du père de la jeune femme et qu'il avait été très près de la faire bannir de Camelot parce qu'elle et Arthur était amoureux. Uther ne semblait voir uniquement que sa peine et son malheur. Sa peine, son malheur et Arthur. Il lui arrivait aussi parfois de parler de Morgana mais il parlait d'elle comme si elle était morte depuis longtemps. Il parlait d'elle comme si tous savait que c'était sa fille bien avant qu'elle et Morgause attaque Camelot et prenne le trône de force. Il disait à quel point il aimait Morgana et Arthur, à quel point ses enfants étaient sa vie. À quel point Morgana lui manquait. Par contre, en dehors de ces moments où il évoquait des souvenirs depuis longtemps perdus, il était interdit de prononcer le nom de Morgana de peur de traumatiser encore plus le roi. Arthur avait donc choisi avec soin les personnes qui s'occuperaient de lui. Colin, son serviteur depuis de nombreuses années, étaient donc toujours à ses côtés. Gwen faisais office de dame de compagnie, tandis que Lancelot avait été affecté à la sécurité personnelle du roi, possédant quelques soldats sous son commandement qui se relayaient à la porte du roi.

Gwen ne détestait pas le roi mais ne l'appréciait pas non plus. Elle lui tenait compagnie car c'était le souhait d'Arthur mais n'aimait pas beaucoup ce nouveau travail car le roi n'était pas très actif et qu'elle devait rester toujours à ses côtés, de très tôt le matin jusqu'à ce qu'il s'endorme enfin le soir venu. Avant de quitter pour s'en aller chez elle, elle lui donnait une concoction que Gaius préparait pour l'aider à dormir. Elle ne partait que lorsqu'elle était certaine que le roi était enfin endormi. C'était ensuite les gardes qui veillaient le roi jusqu'à temps que Colin vienne le réveiller le matin pour l'habiller et faire le ménage.

Parce que cette lassante routine prenait tout son temps, la jeune femme voyait très peu Arthur. Celui-ci, constamment occupé par les affaires du royaume, n'avait pas beaucoup de temps de libre. Par contre, les deux jeunes gens profitaient de chaque moment où ils se trouvaient ensemble, se promettant qu'un jour viendrait où ils pourraient enfin prendre du temps pour eux. Du moins, ils en rêvaient tous les deux.


- Le conseil est terminé. Vous pouvez vous retirer.

En disant ces mots, Arthur fit un sourire satisfait. Le royaume prospérait et les citoyens semblaient heureux, malgré l'état de leur roi. La terreur qui s'était installée lors du court règne de sa sœur s'était enfin estompée et les citoyens avaient retrouvé leur joie de vivre. Les problèmes quotidiens étaient facilement réglés et la reconstruction de la ville allait de bon train grâce à la supervision d'Elyan. Quand il ne s'occupait pas des affaires de la cour, Arthur recrutait des nouveaux chevaliers ainsi que des nouveaux soldats afin de rebâtir les défenses de Camelot. Gwaine s'occupait donc, avec Percival, d'entraîner ces nouveaux guerriers. Merlin, quant à lui, était toujours le serviteur du roi mais ne s'en plaignait pas. Sa relation avec le jeune régent s'était encore renforcée et celui-ci avait totalement confiance en lui. Il laissait donc Merlin le conseiller, même si ce n'était pas dans les tâches d'un serviteur. Bien sûr, le sorcier n'avait pas le droit de prononcer le moindre mot lors des conseils mais il y assistait. Arthur était un très bon régent et le peuple avait confiance en lui. Était-ce donc pour Camelot le début de temps de paix ? Merlin l'espérait... mais avec la prophétie qui annonçait l'alliance de Mordred et Morgana, il en doutait.

Merlin et Arthur était maintenant seuls dans la salle du conseil. Arthur semblait dans ses pensées, le même sourire toujours aux lèvres, pendant que Merlin cherchait un moyen de poser la question qui lui brûlait les lèvres.

- Je suis désolé de briser votre rêverie mais...

Le régent regarda Merlin, une lueur de moquerie dans les yeux.

- Il semblerait que tu es doué pour tout briser, pas seulement mes rêves éveillés. Tu as encore cassé un miroir ce matin... Si j'étais superstitieux, je te préviendrais que sept ans de malheur t'attendent mais puisque ce n'est pas le cas... moqua Arthur.

- Puisque ce n'est pas le cas vous auriez pu simplement vous abstenir de le mentionner ? répondit Merlin, un brin moqueur. Puis, en se souvenant du sujet qu'il voulait aborder, il se rembrunit. Arthur fronça les sourcils.

- À voir ton visage, je parierai que ce que tu as à me dire de me fera pas éclater de joie...

- Non, en fait, j'ai une question, dit le jeune sorcier.

- Vas-y, lance-toi.

- Voilà... Comptez-vous partir à la recherche de Morgana ?

Arthur, qui avait commencé à marcher vers la porte de la salle afin d'en sortir, Merlin sur les talons, s'arrêta net et se tourna vers le serviteur. Il fronça les sourcils, mécontent et incrédule.

- Rechercher Morgana ? Pourquoi aurais-je une idée aussi stupide dis-moi ?

- Et bien... Simplement parce qu'elle et Morgause n'ont pas été retrouvés sous les décombres et qu'il y a de bonnes chances qu'elle soit toujours en vie et en train de comploter de nouveau et...

- Merlin ! Même si elle le voudrait, Morgause est certainement morte. Morgana n'a pas étudié la magie et n'a plus Morgause pour la guider, maintenant. Où qu'elle soit, elle est certainement seule. Non, je n'enverrai aucun soldat la rechercher et je ne pense pas qu'elle soit réellement une menace, répondit Arthur, impatiemment.

- Mais Arthur... tenta Merlin.

- Non Merlin ! Je ne veux plus en entendre parler, répondit Arthur d'une voix sans appel.

Merlin secoua la tête mais n'ajouta rien. Arthur était têtu. Les Pendragon étaient têtu, tous sans exception. Si le prince croyait avoir raison, rien ne lui en ferait démordre. Le jeune sorcier espérait donc avoir tord et que Morgana, où qu'elle se trouve en ce moment, n'ait aucun allié pour lui venir en aide.


Morgause n'était pas la bienvenue à Orcaney. La magie n'était pas bannie là-bas mais tous connaissait la réputation de la sorcière. Dès qu'elle mit sur la terre ferme, après plusieurs jours passés en mer avec sa garde personnelle, elle vit le regard craintif des gens qui la regardaient. Les gens la traitait avec une politesse mais plus souvent qu'autrement, elle voyait la haine dans leurs yeux. Morgause ne s'en occupait pas. Elle avait une importante mission à mener à Orcaney et elle ferait tout en son pouvoir pour l'a mener à bien.

Il leur fallu une journée de cheval pour atteindre la grande ville d'Orcanie où était situé le château du roi. Elle prit une journée complète de repos avant de se présenter à la cour du roi, voulant apparaître belle et dispose.

Elle demanda audience au roi, audience qu'on lui accorda pour le surlendemain. La sorcière en profita donc pour faire le tour de la vie et agir comme une parfaite dame de la cour, apparaissant courtoise et polie même si les gens la traitait avec bien peu de respect.

Le jour de l'audience, elle choisit sa plus belle robe.

Au château, tous la regardait avec un mélange de crainte, pour ses pouvoirs, et d'admiration, pour sa beauté. Le roi Loth était un jeune roi, n'ayant pas plus qu'une trentaine d'années. Sa femme était morte quelques mois plus tôt en mettant au monde son premier enfant, une fille, au monde. Loth ne s'était pas encore décidé à se remarier mais tous savait qu'il cherchait ardemment une nouvelle reine qui pourrait lui permettre d'avoir un héritier. C'est Morgana qui avait entendu la nouvelle. Il aurait été facile pour cette dernière de séduire le roi et elle connaissait parfaitement les usages de la cour, mais elle devait rester au manoir afin d'assurer la continuation de leur plan. C'est donc Morgause qui fût désignée pour aller à la cour du roi Loth.

La sorcière le trouva séduisant. Grand, il avait des épaules larges et des cheveux châtains, très courts. Ses grands yeux noirs la regardaient comme si elle était un morceau de viande, mais elle ne s'en offusqua pas. Elle fît une profonde révérence, telle que recommandée par Morgana, et ne se releva que lorsque le roi vint lui même prendre sa main pour l'aider à se redresser. Morgause avait envie de faire un sourire victorieux mais devait se contraindre à rien ne laisser paraître. Elle fît donc son sourire le plus charmeur au roi qui lui répondit avec un sourire semblable.

- Lady Morgause, il me fait plaisir que vous graciez ces murs de votre divine présence.

Morgause lui fît un sourire affable et pris le bras qu'il lui tendait.

- Tout le plaisir est pour moi, majesté. C'est vous qui me faites un grand honneur en acceptant de me recevoir sous votre toit...

- Trève de flatterie, ma chère. Que me vaut l'honneur de votre visite ? dit-il, en levant un sourcil.

- Je ne connaissais pas votre beau pays et on m'a dit qu'Orcaney était un pays prospère que je me devais de visiter.

Loth eu un léger sourire en coin, sourire qui fût imité par les membres de la cour qui l'entourait. Le roi avait certainement eu vent des tentatives d'approche de Morgause auprès du peuple. Peut-être avait-il même été informé de son arrivé dès qu'elle avait mis pied à terre.

Le roi fît un signe discret et les membres de la cour se retirèrent. Ils se retrouvèrent seuls.

- Vous me dites donc, Lady Morgause, que vos intentions envers moi et mon peuple sont honorables ? Vous êtes venue en paix ? lui demanda-t-il, sans masquer qu'il n'en croyait pas un mot.

Morgause le regarda, faussement vexée.

- Majesté, je ne sais qu'elle rumeur absurde est venue à vos oreilles... mais je peux vous assurer que je n'ai envers vous que de très bonnes intentions.

Loth la regarda de haut en bas sans se gêner de la même manière que Cenred le faisait avec elle. Morgause savait que son charme faisait déjà son effet. Il n'était pas convaincu qu'elle venait pour la simple raison de visiter son pays mais du moins elle semblait lui plaire énormément.

- Bien... J'imagine que vous aurez besoin d'un guide pendant le temps de votre visite. Qui d'autre de mieux placer que le roi pour vous montrez les endroits les plus charmants de son pays ?

Morgause éclata d'un rire franc comprenant que le roi ne faisait pas que référence à son pays mais aussi à sa propre personne.

- Votre compagnie, majesté, me serai des plus agréable.

- C'est entendu. Vous aurez également une chambre au château...

- Merci, majesté.

- Ma Dame...

Il prit sa main qu'il embrassa longuement, bien plus longtemps que l'étiquette le recommande, et Morgause lui répondit par un sourire charmeur avant de faire une seconde révérence, moins profonde que la première et de se retirer dans les nouveaux appartements qu'on lui attribuait.

En tournant le dos, elle ne pu s'empêcher de sourire victorieusement, un sourire entre la fierté et la malice, le même qu'avait arboré Morgana après ses retrouvailles avec Uther moins de deux ans plus tôt...


Morgana venait tout juste de laisser son cheval au garçon d'écurie lorsqu'elle ressentit l'aura de sa sœur. Sachant que Morgause n'aurait pas l'occasion souvent de lui parler et qu'elle devait la contacter rapidement, Morgana couru vers la flaque d'eau la plus proche et s'y pencha. Elle prononça des paroles dans la langue ancienne et ses yeux prirent une couleur dorée. Le visage de Morgause apparu dans l'eau.

- Morgana. Je n'ai pas beaucoup de temps mais je tenais à te dire que tout se passe comme prévu, ne t'en fait pas. Et de ton côté ?

La cadette lui fît un sourire lumineux.

- Juste après ton départ, Agravaine à envoyer un messager avec une lettre pour Arthur lui annonçant son arrivé. Il est partit ce matin et devrait être à Camelot demain soir. Si tout se passe comme dans nos plans, Uther risque d'avoir une ''belle'' surprise demain en tombant face à face avec Agravaine du Bois.

Les deux sœurs se sourirent et l'image de Morgause s'effaça. Morgana ne perdit pas de temps et se dirigea vers la bibliothèque, la tête remplie de plans diaboliques pour la suite des réjouissances...