Hey ! merci pour toutes vos belles reviews ! J'aime bien ce chapitre, même s'il est franchement niais. (je ne savais pas que je pouvais écrire des trucs aussi fleur-bleue... XD) J'espère que vous aurez autant de plaisir à le lire qe 'ai eut à l'écrire !
William referma silencieusement la porte alors que Grell se tenait déjà au centre de la pièce, partagé entre une immense colère et une profonde tristesse.
William passa la main dans ses cheveux, visiblement mal à l'aise. Le regard de Grell le troublait au plus haut point. Ces yeux rouges, ceux d'un démon, qui le fixaient avec tant de... passion... Pourquoi cela ne le dégoûtait pas ? Cela devrait le dégoûter !
...Peut-être parce que ce regard vibrant d'émotion était celui de Grell, non de Michaelis. Grell ne pouvait pas le dégoûter, pas même lorsqu'il habitait le corps de l'homme qu'il haïssait le plus au monde...
-Pourquoi tu ne m'as pas prévenue ? Demanda soudainement Grell d'une voix brisée.
-Tu parles de l'audience ? Répondit William en reprenant un peu de contenance – hors de question qu'il ne montre le moindre signe de faiblesse . Je « te » l'ai rappelé ce matin. Je ne pouvais pas deviner que ce n'était pas toi. (il redressa ses lunettes) C'est tout ce que tu voulais sav... Grell ?
L'état de Grell força William à s'interrompre. Le Shinigami rouge était à présent à genoux, pris de terribles sanglots, ses mains tentant vainement d'épancher les larmes qui roulaient le long de ses joues. Il avait vraiment eut une soirée éprouvante, et ses nerfs étaient à fleur de peau. Jamais il ne s'était montré dans un état si pitoyable devant Will, mais à présent, plus rien n'avait d'importance. Parce que, dans quelques heures, Will ne se souviendrait même pas de lui. Pourquoi lui dissimuler sa peine ?
William resta immobile, incapable de prendre une décision. Il n'aimait pas être confronté à une situation inconnue, et il devait bien admettre qu'il n'avait jamais fait face à un Grell en pleurs (d'autant plus que de voir Michaelis à genoux en train de pleurer était tout de même étrange.) Devait-il tenter de le consoler ? Ne rien faire ? ... Il ne pouvait pas le prendre dans ses bras, en tous cas. Pas dans ce corps.
Il observa alors son ami se libérer de toutes ces souffrances, toute cette douleur qu'il avait accumulée au fil des années. Tout le monde avait le droit de craquer, après tout. Grell ne pouvait pas faire éternellement semblant d'être heureux. Il fallait bien qu'il se... « purifie » un jour ou l'autre.
Quelques minutes plus tard, Grell sembla enfin se calmer, et le silence revint doucement dans la salle. William lui tendit alors une main incertaine afin de l'aider à se relever, mais Grell la repoussa.
-Pourquoi as-tu fais ça ? demanda-t-il faiblement en se relevant.
-Hm. Pour t'aider à quitter cette position grotesque et à te mettre debout ?
-Je ne parle pas de ça et tu le sais, Will, trancha Grell, et William décida que la colère ne lui allait vraiment pas. Pourquoi m'as-tu... défendue ?
Les deux Shinigamis s'observèrent en silence. Grell attendait une réponse. Mais que pouvait-il répondre à cela ? William lui-même ne connaissait pas la réponse à cette question...
-Je n'ai pas envie de te répondre, déclara-t-il d'une voix morne. Pas maintenant.
Grell fit claquer sa langue, frustré. Il croisa les bras et s'éloigna de William en faisant quelques pas.
-Si tu as d'autres questions à poser en revanche, je veux bien y répondre.
Grell s'arrêta et se retourna. Il eut l'air d'analyser la proposition durant quelques secondes, puis plaça sa main sur sa hanche pour enfin déclarer d'une voix incertaine :
-Pourquoi as-tu fait semblant de ne pas me reconnaître toute à l'heure ?
Aie. Cette fois, William connaissait la réponse, mais ne voulait pas la prononcer.
-Et toi, rétorqua-t-il, pourquoi as-tu subitement décidé d'échanger de corps avec Michaelis ?
Grell éclata d'un rire sans joie.
-Ha ! C'est tout toi, ça ! Éviter un sujet dont tu n'as pas envie de parler en soulignant les erreurs des autres ! (il se rapprocha de William qui de bougea pas.) Pour tout te dire, je n'ai pas fait exprès d'échanger de corps avec lui. Tout ce que je voulais c'était...
Il s'arrêta. Avait-il besoin de dire à William qu'il avait fait cela pour avoir le corps de Sebastian ?
-Bref... soupira-t-il en plaçant une longue mèche noire derrière ses oreilles. Maintenant, réponds moi ! Pourquoi as-tu fais semblant de ne pas me reconnaître ? Est-ce que tu..tu peux imaginer le mal que ça m'a fait, de savoir que mon ami le plus proche était sur le point de me tuer ?
Grell attendit manifestement une quelconque réaction de la part de William, mais lorsqu'il vit que ce dernier conservait son habituelle expression impassible, il poursuivit.
-Et ce regard... dit-il en se mordant la lèvre afin d'étouffer un autre sanglot. Ce regard de pure haine... Sais-tu... Sais-tu ce que ça m'a fait, William, de voir un être cher me lancer un tel regard ?
William riva les yeux au sol, ne pouvant plus supporter de voir Grell – bien que, dans le corps de Sebastian – dans cet état. Le Shinigami avait finit par le rendre honteux.
-J'ai été terriblement égoïste, Grell, avoua-t-il, sa voix teintée d'une certaine culpabilité. Je ne m'en rend compte que maintenant.
-Égoïste ? Répéta Grell qui ne comprenait pas bien où il voulait en venir.
-Oui. La raison pour laquelle j'ai fait semblant de ne pas te reconnaître était que.. Je n'en reviens pas de te dire ça... Je... J'avais trop peur de mes propres émotions.
Grell cligna des yeux, surpris. Si William venait à lui faire un tel aveux, c'est qu'il devait vraiment le penser. En un sens, Grell était très heureux que l'insondable William se confie à lui. Enfin.
-Tes.. émotions ?
William hocha abruptement la tête.
-La chose que je craignais le plus, dit-il en ôtant ses lunettes, ce n'était pas la sentence. Ce n'était pas de passer le reste de mes jours dans la peau d'un humain. C'était de... te dire adieux.
A ces mots, Grell se sentit presque fondre de l'intérieur. Sa colère s'évapora, et laissa place à un sentiment qu'il ne pouvait pas définir. Tout ce qu'il savait, c'était que son coeur n'avait jamais battu aussi vite.
-Will...iam...murmura-t-il en tremblant.
-Je redoutais le moment de notre séparation. Tout simplement parce que je savais que je ne pourrais rien gérer, et comme tu le sais, je déteste ne pas avoir le contrôle de quelque chose. Or, il a certaines...émotions que je ne peux contrôler. Des émotions qui ne se manifestent qu'en ta présence. Alors lorsque j'ai compris que tu étais dans le corps de Michaelis, j'ai fait semblant de ne pas te reconnaître. Ainsi, j'évitais les adieux.
Grell en avait le souffle coupé. Il observa avec incrédulité l'homme qui se tenait devant replacer délicatement ses lunettes sur son nez. Comment faisait-il pour rester aussi calme après une telle tirade ?
-Et aussi, ajouta William, je me suis dit que si le dernier souvenir que tu aurais de moi était celle d'un homme cruel et empli de haine, alors tu souffrirais moins. C'était stupide, je te l'acco- Oh, non, je t'en prie, ne recommence pas à pleurer !
-M-mais Wi- Will ! Pleurnicha Grell. Com- Comment as-tu snif, as-tu pu pen-penser une t-t-telle cho-ose ? Si snif, si je n'étais pas en-entrée par éfra-éfraction dans les bureaux et si- si je n'av-avais pas demand-é aux réceptionistes où snif où tu étais je... Nous... Oooh...
-Comme je te l'ai dit, répondit-il, agacé, j'ai été aussi égoïste que stupide. Je.. Je suis désolé. J'aurais dû me montrer courageux et affronter ma peur. Pard-
-Mais mets-y de l'émotion, bon sang ! S'écria Grell en mitraillant Will de petits coups de poing. Comment peux-tu me dire de telles choses d'un ton si morne ! Humanise toi ! Ne te-
William agrippa les poignets de Grell, agacé par son comportement. Son visage ainsi que celui de « Sebastian » étaient seulement à quelques centimètres l'un de l'autre. William planta ses yeux dans ceux de Grell, qui s'arrêta aussitôt de se débattre.
Ils étaient si proches que Grell pouvait entendre les battements de coeur de William. Il fut fort surpris de constater que son coeur battait au moins – voir plus vite – que le sien.
-Je m'excuse, Grell, déclara-t-il, sincère. Mais je suis incapable de me montrer aussi expressif que toi.
-Même.. même pas si tu ne redresses pas tes lunettes durant plus de deux minutes ?
William haussa les sourcils, confus.
-Quoi ? Mais ça n'a rien à voir !
-Ah ? Non parce que j'ai remarqué qu'à chaque fois que-
-Grell ! J'essaie d'exprimer mes émotions, en ce moment même ! Ne viens pas me déconcentrer ! (il se frotta les yeux). C'est dur, tu sais...
Grell écarquilla les yeux, puis sourit tristement en dégageant ses poignets de l'étreinte de Will.
-Tu as tout faux,Will... Les émotions, ce n'est pas quelque chose qui se décide. Cela ne nécessite aucune concentration. Cela vient... naturellement... (il marqua une pause, conscient que ses mots étaient en train d'être précautionneusement analysés par le cerveau méthodique de William.) Will ? Finit-il par demander en jetant un regard amusé à son ami. Au risque de me répéter, pourquoi m'as-tu défendue ?
-Et toi, pourquoi as-tu tué tous les membres de l'Assemblée ?
-Rho, c'est pas vrai, tu recommence à éluder la question ? Pour me défouler, ça te va ? Le meurtre est depuis longtemps le seul moyen que j'ai trouvé pour m'empêcher de sombrer dans la déprime. Depuis le jour où j'ai tué ma mère et où je me suis rendue compte de la joie que je ressentais à la vue d'un corps ensanglanté...
-C'est écoeurant...
Il haussa les épaules.
-Moi, au moins, lorsqu'on me pose une question, je répond, même si la réponse me dérange.
-Je t'ai déjà dit que je ne voulais pas te répondre maintenant, soupira-t-il en tripotant les branches de ses lunettes.
-Oui mais « maintenant », c'était tout à l'heure. « Maintenant » ce n'est plus maintenant.
Will haussa un sourcil. Grell adorait lorsqu'il faisait ça.
-Ton raisonnement est absurde, Sutcliff. Ne veux-tu pas faire preuve de logique pour une fois ?
-Je suis logique dans mon absurdité, rétorqua-t-il du tac-au-tac. Alors ? J'attends une réponse...
William dévia le regard vers le mur, n'osant pas faire face à son interlocuteur.
-Je ne sais pas.
Grell soupira en posant sa main droite sur sa hanche. Puis il fit quelques pas vers William et caressa amoureusement sa joue. Will eut la réaction escomptée et... rougit.
-Et bien tu vois, ce n'est pas si compliqué d'exprimer ses émotions...
L'oeil de William tiqua. Il porta sa main à ses lunettes, mais Grell intercepta le mouvement.
-Non, non, non, hors de question que tu aies recours à ton petit anti-stress... Maintenant, ferme les yeux et dis moi comment tu te sens.
William, n'ayant de toutes manières, pas d'autres choix, décida d'obtempérer. Il prit une profonde inspiration et se laissa envahir par ce qu'il avait toujours craint : son humanité.
-Je... je me sens... triste et...heureux à la fois. Je me sens bien...et pourtant, je souffre... Cette impression s'empire... à mesure que je sens ta respiration contre ma joue...
Grell gloussa devant la teinte écarlate que prenaient les joues de William à son insu. Savait-il à quel point il était beau ainsi ?
-Très bien...à présent... regarde-moi dans les yeux.
Will ouvrit doucement les paupières et s'attendit à rencontrer les yeux immondes et repoussant du démon. Pourtant... ces beaux yeux relevés en amande, teintés d'un vert peu commun, même pour un Shinigami, vibrant presque d'émotion... ne pouvaient être que ceux de Grell.
-Grell ? S'exclama-t-il. Mais... je ne comprend pas... je te vois... toi ! Cela échappe à toute logique, c'est le corps de Michaelis qui devrait-
-Il n'y aucune logique dans lorsqu'il est question d'amour, Will.
-Pardon ?
Grell se passa une main dans les cheveux.
-Je suis toujours dans le corps de Sebby, tu sais. Seulement, tu ne me vois plus avec ta tête. Mais...(il rougit) avec ton coeur.
Il eut un petit rire nerveux. Il ne pensait pas que William irait jusqu'à le voir à travers le corps de Sebastian... Comme s'il avait réussit à lire au plus profond de son être... Tout ceci était si dramatique ! Si romantique !
William observait Grell avec incrédulité. Il réussissait réellement à le voir...Incroyable... Était-ce vraiment ça, le pouvoir de... Oh, c'était ridicule ! Vraiment...ri-di-cule. Et pourtant...
-Will... chuchota Grell à l'oreille de William. Dis-le moi, maintenant. Pourquoi m'as-tu protégée ? ... Tu le sais, à présent, n'est-ce pas~ ?
William serra les poings. Oui. Oui, il le savait. Ca suffit. Il ne pouvait plus le cacher.
Il attrapa alors Grell par la taille, sa taille si fine et étrangement féminine. Il pouvait le voir. Le vrai lui. Il tenait bien Grell entre ses bras, pas ce déchet de Michaelis. Il ne savait pas comment ni pourquoi, et pour la première fois de sa vie, il ne chercha pas à le savoir. Il voyait Grell dans le corps de Grell, tout simplement. Il replaça alors doucement une mèche rouge derrière l'oreille de l'autre Shinigami qui l'observait avec une profonde confusion. Ses yeux étincelaient à la lumière du chandelier qui éclairait la salle, le vert et le doré se mélangeant à la perfection, créant ainsi une couleur unique et magnifique.
Sa tête lui ordonnait de quitter cette salle, de remettre Grell à sa place une bonne fois pour toutes et de se rendre dans la salle d'opération où on lui ôterait ses pouvoirs sans plus tarder. Mais il ne l'écouta pas. Dans l'instant présent, il ne voulait pas l'écouter. Tout ce qu'il voulait était profiter de l'incommensurable chaleur qui envahissait son corps entier, et de ne plus jamais la quitter.
Il ferma les yeux, et doucement, tout doucement, rapprocha ses lèvres de celles de Grell.
Sebastian poussa un profond soupir. Grell et Spears « discutaient » depuis une bonne demie-heure, et le démon n'était pas du genre patient. De plus, il commençait à se lasser de l'excitation que le corps de Grell lui faisait ressentir. Chaque fois qu'il se mettait à imaginer ce que pouvaient bien faire les deux Shinigamis, il devait lutter contre une furieuse envie de saigner du nez.
-Sutcliff ? Savez-vous où est Spears ? Lui demanda une Shinigami brune qui, d'après sa blouse blanche, devait très certainement être un Shinigami-chirurgien.
-Et bien je suppose, mais...
-Allez me le chercher. Il est attendu en salle d'opération.
Sans attendre une réponse de la part de Sebastian, la Shinigami tourna les talons et sortit de la salle d'audience à grandes enjambées, sans prêter attentions aux corps gisant au sol.
Sebastian soupira de nouveau. Tant pis. Il avait promis à Spears de ne pas venir le déranger, mais il ne pouvait plus faire autrement. Ah la la... Etre ainsi associé à des Shinigamis n'était pas de tout repos.
Il ouvrit alors la porte de la petite salle annexe... et dû réprimer une puissante envie de vomir lorsqu'il se vit en train d'embrasser William T. Spears avec fougue. D'autant plus que ce dernier n'avait pas l'air de se débattre.
Heureusement, son déjeuné décida de rester dans son estomac. Par contre son sang ne voulait tout simplement pas s'arrêter de couler de son nez.
-Hum ? Will, demanda Grell en quittant les lèvres de William, tu trouves pas que ça sent le sang ?
William, estomaqué par un Sebastian Michaelis soumis à un saignement nasal, fit signe à Grell de se retourner d'un mouvement de doigt saccadé.
Grell ne put retenir une exclamation de surprise.
-SEBA-SEBAS-CHAAAN ? Qu'est-ce qui t'arriiiive ? ! Arrête, je ne vais plus avoir une seule goutte de sang dans mes veines ! ... Oh... remarque, c'est pas si grave... je suis si belle ainsi recouverte de mon propre sang ~ !
-Ne.. bredouilla Sebastian en se bouchant le nez pour en contenir l'effusion. Ne prend plus ce ton enjôleur avec MA voix ! Et je te prierai de ne plus embrasser Mr Spears avec MES lèvres ! C'est dégoûtant !
Grell fut immédiatement dégagé par William qui, manifestement, avait refermé son coeur et ne voyait plus Grell à travers Sebastian, mais juste Sebastian à califourchon sur ses jambes.
-Michaelis, ne vous avez-je pas demandé de ne pas nous déranger ?
-Je suis sincèrement désolé, loin de moi l'idée de vous interrompre, mais les Shinigamis-chirurgiens vous attendent.
-Oh. Fit William en replaçant ses lunettes. Je vois. Bien, alors j'y vais.
-Non, Will ! S'écria Grell en l'agrippant par la manche. Arrête ! Il y a forcément un.. un autre moyen ! Tu ne peux pas disparaître de ma vie comme ça... pas alors que... que tu viens juste d'y entrer...
Sebastian frissonna. Entendre sa propre voix proférer de telles niaiseries était vraiment déroutant.
William se dégagea doucement de la poigne de Grell.
-C'est exactement ce que je redoutais, souffla-t-il en prenant soin d'éviter le regard de Grel. Exactement pourquoi j'avais si peur d'exprimer mes émotions et de te dire adieux. (il prit une inspiration) Je ne veux pas te quitter.
Le silence se fit alors dans la salle. Bien sûr, Grell avait compris ce que Will ressentait pour lui... Mais... Il ne l'avais pas encore dit de vive voix...
-Alors.. ne le fais pas... répondit Grell en se blottissant contre l'autre Shinigami sous le regard las de Sebastian.
-C'est impossible, Grell ! Tonna William. Il n'y a pas moyen de faire marche arrière ! Nous ne pouvons même pas fuir, il y a des Shinigamis dans tous les pays du monde ! Ils me retrouveront et te puniront pour m'avoir aidé !
-Je m'en fiche ! Il est hors de question que je te laisse devenir humain pour moi !
William prit une inspiration puis souleva Grell, façon jeune mariée, pour le remettre à Sebastian. Grell eut beau se débattre, même le corps de Sebastian ne faisait pas le poids face à deux Shinigamis aussi puissants que Will et « Grell ».
-S'il vous plaît, prenez soin de lui, dit froidement William sous les protestation de Grell.
Sur-ce, le Shinigami au cheveux sombres fit volte face, et, sans même un regard vers Grell, quitta la salle.
-Non ! Will ! WILL ! NON !
Grell s'agitait dans tous les sens dans l'espoir que Sebastian le lâche – ce qui était assez étonnant venant de sa part – mais en vain.
-Grell, sois raisonnable. Même si je te laissais le rattraper, cela ne servirait à rien.
Grell enfouit alors sa tête dans la nuque de Sebastian et céda une nouvelle fois aux larmes. Sebastian attendit patiemment que le Shinigami se calme, puis, une fois assuré qu'il ne ferait rien de stupide, le reposa à terre.
-Mon corps est vraiment dans un état lamentable, constata Sebastian en observant Grell, toujours larmoyant. Je te le prête une journée et voilà le résultat... Tu devrais faire plus attention à tes affaires, les hommes ont tendance à fuir devant les femmes peu soigneuses...
-Sebas-chaaaaaan... pleurnicha-t-il comme seule réponse.
Sebastian plaça sa main sur son front en soupirant.
-Ne t'ai-je pas déjà demandé de ne plus prendre cette voix féminine tant que tu es dans mon corps ?
Grell leva alors les yeux vers son corps. C'était la première fois qu'il prenait vraiment le temps de l'observer. Le résultat ne lui déplut pas. Il était vraiment jolie ! Et puis, très féminin, aussi. C'était le plus important. En revanche, la voix avec laquelle parlait Sebastian n'était pas du tout mélodieuse... Elle était si grave ! Etait-ce son timbre normal ? Il avait tellement pris l'habitude de parler d'un ton féminin qu'il en avait oublié sa « voix d'origine ». Elle ne lui plaisait PAS DU TOUT.
Sebastian prit également le temps d'analyser son corps. Manifestement, Grell lui en avait fait bavé. Ses cheveux étaient décoiffés, ses chaussures tachées, ses yeux bouffis et encadrés de cernes, et une plaie encore saignante lui traversait la gorge. Et pourtant, le corps de Grell brûlait de désir. Il voulait le serrer dans ses bras. Oh, et puis après tout, pourquoi pas.
-Grell, viens dans mes bras.
-PARDON ? S'exclama Grell, abasourdi.
-Ne m'oblige pas à le répéter. Ton corps en meure d'envie et ça commence à m'agacer.
Grell, toujours aussi étonné, s'approcha lentement de Sebastian. Lorsqu'il sentit une paire de bras s'enrouler autour de lui, il laissa échapper un petit gémissement. Se retrouver dans ses propres bras était une sensation très étrange. Lui qui avait si souvent rêvé d'étreindre son tendre démon... Il en était presque déçu.
-Quelque chose ne va pas ? Osa Sebastian en se décollant légèrement dans le but de croiser le regard de Grell.
Ce dernier plissa les sourcils.
-Je... je n'arrive pas à te voir...
-Je te demande pardon, mais j'ai peur de na pas bien comprendre...
Grell abaissa les yeux vers Sebastian – qui, rappelons-le, était actuellement plus petit.
-Toute à l'heure, expliqua-t-il, confus, toute à l'heure, lorsque j'ai demandé à Will de me regarder dans les yeux, il a finit par me voir, moi, et non ton corps. Mais là, j'ai beau te regarder, me plonger dans tes yeux, je ne vois que moi... Je n'arrive pas à te voir... Pourquoi ?
-C'est très simple, sourit Sebastian, c'est parce que tu ne n'aime pas.
-Quoi ? S'exclama Grell en faisant la moue. Mais bien sûr que je t'aime ! J'en suis persuadée !
Sebastian eut un petit ricanement qui sonnait faux aux oreilles de Grell, peu habitué à s'entendre ricaner.
-Non, Grell. Si tu n'arrives pas à me voir à travers ton corps, cela veut dire que tu ne m'aimes pas - du moins, pas de la manière dont tu penses.
-Comment peux-tu le savoir ? Tu es un démon !
-Peut-être, mais un démon qui a passé une journée dans le corps d'un Shinigami particulièrement à fleur de peau. Je pense à présent en connaître un rayon sur ce que tu appelles « amour ».
-Mais... Mais justement ! Si tu ressens ce que mon corps ressent, alors tu dois bien savoir que je t'aime, n'est-ce pas ?
Sebastian secoua la tête, toujours en souriant poliment.
-Non... Ce que tu aimes chez moi est mon corps, non ma personne. Ton corps me fait ressentir une profonde attirance lorsque je te vois. J'ai subitement envie de me jeter sur toi et de t'étreindre, de te toucher... Ce n'est que purement physique. Je ressens la même chose envers mon Maître, excepté le fait que je suis attiré par son âme, non son corps, bien sûr.
Grell était bouche-bée. Foudroyé de stupeur. Sebastian n'avait pas tord... C'était même pour ça qu'ils se retrouvaient tous les deux dans le corps de l'autre... Parce que Grell avait souhaité obtenir le corps de Sebastian, pas Sebastian...
Il avait beau plonger ses yeux dans les siens, il ne voyait toujours que ses propres prunelles vertes, et rien d'autre. Il ne ressentait ni désir, ni amour. Rien. Ce qui voulait dire que si Sebastian n'était pas dans son vrai corps, il ne l'intéressait pas.
-C'est... terrible... soupira-t-il, sous le choc. Et tellement peu romantique ! Arg ! Moi qui pensais être une jeune fille pure et innocente ! Avoir une attirance seulement physique pour quelqu'un, c'est indigne d'une Lady ! Termina-t-il sur un ton tragique.
-Par contre, continua Sebastian alors que Grell continuait de s'affoler dans son coin, je peux te dire que j'ai réellement été confronté au sentiment amoureux face à Mr Spears. Je suis d'ailleurs heureux de savoir que je ne recroiserai plus jamais sa route, je ne tenais pas vraiment à ressentir de nouveau ce genre d'émotion envers lui...
Will.. Oui.. En y repensant, le coeur de Grell s'emballait chaque fois qu'il le voyait, ou même qu'il entendait son nom. Il ne cherchais jamais à lui faire du mal, ou bien à se montrer de manière vulgaire. Il le respectait. Tout comme lui le respectait. Il... aimait William. Passionnément. Ce n'était pas que de l'attirance physique. Il en était sûr.
William était son « true love. »
C'est pourquoi il ne tolérerait pas de passer le restant de son éternité sans lui.
-Sebby ?
-Oui ?
-Je compte bien finir ma vie avec Will, déclara-t-il tandis qu'un sourire déterminé se dessinait sur ses lèvres. D'une manière... ou d'une autre...
Bon, promis, les chapitres suivants seront moins déprimants ! Je tiens aussi à dire que je reprends les cours demain, donc je posterai beaucoup moins souvent... (JE VEUX PAAAAS REPRENDRE LE TRAVAIIIIL ! )
Will est reellement le "true love" de Grell, d'après Yana Toboso. Je ne l'ai pas invené ! ^^
