Hi everybody ! J'espère que vous avez passé une bonne semaine ! Voici un autre chapitre histoire de nous motiver pour la prochaine semaine de boulot à suivre...Bon, ce chapitre n'a rien de spécial, mais on en saura plus sur la vie de Sebastian et surtout Grell dans le prochain. Enjoy !
-Jeune Maître, il est temps de vous lever.
Ciel s'extirpa doucement de son sommeil tandis que son majordome était occupé à ouvrir les volets, un air presque...triste inscrit sur son visage. Il y avait définitivement quelque chose d'étrange chez Sebastian depuis hier...
-Votre petit déjeuner est prêt, fit Grell en montrant le plateau posé sur une petite table, en face du lit de Ciel. Je tenais également à vous informer que je n'ai pu questionner Miss Rutford. Lorsque je suis arrivée chez elle, quelqu'un l'avait tuée. Je suis profondément navré, finit-il en s'inclinant.
Ciel émit un petit « tch » en détournant le regard.
-C'est bon, trancha celui-ci. La Reine vient de m'informer qu'elle laissait cette affaire aux mains de Scotland Yard.
Grell lança un regard glacial à Ciel. Il était persuadé que le petit morveux avait inventé cette histoire de toute pièce, dans le seul but de le pousser à se démasquer. A tous les coups, la photo de Miss Rutford qu'il lui avait montrée avait été tirée d'un journal quelconque, et il n'y avait sûrement jamais eu de Merry Andleburg, ni d'aucun vol d'oeuvres d'art.
-Très bien, Monsieur, finit-il tout de même par cracher.
Il y eut un silence, durant lequel Ciel, tout en prenant son petit déjeuner, observa minutieusement son majordome, tentant de détecter ce qui clochait avec lui, en vain.
-Que voulez-vous que je fasse aujourd'hui, Monsieur ? Demanda Grell en se concentrant sur son rôle de Sebastian Michaelis.
-Je veux que tu nettoies les vitres du manoir, annonça-t-il en buvant une gorgée de thé.
-C'est déjà fait, Monsieur.
-Hm. Dans ce cas, tu vas t'occuper du linge...
-Déjà fait.
-La vaisselle ?
-Aussi.
-Les sols ?
-Également, Monsieur.
Ciel grogna, agacé.
-Bon, et bien, puisque tu sais si bien devancer mes ordres, fais ce que tu veux, je te laisse improviser !
-Hein ? Mais...balbutia-t-il, visiblement mal à l'aise. Non ! Je... S'il vous plaît, donnez-moi quelque chose à faire !
-Tch ! C'est quoi cette attitude suppliante, Sebastian ?
Grell plissa les sourcils en dirigeant son regard sur le sol. Encore une fois, il venait de laisser s'échapper sa véritable personnalité. Mais il voulait tellement s'occuper l'esprit...
-Jeune Maître... S'il vous plaît, donnez moi quelque chose à f-
-NON ! Ca suffit maintenant ! Je te donne un ordre, tu n'as pas à le contester ! Et je t'ordonne de faire ce que tu veux durant cette journée, du moment que cela reste dans les limites du pacte et que tu ne blesses personne.
Grell se mordit la lèvre afin de réprimer un nouveau flot de paroles qui pourraient trahir sa couverture. Cela ne ressemblait pas au morveux d'accorder une journée de libre à son démon. Il devait sûrement le tester, dans le but de voir comment il allait remplir sa journée, et s'il ne ferait rien de contraire au caractère habituel de Sebastian. Cependant, Grell, en tant que diable de majordome, ne pouvait fournir qu'une seule réponse :
-Yes, my Lord.
Grell sortit de la chambre de Ciel, bouleversé. Il avait besoin de faire quelque chose, afin de s'occuper l'esprit. Car dès qu'il était seul, dès qu'il s'ennuyait, ses pensées s'orientaient immédiatement vers Will. Will qui devait sûrement être, à l'heure actuelle, dans un hôpital humain, prêt à commencer sa nouvelle vie. Il sentit son coeur se serrer dans sa poitrine. Non, il ne devait pas céder à la tristesse. Il sauverait William, il en était persuadé. Il ne savait pas comment, mais il le sauverait.
Il avait déjà pensé à de nombreux moyens d'extirper l'impassible Shinigami du monde des humains... Tout d'abord, il avait eut l'idée d'entrer de force dans la salle d'opération, de tuer tous les Shinigamis-Chirurgiens puis de s'enfuir avec Will. Mais c'eût été stupide, car comme l'avait soulevé William, les Shinigamis étaient omniprésents sur Terre, et on finirait par les retrouver.
Puis, Grell avait pensé devenir lui même humain, mais là aussi, son plan avait une faille : s'il renonçait à sa vie de Shinigami, tous ses souvenirs lui seraient ôtés, tout comme ceux de William. Donc aucun d'eux ne se souviendrait de l'autre, il leur serait alors impossible de se retrouver.
Grell avait même pensé à passer un pacte avec Sebastian, puisque, comme il l'avait appris à la Shinig'Académie, les démons, en échange d'une âme, peuvent exaucer n'importe quel voeux, aussi impossible soit-il. Seulement Grell ne voulait pas que Sebby prenne son âme, puisque cela reviendrait à mourir et donc à quitter Will.
Toutes ces idées étaient aussi vaines les unes que les autres. Mais que cela ne tienne, il finirait bien par trouver. Et alors il vivrait heureux avec son Willy, il se marierait avec lui et aurait des enf-
Ah non... Pas d'enfants. C'est vrai. Il ne pourrait jamais en avoir, tout ça à cause de ce corps masculin.
Grell observa tristement son ventre. Ce ventre qui ne s'arrondirait jamais, qui ne serait jamais capable de lui offrir ce cadeau de la nature, celui de ressentir la vie en lui. Pourquoi... La vie pouvait réellement être injuste.
-Sebastian ?
Grell sursauta et se retourna pour faire face à Finnian, qui le regardait avec ses grands yeux verts pleins d'innocence.
-Quelque chose ne va pas ? Demanda le petit jardinier. Vous avez l'air triste...
Pourquoi y'm parle, lui ? Je lui ai rien demandé ! Pensa Grell avec amertume, alors que Finny continuait de l'observer avec un air inquiet. Huuum... je sais... Hu hu hu ~ je vais m'amuser un peu, ça va me remonter le moral...
-Ah... Tu veux savoir ce qui me rend triste, Finny ? Demanda-t-il dramatiquement.
-Bien sûr ! Je vous aime bien, Sebastian ! Je ne veux pas que vous soyez triste...
Grell porta sa main à son menton en prenant un ton mélancolique.
-Tu vois, Finnian... J'ai un rêve.
-Un rêve ?
-Ne m'interromps pas ! Rugit-il, avant de reprendre en liant ses mains sur son coeur. Oui, j'ai un rêve... Celui de ...(il fit une pause tragique ) porter un enfant.
-Oh.. Euh...
-Seulement ce rêve ! S'exclama-t-il en écartant vivement les bras, Ce rêve ne peut aboutir, car vois-tu, je suis... Ah, triste sort que voilà ! Vie, pourquoi te joues-tu ainsi de moi ? Je suis... né... mâle.
-Oh...Euh...
-Non, non ! Ne me prend pas en pitié, petit jardiner ! Mon coeur, déjà fragile, ne le supporterait pas... (il se rapprocha de Finnian - qui commençait à avoir un peu peur- et l'agrippa par le col) Et toi ? Comment, fais-tu pour vivre avec l'idée que tu ne pourras jamais enfanter ! (il porta sa main à son front) COMMENT ? Comment...
-Euh bah... Euh... J'y... j'y avait jamais pensé... Euh... Sebastian, vous êtes sûr d'aller bien ?
-Aller bien (il ricana) ha ha ! Comment le pourrais-je... Comment pourrais-je aller bien, alors que mon propre collègue de travail ne partage pas ma détresse ! Finnian, ne voudrais-tu donc pas porter la vie ? Ressentir les battements d'un autre coeur en toi ? Ne serait-ce pas merveilleux ?
Finnian resta silencieux durant quelques secondes, puis sa lèvre se mit à trembler, et pour finir, il fondit en larmes.
-SEEEEBAAAASTIIIIAAAAAN ! Snif vous avez raison...snif ça doit être un sentiment extraordinaire... Bouhouhou ! Pourquoi est-ce que les garçons ne peuvent pas porter d'enfant ! Bouhouhou c'est pas juuuuste !
Grell, tout fier de sa magnifique performance d'actrice, s'autorisa un petit sourire. Le jeune jardinier avait été très facile à influencer... Eh ! Ciel ne lui avait-il pas ordonner de faire ce qu'il voulait ? Et puis, voir que quelqu'un était encore plus triste que lui lui faisait presque oublier sa propre peine. Tout en ricanant, Grell reprit sa marche, abandonnant le pauvre Finnian à ses pleurs, lorsqu'il entendit la voix ferme de Bardroy.
-Qu'est-ce qui se passe ici ? Tonna le cuisinier en s'approchant du jeune jardiner.
Grell se stoppa et se retourna lentement vers les deux employés tandis que Finny, toujours en pleurant, tentait d'expliquer la situation à Bard.
-Attends une seconde, Finny, s'exclama Bard en se pinçant l'arrête du nez. Tu es en train de me dire que tu es dans cet état parce que tu viens de prendre conscience que tu ne pourras jamais porter d'enfant ?
-Snif... oui...
-Et c'est Sebastian qui t'a enfoncé cette idée stupide dans la tête, continua-t-il en dévisageant Grell.
-Et oui, fit ce dernier en haussant négligemment les épaules. Qu'est-ce que tu veux, il vaut mieux le confronter dès maintenant à la dure réalité de la vie, non ?
Bard fit gentiment signe à Finny d'aller prendre un verre d'eau dans la cuisine pour se calmer, puis il se rapprocha de celui qu'il prenait pour Sebastian, énervé.
-Ca te fait plaisir de faire pleurer Finny ? Demanda-t-il alors que Grell l'observait avec ennui, ses bras croisés derrière sa nuque. Sebastian, bon sang, j'ai toujours su que tu avait un certain côté sombre, mais pas à ce point là !
Grell posa alors les yeux sur le cuisinier. Le cuisinier qu'il n'avait jamais vraiment pris le temps d'observer. Et pourtant... ainsi éclairé par la douce lumière du soleil qui pénétrait faiblement à travers les fenêtres, il n'était pas si mal que ça pour un humain...
Voyons... Il avait déjà fait craqué Maylene et Finny... Il n'y avait qu'avec Bard qu'il ne s'était pas encore amusé...
-Huuum... soupira-t-il sensuellement en se rapprochant du cuisinier. Et... Est-ce qu'il te plaît, mon côté sombre ~ ?
Bard fronça les sourcils et se dégagea très rapidement de Grell.
-Qu'est-ce que tu racontes ? Cria-t-il. Si tu t'approches encore une fois de moi avec cet air suspect, je te cogne !
-Hmm~ Ah, ouiiii ! J'aime que les hommes soient durs avec moi~, soupira Grell en se tortillant – il n'était pas réellement attiré par Bard, mais faire semblant de l'être pour le faire plonger dans la folie était très divertissant.
-Sebastian t'es devenu complètement dingue ! Hurla le pauvre cuisinier, désorienté. Il faut que j'en avertisse le Jeune Maître, là, ça va plus du tout !
-Quoi ? Fit Grell, en redescendant sur Terre. Non ! Ne dis rien au morv- au Maître !
Si Ciel découvrait que Grell s'amusait à rendre ses employés tarés, il allait forcément se faire démasquer. Le Shinigami s'apprêta alors à rattraper le cuisinier, mais il était trop tard, Bard était déjà monté à l'étage, vers le bureau du petit Lord...
Sebastian, après avoir longuement cherché la chambre qui portait le numéro 12, pénétra finalement dans le petit appartement de Grell, qui se trouvait dans les dortoirs des Shinigamis. D'après ce qu'il avait compris, les Shinigamis étaient tous gratuitement logés dans ces dortoirs, mais ils avaient aussi le droit d'acheter une maison dans le monde des humains et d'y vivre si l'envie les prenait. Seulement, cette option leur revenait très cher, or la plupart des Faucheurs ne gagnaient pas beaucoup d'argent. Les Shinigamis supérieurs, en offrant gratuitement une chambre aux recrues, espéraient ainsi les dissuader de trop fréquenter les humains.
Mais Sebastian pouvait comprendre que certains Shinigamis soient tentés de s'acheter une belle maison.. L'appartement dans lequel il venait d'entrer était assez petit, et ne comportait que le nombre de pièces nécessaire. L'entrée donnait directement sur un couloir, au parquet boisé et aux murs blancs, décorés par des étagères entières de peluches décousues et inquiétantes, illustrant merveilleusement le paradoxe de la personnalité de Grell, à savoir un enfant avec des goûts très morbides. Sur la droite, Sebastian reconnu la cuisine, très petite elle aussi. Il n'y avait qu'une simple cuisinière à gaz, une petite table avec une chaise, un réfrigérateur rouge, et des placards rouges dans lesquels le Shinigami devait ranger ses ustensiles de cuisine. Néanmoins, contrairement aux reste de l'appartement, la cuisine était propre et bien rangée, ce qui laissait supposer que Grell ne l'utilisait pas souvent.
Sur la gauche, se trouvaient les toilettes, elles aussi très peu spacieuses. La cuvette était d'un rouge flamboyant, tout comme le lavabo, et Sebastian se dit que trop de rouge, tuait le rouge.
Enfin, au bout du couloir, se trouvait le lieu dans lequel Sebastian aurait préféré ne jamais pénétrer, à savoir la CHAMBRE DE GRELL SUTCLIFF. (Il la reconnue à l'inscription rouge sur fond noir accrochée à la porte : « CHAMBRE DE GRELL SUTCLIFF ».) C'était manifestement la pièce la plus vaste de l'appartement. La moquette blanche était douce et légère, comme si l'on marchait sur un nuage. Les murs étaient d'un rouge assez pâle, mais accentué par les rayons du soleil qui s'infiltraient par la grande fenêtre suspendue en face d'un sofa rouge et pelucheux. A côté du sofa, une immense penderie en bois. Sebastian l'ouvrit par curiosité. Les vêtements y étaient tous grossièrement empilés en boule, et le démon se dit que Grell devait vraiment apprendre à être plus soigneux s'il comptait vivre avec le rigoureux William T. Spears. Cependant, malgré le désordre évident qui régnait dans cette pauvre petite penderie, le démon réussit à distinguer deux catégories de vêtements : ceux qui étaient suspendues à des cintres – pantalons noirs, chemises blanches, gilets gris, marrons ou noirs – étaient les habits de travail de Grell. En revanche, ceux qui étaient plus ou moins pliés sur les étagères ne pouvaient être que ses vêtements quotidiens. Grossomodo, il ne s'agissait que de vêtements mixtes ou féminins, rouges et noirs pour la plupart, quoique quelques touches de violet venaient parfois s'ajouter à la flamboyance du reste. Sebastian tira sur le premier tiroir situé sous les étagères, et découvrit la petite lingerie de Grell. Et quand il disait « petite », il voulait vraiment dire « petite ». Bon, il y avait tout de même quelques caleç- non, même pas, des boxers, mais le reste de la collection de sous vêtements du Shinigami n'était constitué que de petites culottes qui donnaient presque la nausée à Sebastian. Il ne savait même pas que ce genre de chose était autorisée à la vente... C'était le 19e siècle, enfin ! Ah, mais c'est vrai que les Shinigamis avaient de l'avance sur les humains, il en était sûrement de même pour les vêtements.
Sebastian referma doucement le tiroir. Il ne voulait même pas savoir ce qu'il portait en ce moment comme sous vêtement.
Il poursuivit l'analyse de la chambre. A droite de la penderie se trouvait une petite bibliothèque, qui comportait quelques pièces de théâtre – du Shakespeare, principalement – des contes pour enfant comme Blanche Neige ou La Belle au Bois Dormant, la collection complète des ouvrages de Jane Austen, Alice au Pays des Merveilles, divers journaux intimes ayant manifestement appartenu aux jeunes femmes que Grell avaient fauchées, des Death Book... et des manuscrits écrits à la main. Sebastian en prit un, curieux, et reconnu l'écriture ronde et légèrement irrégulière de Grell. Sur la première page du livre, il lut l'inscription « Love and Death ». Le mot « Love » était écrit en rouge, horizontalement, alors que le mot « Death », en noir, était écrit verticalement, de sorte que le « e » de « Love » et le « e » de « Death » ne forment qu'un. Sebastian devina qu'il devait s'agir du fameux roman de Grell. Il le prit et le mit dans la poche de son manteau, dans le but de le lire ultérieurement. Il en apprendrait sûrement plus sur Grell.
Au centre de la pièce, trônait un grand lit à baldaquin . Les couvertures, les coussins et les rideaux étaient évidement rouges, et Sebastian fut surpris de constater qu'il n'y avait qu'une seule peluche sur le lit. Une poupée, avec des cheveux noirs et des boutons rouges en guise d'yeux...
Une poupée à mon effigie... Et bien, Grell, je suis flatté... pensa-t-il ironiquement.
Ses yeux passèrent du lit vers la porte qui se trouvait au fond de la salle, et qui ne pouvait déboucher que dans la salle de bain. Sebastian se dit qu'un bain ne lui ferait pas de mal. Malgré la fatigue, il ne se voyait pas aller au lit sans se laver. Il souleva l'un des oreillers de Grell et y trouva un pyjama rose avec une tête de mort rouge sur la chemise. Bien que l'ensemble soit définitivement féminin, au moins, ce n'était pas une chemise de nuit. Il prit donc le pyjama en soupirant, puis s'engouffra dans la salle de bain.
Il posa « ses » lunettes sur le rebord du lavabo, puis regarda l'image de Grell se refléter dans le miroir. C'était la première fois qu'il voyait – enfin, « voir » était un bien grand mot, étant donné que Grell était très myope – le Shinigami sans ses lunettes. La forme en amande de ses yeux en était d'autant plus accentuée, et son visage s'en trouvait affiné. Sebastian commença à se déshabiller, et bien que, dans un premier temps, il essaya de ne pas trop regarder le corps de Grell afin de respecter son intimité, la tentation, décuplée par le fait qu'il se trouvait dans un corps à sentiments humains, le poussa à s'observer dans le miroir. La glace n'était pas suffisamment grande pour lui refléter la totalité de « son » corps, et le reflet s'arrêtait à peu près au niveau du nombril. Sebastian fut estomaqué par la... féminité de ce corps. Comme si le corps de Grell tentait de s'adapter au souhait du Shinigami en arborant des courbes féminines. Ses hanches étaient très fines, et la cambrure de ses reins était inhabituelle pour un homme. De dos, on pouvait aisément le prendre pour une femme, malgré les épaules légèrement trop larges. Le démon ne savait pas vraiment quoi penser de cette vue... Il ne savait même pas comment qualifier le coprs de Grell. Joliment féminin, peut-être...
Il soupira en s'arrachant à « son » reflet et s'immergea dans la baignoire, en prenant soin de relever « ses » cheveux de sorte qu'ils ne soient pas mouillés. Il avait rarement le temps de se détendre ainsi au manoir, et il dû admettre que c'était très agréable. Après une demie-heure, il décida tout de même de sortir du bain et d'enfiler son pyjama. Il brossa rapidement ses cheveux, en se demandant si Grell les attachait pour dormir. Comme il était très fatigué et qu'il ne voulait pas perdre de temps avec la longue chevelure rouge du Shinigami, il décida qu'il irait se coucher cheveux défaits. Il s'écroula sur le lit, s'enroula dans les couvertures, puis, après avoir bien prit soin de régler son réveil, se plongea dans un profond sommeil...
-Alors, Sebastian. Vas-y, j'attends une explication.
Ciel Phantomhive observait avec une profonde colère son majordome planté debout au centre de la pièce, et qui semblait assez nerveux malgré ses efforts pour conserver un visage impassible.
-Pourquoi, poursuivit le jeune Lord en croisant les bras sur son bureau, as-tu décidé de pousser les employés de mon manoir au bord de la crise de nerf ? Tu ne les trouves pas suffisamment incapables ?
-Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, Jeune Maître, répondit Grell du ton le plus calme sont il était capable.
Ciel aplatit ses mains sur son bureau, faisant ainsi sursauter Grell.
-Ne te moques pas de moi ! Vociféra-t-il. Maylene pleure dans sa chambre depuis hier soir ! Finny m'a demandé toute à l'heure si je pensais que la science réussirait un jour à donner aux hommes le privilège de porter un enfant ! Bard dit qu'il veut retourner aux Etats-Unis, loin de Londres et de tous les excentriques homosexuels qui y vivent ! Et je crois même avoir entendu Tanaka dire « Ha ha ha » au lieu de « Ho ho ho » !
-Ah, pour ce qui est de Monsieur Tanaka, je n'y suis pour rien, je l'avais même oublié...
-Doooonc, tu avoues être responsable du comportement des autres ?
-Mais... N'est-ce pas vous qui m'avez ordonné de faire ce que je voulais, aujourd'hui ? Rétorqua Grell avec un rictus ironique, laissant de côté son anxiété et entrant de nouveau dans le rôle de Sebastian.
Ciel ne répondit pas, trop occupé à lancer un regard assassin à « Sebastian ».
-De plus, poursuivit Grell, vous êtes bien placé pour savoir que Maylene, Bard et Finny ont tout trois une personnalité fragile. Il leur en faut peu pour se mettre dans un état lamentable. Je n'ai fait que mettre le doigt sur leurs imperfections, dans le but de leur ouvrir les yeux sur la réalité de la vie. Ma parole n'est pas à mettre en doute, Monsieur. Je vous rappelle qu'en tant que diable de majordome, je ne peux pas vous mentir.
En vérité, Grell n'étant pas Sebastian, il pouvait très bien mentir à Ciel, sauf si ce dernier lui donnait l'ordre de lui dire la vérité. C'était la nature de démon de Sebastian qui le poussait à ne jamais mentir, et non son contrat, ni son corps.
-Tu ne peux pas me mentir... répéta Ciel en souriant vicieusement. Sauf si... si tu n'es pas Sebastian.
Le sang de Grell ne fit qu'un tour.
-Monsieur ? Que voulez-vous dire par là ? Je suis et je resterai Sebastian, et ce jusqu'à la fin, fit Grell en se rappelant ce que lui avait répondit le démon lorsqu'il lui avait demandé « Sebastian, pourquoi es-tu Sebastian ? » lors de leur première rencontre.
Le jeune Lord se leva de son siège et se rapprocha de Grell, qui se garda de faire le moindre geste, malgré la furieuse envie de s'enfuir en hurlant de la salle. Il n'aimait pas du tout être confronté à tant de tension.
-Sebastian, trancha Ciel en découvrant son cache oeil. C'est un ordre. Révèle moi ta véritable identité.
Grell grimaça de douleur. La marque du pacte lui faisait de nouveau très mal, alors que les mots s'échappaient de sa bouche. Il tenta de les retenir, en se mordant les lèvres jusqu'au sang, mais en vain. La douleur se propageait maintenant à travers toute la partie gauche de son corps, insupportable. Il ne pouvait plus résister...
-Je... Je s-suis... Gr-... Grell Sutcliff.
La douleur partit aussi vite qu'elle était arrivée, libérant ainsi Grell de son agonie. Un large sourire étira les lèvres de Ciel qui toisait Grell de toute sa hauteur.
-Grell... Tch... Je le savais. (il ricana puis se mit à tourner doucement autour d'un Grell dans tous ses états) J'avoue que tu m'as un peu fait douté lorsque tu as accepté ma mission... Mais bon, apparemment, tu t'en ai tiré en tuant cette femme, n'est-ce pas ?
-Pas du tout, cracha-t-il avec mépris. Elle était morte quand je suis arrivée. Et je peux te jurer que si je n'était pas dans le corps de Sebby, je te tuerais aussi, sale morveux !
Ciel éclata de rire.
-Ha ha ha ! Et risquer de te faire assassiner par ton cher « Sebas-Chan » par la suite ? Ne me fais pas rire, Grell !
Grell se jeta alors sur le cou de insupportable gamin, le plaquant ainsi contre le mur en menaçant de l'étrangler.
-Hu hu hu... je t'ai toujours détesté, Ciel Phantomhive, rit-il en souriant. Tout d'abord, tu m'as poussée à tuer Madam Red, et en plus tu accapares Sebby... Sans compter le fait que je ne supporte pas les enfants, ce qui n'est pas vraiment pour jouer en ta faveur, hum ?
-Tch ! Tu crois que tu me fais peur ? Je te rappelle que tant que tu es Sebastian, tu es obligé de m'obéir et de respecter le contrat, en d'autres termes, tu as interdiction de me faire du mal. Maintenant, lâche moi.
Grell fut contraint d'obéir, et, après quelques secondes de réflexion, ôta sa main de la gorge de Ciel.
-Je veux récupérer mon majordome, annonça Ciel sur un ton péremptoire. Tu vas donc lui rendre son corps.
-Je ne peux pas lui rendre son corps, rétorqua-t-il sèchement en croisant les bras. Ni moi, ni lui ne savons comment faire.
Grell expliqua alors la situation à Ciel, à savoir qu'il leur fallait tout d'abord trouver un objet dit « passerelle » afin de guider leurs âmes. Le Lord l'écouta attentivement, sans oublier de manifester son mécontentement à travers une bonne dizaine de « Tch ».
-Très bien, soupira Ciel une fois le récit de Grell finit. Ta priorité étant de trouver cet objet, je te libère de toute autre corvée jusqu'à ce que vos âmes retrouvent leur corps respectifs. De toutes manières, ce n'est pas comme si je voulais être servi par toi.
-QUOI, COMMENT CA « PAR MOI » ? JE TE SIGNAL QUE J'AI FAIT UN EXCELLENT TRAVAIL, SALE MORVEUX ! Rugit-il, remonté.
-Mouais, si tu le dis, répondit Ciel en buvant une gorgée de thé. Par contre, une fois que tu seras de nouveau toi, je ne veux plus te voir courir autour de Sebastian, c'est clair ?
L'expression faciale de Grell passa de « furieuse » à « amusée » en moins de trois secondes.
-Huuum~ pourquoi, tu es jaloux ?
Les joues de Ciel prirent une très légère teinte rose, à peine visible, mais qui n'échappa tout de même pas aux yeux de démon de Grell.
-Tch ! Ne raconte pas n'importe quoi ! Sebastian est mon majordome, il se doit d'être à mes côtés, il n'y a rien à ajouter.
-Bon, bon, fit Grell en balayant l'air de sa main droite alors que son autre main était posée sur sa hanche. De toutes façons, tu n'as pas à t'inquiéter. Je ne harcèlerai plus Sebby. (il lia ses mains et regarda le plafond d'un air romantique) C'est Will que j'aime ! Et dès que je l'aurai sauvé, nous vivrons heureux pour toujours !
Ciel haussa un sourcil.
-Tes histoires ne m'intéressent pas, et je ne veux même pas savoir ce que tu entends par « sauver ». Personnellement, je n'aime pas trop Spears, donc je ne t'aiderai pas sur ce point.
-Pfft ! Comme si j'avais besoin de l'aide d'un gamin tel que toi ! L'amour est plus fort que tout, et c'est pour ça que je parviendrai à le sauver !
-... Si tu le dis... marmonna-t-il en reprenant son travail.
Grell s'extasia sur la beauté de l'amour durant encore quelques minutes alors que Ciel continuait de remplir des documents concernant la compagnie Phantom, sans se préoccuper de l'individu détraqué qui se tenait devant lui. Puis Grell sortit soudainement la petite montre de Sebastian de sa poche, et laissa échapper un glapissement suraigu lorsqu'il vit l'heure.
-Par pitié ne crie plus comme ça tant que tu as cette voix, c'est extrêmement dérangeant ! Rugit Ciel.
-Aaaah ! Je suis super en retard ! S'exclama-t-il sans prêter attentions aux grognements du morveux. J'ai rendez-vous avec Sebby dans cinq minuuuttes ! Hiii !
-Calme toi ! Si tu as envie de t'énerver pour rien, sors de mon bureau, d'accord ! La vue du corps de Sebastian en train de se comporter de manière si pathétique me donne envie de te t-
Ciel n'eut pas le temps de finir sa phrase, que Grell était déjà parti en direction du parc dans lequel il avait donné rendez-vous à Sebastian. Le démon avait raison, une petite discussion s'imposait...
Alors ? Comment Grell va-t-il s'y prendre pour sauver Will ? Les paris sont ouverts !
