Bon, j'ai été un peu longue, et je m'en excuse... J'espère que ce chapitre vous plaira, personnellement je l'aime bien, il y a un peu de tout dedans. Merci pour les reviews ! ^^


Lorsque Grell retourna au manoir Phantomhive, il était déjà tard et tout le monde était endormi. Il profita donc du fait qu'il était seul dans les couloirs pour fouiller la résidence de fond en comble, plus déterminé que jamais à retrouver ce fameux objet qui lui permettrait de regagner son corps, et donc de vivre aux côtés de Will. Il entreprit donc de chercher dans les pièces qu'occupaient le plus souvent Sebastian, à commencer par la cuisine.

Il ouvrit tous les placards, tous les tiroirs, il chercha même – à contre cœur – dans la poubelle, mais le seul objet qu'il trouva et qui avait un quelconque rapport avec lui était la boîte de chocolat en forme de cœur qu'il lui avait offert pour la saint Valentin. Malheureusement, celle-ci n'était même pas ouverte et la déclaration d'amour enflammée collée sur le dessus de la boîte avait été déchirée, preuve flagrante que le démon ne partageait pas vraiment les sentiments de sa fangirl numéro 1.

Si Grell avait trouvé son cadeau de saint Valentin ainsi délaissé trois jours auparavant, il aurait certainement été très triste. Mais tout avait changé à présent, et cette situation le faisait presque rire. Comment avait-il pu être bête au point de croire qu'un démon pouvait l'aimer ? Déjà qu'une personne normale douée de sentiment en était difficilement capable, alors un démon…

Il décida de mettre ses pensées de côté. Le temps où il était seul et désespéré de trouver un homme qui veuille bien de lui était révolu. Will était là, Will l'attendait. Il se mit à sautiller tout seul dans les couloirs en pensant à son futur époux. Car OUI, il était convaincu qu'il se marierait avec Will. Dans quelques mois, voir quelques jours… non, quelques mois (un mariage digne de ce nom mettait du temps à s'organiser.) Il deviendrait « Mme Grell Spears », et il trouvait que cela sonnait très bien.

Lorsqu'il passa devant un grand miroir, il ne put s'empêcher d'y admirer le reflet de Sebastian. L'homme était vraiment beau. Et distingué. Et fidèle à son travail. Et sombre. Tout ce qui faisait craquer Grell. Pas étonnant qu'il se soit montré aussi attaché à lui !

Il passa sensuellement sa main dans ses cheveux, ses magnifiques cheveux d'ébène, noirs et luisants, doux et attirants. Il aimait ce corps. Mais il savait très bien qu'il ne pouvait pas le garder, car il aimait encore plus Will. Tout ce qu'il espérait, c'était que Sebastian n'allait pas disparaître de sa vie une fois qu'ils auraient retrouvé leur apparence normale.

Il arriva dans la chambre de Sebastian. Celle-ci était petite et vide. Il n'y avait que le strict minimum, à savoir un lit et une penderie. Le sol était fait de parquet en bois tout simple, et les murs étaient blancs. Pas de fenêtre. En tant que démon, Sebastian devait préférer l'obscurité.

Grell fut attiré par un bruit qui provenait de la penderie. Il l'ouvrit, puis resta bouche-bée d'incompréhension lorsqu'il y découvrit… un petit chat.

Le chat se frotta contre ses jambes à la seconde où il le vit. Grell, après quelques secondes de silence afin de remettre de l'ordre dans ses pensées, remarqua que dans la penderie se trouvaient un bol rempli d'eau et un autre rempli de nourriture pour chat. Plusieurs trous avaient été percés dans la porte de l'armoire afin que le chat puisse respirer.

-… Et ben… fit-il en caressant négligemment l'animal. Si Sebastian te cache, c'est que le morveux ne doit pas vouloir de toi… Et 'il ne veut pas de toi, alors ça veut dire que Sebastian lui désobéi en te gardant… Il doit vraiment aimer les chats… (il croisa les bras) Hmf ! Si j'avais su, je me serais déguisée en chat pour lui faire plaisir ! (il prit une pose féline) Nyah !

-Miaaa !

-Aaww… Je dois admettre que tu es a-do-rable, même si généralement, les chats, c'est pas trop mon truc… Poursuivit-il en gratouillant le petit animal sous son cou. Je préfère les GROS chiens ! Comme Pluto… Aaaah~… Je me demande où il est, d'ailleurs…

Il s'amusa encore quelques instants avec le chat, puis le prit et le posa délicatement sur le lit de Sebastian. Ceci fait, il entreprit de fouiller les poches des vêtements du démon. Peut-être avait-il gardé le ruban rouge qu'il portait lorsqu'il était au service de Madam Red, ou bien la robe blanche horrible que l'autre gamine insupportablement niaise l'avait obligé à porter, ou encore…

-MES LUNETTES ! S'écria-t-il en se rappelant des lunettes cassées qu'il avait trouvé dans la poche d'une des vestes de Sebastian quelques jours plus tôt. MAIS BIEN SUR ! POURQUOI N'Y AI-JE PAS PENSE PLUS TOT ?

-OH, cria la voix de Bard, SILENCE, ON VOUDRAIT BIEN DORMIR !

-LA FERME, répliqua Grell en posant ses mains sur ses hanches (bien que Bard, qui se trouvait dans sa chambre à un étage au dessus, ne pouvait pas le voir.)

-LA FERME TOI-MEME !

-QUELLE REPARTIE CA FAIT PEUR !

-VOUS VOUS TAISEZ TOUS LES DEUX C'EST UN ORDRE ! Rugit à son tour la voix du morveux.

-PARDON JEUNE MAITRE ! Cria Bard. JE ME RENDORS TOUT DE SUITE !

-OUAIS, TU FAIS BIEN, hurla Grell, D'AILLEURS SI C'EST POUR PARLER AUSSI MAL A UNE FEMME, TU FERAIS MIEUX DE NE JAMAIS TE REVEILLER !

-GRELL LA FEEEERME ! Tonna Ciel.

Grell, à contre cœur, décida d'obéir au gamin, plus à cause de sa gorge qui commençait à l'irriter à force de crier que par peur de « son maître ». Oh, peu importait Ciel. Il avait enfin trouvé l'objet qui pourrait lui faire récupérer son corps. Si Sebastian avait conservé ses lunettes cassées, c'est qu'il se souciait un peu de lui. C'était donc une preuve de son affection. Maintenant, il allait falloir que Grell remette la main sur ces fameuses lunettes. Voyons… La dernière fois, il les avait remises dans la poche de la veste dans laquelle il les avait trouvées. Malheureusement, il eût beau chercher dans toutes les vestes – y compris celle qu'il portait en ce moment- il ne trouva RIEN.

Il s'écroula sur le lit ce qui fit sursauter le chat qui se carapata dans sa penderie. Si cela continuait, il ne réussirait jamais à retrouver son corps. Non, il ne devait pas baisser les bras, ce n'était pas son genre. Réfléchissons… il avait replacé les lunettes dans la poche de la veste de Sebastian, veste qui se trouvait au dessus d'une pile de vêtements repassés… Et qui s'occupait du linge repassé ?

-Maylene, trancha –t-il en se redressant en position assise.

C'était forcément cette femme de chambre qui avait pris les lunettes. La raison était simple (du moins pour quelqu'un comme Grell) : la jeune femme, après avoir été violement rejetée par « Sebastian », n'avait pas pu s'empêcher de lui voler un objet lui appartenant, obtenant ainsi, inconsciemment, une certaine compensation. C'était de la pure psychologie féminine, et Grell aurait sûrement fait la même chose s'il avait été à sa place (quoique lui aurait plutôt volé un caleçon ou quelque chose dans ce genre là.)

Il se dégagea donc du lit en pestant. Bien que cela lui déplaise au plus haut point, il allait devoir rendre visite à la femme de chambre, et tenter de… l'amadouer.

Heureusement pour lui, Maylene était déjà bien éprise de Sebastian, il n'aurait donc pas besoin d'aller trop loin pour la forcer à lui rendre les lunettes. Il suffirait d'un petit mot doux par ci, d'une petite caresse par là, et son charme démoniaque naturel ferait le reste. Si les choses venaient à devenir plus intimes, il n'aurait qu'à l'assommer, chercher les lunettes et s'enfuir.

Ce n'était pas comme si une simple femme de chambre de rien du tout allait porter plainte pour agression sexuelle, de toute manière.

Sur cette bonne pensée, il se dirigea d'une démarche saccadée vers la chambre de Maylene.

Lorsqu'il se glissa silencieusement dans la chambre, la jeune femme dormait à poings fermés, enroulée dans ses couvertures. Grell balaya la salle des yeux (les démons étant nyctalope, ils pouvaient voir dans le noir.) dans l'espoir d'y trouver lui-même les lunettes sans avoir à questionner Maylene, mais en vain. Il se résolu donc à s'allonger auprès d'elle. Il prit une inspiration puis caressa doucement la joue de la jeune femme qui ouvrit lentement les yeux.

Elle poussa un cri en s'écartant rapidement du lit lorsqu'elle reconnut « Sebastian ». Grell leva les yeux au ciel. Si LUI se réveillait aux côtés d'un homme aussi beau que Sebby, il n'aurait pas vraiment la même réaction.

-Monsieur Sebastian ! S'agita-t-elle en mettant ses propres lunettes. Que faites-vous ici ?

Grell décela une pointe de colère dans sa voix cassée. Elle ne s'était sûrement pas remise de leur dernière conversation.

-Je suis venu m'excuser, Maylene, dit-il en prenant une expression Sebastienne très sensuelle. Mon attitude de l'autre joue est impardonnable et indigne d'un majordome.

Il n'en pensait évidement pas une miette, mais en tant qu'actrice, mentir ne lui posait pas de problème.

Maylene resta silencieuse quelques secondes et Grell devina qu'elle était en train de considérer ses excuses.

Las de ce silence, il s'approcha d'elle et entoura ses bras autour de ses épaules. Enlacer une autre femme ne lui faisait ni chaud ni froid, du moment qu'il ne rentrait pas dans des rapports plus intimes.

-Que puis-je faire pour me faire pardonner ? Susurra-t-il au creux de son oreille.

La jeune femme rougit intensément, et Grell dû se retenir de ne pas éclater de rire.

-Je… Je ne sais pas… bredouilla-t-elle.

-Ecoute…souffla-t-il en rapprochant son visage de celui de la femme de chambre. Si tu me rends un petit service… je te promets que tu passeras une nuit merveilleuse.

Grell ne comptait absolument pas faire passer « une nuit merveilleuse » à la jeune femme. Mais elle était assez naïve pour le croire.

Il se mit à passer sa main gantée dans les cheveux prune de Maylene, qui ne put s'empêcher de gémir.

-T…Tout ce que vous voudrez.

Un large sourire sinistre s'étala sur les lèvres de Grell.

-Alors… Dis-moi… Tu m'as pris une paire de lunettes rouges la dernière fois. J'aimerais les récupérer…annonça-t-il tout en rapprochant le corps de la jeune femme du sien.

-Aaah~…bien…s-sûr. Elles s-sont dans le tiroir de ma table de nui-

-Merci !

Il se détacha aussitôt de Maylene et couru ouvrir le tiroir. Il y trouva effectivement ses vieilles lunettes, toutes sales et cassées.

-Pourquoi… pourquoi vouliez-vous ses lunettes, Monsieur Sebastian, demanda-t-elle timidement en tentant de reprendre son souffle – « Sebastian » avait le chic pour l'enflammer.

-Hm ? Oh, tu vois… fit-il en lui lançant un regard sadique. Ces lunettes sont celles d'une très bonne amie à moi, et j'aimerai les lui rendre.

-Ah…fit-elle, manifestement déçue. Je comprends. Cette fameuse fille aux cheveux rouges, n'est-ce pas ? (elle s'assit sur son lit, piteuse.) Bard m'en a parlé…

-Oui ! Tout à fait ! (il sourit joyeusement) Bon, merci pour tout ! Ciao-ciaoo !

Sur-ce, il disparut de la chambre. Il savait que Maylene serait bien trop timide pour lui réclamer sa fameuse nuit de plaisir, et il devinait qu'elle devait sûrement être en train de pleurer à l'heure qu'il est. Mais cela lui était complètement égal. Il avait trouvé ses lunettes, et c'est tout ce qui comptait. Ravi de sa magnifique performance, il sautilla hors du manoir, en direction de son appartement.


Sebastian rêvait. Cela ne lui était jamais arrivé. Les démons dormaient rarement, et lorsqu'ils dormaient, ils ne rêvaient jamais. Les rêves et les illusions étaient réservés aux humains et aux Demi-dieux. Les démons ne faisaient qu'exploiter cette « faiblesse ».

Toujours était-il que maintenant qu'il était dans un corps de Shinigami, il lui était tout fat possible de rêver. Et c'était ce qui était en train de se passer.

Il savait qu'il était en train de rêver, car il n'était plus dans le corps de Grell, mais dans le sien. Il se trouvait dans le jardin de la résidence Phantomhive, occupé à servir du thé à Ciel. Le jeune garçon but sa tasse d'une traite, puis passa sa langue sur ses lèvres lorsqu'il eut fini. Sebastian le trouva fort alléchant ainsi. Plus désirable que jamais. L'envie de lécher à son tour ses lèvres en aspirant son âme hors de son corps était très puissante. Il prit alors le gamin par le col, ferma les yeux, puis se rapprocha de lui, dans le but de prendre son âme. A sa grande surprise, Ciel ne se débattit pas.

-Si tu savais depuis combien de temps j'attends ce moment… Sebby

L'entente de son surnom le fit sursauter. Une seule personne l'appelait de cette manière. Il ouvrit les yeux, et à sa grande stupeur, Ciel s'était inexplicablement transformé en Grell. Ce dernier l'observait de ses intenses yeux verts, prêt à recevoir le baiser de la mort. Sebastian aurait dû être dégoûté, pourtant, à l'heure actuelle, l'âme de Grell lui paraissait tout aussi alléchante que celle de Ciel. Oh oui, il voulait l'âme du Shinigami. Il voulait l'engloutir, la sentir couler à l'intérieur de sa gorge, il voulait s'imprégner de Grell, le sentir en lui.

Perdu dans ses réflexions, il ne remarqua pas qu'il ne tenait plus Grell dans ses bras. Ce dernier se trouvait plus loin, pelotonné dans les bras de William.

-Hu hu hu ! Gloussa Grell, tu as été trop lent, Sebby ! Tu as trop réfléchi, et les femmes n'aiment pas attendre !

-C'est trop tard, Michaelis, renchérit William en se serrant contre Grell, subitement devenu une femme, vous ne l'aurez jamais.

Il embrassa Grell sous les yeux effarés de Sebastian, puis se rapprocha du démon alors que le Vicomte Druitt emmenait Grell célébrer son nouveau statut de femme avec Agni, Undertaker, Pluto, et tous les autres hommes que Sebastian avait croisé depuis qu'il était au service de Ciel.

-Vous l'aviez sous les yeux depuis le début, Michaelis. Votre stupide nature de démon vous a fait croire que vous ne ressentiez rien pour elle. A présent (il sourit cruellement) Vous n'avez plus aucun droit sur elle. Vous n'êtes plus rien. Elle est à nous (Grell apparu juste devant lui et l'éventra avec sa tronçonneuse, sous les rires de tous les hommes, Will mis à part)… pour l'éternité…

Eternité…

Eternité

-SEBBY !

Sebastian se réveilla en sursaut. Il lui fallut quelque temps pour se souvenir d'où il était. Il pris « ses » lunettes posées sur la table de nuit, puis fit face à Grell qui l'observait avec un grand sourire.

-Tu rêvais de moi ? Lui demanda-t-il malicieusement.

-Si on veut… répondit-il en fronçant les sourcils – il ne se souvenait pas de son rêve, mais il savait qu'il avait un rapport avec Grell.

Voilà quelque chose qu'il n'aimait pas : avoir du mal se réveiller. D'habitude lorsqu'il dormait, il était tout de suite en pleine forme à son réveil. Mais là, ses yeux lui piquaient, sa tête était engourdie, et il ne cessait de bâiller.

-Quelle heure est-il ? Demanda-t-il.

-Je sais pas, fit Grell en haussant négligemment les épaules, cinq heures ?

-Cinq heures ? Répéta Sebastian d'un air « et tu me réveilles à cette heure là ? ».

Grell mit d'un air satisfait les lunettes cassées sous le nez de Sebastian.

-Je l'ai trouvééé ! Chantonna-t-il. Vas-y, tu me peux me féliciter… AAhh~, IIII'm juuuust theeee BEST ! OUIII ! On va récupérer nos corps ! C'est TROOOOP MORTEL !

Sebastian prit les lunettes. Ah oui, il se souvenait vaguement de les avoir ramassées le jour où lui et Grell s'étaient battus, dans le but de les réparer et de les lui rendre en signe de dédommagement. A l'époque, ce n'était pas tellement par gentillesse mais par intérêt qu'il avait fait cela : il savait que Grell pourrait lui être utile, et il voulait donc gagner son amitié. Mais les choses avaient changées depuis, et il serait à présent ravi de les lui réparer sans rien attendre en retour. Cet objet était donc bien une preuve de l'affection qui existait entre les deux hommes.

-Bien, allons immédiatement chez Undertaker. J'ai conservé un bâton de l'encens que Mr Lau avait utilisé sur toi, nous n'aurons donc pas besoin de repasser par chez lui pour lui en demander.

-C'est une bonne chose, soupira Grell qui n'avait pas DU TOUT envie de revoir le chinois. Mais je ne sais pas si ça nous sera très utile, comme je te l'ai déjà dit, une âme qui a déjà été extirpée de son corps est très difficile à extirper de nouveau… L'encens ne sera pas assez puissant…

-Je pense que cela ne coûte rien de l'avoir sur moi. On ne sait jamais.

Grell fit un petit « Hm.. » pensif. Sebastian en profita pour s'étirer, histoire de se réveiller un peu.

-Dis, Sebby… De quoi as-tu rêvé ?

-Grell, tu ne crois pas que nous avons plus important à faire ?

-Je te dis ça parce que tu avais l'air plutôt perturbé dans ton sommeil… (il se rapprocha de lui en battant des cils ) Alors ? Dis moi s'il te plaiiiit ! Supplia-t-il en sautillant à genoux sur son lit.

Sebastian passa une main dans ses cheveux, agacé.

-Je ne m'en souviens plus.

-Oooh, c'est dommage ! J'aurais bien aimé savoir de quoi peut bien rêver un homme tel que toi… Moi soit je fais des rêves …Huuumm… romantiques à souhait, dit-il en repensant à la fois où il avait rêvé que le magnifique acteur qui jouait Roméo dans la représentation de Roméo et Juliette qu'il avait vu était entré par sa fenêtre et l'avait emporté sur un cheval blanc en lui jurant un amour éternel, ou alors des rêves vraiment stupides, comme la fois où j'ai rêvé que toi et Will aviez eu un enfant qui s'appelait Claude si je me souviens bien…

Sebastian frissonna à la simple entente de cette phrase.

-Enfin bref, reprit Grell, tu as raison, ne perdons pas de temps et allons voir (il gloussa) Un~der~ta~ker...


Les deux hommes arrivèrent très vite devant la boutique fermée de Undertaker. Grell frappa à la porte en chuchotant un petit « Hellooo ? », et le fossoyeur vint très vite leur ouvrir.

-Sebastian! Grell! He he he… Entrez donc… ricana-t-il en avalant un biscuit en forme d'os.

Grell et Sebastian ne se firent pas prier, et prirent place sur un cercueil, tout en se questionnant sur la raison pour laquelle le croque-mort était toujours éveillé à une heure pareille.

-Alors, demanda Undertaker de sa voix inquiétante, que puis-je faire pour vous ?

Sebastian était persuadé que le vieux Shinigami connaissait parfaitement la raison de leur visite, mais que la situation le faisait tellement rire qu'il voulait l'entendre de lui-même.

-J'ai trouvé l'objet qui pourra guider nos âmes ! S'écria Grell en brandissant les lunettes sous les yeux (ou plutôt, la frange) de Undertaker.

-He he he… Parfait, je pense que cela fera l'affaire…

Grell glapit de joie et sauta dans les bras du Shinigami retraité. Ce dernier lui rendit son étreinte, tout en observant avec amusement Sebastian se raidir sur son « siège ».

-Grell, reprit le croque-mort, je vais avoir besoin de ma Death Scythe, elle se trouve dans mon arrière boutique, peux-tu aller me la chercher ?

-Bien sûr ! répondit-il en papillonnant des cils. J'y vais !

-Merci…

Une fois Grell hors de la pièce, Undertaker vint s'asseoir juste à côté de Sebastian.

-He he he… Alors… es-tu prêt à retrouver ton corps et à affronter les responsabilités qui vont avec ? Rit-il en mangeant une autre bouché de biscuit.

-Bien entendu, réplica calmement Sebastian. Bien que la vie d'un majordome ne soit pas tous les jours facile, je-

-Je ne parlais pas de tes devoirs de majordome et tu le sais, l'interrompit-il d'un ton toujours aussi amusé.

-Mon existence entière ne repose que sur mon statut de majordome, répondit Sebastian de son sourire hypocrite habituel. Le reste n'a aucune importance.

-He he he… je vois (il avala un autre biscuit) j'espère que tu continuras à penser la même chose lorsque tu seras de nouveau dans ton corps… J'aurais beaucoup de peine si tu venais à mourir, tu es tellement drôle… he he he…

-Je vous remercie, fit-il aimablement en s'inclinant.

Grell choisit ce moment pour faire irruption dans la salle, la Death Scythe de Undertaker à la main.

-Je devrais prendre une photo… He he he Sebastian Michaelis brandissant joyeusement une Faux de la Mort est un spectacle que l'on ne voit pas tous les jours.

-Je vous interdis de prendre mon corps en photo, l'avertit Sebastian. Pas alors qu'il est dans un état si piteux… la barbe de deux jours ne me va vraiment pas.

-C'est pas ma faute, se défendit Grell. Je ne sais absolument pas me raser ! Du moins…(il prit un ton plein de sous-entendu) pas cette partie là du corps… hu hu…

-Comment fais-tu, alors ? Demanda Sebastian, sans prêter attention à la dernière phrase du Shinigami Rouge.

-Quoi ? Mais les femmes n'ont pas besoin de se raser !

Undertaker éclata de rire alors que Sebastian soupirait de lassitude. Il s'était attendu à une réponse de ce genre. Toujours était-il que Grell n'était peut-être pas une femme, mais il n'avait manifestement pas besoin de se raser. Ce type était décidément un cas à part.

-Moi je trouve que ça te va plutôt pas mal, reprit Grell en chantonnant. Mais ce qui me fait rire, c'est que tu viens encore une fois de te comporter comme moi !

-Comment ?

-La jeune Lady a raison, souligna Undertaker, il est dans ses habitudes de ne pas se laisser photographier lorsqu'elle n'est pas à son avantage… He he he… je crains les séquelles que tu risques de conserver une fois ton corps retrouvé…

Sebastian se leva de son cercueil, énervé contre lui-même. Il n'y avait pas une minute à perdre. Ils devaient redevenir normaux, et vite.

-Mr Undertaker, j'aimerai pouvoir procéder à l'échange de corps, s'il vous plaît, demanda-t-il poliment.

-Attends, tu ne veux pas attendre William ?

-Mon Willy ? Gloussa Grell en liant ses mains, il doit venir ?

-He he he… en effet… Il avait quelques documents à venir passer prendre, c'est la raison pour laquelle je ne dormais pas lorsque vous êtes arrivés… Il semblerait que cet ennuyant Shinigami n'ait du temps libre que très tôt le matin… Surtout en ce moment alors qu'il essaie de regagner sa place… He he he… je crois qu'il ne s'est jamais très bien entendu avec cette Victoria Burner, finit-il pensivement.

-Ca alors, Will va venir, quelle coïncidence, pas vrai Sebby ? S'excita Grell.

Sebastian ne répondit pas. C'était trop parfait pour que cela soit une coïncidence. D'une manière ou d'une autre, Undertaker avait dû savoir qu'ils passeraient dans la soirée. Mais comment, telle était la question… L'ancien Shinigami avait décidément plus d'un tour dans son chapeau.

Les trois hommes patientèrent quelques instants – Grell tenait à ce que Will assiste à la réinsertion de son âme dans son corps afin de l'embrasser immédiatement après – puis un « toc toc » propre et régulier se fit entendre.

Undertaker alla ouvrit, moins joyeux que d'habitude ( il n'aimait pas des masses William).

-Désolé pour le retard, dit froidement William en déposant sa veste sur le porte manteau. J'avais dit cinq heures trente et il est cinq heures trente et vingt secondes. C'est impardonnable.

-Tu es tout excusé, répondit Undertaker, passablement agacé – William l'ennuyait déjà, et il n'aimait pas s'ennuyer.

-Wiiiliiiaaaam ! S'exclama Grell en bondissant dans ses bras.

-Grell Sutcliff. Que faites-vous ici ?

Grell se tortilla tout en gloussant.

-Ouh… J'adore ce ton formel…

Sebastian réussit presque à percevoir un minuscule sourire se dessiner sur les lèvres de Spears. Mais ce n'était peut-être qu'une illusion d'optique.

-Ils sont ici pour récupérer leur corps, déclara Undertaker.

-Ah très bien, trancha-t-il de manière toujours aussi stoïque. Je vais prendre mes documents et m'en aller. J'ai encore beaucoup de travail, et Victoria ne se montre pas vraiment coopérative.

-Eeeh ? Tu pars, Will ? Pleurnicha Grell en se resserrant davantage contre le Shinigami brun. Reste ici ! Tu ne veux pas être le premier à me voir de nouveau dans mon corps ? Fit-il, plein d'espoir.

-Non.

Grell eut l'air tellement déçu que Undertaker s'écroula de rire sur un des cercueil. William se senti comme obligé de se justifier.

-Je veux dire… Etant donné le fait que j'arrive très bien à te voir à travers le corps de Michaelis, cela m'est égal d'être le premier à te voir réintégrer ton corps…

Bien rattrapé, pensa ironiquement Sebastian.

Grell croisa les bras en boudant, nullement convaincu.

-De plus, j'ai énormément de choses à faire, reprit Will plus sévèrement en rajustant ses lunettes.

Grell fut à deux doigts de répondre quelque chose comme « qu'est-ce qui peut être plus important que MOI », mais il eut une meilleure idée.

-… Wiiill~… je sais exactement quoi faire pour te faire rester…

Le sourcil de William tiqua en même temps que celui de Sebastian. Lorsque Grell prenait ce ton, rien de bon ne pouvait advenir. Undertaker, toujours égal à lui-même, se contentait de rire dans son coin. Et lui qui pensait qu'il ne pourrait jamais s'amuser en présence de William !

Grell, de son côté, alla prendre la Death Scythe de Undertaker qu'il avait posée contre un coin de la pièce, et la planta dans le sol grâce à sa force surhumaine. Il lança un clin d'œil en direction de William puis entreprit… un magnifique numéro de pole dance.

Voir son corps se tortiller de manière aussi obscène contre la barre verticale qu'était devenue la Death Scythe était trop pour Sebastian. Vue la tête déconfite de William, il ne devait pas non plus apprécier la danse de Grell outre mesure.

Undertaker, lui, étanit présentement en train de décéder tant il riait.

-Je vais tout te montreeeer... même ce qui n'est pas censuréééé… chanta sensuellement Grell en continuant son numéro. (1)

William ne cessait de tripoter nerveusement ses lunettes. Pour qu'il puisse voir Grell à travers Michaelis, il devait se laisser entièrement envahir par… réussirait-il à l'avouer ? L'amour qu'il ressentait pour Grell. Or là, il était plus dégoûté qu'autre chose. Donc tout ce qu'il voyait, c'était Michaelis qui lui envoyait des baiser volants tout en enchaînant poses vulgaires sur poses vulgaires.

...

Repoussant.

-Grell, arrête ça immédiatement, ordonna-t-il sèchement, sans pour autant hausser le ton.

Grell ne pouvait qu'obéir, il craignait trop la colère de Will. Dépité, il s'écarta donc de la Death Scythe et tenta sa dernière option : il se jeta dans les bras de Will en faisant semblant de pleurer (tellement bien qu'il réussissait à berner tout le monde.)

-Wiiiill ! Oh, mon Willy chéri! Je t'en supplie, reste en encore un peu ! Tu ne refuserais pas ça à ta future femme, n'est-ce pas ?

-Je ne crois pas à un seul moment avoir mentionné un quelconque mariage, Sutcliff.

William trouvait que Grell n'était jamais satisfait. Lorsqu'il était célibataire, il voulait un homme, lorsqu'il en avait un, il voulait se marier, et lorsqu'il serait marié – si c'était le cas- il voudrait des enfants, et SI par n'importe quel miracle il avait effectivement des enfants, que voudrait-il ensuite ? Une maison ? Un chien ? Un amant ?

-… Vraiment… soupira-t-il en redressant ses lunettes.

-Will, ne soit pas comme ça, le gronda gentiment Grell. Bien sûr, que tu veux m'épouser, je suis l'épouse idéale.

William leva un sourcil qui se passa de tout commentaire. Il n'avait JAMAIS songé à se marier, mais il était persuadé que Grell finirait par le convaincre un jour ou l'autre. Mais pas tout de suite.

-Mr Undertaker, finit par soupirer William en s'adressant au vieux Shinigami qui tentait de reprendre son souffle, je pensais que vous aviez un échange de corps à opérer…Qu'est-ce qu'on attend exactement ? Je suis extrêmement pressé.

Je vous jure, pensa-t-il, trop respectueux pour le dire à voix haute, si même les Shinigamis légendaires ne sont plus capable d'être rapides et efficaces…

-Alors, ça veut dire que tu restes ? Fit Grell, euphorique.

-Manifestement, Réplica froidement William.

A ces mots, Grell se jeta une nouvelle fois dans ses bras. Will lui tapota affectueusement la tête, tout en lançant un regard sombre à Sebastian, qui le lui rendit au centuple...


(1) A chanter sur l'air de "R Shitei" de la deuxième comédie musicale de Kuroshitsuji.

Bon, et bien, on se rapproche de la fin... Juste par curiosité, comment vous pensez que ça va se finir ? ^^