Titre: "Élémentaire, mon cher"

Rating: K+ pour quelques scènes un peu violentes, angoisses...

Résumé:La guerre est finie, Voldemort est définitivement disparu, Ron est devenu Auror et s'est marié, Hermione se débat avec les Droits et tente de gérer son couple, Neville a disparu au Chili avec Luna, Rogue voudrait pouvoir enseigner dans le calme, et de se débarrasser de ses saletés de mioches, Remus, tente d'élever son enfant sans Tonks, Drago suit des gens dans la rue, et se passionne pour la médicomagie, Blaise compte les canettes dans la Tamise, une vague de meurtres de sorciers s'abat sur Londres... Et Harry dans tout ça? Eh bien, Harry a disparu.

Disclaimer: Tout ce p'tit monde ne m'appartient pas(dommage...), je rends les personnages à Mrs Rowling dès que j'ai fini de jouer avec, je ne touche pas d'argent sur cette histoire, elle est dans le but de vous divertir, et moi, de me faire la main en écriture, de vous faire plaisir, pardon!

Note introductive: Ayant un peu plus de temps en ce moment, je suis en stage en médiation, et y a personne, le moment idéal pour écrire. Désolée, cours, fin d'année, soucis persos, la même rengaine, mais il est là ce chapitre! Et je passe en troisième année aux beaux-arts.

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Chapitre cinq: là où le silence fait des heures supplémentaires

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"Heure de la mort, dix-huit heures vingt-sept."

Sa baguette émit un faible scintillement bleu et il l'apposa sur le corps refroidi du cadavre, au niveau des yeux, sur la tempe gauche.

"Mementi"

Une image apparut devant leur yeux, flottant doucement, une succession de lieux se mit en route aussitôt, ils défilaient comme s'ils étaient vus par une personne qui courait vite, des voix retentirent, dans une autre langue et il n'en saisit pas le sens. Son équipier notait tout ce qu'il pouvait. Ils parlèrent à nouveau en Anglais.

"Non, s'il-vous-plaît, je vous en supplie...

-Il est trop tard pour retourner sa veste, Monsieur Betlav, fit une voix avec un fort accent russe.

-Pitié..."

L'homme s'était arrêté et regardait deux formes sombres s'avancer vers lui. Elles se détachaient sur la neige, mais on ne distinguait pas leur visage, la rue étant faiblement éclairée par un lampadaire, il neigeait énormément.

"Diffindo!"

La vue bascula vers le sol et un hurlement de douleur se fit entendre.

"Vous allez mourir, Mr Betlav, vous n'êtes rien pour nous. Avada Kedavra!"

L'image devint noire puis devint une lueur bleue qui rejoignit la tempe de l'homme.

"Mort par le sortilège Avada Kedavra."

Il nota tout sur un carnet blanc et observa le corps allongé sur le sol, il était gelé par la neige qui s'était abattue sur Londres la nuit dernière. L'expression d'horreur s'étendant sur son visage, il était allongé les bras en croix sur le trottoir blanc, une plaie barrait son torse, sanglante.

"Ron?"

Une main se posa sur son épaule, et il se retourna vers son équipier, Jimmy Ferwick.

"On dit aux gars du S.N. de venir emporter le corps?

-Vas-y, moi je finis de noter la description du corps, ils devraient être là dans dix minutes, tu as fini de chercher des indices?

-Oui, répondit Jimmy avec un sourire, soulevant plusieurs sacs remplis d'éléments.

-Très bien, dès que tu as appelé, prends les photos du corps, s'il te plaît.

-À vos ordres, Chef!"

Jimmy commença à formuler un sortilège tandis que Ron finissait d'écrire. Sur le torse, du côté droit de la blessure, il y avait le fameux tatouage. Sa mâchoire se serra alors qu'il le recopiait dans le carnet. Rangeant sa plume et son carnet dans son manteau, il se retourna vers son coéquipier qui prenait des photos à renfort de flash. Les Nettoyeurs apparurent et prirent en charge le corps.

"On rentre, Jim."

Ils transplanèrent devant le Ministère de la magie, entrèrent et se frayèrent un chemin parmi la foule, suivirent les couloirs tortueux et se retrouvèrent au Foyer. Il y avait peu d'Aurors dans la grande pièce séparée en sortes de compartiments, chacun avait son espace privé et son bureau, celui de Jim et le sien étaient mis en face, comme les autres équipes. Les deux Aurors s'y installèrent et se mirent aussitôt à taper leur rapport, aucun des deux ne voulait rester trop tard le soir. Au bout d'une heure, ils avaient fini, Jimmy avait tout répertorié et Ron avait affiné la description du cadavre à l'aide des photos, et avait rempli des tas de papiers administratifs. Il déposa le dossier sur le bureau de Kingsley et après un dernier salut à ses collègues, put enfin partir.

Il déposa sa besace quand il entra chez lui, les lumières étaient allumées, signe qu'Hermione était déjà rentrée chez eux. Souriant, il enleva son manteau et alla dans le salon pour découvrir sa femme penchée sur un dossier volumineux et assez haut. Il l'entoura de ses bras, la jeune femme se détendit dans ses bras et ils s'embrassèrent amoureusement.

"Bonsoir, Hermione.

-Bonsoir Ron", fit-elle doucement, le sourire aux lèvres.

Il s'assit à côté d'elle.

"Comment ça va?

-Un nouveau meurtre, marmonna l'Auror. Sauf qu'apparemment, ce n'est pas un Repenti, toujours ce signe", finit-il en lui tendant la feuille où il avait recopié le signe.

Hermione saisit la feuille, les sourcils froncés et observa le signe, les yeux plissés et l'air songeur. Soudainement, ses yeux s'agrandirent de stupéfaction, murmurant quelque chose qui semblait être dans une autre langue.

"Hermione?"

Elle leva le doigt, concentrée, et semblant chercher quelque chose à toute allure. Puis regarda Ron, les yeux brillants de cette lueur qu'elle avait quand elle trouvait quelque chose.

"Ron, c'est..."

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"... Heureux. Je suis vraiment heureux de te voir, Harry", fit Lupin, serrant le Gryffondor dans ses bras.

Harry fit un sourire maladroit, mal à l'aise. Drago se sentit un peu de trop, et détourna les yeux.

"Entrez tous les deux."

Harry gravit les quelques marches suivit de Drago, Teddy leur sauta dessus, surexcité.

"Ouais, Drago!"

Le Serpentard eut le souffle coupé quand le garçon lui fit un câlin, sous le regard légèrement moqueur d'Harry. Le garçon changea la couleur de ses cheveux en noir en voyant le Gryffondor à côté du blond, ses sourcils se froncèrent et il eut une moue intriguée.

"C'est qui?

-Harry, ton parrain, répondit doucement Remus, jetant un coup d'oeil à Harry qui avait un peu pâli.

-J'ai un parrain?, répéta Teddy, tout content, et admirant le jeune homme, ses yeux grands ouverts.

-Heureusement que j'en t'ai parlé", soupira Lupin en roulant des yeux.

Les yeux de Teddy se plissèrent tandis qu'il regardait le Gryffondor avec étonnement puis il sourit.

"Oui, oui, ça y est, je me souviens!"

Le petit garçon entoura de ses bras Harry, qui semblait troublé par l'affection que lui portait spontanément son filleul, il s'abaissa quelques secondes plus tard, et serra Teddy avec un large sourire.

"Salut Teddy."

Lupin eut les yeux qui brillèrent d'une lueur étrange.

"Oh, Drago.

-Oui?, fit le Serpentard en se tournant vers lui.

-Quelqu'un voudrait te voir..."

Curieux, Drago le suivit tandis que Harry restait avec Teddy. Ils allaient à la cuisine, et quand ils entrèrent, il se figea.

"Drago, voici Andromeda Tonks, anciennement Black, ta tante, présenta Remus avec un geste de la main. Andromeda, Drago...

-Oui, je le reconnais, fit la femme avec un grand sourire.

-Vous... Vous êtes la soeur de ma mère..., balbutia Drago.

-C'est ça, approuva Andromeda, un sourire entendu sur le visage.

-Et la grand-mère de Teddy, par la même occasion, ajouta Remus. La mère de Tonks, quoi."

Un éclat d'amertume transperça les yeux de Remus un instant, Drago se tourna vers sa tante.

"Andromeda, je te laisse avec lui, et je t'envoie Teddy, il faut que je parle à quelqu'un."

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Il y avait juste le silence, ce fichu silence, si pesant et affamé de tristesse. La lenteur du temps prenait place avec sa grâce dans ce silence velouté. Il venait juste de lui annoncer qu'il était devenu un loup-garou par Greyback.

"Harry... Je."

Sa tentative s'écrasa contre la carapace fragile du jeune homme qui semblait prêt à exploser d'un moment à l'autre. Pas de colère ou de haine, juste une infinie mélancolie qui transparaissait malgré les efforts visibles d'Harry pour la retenir. Il était bien différent de celui qui serrait Teddy dans ses bras, plus noir, plus sombre... Plus faible quelque part. Harry éclata en sanglots, surprenant Remus qui se trouva désemparé un bref instant, puis il se rapprocha doucement avant de le prendre dans ses bras.

Ils ne restèrent pas ainsi très longtemps, le jeune homme se ressaisit rapidement et prit un ton rouge pivoine.

"Je suis désolé, j'ai un peu craqué.

-T'inquiète pas, le rassura Remus avec un léger sourire. Je peux le comprendre, tu sais."

Harry renifla, essuyant ses yeux avec sa manche et fixa Remus.

"Trop de choses en ce moment, trop d'événements qui se passent, mon cerveau commence à avoir du mal, s'excusa t-il.

-Les nerfs, ça pardonne pas, soupira Remus. Je t'avouerais que je ne sais pas quoi dire, je sais pas par où commencer, j'ai mille questions en tête. Comment va ton épaule?"

Le Gryffondor tâta son épaule et grimaça légèrement.

"Un peu douloureuse mais tout à fait supportable.

-Bien, c'est déjà ça."

Remus tapota l'accoudoir de son siège.

"Bon."

Il soupira à nouveau et se frotta la tempe du bout du doigt.

"J'ai déjà parlé avec des gens récemment mordus, mais ça n'a jamais touché un de mes amis, j'avoue que je en sais pas comment réagir. Je...

-Remus, t'angoisse pas avec ça, j'ai pas besoin de compassion, juste que tu m'explique un peu comment... Comment ça va se passer, cette première nuit, enfin je sais pas, la transformation, toutes ces choses là, où est-ce que je vais le faire? Avec toi, ou tout seul? Si...

-Je vois, l'interrompit Remus. Je crois qu'on va aborder ça aujourd'hui déjà, dans premier temps, après, je crois que Severus, Drago et moi, on aurait besoin d'explications, quand même un peu."

Harry se tortilla sur son fauteuil, mal à l'aise.

"Ouais, j'imagine..., fit-il en grattant l'arrière de la tête. J'ai essayé avec Drago, ajouta t-il en fermant mes yeux, le visage douloureux et crispé. J'aurais besoin de temps pour organiser tout ça, mes pensées sont décousues en ce moment, t'avouerais-je. Je suis perdu, Remus... Je sais pas où j'en suis à la base, et le fait de devenir un loup-garou n'arrange pas vraiment les choses comme tu dois t'en douter. C'est comme si... Si je faisais face à une montagne de noeud, de problèmes, et je suis tout petit par rapport à elle.

-On t'aidera à faire face, assura Remus d'une voix tranquille. Bien. Abordons ce problème de fourrure."

Le jeune homme rouvrit les yeux, une leur d'angoisse dans les yeux.

"Je vais t'accompagner pour la première fois, en fait ça dépend des personnes, certaines sont plus agressives lors de leur transformation, d'autres plus calmes, donc parfois on peut associer deux loups-garou ensemble pour une nuit, voire plus. J'ai essayé avec d'autres que moi, ceux qui ont rejoint Voldemort avec Greyback, c'est pas une partie de plaisir, souffla t-il devant la mine atterrée de son interlocuteur. La première nuit est la plus douloureuse, soit le loup reprend le dessus, et tu perds toute conscience, soit tu peux te souvenir de tout, ça dépend de tout un tas de facteurs. Je me souviens de nuits avec James, Sirius, et Peter très agréables comme de nuits plus dramatiques en somme.

-Tu...?

-Non, je n'ai jamais mordu, ni même tué quelqu'un. Parce que j'aurais fini par me tuer moi-même si je l'avais fait, le loup l'a bien compris et s'est gardé de tout débordement. Heureusement. Mais j'ai déjà bien blessé ton père ou ton parrain, les deux seuls suffisamment costauds pour me retenir, lors de nuits agitées. J'espère que tu te souviendras pas. Pour le coup, je chargerais Severus de veiller sur toi jusqu'à ton réveil, et éventuellement te soigner si tu t'es blessé. On va faire ça dans la cabane, c'est plus simple."

Harry hocha de la tête lentement.

"Mais... Si on me repère...

-T'inquiète pas, j'ai tout un tas de sorts à ma disposition pour ça, et tu sais te camoufler, je pense.

-Oui, oui, c'est bon.

-Parfait."

Remus scruta le visage d'Harry avec inquiétude, mais il semblait relativiser face à la situation bien qu'un peu pâle.

"Tu as d'autres questions?

-Pas pour le moment."

Il le sentait fébrile et ne chercha pas à insister.

"Harry, il faut qu'on discute, lança t-il tandis que le jeune homme relevait la tête. Je ne sais pas ce qu'il se passe, je ne sais pas comment tu gères ta vie, mais ça semble difficilement supportable, et je crois que tu as une enquête sur le feu, débarrasse toi de tout ça, s'il te plaît."

Remus appuya sa phrase d'un regard lourd de sens, et Harry déglutit, le regard fuyant.

"Je ne sais pas si... Ce que j'essayerais de vous dire, vous servira vraiment, c'est pas clair pour moi-même.

-Alors va voir quelqu'un pour ça, un psychomage, un médecin qui puisse t'aider, une personne en qui tu as confiance... Je ne sais pas, quelque chose, sinon, tu n'avanceras pas. On ne peut pas grandir sans résoudre ses vieux démons.

-Je te rappelle que je suis censé être disparu, fit Harry sur un ton cynique, le regard vissé sur la reliure d'un livre.

-J'en connais des gens qui peuvent t'aider.

-Comment ça?, souleva le jeune homme qui le regarda enfin, l'air perplexe.

-J'en ai vu, quand je me suis fait mordre, en étant petit, et après, dans les années Poudlard, j'ai eu quelques temps difficiles, et ça m'a fait du bien. J'étais plus léger. Maintenant, je suis trop vieux pour ces choses là. Ils gardent le secret.

-Mouais, répondit Harry, dubitatif.

-Réfléchis, mais dis-moi, je t'aiderais. Maintenant, il faut qu'on..."

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"Il faut qu'on les arrête, Ron!

-Mais qui? Je comprends rien de ce que tu me dis, là!"

Hermione se leva, les yeux parcourant la pièce à toute vitesse et bondit vers la bibliothèque, revenant avec un livre quelques secondes après. Elle l'ouvrit précipatemment, le parcourant et tendit le livre, ouvert sur un double page. Il y avait un signe qui ressemblait vaguement à celui que Ron avait remarqué sur le corps de l'homme. Il releva les yeux, Hermione le fixait avec une impatience évidente.

"Tu m'explique? Parce que là, je ne suis pas trop ce que tu veux dire."

Elle souffla, l'air de ceux qui sont devant quelqu'un qui ne pense pas aussi vite qu'eux, agacée.

"C'est pourtant évident, fit-elle en appuyant bien le dernier mot. Ce symbole ressemble à celui que tu m'as montré.

-Élémentaire, répliqua Ron sur un ton acide. Mais ce n'est pas exactement le même, et arrête de faire celle qui sait tout et qui veut garder le secret!

-Ron!, s'énerva Hermione. Cette figure montrait au 17ème siècle, l'appartenance de certains sorciers à une société secrète, Abberdham. Cette société avait pour but de ressusciter des sorciers noirs, du moins, ils ont essayé, mais la connaissance de cette magie n'étant pas assez répandue en occident à l'époque, la plupart des tentatives ont échouées, soit par ce manque de connaissances, les rituels n'étaient pas complets, il manquait des formules. La magie nécromancienne nécessite de longs rituels, compliqués, pouvant s'étendre à plusieurs mois selon la date et l'emplacement de la mort. Soit par les miliciens de l'époque, l'équivalent aujourd'hui des Aurors, réussissaient à les empêcher.

-La plupart? Donc, tu veux dire que ces types ont réussi?, demanda Ron, abasourdi.

-Oui! La plus célèbre réincarnation est celle de Haram Le Krevar, en 1656, à Paris. Ce sorcier a des origines en extreme orient, il était connu pour avoir exterminé la plupart des sorcières en Arabie Saoudite au 12ème siècle, les autorité de l'époque avaient fini par l'arrêter, et l'ont exécuté.

-Heureusement!

-Les Abberdhammiens sont donc arrivés à le faire renaître dans le corps d'un paysan français, seulement, l'incarnation n'a duré que quelques jours. Ils ne savaient pas à l'époque, que cette magie puisait son énergie dans le corps de ceux qui avaient mis en place la réincarnation. Ils étaient vingt-cinq à l'époque, dix-neuf sont morts lors du procédé. Abberdham a fini par être démantelée en 1679, dénoncée par un des leurs, plus intéressé par l'or que par le fait de voir un sorcier renaître. Même si l'or, il ne l'a jamais vu puisque tous ont été condamnés à mourir par pendaison, le 6 Janvier 1680. Et les soldats ont pu retrouver tout ceux qui avaient contribué à cette société, ainsi cette histoire n'a plus trouvé écho car l'affaire a été étouffée à l'époque. Le problème, c'est d'autres sorciers se sont intéressés à tout ça par la suite, la nouvelle qu'une magie terrible et noire soit arrivée en Europe s'est répandue assez rapidement dans les réseaux spécialisés.

-Attends, cette magie n'est apparue qu'au 17ème siècle?

-Non, le savoir résidait en Asie, du côte de la Chine plutôt, ils ont gardé le secret à ce niveau. Mais il y a eu des fuites.

-Donc, d'autres essais..., reprit Ron, les sourcils froncés.

-Oui, Girson, Melyanor pour ne citer qu'eux. Certains sorciers se sont même associés aux Moldus, répondit Hermione, tournant les pages du livre. Ah oui, voilà, pour ressusciter Staline dans les années 80.

-Le type russe, là?

-Celui-là, en effet.

-Et?

-Et ça n'a pas marché, grâce à un informateur secret. Ceux qui pratiquent cette magie font partie de réseaux très spécifiques, très difficiles à repérer puisque qu'ils s'arrangent pour qu'on ne les voient pas, et surtout, vu la longueur des rituels, qu'on ne les interrompt pas.

-Je vois, ça pourrait être un bon coup, ça, rêva Ron, l'oeil brillant. Une grande affaire.

-C'est certain, approuva Hermione, scrutant le livre.

-Donc, ça veut dire qu'Abberdham a évolué. Le tatouage, une demi-lune, le loup devant, et la lettre A.

-Une demi-lune parce que les rituels prenaient fin lors du croissant de lune. Le "A" pour "Abberdham", par contre le loup, se questionna sa femme.

-C'est récent, les loups-garous qui tuent les Repentis. Ils punissent ceux qui n'ont pas servi le Seigneur des Ténèbres.

-Ron..., commença Hermione.

-Ce qui veut dire, qu'ils cherchent à Le ressusciter..., finit sombrement Ron. Peu de chances qu'ils y arrivent, puisque Harry s'est arrangé pour ça, mais en attendant, les Repentis meurent, et cette magie peut renaître plus puissante que jamais, et je ne tiens pas à me retrouver avec des mages noirs, ou des dictateurs moldus sur les bras. Il faut qu'on fasse quelque chose.

-Mais qui écouterait deux personnes comme nous?"

Ils se turent face à l'évidence de la réponse.

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Drago s'assit maladroitement sur une chaise-il faillit d'ailleurs la manquer de peu- et se tut. La grand-mère de Teddy l'observait en silence, les yeux humides, et son petit-fils entra quelques instants après, l'air maussade.

"Je venais juste de le rencontrer, fustigea t-il, grognon. Papa m'a dit de venir."

Il se percha sur les genoux d'Andromeda, la mine boudeuse. Sa grand-mère le serra dans ses bras en le chatouillant et le petit garçon éclata de rire, ne pouvant pas résister à cet assaut, Drago sourit, attendri. Les cheveux de Teddy virèrent au rose, et il demanda forfait. Les minutes suivantes se passèrent en bavardages, de tout et de rien, Andromeda se renseignant sur son métier, et approuvant les ressentiments de Drago face à la mollesse du ministère. Harry et Remus revinrent avec eux, le garçon mal à l'aise. Andromeda souffla de surprise en le reconnaissant, et Teddy brisa le temps suspendu en sautant dans les bras d'Harry, Drago se surprenant à être jaloux de l'affection que le petit garçon portait à Harry.

"Harry... Tu... Tu avais disparu, non?

-Oui, répondit simplement le jeune homme. J'expliquerais en temps voulu."

Il se laissa tomber sur une chaise, le regard vide, et se prit la tête entre ses mains. Remus regarda Drago, et il y perçut une pointe de confiance dans la suite des événements, ce qui le rassura imperceptiblement.

"Je vous sers quelque chose?", demanda Remus.

Ils ressortirent de chez Lupin, deux heures plus tard, Drago légèrement ivre, et Harry, un peu plus détendu.

"Merci de l'avoir tenu au courant, fit simplement le Gryffondor.

-Pas de quoi, laissa échapper Drago. Viens, on rentre."

Arrivés chez Severus, un hibou attendait Drago, portant une lettre entre ses pattes. Il reconnut celui d'Hermione et se demanda ce qu'elle voulait. Tandis qu'Harry s'asseyait dans un fauteuil, vaguement fatigué, il l'ouvrit.

"Qui c'est?, demanda Harry en baillant.

-Hermione. Ils ont trouvé quelque chose pour l'enquête."

Harry se redressa, plus éveillé et intéressé.

"Ah oui?

-Elle me demande de venir au plus tôt. J'irais demain.

-Ils me manquent, soupira Harry.

-Hein?

-Ron, Hermione, Luna et tous les autres. Je croyais que tout était perdu, Dumbledore mort, moi, même pas capable de défier en duel ce mort-vivant, c'est eux qui m'ont redonné confiance, qui m'ont aidé, et moi j'l'laisse tomber."

Drago ne sut pas quoi répondre, pris au dépourvu. Il l'avait toujours vu sûr de lui, arrogant, impétueux et incapable de réfléchir avant d'agir, et voilà qu'il faisait face au Survivant, amer et sombre, dévasté parce qu'il avait survécu justement.

"Harry, je sais pas pourquoi tu es parti, mais c'est sûr que ce n'est pas pour leur faire du mal, tu avais tes raisons, et ça s'est passé comme ça."

Il eut un long silence et enfin le Gryffondor, se leva et lui fit un sourire, un vrai, un sincère et partit se coucher.

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"Avance, Drago!"

Réprimant un gémissement face à la douleur qu'imprimait la main de Rogue sur son bras, il se força à avancer en titubant à moitié. Il évoluait dans un espèce de brouillard insondable. Des bruits, des images lui parvenaient vaguement, le tout avalé dans la confusion, il savait qu'il avançait, à moitié soutenu par Rogue, mais il ne savait pas où il était. Il eut une pensée pour Blaise, resté au château.

"... Lâche!"

N'était-ce pas la voix de Potter? Il reprit un peu plus conscience de ce qu'il se passait, il se tenait difficilement debout dans une forêt, pas loin de Poudlard, Rogue venait de le lâcher et affrontait Potter.

"Battez-vous, espèce de lâche!"

Rogue fondit sur Potter, le laissant à terre, échangeant quelques répliques acides avec lui, et attrapa à nouveau Drago. Ils s'échappèrent enfin. Drago reconnut le manoir familial à travers le brouillard, et se réveilla quelques instants plus tard, à l'intérieur face à Voldemort. Une peur sans nom s'empara de ses entrailles.

"Drago..."

Il tressaillit.

"Bella m'a dit que tu avais échoué."

Greyback posa la main sur son épaule, un rictus ornant son visage. Drago s'attendait au pire, que le Seigneur des Ténèbres le tue sur le champ, qu'il soit torturé jusqu'à ce qu'il devienne fou, et qu'il reconnaisse même plus ses parents. Il soutint du mieux qu'il put le regard couleur rubis de son adversaire.

"Ton père m'avait dit que tu était courageux, pourtant Drago, je n'y crois plus... Tu m'a déçu... Très déçu."

Il sentit le regard de Rogue sur lui, incandescent.

"Cependant, tu as réussi à faire venir nos amis ici présent à Poudlard, et donc, indirectement permis la mort du vieux fou. Car oui, mes amis, Albus Dumbledore n'est plus des nôtres!", hurla t-il à l'assemblée des Mangemorts.

Des hourras s'élevèrent, des sifflement retentirent quelques instants. Drago eut envie de vomir, il tenait à peine debout, et tremblait. Voldemort leva les bras, et l'agitation se calma pour laisser place au silence.

"Grâce à notre cher Severus, tu seras récompensé mon vieil ami.

-Merci, Maître", fit humblement Rogue.

Dumbledore s'écroulant de la tour...

"Bien. Lucius!"

Son père s'avança, mal assuré et hésitant.

"Ton fils ne mourra pas ce soir, mais il sera puni pour sa couardise et sa lâcheté. Lance-lui un Doloris!"

Drago releva la tête d'un coup, croisant le regard de son père. Il n'allait pas... Lucius leva sa baguette, se tournant vers lui, le regard dur. "Fais honneur à ta famille, Drago, et tout se passera bien." Greyback lâcha le garçon dans un ricanement, Drago se figea et ferma les yeux, résigné. Son père lui infligea le sortilège calmement, et la torture commença pour lui. Il s'écroula sur le douleur, le corps brûlant, et se retint de hurler. Il serra la mâchoire, des larmes perlant de ses yeux. Les épées se plantèrent dans son corps, et il s'effondra, criant et hurlant sous la morsure du sort. Sa main s'agrippa au tapis, et le brouillard l'envahit complètement. Son père leva le sort, et la douleur s'abaissa légèrement, il sentit des mains rassurantes s'emparer de lui, et s'évanouit.

"Drago!"

Le susnommé aspira de l'air, haletant, complètement perdu.

"Drago, calme-toi! C'est moi, t'inquiète pas."

Et dans sa douleur, il reconnut Severus, il se calma aussitôt. Au bout de quelques instants, il fut complètement revenu à la réalité.

"Cauchemar?, questionna Rogue.

-Oui, souffla t-il. Le soir, où.. Où tu as...

-Tué Dumbledore?"

Drago hocha de la tête, incapable d'en dire plus.

"Tu crois que ça va aller?

-Je pense... Mauvais souvenir. Qu'est-ce que...?"

Il s'était endormi dans le canapé, la lettre d'Hermione dans sa main, froissée. Harry sortit de sa chambre, alerté par le bruit.

"Drago? Est-ce que ça va?

-Hein, euh, oui...

-Mauvais rêves, non? Tu gémissais.

-Quelques relents de torture.

-Oh, je vois, grimaça Harry. Hum, d'habitude, c'est moi qui fait les cauchemars, plaisanta t-il, le regard rieur.

-Oui, ça, je m'en souviens, maugréa Rogue. Pompom qui me réveillait en pleine nuit, affolée, demandant, je ne sais quelle potion.

-Désolé.

-Bah! Je suis rôdé maintenant, j'ai mon kit anti-cauchemar sur moi."

Harry sourcilla en regardant le maître des Potions, et Drago le comprit, il n'y a pas si longtemps, Rogue lui aurait desservi une remarque acide son propre cru. Si Rogue se mettait à plaisanter avec Harry Potter, la fin du monde arriverait bientôt, il en était sûr. Se rendant compte qu'il était toujours affalé dans le fauteuil, il se redressa et se leva, consultant l'horloge d'un coup d'oeil.

"Il faut que j'aille voir Hermione."

Le Survivant hocha de la tête, plus sombre et retourna dans sa chambre, et Severus retourna à ses occupations-corriger une montagne de copies, il entamait d'ailleurs l'une d'elles avec un rictus sadique. Drago se mit à sourire et se prépara à sortir.

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"Tu plaisante, Hermione?, demanda Blaise d'une voix dubitative.

-Hélas, pas du tout, répondit la jeune femme avec un air désolé.

-Une bande de cinglés veulent faire revenir Tu-Sais-Qui? Mais... Mais qu'est-ce que tu veux qu'on fasse? Tu crois qu'ils vont gentiment nous écouter, nous, un jeune Auror, une employée qui s'emploie à leur mettre des bâtons dans les roues,et deux Repentis? Hein? Attends, tu connais notre situation à Drago et à moi, on s'élèverait presque au rang des Loups-Garou.

-Je sais bien, Blaise, c'est pourquoi on pense qu'on va faire comme avant...

-Comme avant?, souleva Blaise, perplexe.

-À Poudlard, Blaise, fit Drago à place d'Hermione, on ne prévient pas les autorités et on fait notre enquête nous mêmes. Clair comme de l'eau de roche.

-Vous êtes complètement frappés! s'exclama Blaise. On va se faire tuer.

-Si je ne te connaissais pas Zabini, je dirais que tu as peur", ajouta Drago d'un ton narquois.

Blaise piqua un fard, et ouvrit la bouche pour protester.

"Réfléchis crétin, asséna le Serpentard d'un ton froid. Ils ont déjoués les plans de Voldemort plus d'une fois, la pierre philosophale, le Tournoi, et ils l'ont tué... Alors c'est pas une bande de Nécromanciens qui va leur faire peur!"

Hermione dévisagea Drago avec surprise.

"Moi je suis partant, laissa échapper Drago de son ton traînant habituel. Zabini?

-Très bien, je viens, grommela son ami.

-Et t'inquiète pas, on fera en sorte que ton beau visage soit épargné afin que tu puisse séduire ces messieurs.

-Hey!

-Merci vieux, fit Ron avec un chaleureux sourire. Tu nous seras d'une aide précieuse.

-C'est que j'ai mes intérêts là-dedans, je ne tiens pas spécialement à mourir jeune!

-Fort compréhensible, admit Weasley. Et maintenant, que fait-on?"

Le silence se fit une place tandis que les quatre amis réfléchissaient intensément.

"Retracer un historique précis de la société depuis ces vingt dernières années, trouver qui pourrait faire partie de celle-ci, proposa Blaise.

-Je peux m'en charger, annonça Hermione.

-Fort étonnant, se moqua Drago sous le regard noir de celle-ci. Des lieux possibles de rendez-vous?

-Londres est grand, soupira Ron qui grimaça.

-Combien de victimes ?, questionna Drago.

-Neuf, répondit Ron.

-Bien, noter tout ce qu'on peux trouver sur les lieux, et sur eux.

-C'est une bonne piste, approuva Hermione.

-Alors, on commence par ça, Hermione, continue ce que tu as fait, c'est utile également."

Et c'est ainsi, que nos quatre amis débutèrent leur enquête. Harry et Severus débattaient sur la meilleure façon de cuire des oeufs à la coque, Remus jouait avec son fils, les mouettes continuaient leur vol plané au-dessus de la Tamise, et Hudson, le fils de Mme Gabrige, trompait sa femme avec sa voisine. Une journée bien tranquille en somme.

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Non, non, j'ai pas craqué, pas encore, rendez-vous au suivant!