Titre: "Élémentaire, mon cher"
Rating: K+ pour quelques scènes un peu violentes, angoisses...
Résumé:La guerre est finie, Voldemort est définitivement disparu, Ron est devenu Auror et s'est marié, Hermione se débat avec les Droits et tente de gérer son couple, Neville a disparu au Chili avec Luna, Rogue voudrait pouvoir enseigner dans le calme, et de se débarrasser de ses saletés de mioches, Remus, tente d'élever son enfant sans Tonks, Drago suit des gens dans la rue, et se passionne pour la médicomagie, Blaise compte les canettes dans la Tamise, une vague de meurtres de sorciers s'abat sur Londres... Et Harry dans tout ça? Eh bien, Harry a disparu.
Disclaimer: Tout ce p'tit monde ne m'appartient pas(dommage...), je rends les personnages à Mrs Rowling dès que j'ai fini de jouer avec, je ne touche pas d'argent sur cette histoire, elle est dans le but de vous divertir, et moi, de me faire la main en écriture, de vous faire plaisir, pardon!
Note introductive: chapitre plus doux, encore pas mal de discussions, l'action arrivera plus tard, les vieux fantômes remontent, et rafraîchissent un peu les esprits. Grandir...
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Bonne lecture...
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Chapitre sept: là où les vieux fantômes pèsent lourds
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Il faisait sombre dans le salon, la lumière filtrait à peine à travers les rideaux, les restes de nourriture, ou d'emballages, ainsi que quelques bouteilles vides jonchaient sur la table basse. La forme étalée sur le sofa grogna légèrement au son des quelques coups sur la porte. La silhouette pris les coussins qui supportaient sa tête pour s'enfouir au-dessous avec un gémissement à fendre le coeur d'un détraqueur. Les coups se firent plus insistants.
"DRAGO LUCIUS MALEFOY, SI TU N'OUVRES PAS CETTE PORTE, JE TE JURE QUE JE LA RÉDUIS EN CHARPIE, ET TOI, TU FINIRAS EN PÂTÉ POUR DRAGON!"
Le ton se fit suffisamment convainquant pour que Drago daigne se lever du canapé. Il se traîna avec un soupir déchirant jusqu'à la porte, et l'ouvrit. Une seule personne connaissait son deuxième prénom.
"Zabini, casse-toi, fit-il d'une voix éraillée.
-Drago?"
Son meilleur ami avait la bouche ouverte, et était muet de stupéfaction.
"Malefoy, c'est bien toi?"
Il lui attrapa le menton, le regardant avec un oeil inquisiteur. Drago se dégagea avec un grognement et laissa son ami planté sur le pas de la porte. Bon, il n'avait peut-être pas bonne allure, avec ses cernes, et ses cheveux décoiffés, mais ce n'était pas si dramatique que ça, non? Il s'écroula dans le canapé. Blaise se ressaisit, et entra dans l'appartement, refermant avec soin la porte.
"Qu'est-ce que...? Il fait noir, ici!
-Bien vu, Blaise, grommela Drago, la voix narquoise.
-Mais, tu nous fais quoi là?"
Blaise ouvrit les rideaux, et Drago protesta vivement.
"Pas la lumière...!
-T'as foutu quoi, ici?
-J'ai bu, souffla Drago, la tête entre ses mains.
-Tu as fait quoi!
-J'ai bu! Fous-moi la paix..."
Son ami s'assit sur le fauteuil en face et le regarda. Observa silencieusement l'environnement, détaillant la table, les vêtements sur le sol, l'air de Drago.
"Par le slip de Merlin, tu es dans un sale état..., constata Blaise, l'air désolé.
-Je...
-Franchement, tu as vu ta tête?"
Drago le regarda d'un air furieux et se leva d'un bond, résigné. Il se planta devant le miroir. D'accord, il avait peut-être une sale tête. Cheveux décoiffés, cernes(et c'était un euphémisme), maigre, ses yeux gris légèrement injectés de sang, et quelque peu éteints, tee-shirt troué et pantalon de pyjama, une petite barbe naissante. Il se gratta celle-ci, distrait, et alla se rasseoir sous le regard éberlué de Blaise qui s'attendait sûrement à une réaction plus grand de la part de son ami.
"Ok, tu es en mode dépressif, ou quoi?"
Son ami lui jeta un coup d'oeil, et haussa les épaules. Blaise se leva, ramassant quelques trucs au passage, les jetant, et alla dans la salle de bain, fouillant une armoire, et trouva ce qu'il voulait. Il revint au salon, et fourra une potion dans les mains de Drago.
"Tiens, pour ta gueule de bois."
Drago l'avala sans protester.
"Qu'est-ce qui se passe?, demanda Blaise, inquiet.
-Rien, juste une grosse remise en question, grogna Drago qui sentait les effets d'un lendemain de beuverie disparaître. Après trois jours comme ça, je suis descendu dans un magasin moldu, j'ai acheté tout ça, fit-il en désignant la table. Et je me suis saoulé la gueule. Avant que tu arrives, je dormais", ajouta t-il en lançant un regard noir à Blaise.
Le Serpentard ne parut pas s'en émouvoir.
"Et ça t'es arrivé comme ça? D'un coup?
-Oh, y a eu quelqu'un pour ça aussi, mais ne demande pas qui c'est, faut que j'aille le tuer d'abord.
-Pardon?"
Un son qui ressemblait à "non, mais il va voir" sortit de la bouche de Drago.
"Écoute, ça fait deux jours que tu ne réponds pas à nos messages, on s'inquiétait.
-Et ils ont envoyé le grand Zabini?, railla Drago.
-Pour récupérer l'ancien Prince de Serpentard en morceaux", répliqua Blaise.
Soupir de la part de Drago qui se laissa aller dans le fauteuil.
"Hem..., commença Blaise. Je ne suis pas sûr de tout saisir, mais ce que je vois, c'est l'état dans lequel tu es, alors, tu vas prendre une douche, te laver les dents parce que honnêtement, ton haleine tiendrait un dragon à distance...
-Pas toi?, se moqua Drago.
-Je suis plus fort qu'un dragon, fit son ami d'un ton suffisant. Allez, file faire ça, moi je vais ranger, et ensuite on va rassurer Hermione, la pauvre m'a fait une crise d'hystérie, depuis ton séjour à l'hôpital avec Greyback...
-D'accord, ça va, j'ai compris! J'y vais..."
Pestant contre les imbéciles qui ne savaient pas gérer leurs émotions, il se dirigea vers la salle de bain en traînant des pieds. La douche le réveilla tout à fait, et il s'arrangea pour masquer les cernes et ses yeux. S'habillant un peu mieux, il finit par rejoindre Blaise qui avait nettoyé à renfort de coups de baguette l'appartement.
"Ah bah voilà! Beaucoup mieux! On dirait juste que tu as passé une sale nuit...
-Blaise...", menaça Drago.
Blaise eut un grand soupir en regardant son ami, l'air un peu désespéré.
"Me voilà obligé à jouer les mères poules... Franchement, tu pourrais songer à moi, qui me fait tant de soucis pour toi, je n'en dors quasiment plus la nuit, tu imagine? Ahlala, la jeunesse aujourd'hui...
-Zabini!
-Je plaisantais Drago, lança le métis sur un ton moqueur. N'oublie de te couvrir... Aïe! Hey, ne me tape pas la tête comme ça, ça fait mal!"
Sous le grognement exaspéré du jeune Malefoy, ils sortirent de l'appartement, Blaise se frottant l'arrière de la tête, goguenard.
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Harry marchait le long d'une rue londonienne, l'esprit occupé, tout cela l'avait retardé dans ses enquêtes, mais il n'avait pas le coeur de s'y remettre, la pleine lune arrivait à grands pas. Et il redoutait cette nuit. Il avait remis son déguisement moldu. Il s'engouffra dans un bar, ses pensées sombres tourbillonnant dans sa tête. Il s'assit à une table après avoir commandé une boisson, la tête reposant sur une main, il la releva quand le serveur lui apporta sa commande et resta muet de stupéfaction. Entre toutes les personnes qu'il connaissait, dans un bar miteux et excentré, il a fallut que ce soit lui.
"Votre whisky, monsieur."
Sa bouche s'ouvrit pour le remercier mais aucun son ne sortit pour autant.
"Monsieur, est-ce que ça va?
-O... Oui, pardon, merci", se reprit Harry.
La serveur lui fit un bref sourire et repartit. Harry jeta un coup d'oeil à sa montre, il était plus de minuit, et la bar fermait vers une heure. Il ne pouvait pas manquer cette occasion, il attendrait la fin du service.
Au bout de trois verres, le bar ferma enfin. Harry sortit dehors, il neigeait cette nuit-là, et faisait un peu plus froid, bientôt Noël, songea t-il. Le personnel sortit sans faire attention au sorcier qui se tenait dans l'ombre, enfin le serveur sortit après avoir salué son patron.
"Monsieur?, le héla Harry en se révélant à la lumière du lampadaire.
-Oui?, fit le serveur, méfiant envers l'étranger.
-Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous tuer, surtout ne prenez pas peur, mais..."
Et Harry redevint lui-même.
"Harry?
-Salut Dudley."
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"Au fait, on est invité chez les Weasley au complet, mais heureusement Neville et Luna sont là, ça nous empêchera de se sentir de trop.
-Ils sont revenus de leur voyage?, s'étonna Drago. Je croyais que c'était pour Noël...
-On est bientôt Noël, c'est la semaine prochaine", ricana Blaise.
Drago piqua un fard, il n'avait plus trop la notion du temps ces dernières semaines. L'idée de se retrouver avec la bande Weasley l'effrayait un peu sachant qu'il savait où était Harry. Ils arrivèrent en bas de l'immeuble, et transplanèrent chez les Weasley.
"On est Dimanche, Drago, avant que tu ne demande, fit Blaise d'un ton moqueur à peine voilé.
-C'est ça, fous-toi de moi, grogna le jeune Malefoy.
-Oh, allez, déride-toi un peu, Dragounet!
-Je t'interdis d'utiliser ce surnom en public," lâcha Drago entre ses dents serrées.
Blaise éclata de rire pour réponse, et toqua à la porte. Molly Weasley leur ouvrit quelques secondes après, un sourire radieux sur les lèvres.
"Drago! Tu as encore maigri, mon garçon..., déplora t-elle en le détaillant avant le serrer dans ses bras.
-Bonjour Mme Weasley, réussit à dire Drago, les poumons au bord de rendre l'âme.
-Appelle-moi Molly, le sermonna Molly.
-Maman, lâche-le!, fit la voix rieuse de Ron. Tu vois pas qu'il étouffe?
-Toi, je vais te remplumer!, dit-elle avant de le lâcher. Bonjour Blaise.
-Bonjour Molly, répondit Blaise, hilare. Vous allez bien?
-Je suis contente de voir tout le monde!", dit-elle d'un ton ravi.
Ils rentrèrent dans la maison, cela faisait une éternité que Drago n'y avait pas mis pied, et elle n'avait pas changé, aussi chaleureuse et accueillante. Dire qu'il l'avait souvent critiqué. Il suivit tout le monde jusqu'au salon. Arthur tentait d'allumer feu réticent, Bill et Fleur, venus spécialement pour les fêtes, lui indiqua Blaise dans un chuchotis, roucoulaient dans un coin. Hermione riait avec George qui faisait des pitreries avec sa baguette, Ron les rejoignant avant de passer un bras autour de sa femme, l'air attendri. Percy décorait le sapin, l'air solennel que le temps ne semblait pas vouloir lui enlever. Luna tentait d'expliquer à Fred, qu'il devait utiliser une pincée de Gargarak pour chasser les effets secondaires du philtre d'amour, et Neville la regardait tendrement. Tout le monde salua Blaise et Drago d'un air joyeux. Seule Hermione le regarda d'un air critique.
Ils s'installèrent sur des poufs prévus à cet effet, Blaise entama la discussion avec Neville sur son voyage, et Drago se laissa aller à ses rêveries en regardant tout le monde. Il ne sentait pas trop à l'aise, en dehors de cette vie familiale. Heureusement, Hermione était occupée avec George, et le laissa tranquille. Un coup à la porte se fit entendre, et Molly se leva.
"Ah, ça doit être nos derniers invités!"
Avec curiosité, Drago regarda qui arrivait. C'était Lupin, avec son fils. Teddy bondit dans les bras de Drago, et tout le monde le regarda, attendri. Il rougit et salua Remus en bredouillant.
"Incroyable..., fit Neville. Teddy a réussi à amadouer le grand Dragon.
-Je ne suis pas si méchant", protesta Drago, vexé.
Un regard autour de lui ne le conforta pas.
"Quoi? Je fais si peur que ça?
-Ahh, Drago..., fit Ron en tapotant son épaule. Si tu savais...
-Si je savais quoi...?", s'étrangla Drago.
Seul le rire à peine dissimulé de Blaise lui répondit. Molly intervint à ce moment-là, sortant de la cuisine.
"Le repas est prêt!"
Ravalant quelques phrases, Drago se leva sombrement avec les autres, Teddy à côté de lui. S'asseyant autour de la grande table, les conversations allaient de bon train, Drago était à côté de Remus et de Blaise. Le Serpentard lui lança un regard goguenard, et Drago ne répondit rien, les épaules affaissées. Il préféra se concentrer sur Molly qui servait les plats, lorsqu'il fut servi, il commença à manger, écoutant distraitement les conversations qui avaient lieu. Blaise débattait avec Remus des évolutions des lois pour les Loup-garous, Ron plaisantait avec Fred, et Hermione tentait d'empêcher George de lui piquer de la nourriture dans son assiette avec des grands éclats de rire. Bill discutait avec Arthur, Fleur mangeait en les écoutant. Teddy essayait d'échapper au chatouilles de Percy, qui avait laissé tomber son masque pompeux, à la grande surprise de Drago, Luna et Neville déjeunaient tranquillement.
Il joua avec sa fourchette, ses pensées allant à Harry et Rogue, Drago était sûr que Molly avait essayé de convaincre Severus de venir.
"Drago, tu es avec nous?, questionna Remus de voix grave.
-Euh, oui, pardon."
Drago se remit à manger sans entrain, il se sentait de trop dans cette profusion de bons sentiments. La fin du repas fut accueilli avec soulagement par Drago, il se débrouilla pour partir après, après avoir salué tout le monde.
"Drago?"
Il se retourna, réprimant une grimace, s'attendant à voir Hermione.
"Remus?", fit-il, surpris.
Le Loup-garou s'approcha de lui, son souffle formant de la buée.
"Et Teddy...?
-Il est avec Percy, je crois qu'ils s'entendent bien.
-Qui ne s'entendrait pas avec ce bout de chou, ria nerveusement Drago.
-Un futur charmeur alors, s'amusa Remus. Tu veux bien aller marcher?
-Euh oui", souffla Drago, un peu fébrile.
Le bruit de leurs pas était couvert par la neige qui couvrait le jardin des Weasley, ils marchèrent quelques instants dans le silence.
"Comment va Harry?, débuta Remus.
-Je sais pas trop, il ne parle pas beaucoup de lui, il détourne les choses avec les manières d'un Serpentard."
Remus éclata de rire.
"En attendant, j'apprends pas beaucoup sur lui, c'est comme s'il verrouillait ses pensées, je sais jamais ce qu'il pense vraiment, soupira Drago. Et toujours rien sur sa disparition!
-Il faut parfois laisser le temps faire son oeuvre", énonça doucement Remus.
Il réajusta son écharpe autour de son cou, et fourra ses mains dans les poches de son manteau, avant de s'arrêter en haut de la colline qui bordait le jardin des Weasley.
"J'ai toujours aimé la maison d'Arthur et Molly, fit-il au bout d'un moment, le regard errant sur les alentours. Elle est chaleureuse, elle reflète ceux qui la tiennent.
-Le nombre de fois où je l'ai critiqué, laissa échapper Drago. Je suis un imbécile qui critique tout ce que je connais pas", finit-il sur un ton amer.
Remus lui proposa de s'asseoir, la mine songeuse, sur un bout de tronc d'arbre arraché épargné par la neige.
"Tu sais, commença t-il quelques instants plus tard. C'est le propre de l'homme d'avoir peur de ce qu'il connaît pas, rien qu'une partie de la littérature moldue est un exemple. Si on prend le loup, c'est un des animaux qui a le plus souffert de ce rejet, nombre de personnes l'ont pris pour un envoyé de Satan. L'ennemi de Dieu si on veut pour les moldus, le méchant de l'histoire, expliqua t-il en voyant la mine interrogatrice du Serpentard. Beaucoup de contes et légendes voient le loup comme un mauvais être. Pourquoi le loup? Les moldus connaissent les Loups-garous par leurs légendes, c'est un exemple de la peur de l'homme que la bête reprenne le contrôle sur eux.
-Mais c'est ce qu'elle fait, non?, demanda Drago.
-Pendant une nuit, corrigea Lupin. Ce qui me sépare de vous? Un jour dans le mois, je deviens une bête assoiffée de sang, moins depuis la potion Tue-Loup, mais la transformation reste là. L'homme a peur du manque de contrôle."
Il fit une pause, les yeux légèrement plissés.
"De même qu'il a peur de la liberté, pourtant c'est qu'il désire le plus au monde, quelque part. Mais sors un homme de ses obligations quotidiennes, enlève-lui sa baguette, ou sa technologie pour les moldus, dis-lui qu'il est libre... Il fera tout pour retrouver son confort matériel, et se rattachera à nouveau à ses petites habitudes, parce qu'il ne supporte pas le vide, la nature a horreur du vide, et le comble par tous les moyens. Parce que ce contrôle est rassurant, c'est un repère. Qu'est-ce qu'un homme sans repères? Rien. Il va les recréer peu à peu. C'est comme si tu lui traçais un chemin tout brillant, et d'un coup, plus de murs. Que ferais-tu?
-J'aurais peur, j'imagine, je chercherais les murs, murmura Drago.
-Exactement, et c'est normal. Il serait fou de croire qu'on peut survivre sans ces murs, il en faudra un, toujours un, si minime soit-il. Un homme meurt s'il se nourrit pas, ou ne boit pas."
Lupin émit un sourire amusé, et posa sa main sur l'épaule droite de Drago.
"Tu grandis, tu mûris, tu te remets en question, ça prend du temps, Drago. Mieux vaut tard que jamais, comme on dit. Je suis heureux que tu le fasses, ça va te faire bien.
-Je n'en suis pas sûr, fit sombrement Drago.
-C'est parce que tu es en plein dedans, tu apprends l'existence d'une autre vie possible, sans l'influence de tes parents, et surtout, tu découvre que les Gryffondors peuvent agir en Serpentard..."
Drago lui lança un regard mi-étonné, mi-vexé.
"Il te l'a dit?
-Je ne sais pas ce que t'as fait, Harry, répondit sincèrement Remus en retirant sa main. Mais il est clair que ça t'as chamboulé, ils l'ont remarqué."
Le jeune homme rougit.
"C'est bien, répéta Lupin, avec un sourire. Harry a le don connu de se mettre dans tous les ennuis qui passent à sa portée, mais il a aussi celui de nous changer, et de nous renvoyer à nous-même. Sans lui, je n'aurais pas profité des derniers mois avec ma femme, ajouta-il avec une lueur de tristesse. Sans lui, Ron serait toujours le même garçon buté, Hermione, seule dans Poudlard avec ses livres, Neville n'aurait jamais été fier de lui, Luna se serait faite embêtée toute sa scolarité, Rogue serait buté comme un âne encore plus, et toi, mort pendant la Guerre en tant que Mangemort. Il a souffert plus que quiconque ici. Alors, ça ne m'étonne pas qu'il soit parti, il avait sûrement besoin de se retrouver un peu, et il culpabilise beaucoup. Ses vieux fantômes le hantent."
Il resserra son manteau.
"Un parfait mélange de James et Lily, même si James n'a pas fait que des bonnes choses, et Lily, un peu trop entêtée sur certaines choses. Mais il donne une chance à tout le monde, et ne les manipule pas, comme a pu faire Albus. Chacun a ses fantômes, et apprend à faire avec, il a juste besoin d'un coup de pouce, nous sommes là pour ça, et un jour, tu verras, il s'ouvrira, ne sois pas impatient, fais-lui confiance."
Remus se leva, et invita Drago à le suivre, il se dirigeait vers la maison.
"Si tu as besoin de parler, fais-le, et ne t'enfermes pas avec tes bouteilles, je suis là.
-Comment es-tu au courant? Blaise...
-Blaise n'a rien dit, le rassura Lupin. Mais, tu sais, tu n'es pas le seul à te prendre des cuites quand tu te sens mal."
Le Maraudeur lui lança un coup d'oeil moqueur, et Drago rougit à nouveau.
"Tu veux dire que tu l'as fait?, demanda t-il, suspicieux.
-Si tu crois que je vais te le dire!, s'exclama Remus, outré. Jeune homme, votre curiosité devra rester sur sa faim aujourd'hui.
-Donc, un autre jour...
-Miséricorde, qu'est-ce qui me prend de traîner avec des Serpentard?, soupira Remus, une lueur d'amusement dans les yeux malgré son air dépité.
-Et moi des Gryffondors!", répliqua Drago sur le même ton.
Ils se mirent à rire.
"Allez, Drago, passe le bonjour à tes amis, on se reverra à Noël.
-Pour la pleine-lune, rappela Drago, doucement.
-Ah oui, fit Lupin, plus sombre. À plus tard, jeune homme, fais attention à toi."
Drago lui fit un sourire de remerciement, le coeur plus léger, heureux d'avoir Remus comme ami, ces gens étaient précieux, et il s'en rendait compte de jour en jour.
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Harry était incroyablement nerveux, il se leva du fauteuil d'un coup, faisant sursauter Dudley au passage. Son cousin avait énormément maigri, encore grandi, le dépassant de pas mal de centimètres, son visage rond s'était affiné, et il avait un bouc sur le menton.
"Hem, tu veux quelque chose?
-Il me faudra au moins un truc fort", gémit Dudley, toujours un peu sous le choc.
Harry hocha de la tête, il lui servit du Pur-Feu.
"Tu sais, commença Dudley, qui avait l'air aussi nerveux que lui. Je pensais que tu vivais dans un endroit différent.
-Moins sombre?, interrogea Harry, un peu sec.
-Euh, quelque chose dans le genre, approuva son cousin, légèrement pâle. Un peu plus magique, là, tu as une télé, en fait on dirait pas que tu es magicien."
Harry grimaça légèrement.
"J'ai quelques soucis, avec le monde sorcier.
-Tu es un criminel?, fit soudain Dudley, l'air effaré.
-Non! Enfin, non..."
Pas tout à fait, compléta le sorcier dans sa tête.
"Je... J'avais besoin de m'éloigner de mon monde, finit Harry.
-Je vois, répondit Dudley, avec le visage qui disait pourtant le contraire.
-C'est juste un peu difficile, c'est tout, ajouta Harry, plus pour lui-même.
-Pourtant la guerre est finie, souleva Dudley, les sourcils froncés.
-Ouais, je sais, mais ça n'empêche pas.. Eh attends, comment tu es au courant?"
Ce fut au tour de Dudley de paraître gêné.
"Eh bien, fit-il, se tordant les mains. Je l'ai deviné un peu tout seul, ces sorciers ne nous surveillaient plus...
-Tu étais au courant?
-Ben, il y en a un qui n'était pas discret, franchement, il faisait un boucan pas possible, et il avait une de ces haleines..., termina Dudley, avec une grimace de dégoût.
-Mondingus, soupira Harry, désespéré.
-C'est son nom?
-Oui... Toujours été comme ça."
Dudley digéra l'information en silence.
"Depuis quand es-tu à Londres?, reprit Harry.
-Deux ans, répondit-il.
-Et tes parents, continua Harry. Comment vont-ils?
-Je ne sais pas, avoua Dudley, embarrassé.
-Tu ne sais pas?, répéta Harry, éberlué.
-Comment dire... On s'est fâché, surtout avec Papa, je vois Maman, quand elle peut venir.
-Que s'est-il passé?"
Son cousin rit nerveusement.
"Tu vas te moquer de moi!
-Pourquoi?, fit Harry, fronçant les sourcils.
-J'ai rencontré une fille, laissa échapper Dudley, rêveur après quelques secondes de silence.
-Et le problème?"
Dudley le regarda plus sérieusement.
"Tu n'as pas deviné?
-C'est le boulot de Hermione de répondre à une devinette, répondit Harry, un peu énervé devant tant de mystère, même s'il savait que Dudley ne la connaissait pas.
-Qui?"
Un éclair de génie traversa Harry, et il regarda Dudley, bouche bée.
"Nooon, t'es sérieux? Toi?
-Eh oui, répondit Dudley, mi-amusé, mi-triste.
-Tu es tombé amoureux d'une sorcière? J'y crois pas!, s'exclama Harry avec un rire.
-Tout peut arriver, répondit son cousin, avec un grand sourire, cette fois-ci.
-Nom d'une chocogrenouille! Et... Beh la suite?
-Elle m'a initié au monde magique en quelques mois, m'a fait découvrir des choses incroyables, et que la magie ne suffisait pas à me faire apparaître des queues en tire-bouchon sur les fesses", lâcha t-il, amusé.
Harry eut un petit rire à ce souvenir.
"Grâce à elle, je me suis repris en main, et j'ai voulu la présenter à mes parents, finit-il sur un ton qui suintait l'amertume.
-Ils n'ont pas accepté, compléta Harry.
-Non, soupira Dudley. Donc je suis parti avec elle à Londres. Sauf qu'elle m'a plaqué pour un sorcier, un sale type vantard qui me haïssait à cause de mes origines.
-Je suis désolé, fit Harry après un silence.
-C'est pas de ta faute. Donc je me suis installé ici, trouvé ce boulot de serveur, j'ai maigri, Maman me passe un peu d'argent quand elle peut, même si elle passe son temps à me dire que je n'avais pas qu'à fricoter "avec cette petite imbécile de monstre". J'aimerais reprendre des études, j'économise ce que je peux.
-Tu veux faire quoi?, questionna Harry.
-Je sais pas trop, Histoire de l'Art, ou littérature. Oui, je sais, étonnant de ma part, mais je passe mon temps libre à lire.
-Eh ben, souffla Harry. Si tu veux qu'on se balade un peu ensemble, ça me plairait bien de te connaître un peu mieux.
-Moi aussi, Harry. Tu as un portable?
-Euh non, mais dépose un mot dans ma boîte aux lettres, et file-moi ton adresse."
Harry raccompagna son cousin, un peu sonné. Il allait de surprise en surprise ces derniers temps.
Il rentra chez Rogue le lendemain, un peu dans ses pensées, le professeur ne le dérangea pas, il était en vacances depuis la veille, et le faisait savoir en restant dans son laboratoire. Et Malefoy rentra peu après, l'air fatigué et pensif, mais serein, puisque qu'il était dans ses pensées, un sourire niais sur le visage, et des cernes sous les yeux. Harry, assis dans le fauteuil, lisait un livre sur la magie noire que Rogue avait lui-même annoté, une jambe repliée sous l'autre. Il leva la tête, regardant Malefoy d'un air circonspect, Rogue sortit à ce moment là, et salua son filleul.
"Bonjour, répondit Drago. Harry, désolé d'avoir été brusque, après tout, je t'ai tiré de là un peu brusquement, je suis profondément attristé de la manière dont se sont passées les choses. Je te promets de ne pas te brusquer à l'avenir. Je reviens."
Harry échangea un regard abasourdi avec Rogue, mais il ne semblait pas en savoir plus que lui.
"Il s'est jeté un sort d'allégresse, ou quoi?, laissa échapper Harry.
-Là, j'avoue que j'ai un doute", fit Rogue, perplexe.
La journée se déroula tranquillement, Drago ayant toujours le même sourire plaqué sur le visage. De temps en temps, Harry et Severus se regardaient, mais avaient renoncé à comprendre puisque que Drago ne répondait pas. Il se calma en fin d'après-midi. Cependant, il resta plongé dans ses réflexions.
Deux jours plus tard, la nuit fatidique arriva.
Un mois que Drago Malefoy, était arrivé dans sa vie, enfin, revenu.
Un mois qu'il avait changé d'identité.
Un mois qu'il doutait de ce qu'il faisait.
Et trois jours qu'il avait des envies de viande crue incontrôlables.
"Bon Harry", commença Remus.
Ils étaient tous les deux pâles.
"Surtout ne résiste pas au... Loup."
Remus avait opté pour une autre solution, ils étaient dans les caves de Rogue, en effet le professeur-avec un petit rictus-, leur avait proposé de venir, puisque ces deux imbéciles des Gryffondors allaient droit dans les ennuis en passant la nuit dans la Cabane Hurlantes, et ce n'est pas le moment de se faire repérer, il se demandait d'ailleurs où était passé l'élan Serpentard de monsieur Potter des quelques jours avant.
Harry lui avait juste renvoyé un regard noir, et s'était renfrogné. Et maintenant, il y était. Il ferma les yeux fort.
"Harry..."
Il sentit la main de Remus sur son épaule.
"Courage, je... J'y vais."
La main se leva, et Harry dut résister à l'envie de l'attraper tant il était terrifié, il entendit les pas de Remus sur le sol poussiéreux, la porte se fermant à clé, et le bruit distinctif d'un sort de verrouillage. Remus s'enferma lui-aussi avec l'aide de Rogue. Quelques minutes, plus tard, le Loup arriva.
Il sentit d'abord une douleur aiguë aux os, puis ce fut son corps entier, il tomba à genoux. Tout son corps s'étirait avec la douleur d'un Doloris, et ce n'était pas du tout agréable, il eut à peine conscience de s'écrouler sur le sol. Il ne sut pas combien de temps cela durait, et la dernière vision consciente qu'il vit, c'était son bras droit couvert de poils.
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Il était dans le noir total, et flottait doucement. Harry entendit une voix au loin, mais il n'avait pas envie de sortir de là, c'était cotonneux, confortable et doux... La voix se fit insistante.
"Harry!"
Il avait l'impression que la voix est très loin au-dessus de lui.
"Réveillez-vous, bon sang! J'ai pas que ça à faire de veiller sur des Loups-garou."
Une minute?... Loup-garou?
"Potter, si vous...
-C'est bon...", souffla t-il d'une voix pâteuse.
Soupir de soulagement de la part de Rogue.
"Ah, enfin!"
Harry eut un petit rire, très faible. Il se sentait endolori, comme si on l'avait piétiné une centaine de fois. Il était allongé sur le côté droit, sur le sol, recouvert d'une couverture râpeuse.
"J'ai juste besoin de vérifier si vous n'avez rien de cassé...
-'Pas un sort pour ça...?, demanda t-il d'une voix éteinte.
-Je préfère pas, dangereux et utilisé par des gens qui ont fait des études", fit la voix grincheuse de Rogue.
Harry se risqua à ouvrir un oeil et vit la silhouette de Rogue floue se pencher sur lui. Il bougea et réprima un hurlement de douleur, mais il semblait qu'il n'avait rien de cassé.
"Je crois pas..., lâcha t-il entre ses dents serrées.
-Bon."
Il replongea dans l'inconscience.
À son deuxième réveil, il était allongé dans sa chambre, et il faisait presque nuit, Remus était à côté de lui, assis. Le Maraudeur eu un sourire chaleureux.
"Salut Harry.
-Salut Remus."
Il se redressa dans le lit en grimaçant.
"Tu te souviens de ta nuit?
-Non, fit-il en secouant la tête.
-Tu as été particulièrement violent envers toi-même, énonça Remus. Mais bon, première nuit.
-Et toi?
-Rien non plus. Severus a entendu des hurlements toute la nuit, il a regretté son offre.
-C'est pour ça qu'il était si énervé ce matin, s'amusa Harry.
-Je pense."
Harry avait un sweat sur lui, cachant ses marques sur les bras, constata t-il avec soulagement, et toutes ses blessures aussi, il ne sentait pas de parler encore.
"Tu vas bien?, demanda t-il.
-J'ai l'habitude, tu sais, répondit Remus avec un haussement d'épaules.
-Ouais... J'ai revu Dudley."
Il lui relata sa discussion.
"Pas mal en effet", siffla Remus.
Le Maraudeur avait paru intéressé de leur nouvelle relation.
"C'est bien ça.
-Dis... Tu as fait quelque chose à Drago?"
Remus se mit à rire.
"Il grandit, c'est tout, d'ailleurs, il voulait te parler."
Il se leva et ouvrit la porte, appelant le jeune homme. Drago entra.
"Harry? Est-ce que ça va?
-J'ai connu mieux, mais ça va, je pensais que c'était pire.
-Bien, fit Drago, soulagé. Je m'inquiétais. Harry..."
Il marqua une hésitation.
"Tu veux, pour Noël, revenir avec nous chez les Weasley?"
.
.
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À suivre...
J'espère que ça vous a plu.
