Titre: "Élémentaire, mon cher"

Rating: K+ pour quelques scènes un peu violentes, angoisses...

Résumé:La guerre est finie, Voldemort est définitivement disparu, Ron est devenu Auror et s'est marié, Hermione se débat avec les Droits et tente de gérer son couple, Neville a disparu au Chili avec Luna, Rogue voudrait pouvoir enseigner dans le calme, et de se débarrasser de ses saletés de mioches, Remus, tente d'élever son enfant sans Tonks, Drago suit des gens dans la rue, et se passionne pour la médicomagie, Blaise compte les canettes dans la Tamise, une vague de meurtres de sorciers s'abat sur Londres... Et Harry dans tout ça? Eh bien, Harry a disparu.

Disclaimer: Tout ce p'tit monde ne m'appartient pas(dommage...), je rends les personnages à Mrs Rowling dès que j'ai fini de jouer avec, je ne touche pas d'argent sur cette histoire, elle est dans le but de vous divertir, et moi, de me faire la main en écriture, de vous faire plaisir, pardon!

Note introductive: chapitre bavard, chapitre le plus long jusqu'à maintenant, mais bon, il faut en passer par là. J'espère que vous l'aimerez, j'y ai mis tout mon coeur(alors, faut pas le briser, hein! nanmého).

De mon côté, j'étoffe mes intrigues pour la saga sur les Maraudeurs qui fera suite à celle-ci, il me tarde de plonger dans leur univers...

Bonne lecture!

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Chapitre huit: là où l'on voudrait se débarrasser de son passé

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Remus regarda Drago, clignant des yeux, et les tourna vers Harry, le visage neutre. Harry les regarda, mal à l'aise face à la pression qu'on lui mettait sur les épaules d'un coup. Il ouvrit la bouche et la referma après, avant de la rouvrir.

"Euh... Je peux réfléchir?, réussit-il à formuler.

-Oh, bien sûr", fit Drago, l'air pris au dépourvu.

Il plissa les yeux, paraissant à réfléchir à autre chose, et leur adressa un sourire avant de partir.

"Tu es sûr de n'avoir rien fait?, questionna Harry, l'air soupçonneux. Il est différent, et on dirait que sa magie... Change.

-Tu peux voir la magie?, demanda Remus, les sourcils haussés.

-... Oui, si on veut, glissa Harry, embarrassé. Disons celle qui fait l'identité des personnes. Les Auras. Celle de Drago est argentée, mais voilà qu'elle se colore d'orange, celle de Rogue est d'un vert sombre aux lueurs rouges selon ses humeurs, et toi, elle est dorée, teintée de bleu.

-Et la tienne?, demanda Remus.

-Eh bien, les couleurs des quatre maisons qui peuvent se muer en un noir d'encre, enfin, elle tient plus du noir depuis quelques temps, avoua Harry sur le bout des lèvres.

-Tu es vraiment unique", murmura Remus, plongé dans ses pensées.

Harry haussa les épaules avant d'esquisser une grimace. Il posa une main bandée sur son épaule droite.

"Elle te fait souffrir?

-Une douleur continue qui s'amplifie par moments, depuis qu'il m'a mordu, souffla Harry.

-Ma douleur a mis un moment avant de se calmer, le rassura Remus de sa voix douce. C'est la malédiction qui agit lentement...

-Charmant, grogna Harry.

-Comment vas-tu?

-Tu es direct dans tes questions."

Le jeune homme enleva sa main de son épaule, avant de réfléchir quelques secondes.

"Pas bien, je suppose. Mais ça fait tellement longtemps...

-Est-ce une raison pour perdre espoir?, souleva Remus, l'air triste.

-L'espoir est un truc brillant qu'on t'agite devant toi avant qu'il ne se volatise complètement, répondit Harry, le ton amère.

-C'est une vision bien sombre des choses.

-Peut-être parce qu'elle est juste, rétorqua Harry.

-Cela, je ne peux pas le savoir pour toi.

-J'étais au courant, asséna Harry, sur un ton un peu brusque. Personne ne peut savoir ce que c'est de vivre dans ma tête!

-Et personne le saura si tu continue à ne rien dire, le temps sait faire des choses, il sait consoler les coeurs brisés, il sait apaiser la douleur du deuil mais il ne peux pas parler à ta place."

Harry leva un regard furieux vers le Loup-garou.

"Et toi, tu es qui pour essayer de tirer des choses? Hein? Tu te prends pour Dumbledore, peut-être, à sortir tes phrases mystérieuses, tu te caches derrière elles pour avoir un semblant d'existence! C'est sûr, tu aimes bien dire ce que je devrais faire... "Tu devrais parler, Harry, ça ira mieux... Tes amis, ils te manquent sûrement..." As-tu jamais remis en cause l'enferment de Sirius? Tes amis... Tu te cachais derrière eux, les réprimant vaguement. Les amis, Remus, ils ne peuvent pas vivre à ta place...

-Forcément, puisque Harry Potter a décidé qu'il vivrait seul, et loin de tous, il a besoin de personne pour vivre, surtout pas avec ceux qui se bougent pour qu'il aille mieux, je pensais que tu étais moins égoïste... On a besoin de savoir ce qu'il se passe, ce que tu compte faire!

-Je ne vous ai rien demandé, vous êtes venus tout seul comme des grands"!, cracha Harry, sa nervosité et sa colère prenant le dessus.

Remus pâlit brusquement, et le toisa durement.

"Je pensais que tu était différent, Harry. Je pensais que tu voulais t'en sortir sans penser qu'à toi.

-J'ai peut-être mes raisons à ne penser qu'à moi pour une fois, vu le monde sorcier ne repose par sur mes épaules! Vas t-en Remus, si tu fais partie de ceux qui ne comptent que sur moi au lieu de se prendre en main tout seul."

Lupin se leva alors et sortit sans un mot, le visage amer et triste.

Et Harry se renfonça dans ses oreillers, au bord des larmes. Pourquoi fallait-il que ce soit sur lui? Il renifla profondément pour se calmer, tremblant. Ne pouvaient-ils pas le laisser en paix une bonne fois pour toute? Il attrapa son oreiller, se roulant en boule et le serra à s'en faire mal aux côtes.

Il ne sut pas combien il resta là, luttant contre l'envie de frapper dans un mur avant que Rogue ne rentra dans la pièce.

"Encore en train de vous apitoyer sur votre sort, Potter?"

Harry ne broncha pas à la remarque du Professeur. Même les mots tranchant de Rogue ne parvenait pas à lui enlever l'idée qu'il ferait mieux de repartir dans son monde, comme avant...

Le fauteuil émit un grincement qui fit comprendre à Harry que Rogue s'était assis.

"Qu'est-ce que vous voulez?, soupira Harry. Si c'est pour me dire que je devrais parler, vous pouvez partir...

-Je ne comptais pas le faire, répondit Rogue derrière son dos. Vous êtes assez grand pour savoir ce que vous faites."

Harry ricana.

"Je ne crois pas vraiment cela, monsieur. On me reproche souvent d'agir au hasard, vous-même, l'avez fait...

-J'avais raison."

Le Gryffondor se retourna légèrement pour regarder Rogue, il fixait le jeune homme, le regard indéchiffrable.

"Oui, parce que vous êtes supérieur à tout le monde, on sait, répliqua Harry sur un ton hargneux, reposant à nouveau sa tête sur le lit..

-Ou parce que je veux donner cette impression, fit laconiquement Rogue. Pas comme vous les Gryffondors, vous êtes si facile à connaître quand vous êtes pris par l'émotion... Bien que je dois avouer que vous avez fait des progrès remarquables en ce sens. Ce qu'il vous faudrait, c'est maîtriser les violentes émotions."

Harry regarda le mur quelques instants avant de se retourner vers Rogue, complètement.

"Les violentes émotions comme vous dites, me font sentir vivant, j'ai l'impression que je peux ressentir des choses à nouveau, qu'autre chose que la souffrance puisse me définir. Je touche la vie du bout des doigts, alors effectivement, j'ai un peu de mal à me contenir par moment, expliqua Harry, le visage plus détendu. Le problème avec vous les Serpentards, c'est qu'à un moment, votre coeur se décide à se fermer, décision irrévocable. Je crois que je préfère me sentir comme un valeureux Gryffondor stupide et prétentieux au point d'abandonner les gens qui ont fait que j'ai réussi à le tuer, par moment, ça m'apaise, et à d'autres instants, ruser comme un Serpentard eu coeur froid comme la pierre, et enfouir ce qu'il y a de plus profond en moi, cacher mes impressions et mes envies. Bien que je sache que ceux qui appartiennent à la maison de Serpentard, ne sont pas que ça, j'ai appris à les connaître et et à les côtoyer, et je peux affirmer monsieur, qu'ils sont tout autant courageux que les Gryffondors."

Il fit une pause, laissant apprécier qu'il venait de dire, et reprit d'une voix profonde et douce.

"Chaque maison est courageuse, les poufsouffles dans leur loyauté, les Serdaigles dans leur manières de vouloir apprendre jusqu'à plus soif, il faut du courage pour lire certains livres de la bibliothèque, il faut du courage pour parfois toujours faire confiance à un ami, quoiqu'il fasse. Mais il faut aussi du courage pour jouer un double jeu et ne pas éclater à un moment, et du courage, enfin, pour se lancer dans les dangers les plus risqués, et tenir tête à ses amis. J'ai toujours trouvé le Choixpeau étroit d'esprit dans manière de répartir les gens."

Harry décoiffa ses cheveux d'une main tremblante.

"J'ai failli être envoyé à Serpentard, Severus."

Rogue eut une faille dans sa façade, et il y eut un éclair de surprise dans ses yeux.

"Merlin, nous avons échappé à une belle catastrophe!"

Harry se mit à rire.

"Vraiment, en êtes-vous sûr? Peut-être que vous auriez reconnu que j'étais pas comme mon père.

-Non, vous ne l'êtes pas, rassura Rogue. Vous avez l'esprit plus ouvert. Vous laissez votre chance aux serpents, et vous ne les manipulez pas.

-Je sais que Dumbledore a fait des erreurs, soupira Harry. Mais peut-on lui reprocher tout ce qu'on a contre lui, tant que nous ne serons pas comme lui, on ne peut pas imaginer ce qu'il a vécu."

Rogue fit un geste d'agacement.

"Je suppose que vous avez raison, admit-il.

-En tout cas, je sais que les maisons ont une chose commune, fit Harry alors que le professeur le regardait d'un air intéressé. D'inculquer à leurs élèves cette manie de se mêler des affaires des autres."

Son interlocuteur émit un petit rire.

"Remus est inquiet, il venait de passer une nuit de pleine-lune, vous aussi, débordant d'émotions comme un premier année, ça m'étonnait qu'il ai tenu jusque là. Attendez que ça passe.

-Je ne sais pas si c'est une bonne idée que je reste à portée de tous, bougonna Harry. Ils vont vouloir des explications.

-Ils ont le droit, non?

-Sûrement...

-Votre côté Serpentard, est celui qui vous pousse à vouloir tout faire tout seul, jeune prétentieux, sermonna doucement Severus alors qu'Harry le regardait d'une mine interrogatrice. Seulement, vous n'avez pas l'âme entière d'un Serpentard, alors vous voudriez faire les choses tout seul alors qu'au fond, les autres sont votre oxygène... Vous avez besoin des autres, ils vous donnent une raison de vivre, au moins, et je devine, qu'en même temps, vous ne vous sentez pas à votre place. Peut-être vous sentez-vous trop vieux par rapport à vos amis, trop mâture, c'est un fait que je peux concevoir."

Il plissa les yeux un instant, vaguement perdu dans ses pensées.

"Quand on se sent trop décalé par rapport au monde, il est difficile de s'y faire une petite place, de se loger dans un coin. On se contente de regarder les autres vivre, et on se maudit parce qu'on est pas armé pareil que les autres. Pourquoi n'êtes-vous pas capable de mieux profiter de la vie alors que le but d'une partie de votre vie était d'exterminer une créature, pourquoi alors qu'il est mort, ne pouvez-vous pas vous détendre? C'est une entreprise ardue que de continuer à vivre dans un temps sur lequel vous avez peu pensé, finalement. Vous ne pensiez qu'à détruire Lord Voldemort, que vous reste t-il à présent, les ruines d'un passé sur lequel vous tentez vaguement de construire votre avenir...? Peut-être quand vous saurez vous débarrasser de ce passé, vous pourrez vivre à nouveau. Apprenez le vide."

Harry se mordit les lèvres, gêné par la clairvoyance du professeur.

"Comment arrivez-vous à le faire?, questionna t-il, comprenant que Rogue parlait aussi de lui.

-Comment? Le temps m'a aidé, et... Les autres. Ne pas s'attacher aux morts, et vivre avec les vivants. La haine a été un moteur de vie."

Rogue se renfonça dans son fauteuil.

"Haïr ce qui me rappelaient à quel point j'ai raté ma vie...

-Mais c'est aussi se rattacher au passé, non?

-Oui, quelque part, admit Rogue. Dix années que j'ai passé dans mes cachots, le seul vrai contact était celui de Dumbledore, je me laissais dépérir en quelque sorte, parce que Voldemort avait disparu, et mes objectifs aussi, si je m'étais senti vivant alors que je transmettais tout ce que je pouvais à Albus, je me suis senti mourir peu à peu dans le noir des mes cachots. Oublié, j'ai passé mon temps à crier sur les élèves."

Il soupira profondément.

"Vous êtes celui qui m'a fait renaître", souffla t-il.

Harry releva la tête et le regarda, stupéfait.

"Pardon?"

Rogue le regarda, une étrange lueur dans ses yeux sombres.

"Je me suis retrouvé du jour au lendemain devant le fils de mon ennemi", fit-il simplement.

Déglutissant difficilement, Harry sut qu'il n'en saurait pas plus sur la question. Rogue se plongea dans ses souvenirs quelques instants avant d'émettre un faible sourire.

"Maintenant, je vis avec mes potions, et les élèves de Poudlard, vous êtes à nouveau là, et je ne peux que constater le changement qu'il y a eu. Vous avez grandi vite, et en peu de temps. Pas pendant la guerre, non... Ces cinq années, oui."

Harry se tortilla sur son lit, mal à l'aise, il remonta ses lunettes sur son nez d'une main toujours tremblante.

"Vous vous haïssez pour de mauvaises raisons, Potter. Ce n'était pas de votre faute."

Le Gryffondor esquissa à peine une grimace, ses poings se resserrèrent légèrement, et son regard se fit humide.

"Vous n'êtes pas pas prêt à l'entendre, énonça Rogue, mais c'était plus une remarque qu'un reproche. Vous n'êtes pas encore prêt à renoncer à vos vieux fantômes."

Il fit un vague mouvement de la main.

"Peut-être parce vous y êtes trop attaché, plus qu'on ne pourrait le supposer, je ne sais pas... Quelque chose qui est fiable, comme les cauchemars que vous faites chaque nuit..."

Harry tressaillit involontairement, cherchant l'erreur qui aurait pu le révéler à toute vitesse. Rogue ricana légèrement devant son air, un sourire narquois sur les lèvres.

"Quand je vous dis que vous n'avez qu'une infime part de Serpentard, ce n'est pas pour rien, émit-il, le ton à peine moqueur. Vous n'avez pas pensé à jeter votre sortilège de silence sur la chambre avant de revenir cette nuit, ou plutôt ce matin."

Un grognement échappa à Harry qui se maudit. Avant que la peur que Remus ou Drago soient au courant ne prenne le dessus.

"J'y ai pensé, fit Rogue comme s'il avait lu dans ses pensées. Je l'ai fait après que j'ai constaté que vous aviez un sommeil, quelque peu... Agité, dirais-je. Vous marmonnez beaucoup de choses dans votre sommeil,Potter, qui serait fortement intéressant pour quelqu'un qui voudrait vous faire du mal."

Le visage de Rogue redevenait sérieux à présent, et Harry rougit devant son regard contrarié.

"Vos fantômes se nomment Cédric, Sirius, entre autres...", l'enfonça encore plus le maître des Potions.

Il soupira à nouveau.

"Potter, ça date de quelques années, il faut vous en débarrasser!

-J'ai essayé, murmura faiblement Harry. Mais les morts reviennent au plus profond de la nuit à chaque fois, je me réveille en sursaut toutes les nuits.

-Le sommeil joue sur le moral, lui fit remarquer Rogue, songeur. Je suppose que vous ne vous rendormez pas?

-Oui, laissa échapper Harry.

-Cauchemars, insomnies, manque d'appétit, ruminations, et pensées noires, automutilations et idées suicidaires... Vous êtes bon pour la dépression."

Harry resta bouche bée.

"Mais comment...?

-Potter, vos blessures, je ne suis pas idiot! Et puis, vous croyez que je passe à mon temps à corriger des copies, ou faire des potions?"

Il aurait bien dit oui mais ça n'aurait qu'attiré la colère de Rogue.

"Je réfléchis, Potter, j'utilise ma cervelle pour observer les choses, vous devriez faire pareil... J'ai une potion pour vous.

-La potion sans rêves? Je croyais qu'elle avait des effets de dépendances...

-En effet, l'interrompit Rogue, un peu agacé. Mais c'est une autre, cette fois, rappelez-moi ça ce soir.

-Oui, monsieur.

-Déjà, le sommeil, ensuite, nous verrons d'autres choses pour la suite. Je vais vous retaper, Potter, et pas avec les méthodes ridicules de mon filleul! Il faut que vous avanciez avec moi, ça prendra du temps, ça je peux vous le garantir, mais je déteste vous voir sans réaction, comme ça! Vous êtes jeune, et vous n'avez pas le temps de vous morfondre avec ces choses là, je vous autorise à garder de la culpabilité, et un peu d'orgueil, que je puisse vous râler dessus de temps en temps."

Un faible sourire naquit sur les lèvres d'Harry.

"J'ai pris du temps pour observer ce que vous êtes devenu, il vous manque tellement peu pour vivre... Allez-voir Remus avant que tout s'emmêle, c'est un Gryffondor, il vous excusera de bon coeur. Et demain, vous sortirez prendre l'air un peu, allez où vous voulez, mais sortez! Ne restez pas enfermé, j'y veillerais, et s'il le faut, je vous mettrais dehors avec des coups de pieds."

Le sourire d'Harry augmenta.

"Vous pouvez le faire, vous en êtes capable, j'en suis sûr et certain, mais je répète, ça ne résoudra pas en un mois.

-Je le sais, assura Harry.

-Parfait! Maintenant, il faut soigner cette jambe, elle vous fait mal, non? Vous me raconterez la formidable histoire qui s'y attache plus tard, Potter, je ne doute pas qu'elle soit palpitante."

Un éclat de rire s'échappa des lèvres d'Harry.

"Enlevez ce pantalon que je jette un coup d'oeil... Potter, je vous ai déjà vu en caleçon, pas la peine de rougir..."

Rogue en profita pour changer les pansements, il avait une longue, et profonde entaille sur le bras droit, qui commençait à peine à cicatriser, et des blessures plus légères un peu partout. Rogue alla lui chercher un baume dans sa réserve à appliquer sur sa jambe pour réduire la douleur progressivement.

"Un sort de coupe plus un sortilège de Frais?

-Oui, approuva Harry. J'ai réussi à le stopper avant qu'il ne monte jusqu'au coeur...

-Une saleté ce sortilège, marmonna Rogue. Tenez, pendant un mois. Bien, je vous laisse dormir."

Il se leva avant de s'arrêter quelques pas après.

"Cette conversation fut très instructive, Harry. Merci."

Un instant, Harry le regarda, puis ouvrit la bouche.

"Professeur, dites à Drago..."

Il ferma les yeux, et les rouvrit peu après.

"Que je viens demain soir, pour Noël."

Un sourire s'étira sur les lèvres de Rogue.

"Je viendrais pour le nouvel an, pour encouragement, disons. Vous progressez à vue d'oeil, Harry."

Et il ferma la porte.

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Dès neuf heures, Harry avait été mis dehors, sous la neige avec pour seule parole: changez vous les idées. Maugréant contre les Serpentards et leurs idées sordides et tortueuses, il se mit à marcher au hasard dans les rues dans un premier temps avant se décider pour Lokis. Le Chemin de Traverse était rempli de monde, pris d'une fièvre acheteuse, il aperçut Padma et Parvati Parvati devant un magasin de beauté pour sorcières, et quelques autres anciens camarades de classe dans la rue. Il enfonça ses mains dans ses poches, sentant le contact frais de la neige sur son visage. Il avait beaucoup moins mal à la jambe, mais ce n'était que parce que c'était le premier jour l'avait averti Rogue, demain, elle reviendrait un peu. En attendant, il n'avait qu'une raideur un peu gênante dans la jambe, et pouvait se déplacer sans canne, ce qui, il fallait l'avouer, l'arrangeait bien.

Rogue..., songea t-il alors qu'il prenait la rue vers la cité. Un homme qui ne cessait de le surprendre ces temps-ci. Mine de rien, la conversation qu'ils avaient eu, l'avait réconforté, au fond. Il ne lui avait pas dit que la vie est magnifique, il lui avait simplement signifié son aide, et lui montrait le chemin pour pouvoir vivre un peu plus librement. C'était nouveau. Et chaleureux, une petite boule de lueur incroyablement chaude dans l'hiver froid et neigeux. Qui l'eut cru?

Pourtant, il n'y avait pas été de main morte, loin de là, il n'avait pas pris de détour comme Hermione, ou Remus, et l'avait mis en face de lui-même. Il se fuyait, et Rogue l'avait attrapé par la peau du cou pour le faire revenir, brutal mais efficace. Et Harry ne cessait de s'observer, se demandant ce qu'il allait expliquer le soir même, comment il allait pouvoir justifier tout ça, et comment se faire pardonner de Remus avec qui il avait été ignoble. Son coeur se serra à la pensée que Remus n'accepte pas les excuses. Il secoua la tête, s'attirant le regard d'un passant. Allez, Harry, t'es un Gryffondor, tu fonce, et après tu assume. Non, il devait peser ses mots, réfléchir soigneusement aux conséquences, et y aller, ou peut-être les deux à la fois? Il soupira intérieurement face au dilemme qui s'imposait.

Il pénétra la grande porte imposante de la Cité, et attendit que la plate-forme descende. Il rit légèrement quant au souvenir de la venue de Drago, il avait fait exprès de glisser des petites remarques, un peu mystérieuses pour faire rager le Serpentard, après c'était une vengeance, oui, une vengeance, justifia t-il, le sourire aux lèvres.

Drago lui avait donné rendez-vous le midi pour planifier le soir. Il avait été aussi excité qu'Hermione apprenant le nouveau programme du cours de Sortilèges de la dernière année. Heureux que Harry accepte enfin de se confronter sous le regard de ses amis, accompagné du regard goguenard de Rogue.

Il se promena au marché, achetant quelques cadeaux pour ses amis, enfin, s'ils les acceptaient.

Harry se demanda comment ils allaient réagir face à lui, face à la misère qu'ils verraient immanquablement sur son visage. Il se ressaisit, et se dit qu'il y réfléchirait plus tard, s'ordonnant d'aller prendre un verre quelque part, flâner dans les rues souterraines de Lokis.

Une menace s'insinua dans son esprit alerte, et il jeta un coup d'oeil inquiet aux alentours. Périos n'était pas là en ce moment d'après ses informateurs, et il se demanda si un client l'avait reconnu malgré l'apparence qu'il avait revêtu. Puis le silence revint à nouveau, Harry se détendit légèrement mais resta sur ses gardes. Il eut une dernière pensée pour son rendez-vous quand on l'assomma par derrière.

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"Je t'avais dit qu'il fallait aller doucement!, cria une première voix.

-Oh ça va, tu penses qu'il serait venu gentiment? "Bonjour Harry, tu me reconnais? Non? C'est pas grave, viens, on voudrait t'expliquer un truc...", grogna une deuxième voix agacée.

Il y eut une inspiration.

"Non, mais il y a d'autres moyens que la violence dans ces cas là, fit la première voix, plus calme.

-Ah oui, et quoi?

-Je... 'Fin, je sais pas...

-Haha!, s'exclama la deuxième voix, triomphale. Tu reconnais tes torts!

-Mes torts?, s'étrangla la première voix. Attends, tu l'assommes et tu crois qu'il va être plus gentil?"

Silence.

"Ouais, bon, ok, mais bon, au moins il va pas s'échapper en courant en nous bombardant de sorts, ou de je ne sais quoi, c'est le Survivant tout de même!

-Encore heureux que tu l'aie pas attaché ou ficelé! T'imagine?

-Je refuse d'imaginer, gémit la deuxième voix.

-En tout cas, pour la confiance, ça va être raté...

-Mais non, tu verras..."

Le brouillard qui régnait dans sa tête mit un moment à se dissiper, et il entendait des voix, peu familières. Il lui semblait qu'il était allongé sur une surface glacée et dure, la tête légèrement douloureuse. Harry fit un effort pour essayer de bouger.

"Ah, il se réveille, je crois...

-Aïe, aïe, on va mourir, et Lokis sera fichue, souffla la première voix.

-Rohh, tout de suite les grands drames, franchement!"

Harry ouvrit les yeux, le brouillard à présent disparu, le premier réflexe fut de prendre de sa baguette mais il ne la trouva.

"Euh, non, Harry, on est pas suicidaires, on l'a avec nous.

-Je maîtrise la magie sans baguette, marmonna Harry en portant une main à sa tête.

-Je te l'avais dit, tu me crois jamais!

-Vous me voulez quoi?", fit Harry en se redressant.

Ses lunettes étaient heureusement sur son nez, il était dans son apparence normale, et put distinguer les deux hommes qui lui faisaient face. L'un avait les cheveux aussi noirs que lui, courts et en bataille, grand et fin, favoris sur les côtés, yeux bleus, et l'autre, cheveux châtains, un peu plus baraqué, coupés courts, et tâches de rousseur sur son visage plus rond, yeux marrons tendant vers le vert.

"Attendez, je vous reconnais..."

Celui au cheveux noirs regarda l'autre avec un sourire narquois, et l'autre leva les yeux au ciel.

"Théodore Nott, énonça Harry en regardant le premier.

-C'est ça, répondit "première voix".

-Et Anthony Goldstein, finit Harry.

-Oui!, fit fièrement "deuxième voix".

-Donc celui qui voulait m'approcher tranquillement, et l'autre qui m'a assommé."

Goldstein baissa les yeux.

"J'en suis pas fier, dit-il, se tortillant sur place.

-Encore heureux", fit Harry en profitant pour se lever.

Il était dans une salle assez petite, revêtue de béton, avec un bassin d'eau au fond.

"Où on est?

-Fortifications de Lokis", répondit Nott aussitôt.

Il lui désigna une chaise.

"Euh, ça?

-Juste une salle à l'intérieur.

-Anthony Goldstein? Tu étais à l'AD, non?

-Oui, assura Goldstein en hochant de la tête. Préfet à Serdaigle.

-Discret... Et toi, tu ne traînais pas avec Drago?

-Si, jusqu'à ce qu'il prenne contact avec Voldy."

Harry lui dégota une oeuillade surprise, de par le fait qu'il ne soit pas étonné par l'utilisation du prénom de Malefoy, et par le surnom qu'il avait employé.

"Voldy, hein?... "

Il ne s'était pas assis, il ne voulait pas donner l'impression qu'il s'offrait à ses interlocuteurs... Il se mit à marcher dans la salle, l'observant distraitement.

"Et si nous venions aux faits, messieurs, j'imagine que vous ne m'avez pas assommé pour juste me voir?

-Euh non, reprit Nott. Par où commencer..."

Il se gratta le menton.

"Par le commencement, Nott?, proposa Harry.

-Oui... Alors, Harry, nous te suivons."

Le Gryffondor se figea.

"Quoi?"

Nott eut le bon goût de se mordre les lèvres et de paraître gêné.

"Nous savons que tu as disparu, que tu es Passeur, multiples identités, que tu suis Greyback, Malefoy, Rogue... Tout ça, et que tu as rendez-vous avec Drago ce midi, avec Remus Lupin, et ce soir, avec tes amis."

Finalement, Harry s'assit, ll avait les jambes qui tremblaient.

"Mais.. Comment?

-Plus tard, répondit Goldstein en haussant les épaules, ce n'est pas l'important.

-Bref, nous savons tout de toi.

-Attendez, fit Harry le ton méfiant. Vous voulez dire que vous savez tout ce que je fais? C'est ça? Dans ce cas, comprenez que bien que je ne m'énerve pas encore, j'aurais besoin d'explication, arrêtez de tourner autour du pot, et dites clairement ce que vous me voulez."

Il avait finit sa phrase sur un ton un peu brusque qu'il regretta aussitôt. Il reprit contenance, et les regarda froidement.

"Bien sûr, assura Nott. Excuse-nous, on est un peu nerveux.

-Pourquoi? Parce que je le suis le Survivant?, railla Harry.

-Entre autres, acquiesça Goldstein en faisant une grimace. Mine de rien, tu es imposant comme gars. Disons que nous avons une proposition qui pourrait t'intéresser.

-Juste une chose, interrompit Harry en leva la main légèrement et se penchant en avant. Qui êtes-vous vraiment?"

Les deux comparses échangèrent un regard entendu.

"Tu as entendu parler du Gardien, et du Géant, Harry?

-Oui...

-Eh bien, c'est nous...", annonça Nott en les désignant des mains.

Un instant, Harry les regarda mais il sentit qu'ils étaient sincères.

"Et pourquoi pas des valets d'eux?

-Ah non, ricana Goldstein. Justement, tout le monde pense à des types géants, balaises, bref qui imposent, quoi!

-Qui se méfierait de nous?, ajouta Nott, un sourire sur les lèvres. Deux pauvres étudiants de Poudlard, à peine connus, et discrets...

-Ingénieux, admit Harry. Et pour le dragon?

-Eh bien, ça c'est vrai, on te le présentera, enfin, si tu acceptes la proposition, rajouta Nott avec que Goldstein eut toussoté dans son poing.

-Qui consiste?

-À propager le virus de Lokis", répondit Goldstein, avec un sourire mesquin.

Harry hocha de la tête et se leva, marchant au hasard.

"Si je résume, Théodore Nott, dont un père Mangemort, et Anthony Goldstein sont les protecteurs de la Cité Lokis, et veulent justement, que l'esprit de cette cité prenne le pas sur le monde magique?

-C'est ça.

-Et pour ça, compléta Nott. il faut supprimer Périos, et les Abberdhammiens, on a besoin de toi, Harry. Si tu acceptes, quelques secrets te seront révélés.

-Pourquoi vous le faites pas?

-On assure la cité pour le moment, on surveille d'autres personnes, tu es le meilleur en la matière, lui souffla Nott.

-Les flatteries ne servent à rien, Nott, je vais y réfléchir avant.

-Pas de soucis. On te recontacte le 26, chez Perceval.

-Très bien, approuva Harry. Surprenante rencontre... "

Le Gryffondor se mit à arpenter la pièce à nouveau. Il se sentait nerveux.

"Et si je refusais?

-On se débrouillera, on a autres solutions, expliqua Nott. Mais il faut avouer, et ce n'est pas de la flatterie, Harry, que tu es notre meilleure solution, les autres sont plus hasardeuses, si on veut, ajouta t-il sur un ton mesuré. Des plans qui concernent les loups-garous, mais ça demanderais des moyens conséquents, et du temps...

-Et vous êtes dit que vu le que petit Potty était dans les mêmes enquêtes, et si on l'appelait?

-Non, Harry, pas du tout, protesta Nott en plissant son front. Tu as un esprit ouvert, tu trouves que la société est un peu pourrie, qu'on pourrait changer les choses, moderniser la société sorcière. Nous avons des projets de ponts entre les Moldus et nous. Il n'est pas question d'alerter tout le monde Moldu, bien sûr, rassura t-il en voyant Harry s'arrêter. Les Moldus ont fait des progrès incroyables en technique et en médecine, par exemple, ça pourrait amener à des collaborations, et coups de main de notre part en échange. Disons qu'on pense vraiment remanier les choses, nous avons pu joindre cette cité, et l'esprit nous séduit suffisamment. On en a marre de se cacher..."

Quelques instants furent nécessaires à Harry pour assimiler les informations.

"Pourquoi vous? Vous êtes très jeunes...

-Tu sais, Harry, nous sommes discrets, suffisamment pour pouvoir étudier dans notre coin, et étudier la magie. Ma mère était quelqu'un de spécial, dit Nott avec une lueur de regret.

-Était?

-Elle est morte, il y a peu, fit tristement le jeune homme avant de se reprendre.

-Nous avons atteint un bon niveau, enchaîna Goldstein pour palier à la gêne de son ami. Ne prends pas ça pour de la prétention, Harry, mais quand toi tu étais occupé à sauver le monde- il appuya les derniers mots d'un voix quelque peu moqueuse-, eh bien, nous avons étudié dans notre coin, assidûment, même si j'avoue qu'en Défense, tu me surpasses largement.

-Pourtant que je ne me rappelle pas que tu ai brillé particulièrement aux Buses, remarqua Harry, les sourcils froncés.

-Mais oui, c'est ça l'idée, ne pas se faire remarquer et pouvoir oeuvrer dans l'ombre tranquillement sans se soucier d'une éventuelle gène.

-Je pense que je saisis que l'idée, assura Harry. Nott, tu était pourtant dans le groupe de Malefoy...

-Hum, oui, quand je suis rentré à Poudlard, Drago proposait de belles choses, et quand on a onze ans, tu sais, on ne se défait pas de l'admiration pour quelqu'un de plus fort que soi comme ça. Et puis, je me suis rendu compte plus tard, quand Malefoy a commencé à vraiment tourner mal, que je pouvais rester espionner ses faits et gestes, tout en passant pour quelqu'un qui lui vouait une fascination sans bornes. Un double jeu, et d'un autre côté, je renseignais Dumbledore sur les actions de Malefoy.

-Il ne m'en a jamais parlé, murmura Harry.

-Le grand Albus Dumbledore cache aussi des choses pour lui, railla Nott. Il ne dit pas tout à son protégé, ajouta t-il sous le regard vexé d'Harry. Malheureusement, au cours de la sixième année, Drago s'est détourné de nous peu à peu, et il a sombré, passant du temps seul, sortilèges pour cacher sa nervosité, une sale année pour les Serpentards, et pour lui. J'ai bien tenté de le ramener avec nous, mais il était irritable, et coléreux. Rogue l'a aidé d'après ce que j'ai compris, ainsi que Blaise, Blaise a plus subi qu'autre chose. Drago est un Malefoy, il doit porter l'héritage de sa famille bien vue par Voldemort. Je suis heureux qu'il soit ami avec toi maintenant, ça me rassure.

Harry passa une main dans ses cheveux.

"Écoutez, c'est démentiel ce que vous évoquez, alors je sais pas, et j'ai pas l'esprit à ça... Je ne sais pas si je dois vous faire confiance, vraiment, en plus...

-On sait, le rassura Nott. C'est normal, et légitime.

-C'est pourquoi on te laisse le temps d'y réfléchir...

-Merci, apprécia Harry.

-Tiens, un portoloin", lui tendit Nott.

C'était une vieille converse orange, enfin grise plutôt, sans lacets.

"Voilà, merci Harry de ne pas nous avoir réduit en pièces, et à dans deux jours!

-À bientôt", fit Harry, pensif.

Nott tapota la converse de sa baguette, et la vue de la salle disparut des yeux.

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Ce souffle sur sa peau, les doigts fins qui caressent sa joue, il retenait sa respiration avec l'envie de vomir.

"Tu vois, Harry, tu as beau te cacher, et cacher ceux qui te servent d'amis, tu n'as pas pu te cacher de moi..."

Voldemort esquissa un sourire et ses yeux rouges le regardèrent, il se recula et retourna le corps de Drago sur le sol, le Serpentard était inconscient et sérieusement amoché.

'Tu as même réussi à l'attirer, lui, commenta t-il avec dégoût. Alors, es-tu prêt à mourir, Harry Potter?"

Et l'éclair vert emporta sa conscience.

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Drago lui faisait un exposé du déroulement de la soirée alors qu'ils étaient attablés à une brasserie, mais Harry l'écoutait d'une oreille distraite.

"Harry... Harry? Tu m'écoutes?

-Euh oui, pardon, balbutia Harry en retournant son attention sur le blond.

-Harry, tu peux...

-Parler. Oui, je sais, acheva séchement Harry, mécontent. De.. Oh, désolé, Drago, j'enchaîne bourde sur bourde en ce moment."

Un sourire moqueur se dessina sur le visage de Drago, et Harry leva les yeux au plafond.

"Tu me rappelle Ron, le même héritier d'une famille de Sang-Pur buté jusqu'au bout des ongles! C'est étonnant."

Drago se renfrogna sous le rire d'Harry.

"Je n'ai pas de frères et soeur, clama t-il, boudeur.

-Une famille de Malefoy toute entière? Nom d'une citrouille, le monde n'y survivrait pas!, s'exclama Harry, exagérément théâtral.

-Et si... Si je me mariais, hein? Et que je faisais plein de gosses."

Harry afficha un air inquiet quant la prédiction du Serpentard.

"Alors, je vais prier Merlin tous les soirs pour que tu ne trouves personne qui ait le même caractère que toi!, gémit-il. Là, c'est moi qui ne survivrait pas.

-J'imagine déjà les titres; "il avait survécu au grand mage noir, mais pas à la famille Malefoy."

Le Gryffondor pouffa de rire devant l'air rêveur de Drago. Celui-ci le regarda soudain.

"Il va y avoir Ginny ce soir..., murmura t-il.

-Elle revient des États-Unis, souffla Harry, un peu pâle.

-Tu sais, à un moment, je l'aimais.

-Sérieux?

-Oui, on est jamais sorti ensemble.

-J'ose pas imaginer, marmonna le jeune Potter.

-Qu'est-ce qui s'est passé avec elle?", demanda Malefoy, l'air vaguement intéressé.

Harry prit quelques secondes avant de répondre à Drago.

"Je pense qu'elle s'est trompée sur moi, elle a vu le Survivant-il prononça le mot avec une mimique de dégoût-, elle n'a vu que le garçon qu'elle admirait depuis toute petite, sauf que je ne suis pas sans faiblesses, loin de là. Du coup, ça n'a pas marché, sauf au début, je pense, mais on s'est lassé l'un de l'autre, et puis j'ai disparu..."

Drago hocha de la tête silencieusement.

"Et toi?, reprit Harry pour chasser la gêne qu'il avait. Je n'ai pas trop fait attention aux actualités du monde sorcier à ce niveau, mais il me semblait que tu étais promis à A... Astoria Greengrass, non?"

Le Serpentard toussota, légèrement embarrassé.

"Eh bien, fit-il posément. C'est ce que père et mère voulaient, mais tu connais pas cette fille, c'est... Un ramassis d'inepties, cette fille est un moulin à paroles, et pour parler de choses qui ne m'intéressaient pas du tout, mais vraiment pas... Je suis parti un soir, j'en avais tellement marre que je suis parti par la fenêtre, comme un voleur, mes fesses s'en souviennent d'ailleurs, fit-il avec un grimace. J'ai raté mon sort de lévitation, et heureusement, je n'étais pas très haut, la plante-bande du jardin des Greengrass a gentiment accueilli mon postérieur. Suite à cela, Père s'est emporté, on s'est disputé, mais Mère nous a apaisé, et comprenait mon choix, elle m'a glissé plus tard qu'elle non plus, ne la supportait pas en fait. Il faut dire que le seul dîner avec elle, a été une catastrophe, elle a réussi à foutre le feu à notre table, trébucher sur notre elfe, et le faire renverser le plat principal, s'est perdue dans les couloirs en voulant aller aux toilettes, finit-il en riant.

-On dirait Tonks, s'amusa Harry.

-En pire, prononça Malefoy, dégoûté. Parce qu'elle est idiote cette fille, heureusement sa soeur est bien plus élevée qu'elle, et diablement intelligente.

-Daphné?

-Oui, elle était à Serpentard dans mon année, elle m'a résisté, elle, par contre, en même temps, vu le con fini que j'étais...

-Et après Greengrass?, questionna Harry, amusé par les révélations du Serpentard.

-Ginny... Et puis une autre fille..."

Drago n'ajouta rien d'autre, et Harry s'en contenta pour le moment. Il trouvait déjà étrange de parler de relations amoureuses avec Drago Malefoy. Il avala une gorgée d'eau.

"Tu es stressé?, lui demanda Drago.

-À ton avis?, grogna Harry.

-Tu vas leur expliquer les raisons?

-Je crois que je vais cacher certaines choses, répondit Harry, d'un air pensif. Ils le sauront plus tard, et ils auront assez d'émotions pour débuter, tu ne pense pas?

-Si, admit Drago.

-Drago, pourquoi tu fais tout ça?, demanda Harry en se reculant sur sa chaise, le bras droit sur le dossier, sa main gauche triturant sa fourchette.

-Je t'ai pas dis?", feignit de s'étonner le Serpentard.

Harry lâcha la fourchette et regarda Drago avec son regard vert faussement tranquille.

"Les dettes de vie?", s'enquit-il doucement.

Drago hocha de la tête, muet. Pendant quelques secondes, le Gryffondor resta silencieux, une expression neutre puis observa Drago avant de faire un faible sourire, mais avec les yeux tristes.

"Drago... Tu imagines que je vais croire ça?, souffla t-il, le ton de la voix baissant. Eh bien, non...

-Très bien, coupa Drago. Disons que j'éprouve une certaine curiosité à ton égard-Harry haussa un sourcil-, j'ai eu le temps de mûrir un peu ces dernières années, je t'ai observé lors de la chasse aux Horcruxes, j'ai vu comment Granger et Weasley tiennent à toi. Et puis, j'ai appris à vous connaître, toi, le Gryffondor prétentieux et idiot, tu devenais un pauvre type qui s'était trouvé embarqué dans une sacrée histoire, et qui ne manquait pas à sa Maison, oui je connais ton discours, n'empêche que vous, vous avez une générosité dans vos actes, c'est sûrement la cause de votre idiotie générale, plaisanta t-il. Tu m'a accueilli chez toi, tu m'as laissé une chance, tu me laissais le choix, inespéré pour moi. J'avais passé une sale année, à essayer d'imaginer comment assassiner Dumbledore, mes parents me mettaient la pression. En fait, je sais pas pourquoi je le fais, j'avais envie de le faire."

Il fit une pause.

"J'avais envie que Ron puisse à nouveau évoquer ton nom sans buter sur celui-ci, qu'Hermione puisse penser à elle, Teddy retrouverait son parrain, et puis je me suis demandé pourquoi... Pourquoi avais-tu disparu? Pourquoi ce silence? À quoi ça rime tout ce truc? Là, je me dis que tu as tes raisons, j'ai essayé de savoir, tu n'as pas envie, je respecte ça, je respecte ce silence. J'ai juste envie qu'on puisse vivre normalement, je résiste pour ne pas tout divulguer à tes amis, et franchement, si tu pouvais arrêter ce stupide égoïsme de Gryffondor, ça m'arrangerait!", finit-il dans un souffle.

Harry le regarda longuement après cette tirade puis se leva.

"Merci. Merci Drago pour ces éclaircissements, je te le rendrais. Je sais pas quoi dire d'autre, et j'ai rendez-vous chez Remus.

-Pas de soucis, Potter, rassura Drago, visiblement soulagé.

-À ce soir, à ton signal..."

Il pressa l'épaule de Drago et sortit pour transplaner.

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Harry se tenait dans le fauteuil, assit face à Remus qui réfléchissait longuement, et le regarda enfin.

"Harry, c'est moi qui est désolé, si tu savais comme je regrette mon emportement, je retire tout ce que j'ai dis.

-Pas de problèmes, Remus. Mais je crois qu'on peut mettre ça sur le compte de la fatigue, tous les deux."

Remus acquiesça doucement, un fin sourire.

"À ce propos, tu te sens comment?

-Mieux, Rogue m'a fourni en potions diverses et variées, et je me sens presque comme neuf, et il a trouvé comment pallier à la douleur de ma jambe.

-Tant mieux, fit Lupin, toujours souriant. Tu viens ce soir, alors?"

Harry inspira et répondit par l'affirmative.

"C'est bien, c'est une bonne chose, approuva Remus. Il paraît que Rogue et toi avaient discuté longuement?

-Qui t'as dit ça?

-Lui.

-Rogue? C'est étonnant.

-Je crois qu'il t'a pris en affection."

Harry le regarda, horrifié.

"À ce point-là?

-Ou il rattrape toutes les injustices, songea Remus.

-En gros, j'en ai pour quelques années, ria Harry.

-Au moins!"

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Fermant les yeux, il respira profondément, s'efforçant de ralentir les battements de son coeur effrénés. Il se trouvait derrière la porte des Weasley, et ce qu'il savait, c'est qu'il y avait du monde, la famille Weasley au complet, Hermione, McGonagall, Hagrid, Remus et son fils, Neville, Luna, Zabini, quelques Aurors et anciens élèves de Poudlard au visage familier. Et le portrait de Dumbledore qui avait l'air de s'amuser comme un fou, suçant un bonbon au citron.

Bref, il avait l'impression qu'il allait s'effondrer d'une minute à l'autre, en proie à un malaise grandissant. Le trac sans doute. Il aurait préféré affronter Voldemort, là tout de suite, que se jeter dans cette arène. Ne restait-il pas d'ailleurs quelques mangemorts dans le coin? Stop Harry, tu es censé être courageux, et pas lâche! Tout va bien se passer, ils seront contents de te voir, et, ils vont le tuer, paniqua t-il. Son esprit voulait s'enfuir à toutes jambes, mais ces dernières restaient clouées au sol. Traîtresses!, fulmina t-il intérieurement. Mais non, tu dois pas t'enfuir, reste là, stupide Gryffondor! Et puis Drago lui en voudrait, il lui devait bien ça le pauvre. Rogue aussi, mais lui ce serait pire, il savait que le professeur était particulièrement inventif dans les façons de torturer les gens, et il ne voulait pas faire l'objet de cette vengeance...

Il s'efforça de retourner son attention sur la pièce à l'intérieur et observa les gens déballer leurs cadeaux, il y avait des rires, des remerciements, l'effusion dura quelques minutes, et enfin Drago s'avança, son estomac fit un saut périlleux, et il manqua de vomir sur l'herbe.

Drago attira l'attention de tous d'un geste de la main, Harry jeta un sortilège sur la porte pour mieux entendre.

"Bien, fit la voix posée du Serpentard. Vous avez sans doute remarqué que je n'avais pas offert de cadeaux à chacun d'entre vous."

Effaré, Harry eut les yeux grands ouverts. Il n'avait pas fait ça? Note pour soi-même: tuer Drago Malefoy.

"La raison est que c'est un cadeau collectif-l'assistance redoubla d'attention, et les jambes d'Harry commencèrent à lâcher, il l'avait fait!-, vous vous demandez sûrement quel cadeau cela peut-être. Je répondrais qu'il est surtout dédié à certaines personnes, ici..."

Suspense. Harry se crispa.

"Je pense à Hermione, Ron, Neville, Remus, professeurs..."

Sadique, Malefoy était complètement sadique, et Harry se liquéfiait derrière la porte.

"J'ai eu toutes les peines du mondes à ramener ce cadeau-Harry sourcilla, perplexe, il exagérait pas un peu là?-, on m'a aidé, je ne le cache-Bravo Drago, tu le reconnais quand même!-, et j'espère qu'il vous plaira."

Hermione et Ron le regardaient, suspendus à ses lèvres. Il eut une pensée affectueuses pour eux, il grava la scène dans sa mémoire.

"Il est derrière la porte."

Pas sur le plancher, Harry annula le sort, et respira à nouveau profondément, le coeur qui paniquait et l'esprit qui ne résonnait plus correctement. Il rabattit sa capuche sur la tête. La porte s'ouvrit à ce moment, et Drago lui fit un bref sourire d'encouragement. Il s'avança dans un silence qui aurait rivalisé avec celui de ceux qui regardaient un attrapeur plonger pour saisir le vif d'or, tous le regardait avec intérêt et curiosité, il s'arrêta au centre, les jambes effectuant un numéro de castagnettes. Et il enleva sa capuche.

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À suivre...

Mouhaha!

N'hésitez pas à dire si ça vous a plu(ou pas, hein), je veux bien des avis pour la suite de l'histoire, je veux dire si je peux inclure quelques envies, prendre compte des critiques, toussa toussa... Et voir si je ne joue pas dans le compliqué ou le lourd.

Bref!

Bon, répondre aux reviews maintenant.