Le mois de mai venait d'arriver et avec lui plusieurs autres choses : d'abord, le soleil était de plus en plus fréquemment et de plus en plus longtemps perché dans le ciel écossais, ensuite, un air de presque fin d'année régnait dans le château et les professeurs semblaient moins sévères qu'à l'ordinaire, et surtout, le 3 mai, Rose fêterait son treizième anniversaire. La jeune élève de deuxième année attendait ce jour avec impatience. Noël et son anniversaire étaient surement ses deux dates préférées sur le calendrier, parce qu'elles signifiaient cadeaux et réunions familiales.
Et même si à Poudlard il était impossible pour elle de voir ses parents, oncles, tantes et grands-parents le jour de son anniversaire, elle ne doutait pas un seul instant qu'ils la couvriraient de cadeaux et de cartes de vœux via hiboux, ni que tous ses cousins encore à Poudlard lui organiseraient une petite fête au bord de l'eau comme il l'avait fait l'année précédente.
Rose se réveilla donc de très bonne humeur ce matin-là, d'autant plus que son anniversaire tombait cette année un samedi. Elle traina donc dans son lit comme elle aimait tellement le faire, se roulant d'un air content dans les couvertures baignées par le soleil qui filtrait à travers les carreaux un peu sales du dortoir, tel un chat un peu paresseux. Rose se sentait si bien qu'elle ne doutait pas un seul instant qu'elle aurait pu miauler de plaisir et de contentement, mais il fallait ne pas faire de bruit afin de ne pas réveiller Charlotte et Eve qui dormaient encore.
Quelques minutes plus tard, Rose prit son courage à deux mains et décida de sortir de son lit. Ses pieds touchèrent le sol de pierre froid et elle fouilla dans sa malle pour trouver des vêtements. Enfilant un simple short noir, un tee-shirt rouge et des baskets grises, elle descendit prendre son petit déjeuner. En entrant dans la Grande Salle, elle fut accueillie par quelqu'un lui sautant dessus et criant :
— Joyeux anniversaaaire Rosiiie !
— Aïe ! James, tu me fais mal ! s'exclama-t-elle en riant.
Son cousin la lâcha et frotta sa main dans les cheveux roux de Rose.
— Pas de ça avec moi, tu veux ? Tu as treize ans maintenant, pas trois. Alors soit brave et courageuse comme les Gryffondor !
— Sauf que je n'ai pas été répartie à Gryffondor, fit remarquer Rose.
— Non, mais tu es issue d'une famille de Gryffondor, c'est comme si tu en étais une.
Rose secoua la tête d'un air amusé. James accordait trop d'importance aux Maisons et tentait constamment de prouver à tous les membres de sa famille qui avaient eu l'infortune de se retrouver ailleurs qu'à Gryffondor qu'ils avaient eu tort de ne pas être répartis dans la maison de leurs ancêtres. Sauf que Rose se sentait très bien à Serdaigle, et qu'elle ne regrettait pas un seul instant de ne pas avoir été répartie avec James, Fred, Dominique et Lucy.
— Je peux aller prendre mon petit-déjeuner, maintenant ? demanda-t-elle d'une voix amusée.
— Absolument !
James fit mine de se mettre au garde à vous et s'exclama :
— Bon appétit, chef !
Rose riait encore quand elle s'assit à côté d'Artemis à la table de Serdaigle.
— Joyeux anniversaire, Rose, dit sa camarade de dortoir.
— Merci beaucoup ! Oh là là, mais je meurs de faim moi !
Elle se servit de plusieurs toasts sur lesquels elle étala généreusement de la marmelade et du lemon curd, engloutissant tout très rapidement. Sa mère lui disait souvent qu'en plus de ses yeux bleus et de ses cheveux roux, elle avait aussi hérité son estomac de son père. Rose rétorquait toujours que ce n'était pas de sa faute si son corps était en pleine croissance.
Une fois son petit-déjeuner avalé, Rose resta assise, attendant les hiboux de sa famille. Ils ne tardèrent pas à arriver et elle se retrouva avec une dizaine de cartes de vœux et plusieurs colis. Ses parents lui avaient envoyé un livre sur les Bizarr'Sisters, un mythique groupe de Wizard Rock séparé un peu avant sa naissance et qui était pourtant son préféré. Sa grand-mère Helen et son grand-père John lui avaient fait parvenir un énorme bouquet de roses et des chocolats, tandis que sa grand-mère Molly et son grand-père Arthur lui avaient offert un assortiment de friandises magiques. Et ce que Rose considéra comme étant son meilleur cadeau lui vint de son oncle Harry et de sa tante Ginny : ils lui avaient offert un nouvel objectif et des films pour son appareil photo. Rose prit toutes ses cartes et cadeaux et retourna dans son dortoir afin d'essayer son nouvel objectif et de manger quelques uns des chocolats envoyés par ses deux paires de grands-parents.
Elle passa plusieurs dizaines de minutes à photographier le dortoir et la salle commune, puis elle finit rapidement ses devoirs avant de descendre prendre son déjeuner, son appareil autour du cou. Mais là où, pour le petit-déjeuner, James avait été le seul à l'attendre, elle se retrouva entourée de tous ses cousins et par Scorpius au moment même où elle passa les portes de la Grande Salle.
— Joyeux anniversaire ! s'exclama Roxanne.
— Oui, joyeux anniversaire Rosie ! renchérit Dominique.
— Alors, ça fait quoi d'avoir treize ans ? demanda Fred.
— Oh ben ça va, t'y es passé aussi je te rappelle ! rappela Louis.
— Taisez-vous, c'est l'anniversaire de Rose ! gronda James.
— On a pas d'ordres à recevoir de toi ! répliqua Scorpius.
— Absolument ! affirma Al.
Rose éclata de rire.
— Et si vous vous taisiez ? suggéra-t-elle avec un sourire. Vous allez me rendre sourde !
— On est désolés.
— Bon allez, fit Al en attrapant sa main. Suis-nous.
— Hein… mais…
— Tais-toi, répondit Dominique.
Rose fut trainée à l'extérieur par la petite troupe qui la conduisit alors au bord de l'eau. Ils avaient déployés une couverture sur le sol, et elle était couverte de bonnes choses à manger, dont un gâteau au chocolat orné de treize bougies.
— Joyeux anniversaire, Rose ! dirent-ils tous en cœur.
Rose se tourna vers ses amis, plus émue qu'elle ne l'aurait cru.
— Woah… je… merci, c'est un truc de dingue…
— Les elfes nous ont aidés, avoua Al, tu les remercieras aussi.
— Mais en attendant…
— On mange !
Ils s'assirent tous très rapidement et commencèrent à se passer les différents plats succulents préparés par les elfes de maison de Poudlard. Les regardant ainsi, Rose sentit une bouffée d'affection monter en elle pour sa famille et Scorpius, et elle captura dans sa deuxième photo parfaite tout l'amour qu'elle éprouvait pour eux.
