Note : Euh... Pardon ? Ça doit bien faire cinq mois. Mais que voulez-vous... Mon excuse ? Je pourrais vous dire que j'ai une vie, mais ce serait un mensonge. Je n'ai pas de vie. Justement. Mes études me bouffent tout mon temps et en dehors des stages et des cours, la première chose que je prévois dans mon emplois du temps, c'est dormir. Même pas le temps de dormir. Hé hé hé... Je suis désolée, surtout que la fin du dernier chapitre est un grand n'importe quoi... Mais rassurez-vous. Ici les choses sont un peu moins... Choquantes ? Perverses ? Polyandres ? Bref, enjoy !

Pour les lecteurs de feufeu(dot)net, ce chapitre est légèrement édité pour coller au rating.

Merci tout particulièrement à Yumi Evans qui m'a décidée à oublier mon second plus grand péché capital (la paresse) et à poster... Mais que voulez-vous, ce genre de review...

Disclaimer additionnel : La chanson utilisée appartient à ses propriétaires, et la citation sur la honte n'est pas de moi (mais je ne sais plus de qui)


Précédemment dans Not Another Hero :

Nous surenchérîmes tant, si vite et si bien, ma chère sœur et moi, que je ne compris jamais comment notre étreinte finit en plan à trois.


Chapitre quatrième : Où les lendemains sont chantants, quoique vulgaires et libidineux et où l'on se rencontre en des lieux inattendus.

Merlin.

J'avais touché le fond, n'est-ce pas ? J'avais couché, qui dessus qui dessous, à la fois avec ma petite sœur de quatorze ans à peine et avec le puceau qui avait tué mon frère… C'était d'un sordide…

En me réveillant le premier, quelques heures plus tard, je bénis la magie de Poudlard qui nous avait fait mener nos ébats dans une Salle sur Demande bien verrouillée. J'ouvrais à peine les yeux que l'horreur me frappa de plein fouet. La tête blonde de Scorpius Malefoy reposait sur ma hanche gauche, et sa taille était recouverte des cheveux roux de ma petite sœur. Par la queue touffue de Merlin…

Plutôt que d'affronter courageusement la situation, d'y réfléchir, ou d'attendre ce qui allait se passer, j'agis conformément à ma nature : je fuis.

Il était tôt ce samedi matin, il faisait froid. Pendant la nuit, si chaud qu'il fasse à l'intérieur de la Salle sur Demande – ne pas y penser, ne surtout pas y penser – la neige s'était plu au sol et s'était accumulée jusqu'à doucement former une couche blanche et craquante sous mes pas. J'étais un peu fou, sans doute, de me balader à six heures du matin dans le parc de Poudlard, à peine réchauffé d'un sort et seulement recouvert de ma cape d'intérieur. J'allai me terrer loin du château, du côté de la cabane du garde chasse mais hors de sa vue, au pied d'un arbre quelconque. Je renforçai mon sort de chaleur et me perdis dans mes pensées.

Ted me manquait, réalisai-je, de plus en plus ces temps-ci. Sortant d'une poche une plume et un morceau de parchemin magiquement rétrécis, je tentai de commencer une missive à l'attention de mon presque cousin, mais l'encre gelait avant même de se déposer sur le rouleau de peau tannée, et j'abandonnai. Je soupirai. Le froid ne me permettrait pas non plus d'inscrire les évènements à l'entrée du jour dans mon journal intime puisque je ne connaissais pas de sortilège pour fluidifier l'encre ou la rendre insensible à la température. Il me faudrait me rendre à la bibliothèque pour réparer cette lacune, mais je n'avais pour le moment pas la moindre envie de retourner au château.

Encre liquefacere

Je relevai la tête pour poser les yeux sur une tête blonde surmontée d'un bonnet de couleur verte. Scorpius. Il pointa du doigt ma plume et me répéta le nom du sort destiné à rendre quelque chose liquide. Apparemment il suffisait que je donne le nom de la matière dont je souhaitais changer la forme et d'y adjoindre le sort pour qu'elle passe à l'état de fluide. J'aurais dû y penser.

Soupirant, je lui fis geste de prendre place à mes côtés comme il le souhaitait. Il m'adressa un sourire, un peu tordu sur ses lèvres fines et préféra me faire face. On lui avait appris à regarder ses interlocuteurs dans les yeux, toujours, à la fois pour les déstabiliser, lire en eux, et pour prouver qu'il n'était pas mal à l'aise. Un vrai Malefoy, vraiment. L'effet était cependant gâché par la légère rougeur qui parsemait ses joues blanches et qui n'était pas due à la neige.

Nous nous fixâmes pendant quelques minutes, silencieusement.

Il ne savait pas quoi dire, je ne savais pas quoi faire, je me sentais honteux, un peu, même si ce n'était pas par rapport à lui. J'étais honteux pour moi-même, merci bien, cela suffisait. Il était dérouté, se demandait comment nous avions pu en arriver là. Je me demandais où était ma sœur, puis je réalisai que je m'en foutait.

Je l'embrassai.

Ce fut bref, un peu tendre, un peu timide, hésitant. Ce fut froid, aussi, à cause des conditions météorologiques.

Ce fut agréable.

De retour sur ses fesses le dos bien droit, il me sourit à nouveau, de son sourire mal fichu. Je réalisai que je l'aimais bien, ce sourire.

Il finit par m'adresser la parole. Il se demandait ce qui nous avait pris, aussi, à Lily et à moi, pour lui sauter dessus comme ça. Lui non plus n'avait rien compris à l'enchaînement des gestes qui nous avait conduits à briser plusieurs tabous en une fois.

Je haussai les épaules. Je n'avais aucune explication à lui fournir, du moins aucune dont je puisse être sûr qu'elle ne serait pas infirmée par Lily s'il venait au Gryffondor l'idée de lui poser les mêmes questions. Je fis mine de m'en moquer, même si ce n'était évidemment pas le cas. Je détestais ne pas avoir réponse à tout, et me retrouver pris en défaut successivement par les éléments – foutu gel – et par un adolescent de mon âge n'était pas pour me plaire. Je passai au-dessus de ces considérations pour lui demander ce qu'il en avait pensé, lui.

La seule chose qui trahit sa gène à ma question fut l'élargissement de son sourire de façon peu naturelle. Pour toute réponse, il se pencha à nouveau sur moi et m'embrassa, encore. Cette fois, le baiser était plus profond, plus osé, et avait presque l'aisance que le temps donne aux amants réguliers. Surprenant. Il ferma les yeux et m'embrassa plus profondément, je fermai les miens et passai une main sur sa nuque, l'autre commençant malgré moi à descendre entre sa robe et sa cape, puis à remonter sous sa robe. Il jeta un charme, une bulle de chaleur autour de nous.

Je devais vraiment manquer de sexe pour en venir à coucher aussi facilement avec lui alors que la situation était aussi ahurissante. Une fois de plus, je m'étais laissé dépasser par les évènements.

Une fois de trop ? En retournant à l'intérieur du château plus tard dans la matinée, je me demandai plus sérieusement si je ne devais pas consulter un Mage psychiatre, pour troubles sexuels avancés. J'étais hagard, comme entouré d'une brume épaisse qui obscurcissait ma vision et brouillait mes pensées. Je venais d'avoir une relation sexuelle en extérieur, sous la neige, avec un garçon – surement la chose qui me gênait le moins dans la situation – avec qui j'avais déjà couché la veille, ainsi qu'avec ma sœur – ça, c'était dégoutant – et même si nous ne nous étions pénétré ni l'un ni l'autre ce matin, ça avait été une des expériences les plus chaudes que j'avais jamais vécu. Rien que le souvenir de sa main sur mon cul, ses doigts sur mon pénis, ses dents sur mon cou et sa langue un peu partout sur mon corps suffisait à provoquer chez moi une demi-érection.

J'étais malade.

C'était obligé.

Complètement mou dans ma tête, dur entre les jambes, je m'affalai lourdement contre un des murs froids du château et rejetai ma tête en arrière. Je me sentais tellement lourd, presque drogué. Mes yeux, dirigés vers le plafond de ce couloir quelconque où je stationnais, étaient incapables de converger vers un point précis. Mes mains, ces mains qui commettaient des actes incompréhensibles à leur propriétaire, tiraient douloureusement sur mes épaules, comme pour faire fléchir mon corps tout entier, le faire plier sous le poids de la luxure, de la folie, de la honte.

La honte ? Cette pensée me redonna un peu d'énergie, assez pour passer mes doigts dans mes cheveux, pour dégager mon visage, pour me recentrer. Il fallait que je me réveille. La honte ? Comme si c'était mon genre ! Je n'avais que peu de principes, mais celui-ci en faisait partie.

Ne jamais avoir honte. La honte est un sentiment qui a été inventé par les idiots, pour les idiots.

Je n'étais pas un idiot. Pas à ce point là de mon histoire, et jamais, je l'espérais, je ne le deviendrais.

Un bruit de pas légers et rapide attira mon attention. C'était Scorpius Malefoy. Encore. Quinze années de frustration étaient-elles si terribles qu'il ne pouvait se passer de moi plus de quelques heures ?

Oh. Au temps pour moi. Il ne me cherchait pas pour me baiser mais pour me parler, un peu plus longtemps cette fois-ci, du moins l'espérait-il.

Il voulait savoir si ça voulait dire qu'on sortait ensemble. Qu'on était un couple.

Oh, l'adorable petit puceau ! Enfin ex-puceau, mais c'était un détail. Ces Gryffondor ! Franchement, si je devais sortir avec toutes les personnes avec qui j'avais couché... Je lui cachai bien évidemment qu'elles n'avaient pas été si nombreuses à partager mon lit. Juste Ted, Scorpius et ma sœur. Il était hors de question que je le dise à voix haute.

Je chutai brusquement.

Il était presque midi, j'avais passé toute ma nuit et ma matinée à faire de l'activité physique qui, même en étant plus intense qu'intensive, m'avait mis dans un état d'hypoglycémie sévère. Voir en noir et blanc pendant quelques secondes suffit quand même à faire enfin dégonfler mon pénis. Tant mieux, parce que Scorpius, inquiet, pliait ses longues jambes et baladait son regard sur mon corps, cherchant la source de ma subite faiblesse, regard qui m'aurait excité dans n'importe quelle autre condition – qui m'excitait, d'ailleurs, mais ce n'était pas comme si mon entrejambe avait l'énergie de le lui montrer.

D'un regard franc, je lui intimai à voix basse de m'aider à rejoindre le repas. Je n'avais rien qui ne puisse être résolu par une bolée de nectar de coing – je n'étais pas fan du jus de citrouille et il était trop tôt pour la bièraubeurre. Qu'il me déposât à la table des Serpentards ne gênait pas trop puisque c'était un peu à regret que les Vert et Argent l'avaient vu rejoindre celle de Gryffondor lors de sa répartition. Plus je connaissais Scorpius, plus je me rendais compte que le Choixpeau n'était ni stupide, ni sénile : il avait bon cœur le petiot. Pas comme si j'allais prendre la peine de le faire savoir, après tout je m'en foutais un peu.

Enfin... Je ne m'en moquais pas tant que ça, réalisai-je avec un peu d'horreur, de crainte et de honte. Mais alors juste un peu. J'avais un peu, un tout petit peu envie de le garder pour moi, ce grand blond, c'était quelque peu étrange. Alors que je mâchouillais une saucisse, songeur, mon regard rencontra accidentellement les yeux bleu-jean de ma sœur. Elle me fixait d'un air déterminé, et continua même alors que je piquais du nez vers mon assiette.

Mon repas terminé, je sentais toujours le poids de son attention, et me décidai à lui faire un petit signe de tête. Nous discuterions un peu plus loin. À l'abri des oreilles indiscrètes, de toutes les oreilles d'ailleurs. Enfin, seulement si j'échouais à la semer.

J'échouai. Évidemment. C'était peut-être une des raisons pour lesquelles je n'avais jamais envisagé de coucher avec une fille : leur capacité étonnante à suivre à la trace l'objet de leur attention.

Cette discussion fut l'une des plus embarrassantes de mon existence. Quels mots pouvaient expliquer que j'avais eu une relation sexuelle incluant ma sœur ? Aucun, sans doute. Le désir ? La frustration ? Surement pas ! Encore moins la tristesse ou l'envie de réconfort.

L'énergie du moment sans doute, l'adrénaline, le défi, l'ambiance, et d'autres excuses sans la moindre valeur devant l'énormité des faits. Nous décidâmes d'un commun accord de ne plus jamais en reparler. Ça ne m'empêcherait pas d'y penser, mais avoir l'assurance que personne ne serait jamais au courant suffit à me rassurer un peu.

Si j'allais à Azkaban un jour, ce ne serait pas pour viol aggravé sur mineure. Le soulagement suffit à me faire accepter la tâche d'en discuter avec Scorpius, afin que lui aussi tienne sa langue.

Ça me faisait une raison de plus de lui parler, je n'avais pas eu le temps de répondre à sa question sur nos relations tout à l'heure.

Un sortilège de Pointe à Scorpius Malefoy m'indiqua la direction de la bibliothèque, et de là nous partîmes pour la Tour d'Astronomie, qui manquait trop de neige pour attirer les gamins que le froid ne rebutait pas.

Un sort d'intimité acheva de rendre notre discussion secrète. Le premier point que j'abordai fut évidemment cette chose que nous avions tous deux partagée avec Lily, et il jura le secret. Bien.

Le second point fut notre attirance mutuelle plus qu'évidente. D'ailleurs... Oh !

Bien. Nous nous tînmes chaud une fois de plus. Inutile d'en décrire la manière.

Ce n'était pas un sortilège. Je n'en reconnaissait pas les effets, et j'étais assez prudent pour éviter ce genre de désagréments. De même pour une potion. Ce n'était pas de l'amour, et heureusement ! Nous nous connaissions à peine, objectivement, il m'avait adressé la parole quatre fois cette année, et les trois dernières avaient eu lieu dans les dernières vingt-quatre heures. Bien. C'était un peu libertin comme façon de faire. De toute façon, je ne faisais jamais rien comme tout le monde.

Je contemplai le Gryffondor qui se rhabillait face à moi en regardant à la fenêtre. Il avait l'air songeur, il se posait des questions. Quelque part cela me rassurait. À nous deux nous aurions peut-être assez de sens commun, à défaut de sens moral, pour régler ce problème.

En fait ce fut lui qui initia la discussion, me demandant d'un ton rageur si nous pouvions au moins envisager de parler au lieu de baiser. Mon regard avait du s'attarder un peu trop longtemps sur son postérieur, pour qu'il me prêtât d'aussi lubriques intentions alors que les siennes ne valaient pas mieux.

Il me surprit, un peu. Apparemment, il ne voulait pas d'une relation purement sexuelle – So Griffy ! – et si je n'étais intéressé que par ce qui se trouvait entre ses jambes, de quel côté que ce fut, il valait mieux pour lui comme pour moi que nous tachions de nous éviter à l'avenir. Je n'en avais pas la moindre intention.

Franchement ! Il était plutôt canon, pas si grand, un mètre soixante-dix-huit ce n'était que treize centimètres de plus que moi, pas encore assez pour m'empêcher de le baiser ou vice versa. Je n'en savais évidemment pas assez sur lui pour penser à une relation sérieuse, mais s'il suffisait de le lui faire croire... Et que je l'embrassai sur la bouche, et que je souhaitai mieux le connaître, et qu'il me plaisait et bien sur pas que physiquement, même si, et le clin d'œil qui marquait la « plaisanterie », et le tour était joué. Et que sa main était dans ma poche, et que je l'eus chopé, une fois de plus, debout contre un mur, puisque nous n'avions pas encore testé cette variante.

Et que je l'aurais chopé, en fait.

Il s'était agenouillé devant moi, et...

Il se redressa, se pencha, son visage bien face à moi. Il lécha ses lèvres, ses yeux assombris se plongèrent dans les miens. Sa voix rendue grave, par les gémissements qu'il avait poussés pendant un certain temps, un peu cassée par les activités auxquelles il venait de se livrer, se glissa jusqu'à mes oreilles.

« Bien essayé, Albus Severus Potter. »

Avant de se détourner et de s'éloigner sans un regard supplémentaire, il effleura ma joue de sa main gauche, la même main qui, juste un instant auparavant...

Il m'avait baisé dans tous les sens du terme. J'avais oublié une règle importante, peut-être la devise de sa famille, un truc du genre « Serpentards de père en fils ». Ce n'était pas la devise officielle, mais j'aurais du y penser avant d'essayer de l'entuber.

Il avait été plus brillant que moi sur ce coup là, et ça me donnait encore plus envie, envie de quoi je ne sais pas, mais si je n'étais pas complètement glacé de froid, d'horreur et de dépit, ni couvert des restes de mon orgasme solitaire, j'aurais peut-être couru à sa suite pour le plaquer contre un mur ou le sol ou même une fenêtre, et lui faire subir les pires outrages.

Heureusement alors, que j'étais glacé de froid, d'horreur, de dépit, et couvert et cætera, parce qu'il m'aurait sans doute fallu bien plus qu'une réaction prompte pour parvenir à le plonger dans un monde de délices.

Quoique.

C'était vrai, en y repensant, qu'il ne m'avait pas quitté en marchant de façon très naturelle. Il m'avait peut-être humilié (en fait non, mais je n'allais pas le lui dire de suite) mais il s'était privé d'un instant fort agréable. Je l'en admirais presque pour tant d'abnégation. Presque. Ce n'était pas comme si les toilettes de la tour étaient vraiment loin...

C'est la tête légère, sautillant presque, que je descendis les escaliers de la tour d'astronomie en chantonnant une chanson horriblement kitch des années 80 - Irresistible, irreversible / I can't fight the temptation... / Irresistible, irresponsible / irregardless of reason / Love's swept over me / I'm too blind to see / I can't fight off the feeling. / Irresistible, irreversible / I can't fight the temptation. / Call it physical / it's illogical / still I love the sensation... Chanson d'une certaine Princesse Stéphanie, dans mes souvenirs.

Quelques jours passèrent à nouveau, qui me permirent de m'éclaircir les idées et de rattraper un peu le retard que mes devoirs avaient pris. Je n'avais pas la moindre envie de passer du temps à récurer tout ou partie du château à la manière moldue : c'était salissant et fatiguant. Ce temps gagné me permettrait plutôt de réfléchir plus sereinement à mes plans de conquête de Scorpius Malefoy, son cul tout blanc et son sourire tordu. D'ailleurs, il me restait un problème important à régler : visiblement, ma chère Lily Luna s'était fourvoyée sur mes intentions concernant Scorpius. Elle avait cru qu'en plus de lui signifier de garder le silence sur les évènements, je lui avais dit que cela ne se reproduirait plus et qu'il ne m'intéressait pas, lui laissant le champ libre.

Je dus lui expliquer clairement que j'étais plus gai qu'un Boursouflet, que oui, l'attrapeur blond des Gryffondor me plaisait et pas qu'un peu. Je ne lui dit pas que l'attirance semblait réciproque, elle n'avait pas besoin de le savoir tant qu'elle marchait hors de mes plates bandes. Cette conversation nous mit en froid pour quelque temps, même si nous continuions à discuter un peu ensemble, appréciant tout de même la compagnie l'un de l'autre. Elle finit par m'avouer clairement que malgré toute l'affection qu'elle me portait, elle ne se lasserait pas, et chercherait à tout prix à s'attirer les attentions de Scorpius.

Ceci mit fin au climat hostile entre nous. Je préférais avoir mes ennemis encore plus près de moi que mes amis, et j'avais apprécié sa franchise. Le défi continuerait, même si j'avais déjà plusieurs round d'avance avec Malefoy junior. Je savais que depuis quelques jours elle lui faisait des avances plus ou moins subtiles, et je faisais de même de mon côté, ne doutant pas le moins du monde de ma victoire à venir.

Un soir de décembre, peu avant les vacances que je m'apprêtais à passer au château, jubilant à l'idée d'avoir Scorpius pour moi pendant quelques semaines puisque Lily la chouchoute n'avait aucune bonne excuse pour manquer les fêtes de famille alors que ma présence n'était pas réellement requise, un soir de décembre, donc, je vis Scorpius s'approcher de la table des Serpentards avec sa démarche légèrement chaloupée et son sourire tordu.

Quelque chose clochait.

Oh, il était toujours le même, son sourire, sa voix, son joli petit cul qui se balançait, rien n'avait changé, sauf son regard.

Ses yeux aigue-marine s'étaient faits mer de glace, son regard plus froid que jamais, hautain, haineux s'était plongé dans le mien, gelant une fois de plus tout mon esprit sur son passage. Il avait agrippé mon foulard vert rayé de gris, me relevant à demi de ma chaise. Il me soumit, comme à son habitude, à son souffle chaud, ses doigts fins, et ses paroles venimeuses.

Un seul mot cette fois-ci.

« Connard ».

Sous mes yeux abasourdis, il avait jeté un carnet relié d'épais cuir noir sur mon couvert encore vide de nourriture, et avait tourné les talons. Il s'était éloigné sans un regard en arrière, avait rejoint la table des Serdaigle et saisi Lily par le poignet avant de l'entrainer vers la sortie sans tenir compte de son regard étonné.

Je baissai la tête et pris connaissance de l'objet qu'il avait balancé devant moi avant d'ouvrir tout grand mes yeux effarés. Merde.

C'était mon journal intime.


À suivre...