Note: Je ne m'excuserai pas pour le retard. D'abord, ça fait pas complètement trois mois, et en plus je ne vous ai rien promis, nah! Je suis juste un peu contrite que vous ayez eu à attendre, s'il y a encore des gens pour lire cette histoire. Pour un chapitre mélodramatique en plus. Enjoy!


Précédemment dans Not Another Hero :

« Connard ».

Sous mes yeux abasourdis, il avait jeté un carnet relié d'épais cuir noir sur mon couvert encore vide de nourriture, et avait tourné les talons. Il s'était éloigné sans un regard en arrière, avait rejoint la table des Serdaigle et saisi Lily par le poignet avant de l'entrainer vers la sortie sans tenir compte de son regard étonné.

Je baissai la tête et pris connaissance de l'objet qu'il avait balancé devant moi avant d'ouvrir tout grand mes yeux effarés. Merde.

C'était mon journal intime.


Chapitre cinquième : Où l'on s'allume, s'égare, parle d'un reptile exotique et fête Noël, le tout sous une importante quantité de pathos.

Mon journal... Je l'avais sans doute oublié dans la neige, ce fameux samedi, avant d'avoir pu écrire dedans, et si Scorpius était en colère, c'était qu'il n'avait pas pu en briser les barrières, ce que me confirma une brève inspection de l'objet du crime. S'il était furieux au lieu d'être simplement embarrassé par de nombreuses scènes de sexe débridé, c'était qu'un problème avait eu lieu.

Je mis quelques instants à sortir de ma stupeur et à le découvrir.

Le sort de camouflage que j'avais trouvé dans le Poudlard Express le premier septembre avait en fait interféré avec la protection précédente que je n'avais pas eu l'idée de retirer cette dernière avait pour but de montrer à celui qui lirait ce qu'il s'attendait à voir : je voulais la changer parce qu'il pouvait s'avérer embarrassant, par exemple si mes parents trouvaient l'inventaire de nombreuses victimes de mes sortilèges Impardonnables. Je n'avais jamais eu recours à de telles extrémités, et il me paraissait bien peu attrayant d'effectuer un voyage sans retour pour Azkaban alors que j'avais tout juste quinze ans.

Je devinais sans trop de peine ce que Scorpius avait pu lire.

Sans doute de nombreuses scènes de sexe nous ayant, lui et moi, pour protagonistes des relations furieusement sadomasochistes, entrecoupées de plans pour obtenir le trophée qui se trouvait entre ses fesses et de le ravager sauvagement, quitte à le tuer au passage et continuer à profaner son cadavre, encore et encore, jusqu'à ce que les vers finissent de le faire devenir poussière. Ou quelque chose comme ça.

Peut-être même avait-il lu que tout ce qui nous était arrivé faisait partie dudit plan, que ma sœur était une victime sacrifiée à sa conquête, ou peut-être qu'il avait lu ce qui était arrivé à mes autres victimes, inexistantes bien sûr, mais qu'en croirait-il !

Ma parole n'avait surement plus la moindre valeur à ses yeux, et de toute façon il venait de quitter la Grande Salle avec ma petite sœur de quatorze ans dans l'intention d'aller la baiser. Crotte de Hibou.

J'avais la prémonition que le lendemain, je serai foudroyé de son regard bleu comme la mer et que les yeux verts de ma sœur me scruteraient, narquois, sans forcément savoir tout du pourquoi et du comment, mais fiers et heureux d'être désormais les seuls à pouvoir contempler Scorpius dans sa plus fière nudité.

Là, javais la haine.

Dégoutté au plus profond de mon être, je brisai les sorts de protection de mon journal, le saisit d'une main rageuse, et quittai la table sans un regard à la nourriture qui venait d'y faire surface. Je refusai même, plus tard dans la soirée, les quelques victuailles que Perseus avait gentiment conservées à mon intention, seulement pour me relever en pleine nuit, insomniaque, et tout dévorer en une frénésie qui ne prit fin que lorsque mon estomac brusquement distendu se mit à protester, m'obligeant à tout rendre dans les toilettes de la salle commune de Serpentard.

Je me laissai glisser le long de la cloison carrelée qui séparait les différents compartiments, et plongeai mon visage à peine nettoyé entre mes bras repliés sur la cuvette, grognant de désespoir. J'avais merdé à un point pas possible sans même le voir venir, et cela m'emplissait de rage.

J'en mordis mon poignet – le droit quand même, je n'étais pas stupide au point de m'empêcher moi-même d'écrire – à travers la manche de ma robe de chambre en laine écossaise, et me cachai de moi même sous le rideau de mes cheveux sales et suant. Je devais former un tableau pathétique.

J'étais pathétique.

J'accueillis l'aube dans cette position, incapable de me relever. Les heures passèrent et il était plus de midi quand Perseus me trouva. Il s'était inquiété de ne pas me voir en cours de Potions plus que de mon absence en métamorphose. Il savait ma passion pour les chaudrons, et ne s'étonnait pas de mon mépris pour le côté spectaculaire et brillant de la transfiguration. C'était une matière faite pour les Gryffondor, comme l'histoire le montrait : Albus Dumbledore et Minerva McGonagall étaient issus de cette maison et avaient tous les deux enseigné cette matière après tout. Je ne la détestait pas, mais ce n'était tout simplement pas mon truc.

Perseus me trouva donc au moment d'aller déjeuner. Visiblement je faisais peur, si son mouvement de recul était d'une quelconque fiabilité. Je sentais encore le vomi, j'étais sale et je transpirais encore, ma robe de chambre avait glissé de mes épaules, dévoilant ma chemise de nuit bleue foncée éclaircie ça et là d'auréoles blanchâtres et qui me collait à la peau. Mon teint était verdâtre, j'étais affalé lamentablement sur une cuvette de toilettes... Quelle déchéance.

Perseus Robinson était un véritable ami. Il attendit quelques minutes et m'aida à me relever pour me trainer à travers les couloirs enfin vidés de leurs étudiants affamés pour m'amener à l'infirmerie. La ronchonne Pomfresh me déposa sans délicatesse sur un des lits à baldaquins blancs et m'examina de sa baguette avant de me forcer à ingurgiter deux préparations nul doute efficaces, mais particulièrement dégoutantes. Le temps que mon haut le cœur se réprime, je finis par me sentir mieux, un peu. Forcément, passer une nuit aussi froide dans une cabine de toilettes n'avait rien fait pour améliorer ma santé.

Quand je lui demandai, ennuyé, de quoi je souffrais, elle me répondit que j'étais enceinte.

Mon hurlement d'horreur la fit ricaner. Elle plaisantait. Il n'empêchait que ce genre de blagues de mauvais goût devrait être interdites par la loi ! Ça l'amusait en plus, la grognasse. Il n'y avait décidément rien d'étonnant à mon espèce de dégoût pour tout objet féminin qui m'entourait. Je lançai un regard noir à Perseus que ma tête faisait sourire, et il revint bien vite à la normale quand je le menaçai de lui faire partager l'expérience des conséquences de mon anti-péristaltisme.

Il me dit qu'avant de le menacer de le recouvrir de vomi, je ferais mieux de me débarrasser de celui qui me recouvrait encore. En deux temps et trois mouvements de baguettes, Poppy Pomfresh me nettoya sommairement et me fit enfiler une de ces horreurs à dentelles que représentaient les robes d'hôpital tout droit héritées du temps des fondateurs. Elle m'intima le repos d'un geste et renvoya Perseus vers ses cours avec un sandwich. Elle était rude mais ne manquait pas de cœur, Poppy. Pas totalement.

Je restai alité quelques jours, courbaturé par une grippe particulièrement mauvaise, que je savais aggravée par mon esprit en totale désolation. Lorsque j'en eus assez de voir mes oreilles fumer et que l'infirmière en eut marre de mon caractère, je quittai l'aile hospitalière en lui souhaitant de ne jamais me revoir. Souhait qu'elle me retourna, évidemment. Plus précisément, elle me menaça de révéler à tout le monde que j'avais un crocodile tatoué sur la fesse si elle revoyait ma salle tronche à nouveau dans des temps déraisonnables.

Ce n'était pas un crocodile mais un alligator, d'abord !

Par précaution, j'allai quand même à la bibliothèque quelques instants pour vérifier, juste au cas où, que les sorciers ne pouvaient pas porter d'enfants, vu leur culture et leur ouverture d'esprit, ce n'étaient pas mes parents qui auraient pu m'en parler. J'en sorti, rassuré. Il était impossible, pour un mâle humain, même si il était hybride, métamorphomage ou bien victime de transformation, de porter un enfant.

Je me dis, désabusé, que cela n'avait pour le moment aucune chance d'arriver.

Avec tout ça, les vacances de Noël étaient venues. Poudlard, sous près d'un mètre de neige, avait perdu de son effervescence en même temps que de ses élèves. Nous n'étions guère nombreux à n'avoir ailleurs où aller pour fêter le réveillon ni la nouvelle année. N'ayant d'ors et déjà plus aucun devoir à compléter malgré mon séjour à l'infirmerie, je passai du temps à flâner dans les couloirs du château. Je ne pouvais me résoudre à passer du temps à la bibliothèque comme les années précédentes. Mes récentes mésaventures m'avaient dégoutées pour un temps de ma passion pour les sortilèges de dissimulation. J'avais plus ou moins abandonné l'idée de protéger mon journal par autre chose que sa réduction et son port en pendentif, et je remplissais ses pages l'une après l'autre de pattes de doxy rageuses et presque illisibles.

J'étais sans doute déprimé.

J'avais de quoi, après tout. Ma famille ne m'aimait pas suffisamment pour désirer ma présence pendant les fêtes, ma sœur sortait avec ma proie, mon frère était mort, mon meilleur ami filait le parfait amour et m'écrivait des lettres toutes plus niaises les unes que les autres sans la moindre honte... J'avais vraiment de quoi me sentir mal.

Croiser régulièrement le superbe Scorpius dans les couloirs ou les escaliers ne faisait rien pour apaiser mon humeur. Je prenais de plus en plus souvent des passages dérobés et des détours grotesques pour l'éviter, et j'avais fini par demander à un elfe de maison de m'apporter mes repas dans mon dortoir, dans lequel j'étais heureusement seul et je n'avais alors rien à expliquer à qui que ce fut. Mon sommeil était agité et peuplé de rêves érotiques qui finissaient invariablement mal et me laissaient pantelant, couvert de fluides plus ou moins malodorants, et incroyablement frustré. Je n'osais même pas imaginer ce que j'étais capable de gémir dans mon sommeil, sans doute assez fort et sans la moindre équivoque, ce qui m'avait attiré les regards gênés de Tibiti, l'elfe de maison dont je m'étais attiré la compassion.

J'étais au trente-sixième dessous lorsque vint le soir du réveillon. Impossible de le passer seul, évidemment, Minerva McGonagall avait plus que lourdement insisté pour que tous les élèves et membres du personnel y assiste. J'avais entendu une fois mon père parler des merveilleux Noëls qu'il avait passé au château, et visiblement l'ancienne directrice des Gryffondor n'égalait pas la malice ou la bonne humeur de son prédécesseur – Dumbledore, bien sûr, pas Rogue.

Le repas était tout de même ordinairement agréable, lourd et délicieux comme on pouvait s'y attendre pour une telle occasion, les conversations se faisaient légères et tout le monde tachait d'être agréable. Je n'avais aucun problème à l'être, puisque les personnes présentes m'indifféraient toutes et que je n'avais pas vraiment l'occasion de parler à qui que ce fut.

Cette année serait différente. Mes prières à Merlin furent sans effet sur le plan de table, organisé comme toujours avec logique et rigueur : par année et par maison. Je me retrouvai donc face au seul autre élève de cinquième année, coincé entre une bruyante Poufsouffle de treize ans et la préfète en chef de Gryffondor. Autant dire que je n'avais aucune raison de déroger à mon habitude de fixer mon assiette comme si elle était l'amour de ma vie.

Scorpius en décida autrement. M'humilier une fois en publique ne lui avait pas suffi. Il avait choisi de m'en faire baver une fois de plus. Il commença à parler avec ma voisine de gauche, la préfète, de ce qu'elle aimerait pour Noël de la part de son petit ami, demandant des conseils à propos des siens. Il lui parla, d'un bout à l'autre du repas, de sa jolie Lily, de son intelligence, de sa gentillesse, de son caractère droit et juste – j'aurais pu en rire si je n'étais pas sûr et certain que le premier son qui sortirait de ma bouche serait un sanglot. Il décrivit en long, en large et en travers ses attraits physiques et intellectuels, parla avec une gène exagérée et fausse de ses hésitations, elle n'avait que quatorze ans même si elle était tellement plus mature, et elle était naturelle, franche et ouverte, et il ne savait pas si il serait vraiment, vraiment mal de la sauter comme il en avait tant envie, parce que leur animosité familiale était ce qu'elle était, et qu'il ne pourrait pas attendre jusqu'au mariage puis que mariage il n'y aurait jamais, même si il était prêt à lutter pour elle, à combattre vents et dragons et marées, et bon, il était un adolescent bourré d'hormones et elle le tentait et pas qu'un peu, il ne savait pas si elle faisait exprès et si elle était prête, et cætera et cætera. La préfète en chef – Marina Zambrowski je crois, finit par lui dire qu'elle était un peu gênée de discuter de ça avec lui alors que le frère de l'objet de ses attentions était assis juste à côté d'elle.

Il n'attendait que ça pour se tourner vers moi et m'adresser la parole.

« Et toi, Albus, qu'est-ce que tu en penses ? Ça te poserait problème si je couchais avec ta sœur ? »

Il me fixait droit dans les yeux, connard. Ses yeux aigue-marine, amusés, vengeurs, et toujours son drôle de sourire un peu tordu, son nez légèrement en trompette et pas du tout aristocratique, ses joues pâles, ses lèvres à peines plus colorées, ses sourcils, ses cheveux clairs, ses cils presque invisibles, tout son être me frappa comme une massue.

Je le regardai à peine le temps que la politesse exigeait, avant de baisser à nouveau les yeux sur mon assiette, ce temps qui m'avait semblé si long ne m'avait même pas emmené jusqu'au dessert. Je picorais, certes. Ma cuisse de dinde était pour sa plus grande part découpée en petits cubes parfaitement symétriques, et bien peu de mes pommes de terres réduites en purée à coups systématiques dos de fourchette avaient rejoint mon estomac. Visiblement, mon attention s'était plus concentrée sur mon audition que sur ma vue ou mes mouvements. Je finis de déglutir la bouchée qui était encore dans ma cavité buccale, je posai calmement mes couverts dans mon assiette et pliai ma serviette, avant de reculer ma chaise sans un bruit, de me lever, et de sortir de table.

J'ignorai les mots réprobateurs de la directrice et ceux du professeur de potions, Morgan Greengrass, un oncle de Scorpius du côté de sa mère. Je marchai fermement hors de la salle, et me retrouvai affalé sur mon lit, en sueur, sans même m'être aperçu que j'avais couru tout le long du chemin depuis la Grande Salle. Je ne pris pas la peine d'ôter ma robe de soirée noire bordée de bleu, une jolie pièce inconfortable mais seyante, et j'enfouis mon visage profondément dans mon oreiller avant de me mettre à pleurer.

J'avais eu l'idée, quelques jours plus tôt, de jeter un charme d'intimité sur mes rideaux suite à la gêne qu'avaient entraînés mes gémissements sur Tibiti l'elfe de maison, ce qui me permit de pleurer tout mon saoul en sachant que personne ne le saurait. Je n'avais pas versé de larmes aussi fortes depuis la nuit qui avait suivi mon arrivée à Poudlard et ma répartition. J'avais rapidement taries ces larmes grâce à la présence des préfets de l'époque, je n'étais ni le premier ni le dernier à regretter d'avoir rejoint la maison des méchants de l'Histoire, au moins de ceux du siècle précédent, et ils étaient rompus à la tâche de nous encourager à rester souder et à faire face au monde, puisqu'après tout, la solidarité était une façon comme une autre de parvenir à ses ambitions. De ce fait, les divers courriers de ma famille m'avaient un peu moins touché, et j'avais fini par m'en remettre, ce n'était pas comme si je ne m'y était pas attendu.

En ce soir de Noël, puisque minuit était maintenant passée à ma montre à gousset, il n'y aurait personne pour sécher mes larmes. Mes mains tremblaient trop pour écrire à Ted qui n'en aurait de toute façon rien à foutre, trop occupé à se dorer la pilule sur une ile quelconque de l'Océan indien et à partager des cocktails aux noms bizarres avec son cher et tendre Justus. Ils n'étaient pas encore mariés mais c'était tout comme, et ça ne saurait tarder. Qui étais-je pour gâcher leur bonheur ?

Je pleurai encore et encore.

Lorsque mes yeux me firent mal et ma tête se fit lourde, lorsque le flot de ma tristesse finit par se tarir, l'aube était loin et le ciel encore noir. Ma montre d'argent indiquait qu'il était entre trois et quatre heures, je voyais encore trop flou pour distinguer les minutes et je n'avais pas l'énergie de lancer un sort pour l'agrandir. Je me redressai sur mon lit, j'essuyai brièvement mes joues et mes paupières douloureuses. J'arrachai plus que je ne détachai la chaîne en platine à laquelle était attaché mon journal miniature, et inscrivit le récit de ma soirée, qui de temps en temps se brouillait de taches d'eau directement nées de mes yeux. À la suite, j'inscrivis un message bref et honnête à l'attention de Scorpius, en espérant qu'il parviendrait jusqu'à lui.

Je vérifiai l'absence de toute protection magique sur mon ouvrage avant de lui faire prendre à nouveau l'apparence du bijou de platine qui ornait habituellement mon cou, et qui avait intriqué Scorpius la première fois qu'il m'avait approché assez près pour jouer avec, ce fameux soir de novembre. Il n'avait sans doute jamais su qu'il s'agissait de la version miniaturisée de mon journal, libre à lui de le découvrir maintenant.

J'enveloppai le bijou et sa chaine dans un grand mouchoir de couleur bleu-des-mers-du-sud, la nuance que prenait les yeux de Scorpius lorsque le désir parvenait à les obscurcir un peu. Cela lui ferait un second cadeau, au pire, tant qu'il ne s'en servait d'aucune façon sur ma salope de sœur...

Je finis mon paquet en l'entourant de papier cadeau noir et d'une ficelle blanche, et l'envoyai par l'intermédiaire de ma chouette Hermengarde, une hulotte blanche et rousse, farouche mais affectueuse. Je sus qu'elle avait délivré son présent sans trop de mal lorsqu'elle revint quelques minutes plus tard les serres vides me réclamer un câlin, avant de s'envoler brusquement au son d'une buche qui avait éclaté dans le feu. Je ris doucement de sa frayeur, avant de rabattre mes couvertures sur moi et d'attendre tranquillement la fin du monde.

Elle ne viendrait sans doute jamais assez tôt.

Tu ne vois que ce que tu veux voir. Tu ne te préoccupe sans doute pas de moi, pas le moins du monde. Tu t'en fous sans doute pas mal, mais au moins, maintenant, tu sais la vérité, celle que je ne me cache pas à moi-même en tout cas. Et si tu lis entre les lignes, tu trouveras dans mes paroles ce que je n'ai pas osé te dire, mais rassure toi.

J'abandonne.

J'en ai sans doute trop attendu de toi, que tu me dises ce qui clochait chez moi, ce qui dans ta présence révélait des parties de moi que je ne connaissais pas et qui me faisaient peur. Qui me font peur.

Je me sens cinglé, c'est sans doute le cas, et ne peut même pas dire que c'est ta faute. Je fais tout merder, c'est comme ça. Je dois avoir un mauvais karma. Ce n'est pas grave, tu n'auras sans doute plus jamais rien à voir avec moi.

J'abandonne.

Si je t'ai donné ce journal, c'est parce que... En fait je ne sais pas. Encore une de mes contradictions, j'en suis bâti de bout en bout. J'attendais sans doute que tu me sortes de ma détresse, que tu reviennes. Que tu me reviennes.

De toute façon je perds la bataille, quelle qu'elle soit pour toi, contre toi, contre moi-même.

Pardonne moi. Pourquoi devrais-tu te préoccuper de mes sentiments après tout ?

Je ne sais pas.

J'abandonne.

J'aurai au moins essayé d'être honnête.

Albus Severus Potter, ce 25 décembre.

J'étais dingue, et c'était sa faute. Ma lettre devait sonner comme un appel à l'aide d'adolescent suicidaire, ce que je n'étais pas. Ce que je ne pensais pas être en tout cas. Je le réalisais et j'avais envie de pleurer: j'étais complètement dingue, et c'était absolument de sa faute.

Le jour se leva. Sans moi.


À suivre...