Bon ! Ce chapy m'aurait valut plus de deux semaines de réflexion ! En fait je n'avais plus d'idées. Mais… Une nuit de pleine lune alors que je devais dormir dans la maison de montagne en Savoie que mes grands-parents louent… Je ne pouvais pas dormir puisque mon frère ronfle/tousse/se gratte/gigote, et j'ai pu ainsi réfléchir à cette fic qui méritait une suite digne de ce nom… Et d'un seul coup, sans crier gare, les idées ont surgi ! D'ailleurs heureusement que tout le monde dormait paske j'ai par arrêté de rigoler toute seule sous mes draps… XD Haem, tout ça pour dire que j'ai la suite et que je vous invite à la lire ! ^^ Bonne lecture !
Mes mains se referment sur les draps blancs… Je tourne la tête et je peux voir une chemise, un pantalon, et d'autres vêtements sur le sol. Ma respiration est saccadée, mon cœur bat si fort… J'ai chaud…Si chaud… Mais je ne m'en préoccupe pas. Tout ce qui m'importe, c'est lui. Son corps collé au miens. Lui aussi respire fort, mais très vite sa bouche s'empare de la mienne. Il me fait subir un baiser, violent et passionné. Je ne peux plus respirer, mais lorsqu'il détache ses lèvres des miennes, je les regrette déjà. Je sens sa bouche se poser sur ma peau mouillée, pour y déposer une multitude de baisers. Je gémis.
- Hmm... E…Encore... Lavi...
Les cheveux flamboyants de Lavi frôlent ma joue. Je ferme les yeux pour sentir son odeur.
Ce n'est pas la sienne.
Je rouvre les yeux.
- Allen…
Le doux visage du Symbiotique me sourit.
- Kanda… Tu es si beau… Comme une poupée…
Mes yeux s'agrandissent d'horreur. Ce n'est pas Allen. C'est Tiedoll.
- Calme-toi, je ne vais pas te faire de mal…Laisse-toi faire…
Tiedoll m'immobilise les mains et sourit de toutes ses dents. Sa peau transpirante collée à la mienne me donne envie de vomir.
- Non… Non… Arrêtez, non ! NON !
Kanda se releva brusquement, le visage en sueur et les mains crispées aux draps du lit.
Le lit dans la chambre de Lenalee.
Il tourna la tête et avisa la chinoise endormie dans son propre lit, non loin de celui du samouraï.
- Un cauchemar…
Il soupira et se recoucha, puis ferma les yeux pour se rendormir.
Mais il les rouvrit bien vite, persuadé de sentir encore la peau de Tiedoll contre la sienne.
Il jeta un regard perdu autour de lui, mais il était bien seul dans son lit.
Il ferma à nouveau les yeux. Il le voyait. Il voyait Tiedoll lui sourire, il le sentait.
Il rouvrit les yeux. Personne.
Le kendoka frissonna. Il avait l'impression de voir le Maréchal et son regard pervers partout.
Une violente nausée lui saisit l'estomac, les battements de son cœur s'accélérant sous l'effet de la peur.
Il ne dormira certainement pas cette nuit.
Kanda tourna la tête vers Lenalee. Il hésita un instant, puis sortit du lit et se dirigea vers celui de Lenalee.
- Lenalee…
- Hmm… grommela celle-ci.
- Lenalee...!
- Hmmm... Kanda...? U/_\u
- Lenalee, je... Je... Heu...
La chinoise tourna un regard interrogateur à moitié endormit vers le kendoka. Celui-ci rougit comme une tomate.
- Qu'est-ce qu'il y a…?
- J'ai… J'ai fait un cauchemar…
Les yeux de la chinoise s'écarquillèrent de surprise. Passé l'étonnement, un immense sourire vint éclairer son visage.
- Tu as peur ?
- Oui… murmura-t-il en baissant la tête.
- Ooooooooooh, troooooooooop mignooooooooonnnnn ! Tu veux dormir avec moi ?
Kanda hocha la tête, mort de honte. Ses yeux n'osaient même pas regarder ceux de Lenalee en face, et son visage entier était passé au rouge mais ses mains s'accrochaient aux draps du lit de la chinoise. Le sourire de Lenalee s'agrandit d'autant plus face à ces adorables mimiques. Sans que Kanda ne comprenne ce qui se passe, Lenalee agrippa sa main et l'attira dans son lit.
- Ah… Eto… bégaya Kanda en se retrouvant dans le même lit qu'une fille.
Lenalee recouvrit son protégé des draps et l'entoura de ses bras.
- Tu es trooooooooooop chooooouuuuuuu !
Elle le serra si fort dans ses bras que le samouraï crut mourir étouffé, mais heureusement la chinoise desserra bientôt son étreinte qui se fit plus protectrice. Kanda ferma les yeux, l'image de Tiedoll n'hantait plus son esprit à présent. Un sourire reconnaissant naquit sur son visage et il s'endormit bientôt.
- AAARGH !
Kanda sursauta et un léger mouvement dans son dos lui prouva que Lenalee en avait fait de même. Le japonais se serra contre Lenalee. La chinoise, quand à elle, releva la tête, s'attendant à une attaque. Mais ce qu'elle découvrit lui prouva le contraire, elle soupira et ferma les yeux un instant, terriblement blasée.
- Comment êtes-vous entré dans ma chambre, vous deux…? =/_\=
Kanda tourna la tête et découvrit devant la porte grande ouverte, Allen et Lavi, bouches bée, qui pointaient le lit occupé du doigt.
- Y… Yû ! O_O
- Lenalee… Et Kanda ! O_O
- Je sens qu'ils vont dire une bêtise, oui, je le sens… murmura Lenalee en fermant les yeux.
- VOUS AVEZ COUCHE ENSEMBLE ? s'exclamèrent-ils en cœur.
- Et voilà, je le savais ! clama Lenalee en levant les yeux au ciel. Bien sur que non, imbéciles ! C'est vous qui avez l'esprit mal placé ! J'ai juste dormi avec lui pour le rassurer.
- POUR LE RASSURER ? C'est aussi ce qu'on a dit et ce que Tiedoll a dit avant de lui sauter dessus !
- Vous et le Maréchal, vous n'avez pas dit « rassurer », vous avez dit « réconforter » bande d'idiots. Je ne suis pas une obsédée comme vous, moi.
- Personne ne t'a donné le droit de dormir avec notre Yû !
- Ce n'est pas le vôtre d'abord ! protesta la chinoise en resserrant Kanda dans ses bras. C'est MON Kanda, et c'est LUI qui m'a demandé à ce qu'on dorme ensemble ! Alors maintenant cassez-vous !
- Non… C'est impossible… Je ne te crois pas…!
Lui prouvant inconsciemment le contraire, Kanda s'accrocha à la chemise de nuit de Lenalee et baissa la tête pour se serrer un peu plus contre elle, afin de se rassurer. Allen et Lavi ne voulaient pas y croire. Ils bégayèrent des phrases incohérentes puis clamèrent tout deux comme un seul homme avant de quitter la chambre :
- ON VA TOUT DIRE À KOMUI !
Lorsque les deux Exorcistes jaloux claquèrent la porte derrière eux, Kanda se détendit et lâcha Lenalee. Celle-ci se mordit la lèvre inférieure, visiblement très embarrassée.
- Hmm… Si mon frère apprend que toi et moi avons partagé le même lit, il ne va pas être content…
- Je… Je suis désolé… ! Je n'aurai pas dû te demander de dormir avec moi !
- Mais non, allons, le problème n'est pas là. Et puis je te rappelle que tu ne me l'as même pas demandé, j'ai réagit avant même que tu aies pu le faire ^^ Et de toute façon, n'importe quelle fille normalement constituée aurait au moins voulu te prendre avec elle dans son lit tellement tu étais mignon… D'ailleurs tu ne m'as pas raconté, c'était quoi ton cauchemar ?
Kanda baissa les yeux et se remémora cet horrible rêve avec Tiedoll… Il ne pu réprimer un frisson.
- Laisse-moi deviner, proposa Lenalee en le voyant frissonner. Tu as rêvé qu'Allen et Lavi cherchaient à t'emmener dans leur lit pour des trucs pas très catholiques. J'ai raison ?
Le kendoka cligna un moment des yeux de surprise. Lenalee avait l'air très sûre d'elle, et son idée était fondée mais il n'avait pas rêvé d'Allen et Lavi, n'est-ce pas ?
Ou bien…
Kanda se remémora soudainement le début de son rêve. La partie qui concernait Tiedoll lui avait fait tellement peur qu'il en avait oublié celle qui n'était pas désagréable.
C'était même l'un des meilleurs rêves qu'il n'ait jamais fait…
- Qu…Quoi ?Mais qu'est-ce que je raconte ? Je n'ai pas pu aimer ça, c'était… C'était… Avec Lavi et Allen, je ne pourrais pas apprécier, non, c'est impossible…!
Et pourtant, il se souvenait à présent très bien des moindres détails de son rêve, et aucun d'eux ne lui avait déplu. Bien au contraire, rien ne lui semblait plus souhaitable que de revoir le doux sourire d'Allen qui lui caressait le visage, ou encore de ressentir les baisers passionnés de Lavi…
- Kanda ? Kanda, ça va ? Tu es tout rouge !
- Qu-qu-qu-qu-quooooiiiii ?
- Alors j'avais visé juste, tu avais rêvé qu'Allen et Lavi te faisaient du mal. Qu'est-ce qui pourrait te mettre dans un tel état, si ce n'est ça ?
Kanda ne savait vraiment pas quoi dire. D'abord parce que ce n'était pas Allen et Lavi qui avait viré son rêve en cauchemar, mais Tiedoll. Ensuite parce que de toute évidence, si ce pervers de Maréchal n'avait pas fait irruption dans sa tête, Allen et Lavi en avait fait un rêve particulièrement doux et agréable, loin d'être repoussants.
- Non ! Je n'ai pas aimé ça, je n'ai pas aimé ça, c'est impensable, il doit y avoir une erreur…! Que ce soit dans mon rêve, ou… Ou alors ce qui s'est passé la dernière fois… Non… C'était… C'était…
- Ben alors, Kanda ? Tu as perdu ta langue ou quoi ? J'ai l'impression que plus ça va, plus tu as tendance à devenir tout rouge.
Le samouraï s'arma de tout son courage et de son sang-froid disponible pour enfin bégayer ceci :
- Ce… Ce n'était p-pas Allen et Lavi, d-dans mon rêve… C'était Tiedoll…
- Ah, je vois. acquiesça Lenalee. En un sens, c'est vrai, il en a fait plus que les deux autres. Mon pauvre chéri, chounia-t-elle en prenant Kanda dans ses bras. Tu as dû avoir très peur, je comprends que tu aies eu besoin de réconfort…
À cet instant, Kanda se jura au fond de lui-même que jamais, Kami-sama, jamais il ne raconterait à qui que ce soit de quoi il avait rêvé ! Personne, absolument P.E.R.S.O.N.N.E. ne devait l'apprendre !
Un cri strident mit fin à ses serments personnels. Lenalee tourna la tête en entendant des pas précipités qui se rapprochaient d'eux accompagné d'un cri reconnaissable entre mille :
« LENALEEEEEEEEEEEEEEEEEE ! »
La porte s'ouvrit brutalement sur, vous l'avez sûrement deviné, sur Komui dont les nombreuses veines apparentes sur son front prévoyait bien des dégâts. Derrière lui se tenaient fièrement Allen et Lavi, qui eux aussi ne semblaient pas très content.
- LENALEE ! cria Komui en pointant sa petite sœur chérie du doigt. QU'EST-CE QUE TU FAIS DANS LE MÊME LIT QU'UN HOMME ?
- Ecoute, nii-san, je peux tout t'expliquer…
- NON, JE NE VEUX PAS D'EXPLICATIONS, JE SUIS SÛR QUE KANDA A PROFITE DE TA GENTILLESSE ET IL… IL… IL T'A PRISE TON INNOCENCE ! (1)
- Mais non, nii-san ! Enfin, laisse-moi le temps de te dire…!
- JAMAIS ! KANDA A TRAHIT MA CONFIANCE, IL MERITE UNE PUNITION EXEMPLAIRE ! KOMULIIIIIIIIIN !
Ce que tout le monde redoutait arriva. En entendant le nom fatidique, toute la Congrégation se tourna avec crainte vers l'étage de la chambre de Lenalee. Leur pressentiment commun s'avéra juste. Du fond des sous-sols de la Congrégation, un bruit connu de tout les Exorcistes, Traqueurs et Scientifiques se fit entendre : celui de Komulin, le robot destructeur de Komui, qui grimpait sur les murs à l'aide de ses pseudo-pattes en ferraille blanche. Et la lumière rouge qui s'échappait de la lampe lui servant de visage ne présageait rien de bon.
Lorsque le robot géant atteignit l'étage de la chambre de Lenalee, la plupart des personnes présentes dans le secteur vida les lieux. Komui s'exclama alors :
- Komulin ! Je t'ordonne de réduire ce Kanda no Tako (2) à l'état de poussière ! À l'attaaaaaque !
Komulin tourna sa tête géante vers Lenalee qui s'était postée devant Kanda pour le protéger, et on entendit s'échapper du robot au béret les mots « Détruire Kanda no Tako. Cible en vue localisée. »
À peine la grosse machine tenta-t-elle une approche que Lenalee activa ses Blood Boots. En une fraction de seconde (et ce n'est pas de l'exagération), elle avait enfoncé son pied droit en plein milieu du torax apparent de Komulin. Celui-ci aurait pu perdre l'équilibre mais il n'en eu même pas le temps : les Blood Boots de la chinoise avait déjà détaché la tête et les membres du corps de la machine, et l'avait projeté avec puissance au fond du bâtiment où il s'écrasa.
- Non mais ! s'exclama Lenalee en désactivant son Innocence.
- Komuliiiiiin ! gémissait Komui en regardant en bas. Mon Komulin est casséééééééé !
- Nii-san.
Komui tourna doucement la tête en entendant la voix très en colère de sa petite sœur.
- Lenalee…?
- Nii-san no BAKA ! Kanda ne m'a rien fait du tout, c'est moi qui lui ai proposé de dormir dans mon lit ! Et ensuite je t'avais dit de ne PLUS activer Komulin en plein milieu de la congrégation !
- Mais… Mais je croyais que… C'est eux qui m'ont dit que tu avais…
Lenalee se tourna vers les deux idiots qui essayaient de s'enfuir sur la pointe des pieds.
- Allen ! Lavi !
Ils tiquèrent à l'entente de leurs prénoms respectifs et se tournèrent leeennntement en affichant un air souriant plein de gouttes de sueurs.
- Ou… Oui…? ^_^''''
- Ecoutez-moi bien, pauvres imbéciles. La prochaine fois que vous entrez sans permission dans ma chambre, ou que vous racontez des bêtises à mon frère, je vous envoie tenir compagnie à Komulin de la même façon que je l'ai amené au sous-sol. Est-ce que c'est clair ?
- GLUP ! Trè-trè-très clair, Lenalee !
- Alors ma Lenalee-chan n'a pas perdu son innocence… ?
- Mais non, nii-san. Kanda n'a jamais attenté à mon intimité, voyons.
- N'empêche que tu dormais avec lui dans ce lit !
- Euh, oui, mais ça c'est autre chose et…
- Ton grand frère n'est pas d'accord !
- Bon, si tu veux j'arrêterai de dormir avec lui.
- Non ! Je veux plus que tu dormes dans la même chambre qu'un homme, je m'en fiche, je ne suis plus d'accord avec ça !
- De quoi ? Mais c'est impossible !
- Si je veux d'abord ! Et puis de toute façon, je t'envoie en mission !
- QUOI ?
- Parfaitement ! Tu feras équipe avec qui tu voudras, mais je veux que tu ailles récupérer une Innocence en Espagne !
- Grand frère enfin, c'est d'un égoïsme démesuré ! Je ne peux pas laisser Kanda tout seul ici ! Qui le protègera ?
- Tu n'auras qu'à demander à quelqu'un d'autre de s'en occuper ! Na !
Et sur cette tirade juvénile, Komui vida les lieux.
- Oh non, mais qu'est-ce que je vais faire ? gémit Lenalee. Sans moi, Kanda se fera tuer ou pire…!
Elle tourna la tête et jeta un regard désolé vers son protégé qui déjà craignait de devenir à nouveau la cible d'une multitude d'agressions. Lenalee secoua la tête pour ne pas imaginer ce qu'il adviendrait de Kanda en son absence, puis elle lui fit un sourire qui se voulait réconfortant.
- Tout va bien se passer, Kanda, ne t'inquiète pas. Tu sais ce que je vais faire ? Je vais te laisser à Marie. Lui, il ne te fera aucun mal, c'est certain. Je vais tout de suite le charger de te protéger à ma place, d'accord ?
Kanda hocha doucement la tête. Après tout, il connaissait Marie depuis longtemps et il avait confiance en ce qu'il ne l'agresse pas comme l'avaient fait les autres. Malgré cela, il ne pu s'empêcher de baisser les yeux.
- Allons, Kanda, ne sois pas triste. Tu viens ?
Et sous le regard insistant d'Allen et Lavi, les deux asiatiques se mirent en route vers la chambre de Marie. Celui-ci était justement en train de la regagner. Lenalee et Kanda le croisèrent donc alors qu'il sortait ses clefs.
- Ah, Marie ! appela Lenalee en souriant, soulagée de l'avoir trouvé si vite. Tu tombes bien, est-ce que je peux te demander un service ?
- Tout ce que tu veux, répondit-il. Il y a un problème ?
- Hmm, oui. Vois-tu mon frère a décidé, par caprice, de m'envoyer en mission loin d'ici. Je ne reviendrais sans doute pas avant un bon moment, mais pendant que je ne serais plus là, Kanda se retrouvera à la merci de certaines personnes…
- Comme celles qui nous épient de façon pas très discrète ? demanda Marie en pointant du doigt Allen et Lavi qui essayaient de se cacher dans un croisement de couloir.
- Oui, un peu comme eux -_-' Enfin bref, Kanda ne sera plus en sécurité dans ma chambre, même barricadée. Est-ce que tu accepterais de le loger dans la tienne, le temps que je revienne ? S'il te plaît !
Marie lui fit un sourire doux, comme il savait si bien les faire, et hocha la tête sans hésitation.
- Mais bien sûr, Lenalee. Quand dois-tu partir ?
- Maintenant.
- Eh bien, pas de problème, j'accepte de devenir son nouveau garde du corps.
- Merci, vraiment, merci beaucoup Marie ! s'exclama la chinoise en soupirant de soulagement. Alors c'est parfait, Kanda. J'espère que Marie s'occupera bien de toi ! lui dit-elle avant de déposer un petit baiser sur le front de son protégé. Allez, je dois y aller, au revoir Kanda !
Et sur ces paroles, Lenalee se dirigea vers le bureau de l'Intendant son frère.
Kanda se tourna alors vers Marie. Il marmonna quelques excuses comme quoi il ne voulait pas être un poids, ce qui fit sourire Marie. Il connaissait très bien Kanda, et il savait bien que ce n'était pas dans les habitudes du fier kendoka de s'excuser. Il lui proposa donc d'entrer dans sa chambre, prétextant qu'il y serait plus à l'aise. Kanda accepta sans discuter, et suivi son nouveau protecteur dans la pièce. Celle-ci était très… claire. À l'opposé de la sombre chambre de Kanda, les murs et les meubles étaient complètement blancs. Une peinture représentant des angelots dans le ciel était accrochée au-dessus d'un grand lit de bois recouvert d'un drap blanc à motifs de dentelle.
- C'est assez différent de ta propre chambre à toi, mais j'espère que tu t'y sentiras à l'aise. Je vais aller chercher ton lit, si tu veux.
Kanda lui donna les clefs de la chambre de Lenalee, et laissa Marie sortir en refermant la porte.
Le japonais soupira de lassitude, et, pour s'occuper en attendant le retour de Marie, regarda la peinture Renaissance au-dessus du lit.
À peine eut-il envisagé d'être en sécurité ici que la porte s'ouvrit brusquement.
- ON LE TIENT !
Le japonais senti alors quatre mains qui le soulevèrent de terre et le conduire en quatrième vitesse hors de la salle.
- Que… Qu'est-ce que vous faites ? s'écria-t-il en se débattant.
- C'est évident, Yû !
- On t'enlève, bien sûr !
- QUOI ?
Malgré tout ses efforts, le pauvre kendoka ne réussit pas à s'échapper et-vous les avez sûrement reconnus-Allen et Lavi l'amenèrent jusqu'à la chambre du second avant de le déposer sur le lit.
- Bon ! commença Lavi, satisfait. Nous avons réussi à l'enlever.
- Oui, continua Allen en souriant d'un regard pervers. Et maintenant, qu'est-ce qu'on va en faire…?
- Ce que JE vais en faire. Tu es dans ma chambre, alors pas touche !
- De quoi ? Je t'ai aidé à l'enlever, je te rappelle ! C'est pas de ma faute si ta chambre est plus près de celle de Marie !
- C'est le hasard, et le hasard fait bien les choses à mon profit. En tout cas, tu peux sortir maintenant. Je n'ai plus besoin de toi.
- Je ne suis pas d'accord ! Voilà plusieurs jours que je dois faire ceinture parce que Lenalee m'empêche même de regarder Kanda, même de loin !
- Et bien tu vas te retenir.
- Nan ! Kanda est à moi ! s'écria le blandinet en se jetant sur l'objet de ses convoitises.
- Bas les pattes, Walker ! Ici c'est mon territoire, Yû m'appartient ! contredit Lavi en se jetant lui aussi sur Kanda.
- Jamais je ne te le laisserai ! Pas même pour tout les mitarashi dango du monde !
- LÂCHE-LE !
- NAN !
Les deux Exorcistes commencèrent à tirer chacun un bras de Kanda qui sentait les ennuis commencer. Heureusement, il lui restait un moyen d'être sauvé. Il prit une grande inspiration, ouvrit la bouche et…
- AU SECOOOOOUUUUUUUUUURS !
Cela déstabilisa complètement Allen et Lavi qui bizarrement ne s'y attendaient pas. Comme si Kanda allait patienter gentiment en attendant qu'un de ses deux agresseurs décide de qui s'occuperait de lui. Vu les appels à l'aide qu'il continuait de hurler, ce n'était pas le cas. Dans un élan parfaitement bien synchronisé, Allen et Lavi plaquèrent leur main sur la bouche du japonais pour le faire taire.
- Chuuuuuuut ! murmura Allen. Ça ne va pas la tête ? Si tu continues à crier comme ça, Marie ou même Lenalee pourrait revenir !
Kanda lui jeta un regard noir. Bien sûr que c'était ce qu'il voulait !
- Zut, Allen, je n'ai pas de sparadrap ou de foulard pour le bâillonner. Comment va-t-on faire ?
- Attends. Je connais un très bon moyen de l'empêcher de crier. Regarde, ça va te plaire.
Il retira sa main et avant même que Kanda ait pu dire quoi que ce soit…
Allen déposa tendrement ses lèvres contre les siennes.
- …! O_O réussirent à articuler Kanda et Lavi.
Ce dernier ne pu absolument rien faire, tellement il ne s'y attendait pas. Il restait bêtement bloqué alors qu'Allen couvrait les lèvres de Kanda de baisers en maintenant le visage fin dans ses mains. À force de l'embrasser ainsi tant de fois, il le fit basculer lentement en arrière jusqu'à ce que la tête de Kanda repose sur les draps du lit. Et Allen ne semblait pas vouloir s'arrêter là. Bien au contraire, il redoublait d'ardeur.
Et Kanda ?
Vous vous demandez sans doute quelle peut être sa réaction…
Et bien c'est très simple.
Son cerveau avait dû se déconnecter.
Sérieusement. En tant normal, n'importe qui aurait tout fait pour se dégager. En particulier connaissant Kanda.
Et pourtant…
Le contact répétés des lèvres tendres du Symbiotique sur les siennes étaient…
Tellement…
Délicieux…
- Qu-qu-qu-qu-quoooiii ?se dit soudain Kanda. Non ! Je ne dois pas me laisser faire ! Non, jamais ! Je suis un homme, je ne peux pas trouver agréable qu'un autre homme m'embrasse, surtout ce fichu moyashi…! Mais… Mais ça me rappelle tellement le rêve que j'ai fait cette nuit…
Mais encore mieux…
Est-ce que je suis encore en train de rêver…?
La chaleur des lèvres d'Allen et son odeur sucrée qui enivraient les sens de Kanda lui prouvèrent le contraire.
En réalisant qu'il ne détestait pas du tout ça, Kanda se sentit complètement perdu. Il posa ses mains sur les épaules d'Allen et essaya de le repousser, mais bien sûr ses muscles ne réagissaient toujours pas, cette action était donc pour le moins inefficace. Il réalisa alors que le meilleur moyen d'arrêter le Symbiotique serait de lui mordre les lèvres, ou le menton.
Mais il n'arrivait pas à le faire.
Au fond de lui, même pour tous les soba du monde, Kanda refuserait qu'on lui soustraie ces lèvres si tendres, si douces… À chaque baiser reçu, il sentait son corps fondre et devenir de plus en plus chaud. Ses yeux s'étaient fermés pour se persuader qu'il faisait de nouveau un rêve, en souhaitant ne jamais se réveiller. Allen lui caressait doucement les cheveux, et rien n'était plus agréable aux yeux de Kanda que de sentir sa main parcourir la cascade noire, et descendre avec délicatesse vers la nuque. Le japonais fut parcouru d'un frisson en sentant les lèvres se déposer sur son menton, puis sur sa joue, et enfin sur son cou, où elles apposèrent une marque rouge. Kanda ne pu retenir un léger gémissement en sentant la douce chaleur sur un point très précis, à la jonction entre son cou et son épaule (3). Il aurait donné n'importe quoi, oui, n'importe quoi pour que le Symbiotique continua de le toucher ainsi, mais malheureusement pour lui, Allen finit par se relever.
Kanda rouvrit doucement les yeux, il avait l'impression de flotter sur un petit nuage.
- Tu vois, Lavi. Je t'avais dit qu'il finirait par se taire, dit Allen avec un grand sourire.
- C'est trop efficace ! s'exclama le lapin. Moi aussi je veux essayer !
Kanda cligna des yeux en voyant que Lavi avait brutalement poussé Allen malgré les cris de protestation de celui-ci. Lorsque le Symbiotique se retrouva par terre, Lavi en profita pour se mettre à sa place convoitée, c'est-à-dire au-dessus de Kanda. Le kendoka réalisa vite ce que le Bookman s'apprêtait à faire.
- Nn… Non ! s'exclama-t-il en sentant la main de Lavi passer sur les cheveux noirs pour le forcer à relever la tête. Non, arr…!
Il ne pu finir sa phrase. Sans aucune pitié, Lavi s'empara brutalement des lèvres de Kanda en un baiser bien différent de celui si doux d'Allen.
Contrairement au contact tendre des lèvres du Symbiotique qui embrassait avec une douceur indéfinissable, les baisers du Bookman était bien plus passionnés. Sans même comprendre ce qui se passait, Kanda sentit que Lavi le forçait à ouvrir la bouche… et il se laissa bêtement faire. Il sentit alors la langue de Lavi pénétrer dans sa bouche et jouer avec la sienne. Le souffle chaud et l'odeur épicée du Bookman caressait la peau de porcelaine, et les mains qui précédemment lui relevait la tête pour approfondir les baisers se firent plus baladeuses. Elles descendirent lentement vers le cou, puis vers les boutons du manteau d'Exorciste. Kanda ne sentait rien d'autre que la langue de Lavi caresser la sienne, et il ne se rendit pas compte que le Bookman avait défait tout les boutons. Avec un frisson délicieux, il sentit ensuite les mains qui passaient sous sa chemise lui frôler la peau. S'il ne s'était pas coupé du monde extérieur, il aurait entendu Allen qui hurlait que Lavi allait trop loin, et qu'il devait passer son tour. Le lapin ne daigna même pas l'écouter, et il remonta ses mains sur les deux bouts de chair qui dépassaient de la peau nacrée. Un léger sourire pervers naquit sur ses lèvres, même occupées.
Kanda commença à gémir en sentant les doigts du Bookman sur les pointes roses. Mais dès qu'il laissait échapper un soupir, Lavi approfondissait de nouveau son baiser, lui empêchant presque de respirer. Lorsqu'il commença à pincer la peau sensible et fragile, Kanda se cambra sous Lavi. Sa respiration s'accélérait de plus en plus, et sa chaleur corporelle augmenta brutalement, avant de se situer de façon plus précise sur son bas-ventre.
Immédiatement, Kanda ouvrit ses yeux en grand. Pris de panique, il recommença à repousser Lavi. Celui-ci, surpris, pensa qu'il ne s'agissait que d'une énième tentative pour se soustraire à lui. Il s'appuya plus fort sur le corps de Kanda.
Kanda sentit le corps chaud de Lavi sur son bas-ventre.
Il sursauta en ressentant une légère vague de plaisir lui parcourir le corps.
Sa réaction ne se fit pas attendre.
Il rassembla le peu de force dont il pouvait disposer et donna un violent coup de genou entre les jambes du Bookman. Ce dernier laissa échapper un cri… Bizarre. Rauque et étouffé au début, qui se mua en couinement.
- Je t'avais dit que tu allais trop loin ! le nargua Allen, arborant un sourire triomphant. Maintenant, c'est mon tour ! Viens par ici, Kanda…
Kanda était en phase de panique extrême, dans ce genre de situation, il vaut mieux conserver une distance raisonnable avec lui sous peine de recevoir Mugen au creux des reins. Heureusement pour les Exorcistes pervers, le kendoka n'avait pas son arme favorite, sans oublier que sa force était toujours au niveau zéro. Il opta donc pour la fuite.
Alors qu'Allen avait recommencé à s'approcher dangereusement du samouraï, ignorant Lavi qui gémissait en se recroquevillant par terre, Kanda fila aussi vite que ses jambes le pouvaient. En un bond, il parvint jusqu'à la porte qu'il ouvrit sans tarder avant de déguerpir.
Avant de se précipiter dans la chambre de Marie, il entendit une dernière fois la voix d'Allen l'appeler, puis il claqua la porte.
C'était le 5e chapy ! Il a été un peu ennuyeux en cours de route, quand Lenalee se disputait avec son frère… Je m'en excuse et espère que vous aurez tout de même tenu jusqu'à la fin. Pour éviter trop de répugnance, j'ai fait exprès de rendre le final un peu plus… intéressant ^w^ Vous vous rendez compte, c'est le 1er baiser de Kanda avec Allen et Lavi ! Que du bonheur, en somme ! Comme vous avez pu le constater, j'ai fait de Allen et Lavi deux tombeurs bien différents dans la pratique : Allen est doux et tendre, tandis que Lavi est brutal et passionné… Même leurs odeurs sont différentes : sucrée pour l'un, épicée pour l'autre. À vous de juger vos préférences ! En tout cas, notre Kanda a le choix. Quelle chance-euh ! x|
(1) Bon, bien sûr il ne s'agit pas de l'arme, l'Innocence avec un grand I. Mais de l'innocence, euh… Bah celle qu'on perd à environ 15-17 ans, vous voyez ^^''
(2) Pour ceux qui n'ont pas vu l'anime ou qui ne s'en souviennent pas, « tako » signifie poulpe. Et au Japon, c'est l'équivalent d'un chaud lapin, un dragueur. Paske un poulpe pose ses tentacules sur les femmes. Précédemment, c'était Racell que Komui avait appelé « Tako ».
(3) C'est une zone érogène ! Très répandue, d'ailleurs. Elle libère comme un courant électrique quand on l'atteint de façon précise. Allen est un professionnel !
