Callie entendait les voix s'élever dans le bureau de son chef. Elle tendit l'oreille sachant que la conversation avait surement un rapport avec le fait que son boss l'ait convoquée.

-Il en est absolument hors de question Bailley. Je refuse catégoriquement.

-Ecoutes je t'ai fait confiance sur cette affaire. J'ai fermé les yeux pendant près de dix ans. Mais là d'après ce que tu m'en as dit on n'a plus le choix.

Callie entendit distinctement l'autre femme soupirer.

-Elle refusera. Elle c'est donnée beaucoup de mal, elle refusera.

-Elle n'ait pas obligée de l'apprendre. On peut s'en charger avec la plus grande des discrétions.

Un rire lourd de tension se fit entendre.

-Tu plaisantes n'est ce pas ! En dix ans tu n'as pas pu faire approcher un seul de tes hommes de sa personne. Tu compte t'y prendre comment ?

-Je compte sur ta coopération.

-Non, je ne la trahirais pas.

-Teddy personne ne te demande de la trahir bien au contraire. Tout ce que je veux c'est assurer sa sécurité.

-Pour cela il faut que je te révèle son identité et tu le sais.

-Avant que tu ne dises non, laisses moi te présenter la personne que je veux mettre sur l'affaire.

-Bien, mais ne penses pas que sa va me faire changer d'avis.

Miranda lui sourit avant de se diriger vers la porte. Callie se redressa faisant un pas rapide en arrière, juste à temps avant que la porte ne s'ouvre sur la petite femme.

-Torres entrez.

Elle obéit, elle s'assit après l'invitation gestuelle de son patron et prit un rapide aperçu de la femme châtain à ses côtés. Celle ci la dévisagea littéralement.

-Teddy je te présente Callie Torres. Comme ton amie, c'est un civile. Elle offre ses services sans les engagements.

-Et ? Tu comptes tout miser sur le fait qu'elle est civile ?

-Bien sûre que non. Torres est entrainée au combat et au tir, son expérience fait d'elle un excellent garde du corps. Elle est discrète et vive.

Teddy secoua la tête.

-La question n'est pas là. Je ne doute pas de vos aptitudes. Dit-elle en se tournant vers Callie.

-Mon amie est la personne la plus parano que je connaisse. Elle n'a ni portable, ni carte de crédit. Elle fait une enquête sur chaque personne qui s'intéresse d'un peu trop près à sa personne. Elle a plus d'identité que vous avez d'années. Bailley tu ne connais ni son nom, ni son visage et pourtant tu travailles avec elle depuis plus de dix ans. Aussi dingue que sa paraisse, il y a une raison à cela.

-Teddy je le comprends. Mais d'après ce que tu m'as dit elle court un danger. Nos services lui doivent beaucoup. Laisses nous lui rendre l'ascenseur.

-Qui me dis que je ne vais pas faire rentrer le loup dans la bergerie. Que vous n'allez pas utiliser ses informations.

-Tu me connais mieux que sa.

-Toi oui, mais les autres. Starck, Avery !

-Je ne divulguerai rien. Commença Callie. Teddy la regarda perplexe.

-J'ai déjà fait ce genre de travail pour la CIA, pour Bailley. Mais je ne leurs dois rien d'autre que le chèque qu'ils me signent. Mes vrais clients sont les personnes que je protège. Si votre amie veut garder son identité ou même son apparence secrète, alors il en sera ainsi.

-Pourquoi je vous ferais confiance ?

-Parce que vous le voulez. Vous n'en auriez pas parlé à Bailey, si la sécurité de votre amie ne vous tenait pas à cœur. Vous vouliez son aide. Ne reculez pas.

Teddy regarda longuement Callie dans les yeux.

-Si elle vous découvre, ne parlez en aucun cas de moi, elle me tuerait.

-Bien, j'en prends note.

-Sa marche Bailley. Mais aucunes embrouilles.

-Promis !

-Bien je te laisse la briffer alors.

Bailley acquiesça regardant sa collègue quitter le bureau. Elle se détendit, lâchant un long soupir. Puis elle se ressaisie, ce rappelant la présence de l'autre femme.

-Beau petit speech Torres !

-C'est ce que vous vouliez non ?

-Tout à fait ! Merci.

-Bon qu'elle est cette affaire exactement ?

Miranda tourna l'écran de son ordinateur de façon à ce qu'elles puissent toutes deux le voir. Un panel de photo de différentes femmes, apparue.

-Qui sont ces femmes ? Des victimes ?

-Non, ces femmes sont une femme, Emma Prague, Louise Beaumont, Shelley Walter. Autant de noms que de physiques différents. Elle peut devenir brune, blonde, rousse, avec des yeux bleu, vert ou marron. Etre parfois ronde, parfois mince, vieille ou jeune. Elle change de physique et de personnalité très souvent. Comme vous l'a dit Madame Altman, nos services ne connaissent ni son nom, ni son physique.

-Comment est ce possible ?

-Elle connait l'art du déguisement et a un esprit très vif. Elle parle couramment plusieurs langues et sait comme personne comment se fondre dans le paysage. Elle crée un passé pour chacun de ses personnages, avec dossier médicaux, bulletins scolaire et compagnie. Elle aurait fait un parfait agent. Mais elle a toujours refusé de faire partie de n'importe qu'elle agence. Elle est intervenue sur beaucoup de nos missions à l'étranger, sans qu'on le lui ait forcément demandé. Si qui a parfois gêné quelques personnes ici. Mais elle à toujours agit pour le mieux. Il y a plus de huit mois qu'on n'avait pas entendu parler d'elle. Ce qui est plutôt rare. Altman vient de m'apprendre qu'elle est au pays et en danger.

-Comment ça ? Si personne ne connait ni son nom, ni son visage ?

-Elle aurait commis une erreur, baissé sa garde. Je n'en sais pas vraiment plus. Mais vous devez bien vous douter qu'elle ne s'est pas fait que des amis au fil des années.

-J'imagine.

- Protégez-la au mieux. Toutes les informations que vous découvrirez, devront rester confidentielles. Sauf celles au sujet de la menace qui pèse sur elle. Demandez des renforts en cas de besoin.

-Compris. Comment je l'approche au juste ?

-Altman, va vous y aider. Ne la filé pas. Elle vous repèrera avant que vous la voyez à travers vos jumelles. Altman ne blaguait pas. Cette femme est parano et pas qu'un peu.

-A quel point ?

-Aucun compte quel qu'il soit, aucun abonnement non plus. Nos services non jamais trouver l'ombre d'une emprunte ou même un cheveu. Elle est extrêmement méticuleuse et très attentive.

-Qui la formée ?

-Nous n'en avons aucune idée. C'est bien ce qui fait polémique, beaucoup d'entre nous la considère plus comme un ennemie que comme un allié.

-L'avez-vous déjà rencontré en chaire et en os ?

-Deux fois. Les deux fois sous la même identité. Celle d'une journaliste international, Arizona Robbins.

Elle afficha la photo correspondante. Callie analysa l'image. Cette femme était belle, une blonde aux yeux bleu, aux traits un peu enfantin.

-Il faut avouer que ces personnages font très réels.

-Oui. Je compte sur vous Torres. Vous avez l'esprit aussi vif que le sien, je sais que vous pouvez réussir là où tous ces agents ont échoués. Je vous considère comme l'une des meilleures. Alors ne me décevez pas.

Callie fut extrêmement flattée. Ce n'était pas tout les jours que Miranda Bailley faisait des compliments. Mais sa lui donna également une très forte pression. Elle salua son chef et sortie du bureau. Elle fut étonnée de voir Teddy l'attendre de pied ferme. La femme semblait nerveuse.

-Allons boire un café. Dit-elle commençant déjà à se diriger vers la sortie sans même attendre une réponse. Callie lui emboita le pas. Elles se rendirent dans un petit café tranquille au coin de la rue.

-Il va falloir que l'on trouve un moyen que vous la rencontriez sans que sa ne paraisse louche. Car il est…

-Inutile de la filer. Bailley me la dit.

-Bien, très bien. Elle tapotait ses doigts contre la table, la nervosité transpirait à travers chacun de ses actes.

-Ok, avant tout chose il faut que vous vous détendiez. On fait un plan pour protéger votre ami pas pour la tuer !

Teddy se raidit aux mots de Callie, comprenant que son choix n'était pas le plus judicieux Callie se reprit.

-Tout ira bien. J'ai l'habitude de ce genre de situation. Je suis une excellente comédienne.

-Moi pas !

-Alors il est surement préférable que je la rencontre sans vous. Pourquoi pas une rencontre fortuite au supermarché ou au parc.

-Non sa ne marchera jamais. Au bar peut être, vous connaissez le bar chez Joe ?

-Bien sure j'y vais souvent avec mon ami Sloan.

Teddy souleva un sourcil : « si seulement sa pouvait être aussi simple. » Pensa-t-elle.

-Sloan comme dans Marc Sloan ?

-Oui. Répondu Callie clairement surprise.

-Parfais, j'ai trouvé. Même pas besoin de mentir pour le coup.

Callie regarda de plus en plus intriguée sa désormais collègue, attendant d'être mise dans la confidence.