Disclamer : les personnages et l'univers appartiennent à Masami Kurumada.
Béta lectrice : Scorpio-no-Caro. Un grand merci à elle !
Manganiark : Bonjour, je vais bien et toi ? Un grand merci pour ce com très instructif ( je vais finir par croire que le le lotus de Shaka t'interesse vraiment !). Comme toujours je me suis beaucoup amusé à la lecture et surtout j'adore ton imagination ! J'espère que le suite t'inspirera autant ! Bisous !
Chapitre 2
Shiryu s'éveilla en sentant l'odeur du café… Bizarre, Hyoga n'était pourtant pas un lève tôt. Il grogna contre cette odeur qu'il détestait au réveil, mais il savait que Hyoga raffolait de ce breuvage au petit déjeuner, lui s'en contentait après les repas. Il resta au lit en pensant que son ami avait dû trouver ce qu'il lui fallait.
Il eut un vrai moment de panique quand, quelques minutes plus tard, il se sentit secoué et qu'il entendit la voix de Hyoga :
- Shiryu, réveille-toi, il y a quelqu'un ici !
- Ce n'est pas toi qui t'es levé ?
- Non, c'est quand je t'ai entendu grogner contre l'odeur du café que j'ai réalisé que ce n'était pas toi non plus.
Shiryu s'habilla rapidement et ils sortirent tous deux de la chambre : ils n'avaient senti aucun cosmos et ils ne virent personne dans la pièce à vivre de la cabane, mais des voix venaient de l'extérieur.
Plus intrigués qu'autre chose, ils sortirent et restèrent tous deux figés sur le seuil en découvrant leurs maîtres respectifs prenant leur petit-déjeuner tranquillement sur la table de jardin que Dohko avait ressortie. Ils se tournèrent tous deux vers eux. Il y eut un long moment de silence puis le Balance prit la parole :
- Eh bien, on dirait que vous venez de voir des fantômes, tous les deux !
- C'est vrai, renchérit Camus, il me semblait pourtant que la base de notre éducation à tous deux était la politesse !
- Bonjour Maître ! prononcèrent Hyoga et Shiryu dans un bel ensemble qui fit sourire les deux chevaliers d'or.
- Venez donc déjeuner, continua Dohko, il serait dommage de ne pas faire honneur à ces croissants que Camus a pensé à acheter, il y a du thé pour toi, Shiryu
- Et du café pour toi Hyoga, précisa Camus.
Les deux chevaliers divins s'installèrent donc, la tête pleine de questions, mais obéissant instinctivement à leurs maîtres dans un réflexe acquit depuis l'enfance.
En ce moment, ils ressemblaient plus à deux élèves pris en faute qu'à deux hommes éperdument amoureux.
- Alors Hyoga, enchaîna Dohko, comment trouves-tu les Cinq Pics ?
- C'est joli, mais je connaissais déjà, nous y sommes tous venus à la naissance de Rozana
- Ah oui ? demanda la Balance intrigué
- C'est vrai, reprit Shiryu, Shunrei et moi avions tenu à faire une sorte de baptême à Rozana dans cette cascade, alors nous avons organisé avec Saori un voyage ici….
- C'était un peu la panique car nous avons dû monter des tentes pour coucher tous le monde mais Marine et Shunrei avaient fait des merveilles pour nourrir tous le monde, se rappela Hyoga en souriant, on est resté deux jours et c'est Athéna elle-même qui a plongé la petite dans la cascade…
- Ce qu'elle n'a pas du tout apprécié d'ailleurs, finit Shiryu en souriant à ce souvenir.
Il y eut un moment de silence, Dohko se sentait étrangement ému de cette découverte qu'il ignorait, mais en six mois comment aurait-il pu rattraper quatre ans ?
Shiryu, qui avait un repris son contrôle osa enfin demander aux deux chevaliers d'or :
- Vous êtes venus nous chercher ?
- Non, répondit Camus, pas exactement.
- Comment cela ? demanda Hyoga
- En fait nous sommes en mission, dit Dohko, et une drôle de mission,pensèrent en même temps les deux chevaliers d'or.
Flash-back :
Bureau du grand Pope la veille après le départ de Hyoga :
Dohko et Camus se regardèrent en attendant que Shion leur explique le but de cette convocation surprise. Le Grand Pope, lui, les observait et au bout d'un long silence prit enfin la parole :
- Messieurs, je ne vais pas y aller par quatre chemins… Je déteste me mêler de la vie privée de mes chevaliers mais là je ne vois pas d'autres solutions.
Les deux chevaliers le regardèrent encore plus surpris par ce discours :
- Est-ce que vous savez où sont vos disciples respectifs ? demanda le grand Pope.
- Shiryu est avec sa fille au Japon, je crois, c'est du moins l'explication que j'ai trouvée au temple, commença Dohko.
- Et Hyoga m'a dit qu'il souhaitait aller en Sibérie, compléta Camus.
- Eh bien, vous vous trompez tous les deux. Shiryu et Hyoga sont aux Cinq Pics et seuls. Rozana est avec sa mère et savez-vous pourquoi Shiryu a soudain éprouvé le besoin de retourner aux Cinq Pics et pourquoi Hyoga m'a demandé ce matin l'autorisation de s'y rendre également ?
- Où veux-tu en venir, Shion ? demanda Dohko, légèrement excédé par cet entretien.
- Je veux en venir au fait que je ne tiens pas à perdre deux chevaliers comme le Cygne et le Dragon, hors c'est ce qui se profile à l'horizon.
- Que voulez-vous dire ? demanda Camus.
- N'avez-vous vraiment rien remarquez dans leurs attitudes envers vous ?
- Si… bien sur, dit Dohko.
- Moi aussi, ajouta Camus.
- Je crois que le problème est plus sérieux que vous ne le croyez, je l'ai ressenti dans leurs deux cosmos…
Camus et Dohko se regardèrent un peu gênés :
- Qu'attends-tu de nous ? reprit Dohko.
- Rejoignez-les et réglez le problème une bonne fois pour toute, dit Shion, je n'ai pas de conseil à vous donner mais vos différences d'âges sont devenues quasiment inexistantes et ce qu'ils vivent est tout à fait naturel voir normal.
- Mais ils sont nos disciples ! s'exclama Camus.
- Je sais, mais je vis la même situation qu'eux et je suis tombé amoureux du mien qui m'a avoué répondre à ce même sentiment, reprit Shion. Moi aussi je n'ai pas vraiment compris comment cela était arrivé mais le fait est là et je ne vais pas laisser passer cette chance d'être heureux.
- Tu veux dire que Mu et toi… demanda Dohko, abasourdi.
- Oui, Dohko, tu as parfaitement compris et je n'en ai pas honte. Même Athéna m'a donné sa bénédiction. Alors quels que soient vos sentiments vis-à-vis d'eux, il faut régler cette situation. Ils ont, comme vous deux, droit au bonheur, et je veux les revoir avec le sourire et un cosmos serein. On peut se remettre d'une déception amoureuse mais là ils se rongent de culpabilité car ils ont l'impression de commettre une véritable faute impardonnable à leurs yeux et surtout aux vôtres…
Dohko et Camus restèrent muets.
- Je vous donne donc l'ordre de partir les rejoindre de ne revenir avec eux que quand cette situation sera réglée, finit Shion.
Dohko et Camus avaient redescendu les marches en silence, perdus chacun dans leurs pensées respectives. Arrivés au temple du Verseau, Camus avait invité Dohko à venir chez lui et ils avaient longuement discutés de cette situation… et ce, pour chacun, peut-être pour la première fois.
Fin du flash-back
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L'épisode du baptême de la petite Rozana avait détendu l'atmosphère autour de la table du petit-déjeuner et Shiryu se leva pour débarrasser, annonçant :
- Hyoga et moi allons aller au village. Si vous restez, il nous faut des provisions et je dois téléphoner, ajouta-t-il pour couper court à une éventuelle protestation de la part de l'un des chevaliers d'or.
Le Cygne se leva pour l'aider et ils se préparèrent tous les deux, prenant une douche rapide avant de partir tout aussi rapidement pour le village.
Dohko les regarda disparaître avant de parler à Camus :
- Shion a raison, leurs cosmos sont complètement perturbés. Je ne croyais pas que Shiryu en était à ce point et Hyoga ne m'a pas l'air mieux…
- Pour lui, je m'en étais déjà rendu compte avant qu'il ne parte, mais je ne savais pas quoi faire… D'ailleurs je ne le sais toujours pas. Je ne suis toujours pas convaincu que c'est une bonne idée de les encourager dans cette voie…
- Mais n'as-tu pas envie, toi aussi ? demanda doucement Dohko. J'avoue que je ne sais plus trop quoi en penser… En théorie c'est mal… C'est contre tout ce qu'on leur a inculqué depuis leur enfance… et pourtant…
- Je sais, c'est très perturbant… J'avoue que j'ai du mal à imaginer ma vie sans lui…
- Viens, dit la Balance en se levant, je vais te faire visiter les environs et il faut qu'on trouve un plan pour les empêcher de nous fuir en permanence.
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Pendant de temps au village…
Hyoga et Shiryu avaient fait quelques courses et le Dragon avait également pris le temps de téléphoner à sa fille. Ils avaient maintenant repris le chemin de la cabane :
- Elle te manque, Rozana ? interrogea Hyoga.
- Oui, beaucoup mais j'avais vraiment besoin d'être un peu seul…
- Pour la solitude, on peut repasser maintenant…
- Que sont-ils venus faire à ton avis ? Tu y crois, toi, à cette histoire de mission ?
- Pas plus que toi, mais j'avoue que je ne comprends pas bien leurs présences.
- Le mieux serait de rentrer au Sanctuaire, après tout, ils ne peuvent pas nous retenir…
- J'ai l'impression que cela ne va pas être aussi simple, mais on peut essayer.
Ils venaient d'arriver et cherchèrent des yeux leurs deux maîtres. Shiryu les aperçut près de la cascade :
- Ça te tente une baignade, pendant qu'ils discutent tous les deux ? proposa-t-il à son ami.
- Oui, au moins ça nous détendra.
Ils se mirent rapidement en caleçon :
- Je te préviens, elle est fraîche, dit Shiryu en plongeant dans la cascade
- Ça ne doit pas valoir la mer de Sibérie, répondit Hyoga en souriant et en plongeant à son tour.
Ils réapparurent un peu plus loin en s'ébrouant :
- J'oubliais que tu es un chevalier de glace, c'est vrai que pour toi, elle doit être presque chaude, plaisanta Shiryu en aspergeant son compagnon.
- Eh ! J'espère que tu nages vite, se défendit Hyoga en riant et en replongeant dans l'eau.
Ils se poursuivirent un moment, chahutant et oubliant le temps d'une baignade leurs problèmes du moment. Un peu plus loin sur les rochers, les deux chevaliers d'or les observaient en souriant :
- Comme ça, j'ai l'impression de les retrouver enfants, dit Camus.
- A une différence près, leurs corps sont loin d'être ceux de deux enfants… répondit Dohko en soupirant.
- Tu as raison de ce côté, ils n'ont rien à nous envier, commenta le Verseau en voyant à ce moment le corps de son disciple s'élever dans les airs, auréolé des milliers de gouttes d'eau se reflétant dans le soleil qui venait de sauter hors de l'eau pour échapper à Shiryu qui le suivit dans les airs, ses longs cheveux noirs se répandant autour de lui.
Ils retombèrent en riant tous les deux sans se douter une seconde de ce qu'ils venaient d'éveiller chez les deux chevaliers d'or qui les dévoraient littéralement des yeux :
- Je me demande si un bain ne nous ferait pas du bien à nous aussi, murmura Dohko.
- Qu'est-ce qu'on attend alors ? répondit Camus plus troublé qu'il ne l'aurait voulu.
Ils rejoignirent rapidement la rive et se déshabillèrent à leur tour plongeant tous les deux dans la rivière.
Hyoga et Shiryu s'amusaient toujours quand ce dernier sentit sa présence, il se retourna brutalement se retrouvant face à face avec Dohko :
- Maître…
- Vous nous avez donné envie de vous rejoindre, dit celui-ci en s'ébrouant et en désignant Camus qui venait d'apparaître devant un Hyoga médusé.
- Alors Hyoga, tu es toujours aussi rapide à la nage ? interrogea son maître en s'élançant dans la rivière.
Hyoga sourit et s'élança d'un geste vif à sa poursuite, relevant le défi qui lui lançait son maître.
- C'est rare de voir Camus se laisser aller à la détente, ne put s'empêcher de commenter Shiryu en souriant.
- Il n'y a aucun mal à se détendre un peu, dit Dohko en lançant une gerbe d'eau sur Shiryu, une étincelle de malice dans les yeux.
- Eh, c'est pas du jeu là ! s'exclama le Dragon en répondant vivement à l'attaque inopinée, mais Dohko s'était déplacé rapidement pour se mettre hors de portée en riant.
- Alors essaie de me toucher ! Tu gagnais toujours contre Shunrei, mais avec un chevalier ça risque d'être différent !
Shiryu se prit au jeu à son tour, mais il dut rapidement reconnaître que son maître était extrêmement rapide, il lui était difficile d'anticiper ses déplacements. De son côté, Hyoga avait enfin rattrapé Camus qui l'attendait un petit sourire aux lèvres :
- Pas mal, Hyoga…
- C'est la première fois que je vous vois nager aussi vite, commenta le Cygne légèrement essoufflé en s'arrêtant à quelques mètres.
Malgré lui il admira le torse fin et puissant de Camus que des gouttes d'eau parcouraient.
- Tu veux ta revanche ? C'est vrai que j'avais pris un peu d'avance, dit Camus en tournant son regard vers la rivière.
S'il les gardait posé sur le jeune torse bronzé, il risquait de ne plus se contrôler.
- Ok, fit simplement Hyoga, troublé par l'attitude nouvelle de son maître.
Ils s'élancèrent côte à côte et rejoignirent Shiryu et Dohko sans arriver à se départager.
Shiryu, lui venait d'arriver avec beaucoup de mal à toucher enfin son maître mais ne put s'empêcher de se demander si celui-ci ne l'avait pas laisser gagner.
Mais ce n'était pas tout à fait le cas, Dohko en fait avait été tout simplement subjugué par son attitude divinement féline alors qu'il guettait ses mouvements et qu'il en avait oublié de se déplacer aussi vite qu'il l'aurait du. Camus remonta sur la rive et Shiryu revint à la réalité :
- Je vais chercher des serviettes, dit-il sortant à son tour et se dirigeant vers la cabane s'où il ressortit avec quatre serviettes de bains qu'il tendit à chacun des trois chevaliers, sa main frôla celle de Dohko quand celui-ci se saisit de la sienne. Il frissonna violement à ce contact.
- Ça creuse ce bain, dit Camus.
- Je vais aller préparer le repas, répondit Shiryu en ramassant ses affaires.
- Je vais l'aider, fit Hyoga en attrapant les siennes.
- D'accord, nous on met la table, conclut Dohko en les regardant partir.
Camus et lui finirent de se sécher et se rhabillèrent rapidement :
- Ça ne va pas être simple, commenta le Verseau
- C'est quand même pas un petit défi qui te fait peur, Camus ? lui demanda la Balance moqueur.
- J'en ais autant à ton sujet, Dohko, mais je te rassures je suis prêt à le relever.
Dans la cabane, Shiryu préparait une salade composée alors que Hyoga mettait à cuire quatre steaks :
- Tu les trouves pas bizarres, Shiryu ?
- Si et j'avoue que je ne comprends pas trop.
Mais ils durent s'interrompre à l'arrivée des deux chevaliers d'or qui mirent la table en jetant des regards à la dérobée à leurs chers disciples :
- Comment vous voulez la cuisson du steak ? demanda Hyoga.
- Saignant pour moi, dit Dohko.
- A point, fit Camus.
- Shiryu je sais !
Le repas se déroula agréablement, ils parlèrent de tout et de rien. Ils en étaient au café quand Dohko se tourna vers son disciple :
- J'aimerais qu'on aille voir Okko cet après-midi, Shiryu.
Celui-ci regarda son maître surpris mais acquiesça en silence et se leva pour faire la vaisselle avant de partir mais Camus l'arrêta d'un geste :
- Allez-y, Hyoga et moi on va se charger de la vaisselle…
Dohko le remercia du regard et ils partirent tous les deux, la tombe d'Okko se trouvait assez loin :
- On pourrait passer par le champ où Shunrei cueillait les fleurs, proposa Dohko.
- C'est une bonne idée…
Ils continuèrent leur route en silence, perdus chacun dans leurs pensées :
« C'est lui et c'est pas lui, se disait le Dragon, je n'avais jamais remarqué qu'il savait tant de choses sur nos activités. Comment connaît-il ce champ ? Il ne quittait quasiment jamais son rocher et pourtant il est si doux avec Rozana… Je devrais quitter son temple si je retourne au Sanctuaire… Vivre à ses côtés va devenir impossible. Mais comment vais-je annoncer la nouvelle à Rozana ? Et lui, comment va-t-il le prendre ? »
Pendant que Dohko prenait peu à peu conscience :
« C'est inutile de se voiler la face… Ce n'est pas une simple attirance passagère que j'éprouve pour lui… C'est bien plus profond ! Il a fallu que Shion nous ouvre les yeux mais il a raison, je suis comme lui et Camus n'échappe pas non plus à cette règle. Je suis tombé amoureux de Shiryu et je veux vivre près de lui et de sa fille ! »
Ils venaient d'arriver au champ de fleurs. C'était plutôt un petit terre-plein coincé entre deux montagnes où s'épanouissaient à chaque saison, des variétés différentes. Shunrei l'appelait ainsi parce qu'on y trouvait toujours de quoi faire un bouquet et cette appellation leur était resté.
- J'avais oublié que c'était si beau, murmura Dohko.
- Je ne savais même pas que vous connaissiez cet endroit, lui répondit Shiryu.
- Tu connais peu de choses sur moi, Shiryu, il ne tient qu'à toi d'en découvrir un peu plus…
Le Dragon le regarda étonné, mais déjà son maître s'avançait et commençait à cueillir et à rassembler des fleurs :
- Tu m'aides ? demanda-t-il en souriant.
Au bout de quelques minutes ils avaient réuni un beau bouquet et reprirent leur route en discutant de leurs souvenirs communs. Shiryu allait de surprise en surprise, son maître se rappelait d'anecdotes sur leur enfance à lui et à Shunrei que lui-même avait du mal à se souvenir…
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Ils venaient d'arriver devant la tombe d'Okko et Shiryu entreprit de la nettoyer un peu avant d'y déposer le bouquet. Ils restèrent tous deux silencieux pendant un long moment, se remémorant la tragique fin du jeune homme qui dormait là…
Ils repartirent en silence, Shiryu ne disait plus un mot bouleversé par le flot de souvenirs qui l'avait envahi sur la tombe de son ami et qui venait de lui rappeler à quel point il se sentait mal face à ses sentiments.
Dohko sentit son trouble et le força à s'arrêter :
- Shiryu, que se passe-t-il ?
Ils étaient face à face mais le Dragon gardait la tête obstinément baissée vers le sol, son corps était secoué de sanglots qu'il n'avait pus retenir. Dohko voulut l'attraper mais Shiryu se dégagea violemment, il releva la tête et regarda enfin son maître :
- Je suis si désolé Maître… Je ne suis plus digne d'être vote disciple… Pardonnez-moi, dit-il d'une voix d'où perçait une telle douleur que Dohko en resta un instant sans voix.
Instant que le Dragon mit à profit pour fuir devant lui en utilisant toute la puissance de son cosmos :
- Shiryu, attends !
Mais il disparaissait déjà à sa vue, Dohko ferma les yeux et laissa son cosmos envahir les lieux, suivant à la trace le chevalier divin, attendant qu'il s'arrête enfin pour se lancer à sa poursuite en effaçant toute trace de son cosmos. Dans l'état de bouleversement intense où se trouvait Shiryu, il fallait qu'il l'immobilise avant d'arriver à lui parler et lui ouvrir enfin les yeux…
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Pendant ce temps à la cabane…
Hyoga faisait la vaisselle, perdu dans ses pensées. Le regard de détresse que lui avait lancé Shiryu avant de partir avec son maître lui avait fait comprendre que cette fois-ci ni l'un ni l'autre n'échapperait à la punition qu'ils méritaient pour avoir osé porter un regard différend sur leurs maîtres :
« Que va-t-il faire ? Il peut me bannir à tout jamais, m'obliger à rendre mon armure. Après tout je n'en suis plus digne… Peut-être va-t-il encore m'enfermer dans un des ces cercueils de glace… Au moins il sera tout autour de moi et je mourrais en paix. Camus, je n'y peux rien…. J'ai essayé de lutter contre ce sentiment, mais il est plus fort que moi… Pardonnez-moi Maître…
Le Verseau essuyait la vaisselle au fur et à mesure que son disciple la posait, cherchant le moyen de mettre fin au trouble qui avait envahi Hyoga dès le départ de Shiryu :
« Son cosmos se trouble de plus en plus, je le ressens. Il lutte de toutes ses forces contre son amour pour moi ! Hyoga, ne lutte plus ! Moi aussi je t'aime, mais comment te le dire ? Je suis si loin de ces sentiments… Je suis un chevalier de glace… Jamais je ne t'ai serré dans mes bras ! Même si je connais le plaisir physique, je plie à ma guise ceux que je choisis… Comment faire pour ne pas t'effrayer ? »
Le Cygne avait fini. D'un geste mécanique il vida la bassine et la rinça, faisant la même chose à l'évier. L'attente lui pesait :
- Hyoga ?
Celui-ci sursauta violement, tellement il redoutait ce qui allait suivre, mais courageusement il se tourna vers son maître, sans pour autant le regarder, il n'osait pas :
- Oui…
- Regarde-moi.
La voix restait ferme mais douce, pas ce à quoi il s'attendait. Il releva doucement les yeux et le vit juste en face de lui : ses longs cheveux indigo, comme il aimerait respirer leur odeur… Son regard d'un bleu si profond le regardait, il se noya dans ses yeux… Ils étaient aussi grands l'un que l'autre maintenant, il ne l'avait jamais remarqué. Son maître attendait toujours… Qu'attendait-t-il ? Pourquoi ne déclanchait-t-il pas sa colère ? Il se rapprocha encore… Pourquoi ? S'il voulait le punir il devrait s'éloigner ! Il ne comprenait plus… Il était tout près maintenant… Et ce regard, il était si doux… Pourquoi ? Il devrait être glacial. Il vit sa main se déplacer et saisir son menton. Il frissonna violement… Que faisait-il ? Il ferma les yeux, prêt à recevoir n'importe quel coup du moment que cela s'achève vite. Il sursauta en sentant ses lèvres toucher les siennes. Elles étaient fraîches et douces comme dans ses rêves… Un instant, il se laissa aller… Mais il se recula brusquement : que faisait-il ? Pourquoi cette torture ?
- Que faites-vous, maître ?
- Je t'embrasse, Hyoga, dit Camus en l'attrapant et en l'enlaçant.
Le Cygne sursauta encore :
- Mais pourquoi ? C'est mal…
- Non Hyoga, il n'y a rien de mal à ça, dit son maître en posant de nouveau ses lèvres sur les siennes.
Le Cygne gémit et succomba à ce baiser, il plongea ses mains dans la chevelure si longtemps admirée. Il ne comprenait plus rien mais ne chercha pas. Juste profiter de ce moment quel que soit la suite… Leurs lèvres s'ouvrirent et ils se découvrirent : avec douceur et dévotion pour Hyoga, avec une infinie tendresse pour Camus qui essayait de faire passer dans ce baiser tout ce qu'il ressentait pour le Cygne.
Leurs langues se touchèrent enfin, s'enroulant l'une autour de l'autre dans un tendre ballet, ils se gouttèrent sans se dévorer. Pas encore, juste profiter de ce baiser, le premier… Ils furent obligés de le rompre, hors d'haleine. Hyoga plongea alors son visage dans la chevelure de son maître, respirant le doux parfum. Camus lui resserra son étreinte autour du Cygne :
- Pourquoi me faire ça ? murmura Hyoga.
- Je te l'ai dit, il n'y a rien de mal à s'aimer, mon cœur…
- Mais… vous êtes mon maître… c'est mal !
- Non ! Cesse de penser ainsi, Hyoga, libère-toi de ce principe qui n'a pu lieu d'être !
Il se recula et capta le regard du Cygne :
- Tu me fais confiance, Hyoga ?
- Bien sur, je vous ai toujours fait confiance, Maître…
- Alors arrête, considère-moi comme ton égal et non comme ton maître, agis avec moi comme si j'étais un de tes amis…
- C'est difficile maî… Camus, dit Hyoga
Le Verseau sourit :
- Tu vois que tu peux y arriver, dit-il en posant à nouveau ses lèvres sur les siennes pour un chaste mais doux baiser qui fit frissonner Hyoga :
- Viens, mon cœur, on a plein de chose à se dire et si tout va bien, ce soir on sera tous les deux en Sibérie.
- En Sibérie ?
- Oui, on attend que Dohko et Shiryu reviennent, en espérant que Dohko ait réussi sa mission et on se sauve…
Hyoga le suivit en silence et ils s'assirent dans l'herbe, confortablement installé dans les bras l'un de l'autre :
- Dohko et Shiryu vont aussi se parler comme vo… toi et moi ?
- J'espère bien. Dis-moi, mon cœur, j'ai besoin de savoir ce qui s'est passé à la soirée chez Shura…
Hyoga baissa la tête :
- Comment tu sais ?
- Ton cosmos, j'ai cru que tu allais exploser ce soir-là.
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Pendant ce temps…
Shiryu avait fini par se laisser tomber en larmes sur une petite corniche qu'il connaissait. Il vidait tout le chagrin qui l'habitait. Cette visite sur la tombe d'Okko avait ramené trop de souvenirs, il ne pourrait jamais plus regarder son Maître en face.
Tout occupé à ses noires pensées, il ne sentit l'attaque que trop tard et se retrouva immobilisé sous un corps puissant, qui l'avait plaqué au sol. Il releva la tête et reconnut son maître :
- Tu vas m'écouter, Shiryu !
La voix était ferme mais non empreinte de colère, comme il s'y attendait :
- Lâchez-moi, dit-il simplement en détournant la tête.
- Non ! Je te libérerai quand je serai sûr que tu auras compris ce que j'ai à te dire et tu es plus têtu que ta fille !
Shiryu ne répondit pas et Dohko s'installa sur lui à califourchon, lui maintenant toujours les bras :
- Regarde-moi, Shiryu !
Mais le Dragon ne bougea pas, son Maître avait les deux mains prises et ne pouvait le forcer à le faire mais il le connaissait bien mal. Rageusement, Dohko ramena ses bras au dessus de sa tête et les bloqua d'une seule main, alors que l'autre attrapait son visage et le tournait vers lui. Il avait un léger sourire sur les lèvres :
- Et dire que des fois, je me demande d'où Rozana tient un tel caractère !
Shiryu se sentit submergé par les yeux verts qui le regardaient, il les connaissait pourtant si bien. Ils reflétaient tout son savoir et toute sa sagesse et ils étaient toujours si doux. Il n'y avait que dans les combats que le Dragon les avaient vu se durcir et devenir aussi glacial que ceux de Camus, mais là, il y lisait autre chose. Une chose qu'il n'y avait jamais vue… Il sentit le trouble l'envahir, son corps contre lui, ses mains qui le maintenaient fermement mais sans le blesser :
- Tu vas finir par comprendre que je sais ce que tu ressens pour moi et que cela n'est pas honteux comme tu te plais à le croire, Shiryu.
- Mais…
- Tu m'aimes, et alors ? Pourquoi te torturer ainsi, je ne comprends pas… Il te suffisait de m'en parler…
- Mais c'est mal ! Je n'ais pas le droit !
- Et moi, ai-je le droit de t'aimer ?
Shiryu ouvrit de grands yeux devant une telle question, ne comprenant pas où il voulait en venir :
- Vous m'aimez comme un père, dit-il, il n'y a rien de mal à cela, c'est moi…
- Non, le coupa Dohko, je t'aime comme un homme, Shiryu.
Et pour le convaincre, il captura ses lèvres. Le Dragon était trop surpris pour esquisser le moindre geste même quand sa main libéra les siennes, il sentit la douce pression, son souffle sur ses lèvres et gémit malgré lui…
Les défenses de Dohko tombèrent alors et ses lèvres s'entrouvrirent. Avec douceur il prit possession de sa bouche. Il le connaissait assez pour savoir que seuls les actes pouvaient parvenir à bout de son entêtement. Il trouva sa langue et la goûta avec plaisir, savourant ce baiser presque volé. Shiryu était complètement dépassé, mais c'était si bon. Son corps réagit en frissonnant violement et il referma ses bras libérés autour de son maître.
Ils rompirent le baiser et Dohko se recula légèrement pour le regarder :
- Je ne comprends plus, Maître…
- Shiryu, il va falloir que tu dépasses certaines choses si tu veux que l'on continue à vivre ensemble…
Dohko se releva et lui tendit la main, Shiryu s'en saisit et se releva à son tour mais sa main resta captive de celle de son maître :
- Que voulez-vous dire par là ? demanda-t-il.
- Pour commencer, j'aimerais bien t'entendre prononcer mon prénom, dit-il en l'attirant à lui, si tu le dis avec autant de tendresse que celui de ta fille…
Shiryu rougit mais esquissa un sourire :
- On rentre ? Tu m'as fait faire une sacrée course tu sais ? lui dit la Balance en souriant.
Ils reprirent main dans la main le chemin de la cabane. Ils marchaient en silence, Dohko gardait précieusement la main de Shiryu dans la sienne, il savait qu'il faudrait encore beaucoup de temps au Dragon pour accepter cette situation, mais pour l'instant il ne fuyait plus et c'était l'essentiel.
Si tout s'était bien passé du côté de Camus pendant leur absence, les deux chevaliers de glace partiraient dès ce soir pour la Sibérie et seul avec Shiryu, il pourrait mieux gérer ses doutes et ses angoisses :
- Je ne pensais pas qu'aller sur la tombe d'Okko te bouleverserait à ce point, dit-il
- Moi non plus, mais tout m'est revenu d'un coup et puis…
- Oui ? l'encouragea la Balance
- C'est la première fois depuis que vous êtes… ou que vous n'êtes plus… essaya d'expliquer le Dragon
- Depuis que j'ai changé d'apparence, c'est ça ?
- Oui…
Dohko s'arrêta, Shiryu le regarda avec un air interrogatif :
- Ça te poses un réel problème mon changement d'apparence, Shiryu ?
- Non, mais c'est parfois perturbant de faire la part des choses entre les souvenirs que j'ai et celui que vous êtes aujourd'hui…
Ils étaient face à face, Dohko remonta sa main libre sur la joue du Dragon, la caressant doucement :
- C'est vrai que pour moi, c'est plus facile. Je t'ai vu grandir et devenir un fier chevalier, il n'y a que les quatre ans où j'étais absent qui me manque de toi…
- Il ne s'est pas passé grand-chose… murmura Shiryu, troublé par la douce caresse.
- Il faudra quand même tout me raconter et promets-moi de me parler de tout ce qui peux poser problème vis-à-vis de mon ancienne ou nouvelle vie, d'accord ?
- Je vais essayer, dit le Dragon en fermant les yeux pour savourer pleinement la douce chaleur qui l'envahissait.
Dohko combla la distance qui les séparait et scella leurs lèvres. Si leur premier baiser avait été rapide et inattendu, là ils prirent leurs temps. Ils se laissèrent envahir peu à peu par les délicieuses sensations qui se répercutaient dans leurs corps qui s'étaient soudés l'un à l'autre.
Ils se découvrirent et se goûtèrent mutuellement, explorant ou se laissant explorer au gré de leur échange. Leurs langues se caressaient et dansaient un véritable ballet doux et sensuel.
Quand ils le rompirent, ils restèrent un moment enlacés, savourant cette proximité si nouvelle pour eux, puis Dohko se recula et reprit sa main pour continuer leur route.
Shiryu ne dit rien et le suivit docilement, la tête emplie d'une foule de pensées toutes plus noires les unes que les autres sur l'impossibilité de cette situation qui ne pouvait durer. Mais au milieu du chaos qui régnait dans son crâne, il voyait une lueur d'espoir, si faible et si petite qu'elle lui paraissait encore lointaine mais elle était là et il s'accrocha fermement à cette lueur…
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Quand ils arrivèrent, Hyoga vint en courant à leur rencontre :
- Shiryu ! Tout va bien ? On a sentit ton cosmos tout à l'heure !
- Ça va, le rassura son ami en souriant, et toi ?
- Tout va bien ici, on va partir, dit-il avec un grand sourire.
- Partir ? Où ça ? demanda le Dragon soudain paniqué
- Camus m'emmène en Sibérie !
- Oh !
- Shiryu ! Tu es sur que ça va ? interrogea le Cygne inquiet.
- Oui, dit celui-ci, vous partez quand ?
- Je ne sais pas, bientôt, on vous attendait…
- On va tous se prendre un en cas, il reste des croissants de ce matin, intervint Camus qui avait ressenti le trouble du Dragon à l'annonce du départ.
- C'est une bonne idée, tu nous prépares du thé et du café, Shiryu ? demanda Dohko.
Celui-ci acquiesça et se dirigea vers la cabane en silence suivit de Hyoga
- Un problème ? fit Camus à Dohko.
- Il panique, mais ça devrais aller, répondit celui-ci, Hyoga a l'air de mieux de le prendre.
- On a beaucoup parlé en vous attendant…
Shiryu et Hyoga revinrent avec de quoi faire un goûter :
- Vous avez tout ce qu'il vous faut là-bas ? demanda Shiryu.
- Oui, c'est un peu comme ici, il y a toujours de quoi faire un ou deux repas le temps de s'organiser, le rassura Camus.
Une heure plus tard, les deux chevaliers de glace disparaissaient, téléportés par le cosmos de Camus en Sibérie.
Shiryu regarda longuement à l'endroit où ils avaient disparus, comme s'ils allaient revenir. Dohko le regardait lui : il pouvait ressentir son trouble et sa peur. Il le connaissait si bien et si peu à la fois. Il connaissait l'enfant, l'adolescent le chevalier mais pas l'homme qu'il était devenu après son retour. Il avait vu comment il s'occupait de Rozana, toujours doux mais ferme à la fois. Rarement il se mettait en colère, il faisait preuve d'une infinie patience envers sa fille, comme autrefois avec ses compagnons d'armes. Il menait le temple de la Balance, faisant les courses, la cuisine pour eux trois, Dohko l'aidait au ménage parfois, mais il ne demandait jamais rien. Il restait toujours calme et ne se plaignait jamais, comme lorsque qu'il était enfant, il acceptait son destin.
Mais il ne savait rien de sa vie privée, à part cette aventure malheureuse avec Shunrei. Comment comblait-il les besoins les plus primaires de l'homme qu'il était ? Jamais il n'avait fait état d'un ou d'une petite amie, voir d'une simple aventure…
Il le vit se lever et commencer à débarrasser la table, il se leva à son tour pour l'aider :
- Tu as envie de faire quelque chose après ? lui demanda-t-il
- Je ne sais pas, j'y ai pas vraiment réfléchi… tout va si vite depuis ce matin, répondit Shiryu en le regardant avec des yeux un peu perdus.
- Tu es toujours si sage et si réfléchi, Shiryu, je comprends que tu sois un peu dépassé.
- La faute à qui si je suis comme ça ? lui répondit Shiryu avec un petit sourire moqueur en repartant, chargé, vers la cabane.
- Ça c'est pas très gentil, se plaignit Dohko faussement vexé.
- J'ai pas dit que je n'aimais pas, lui répondit le Dragon en s'engouffrant dans cabane.
Dohko souriait en le suivant, il semblait se détendre un peu…
Quelques minutes plus tard, ils s'installaient tranquillement sur le rocher bien connu de Dohko et Shiryu se laissa faire quand il l'attira à lui et le cala entre ses jambes, contre son torse, passant ses bras autour de lui. Le Dragon se laissa aller en arrière et posa ses mains sur celles de son maître avec un soupir d'aise :
- C'est bon de regarder le coucher de soleil ici, cet endroit est vraiment le seul où j'arrive à me ressourcer, dit-il.
- On pourra y revenir régulièrement, lui proposa Dohko.
- Oui, ce serait bien, sauf que la prochaine fois on amènera Rozana avec nous.
- Ça risque de devenir un séjour mouvementé, mais je suis partant, répondit la Balance.
Ils restèrent ainsi longtemps en ne parlant presque pas, restant enlacés l'un conte l'autre, découvrant le plaisir d'être simplement deux.
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Sibérie…
Hyoga et Camus étaient arrivés prés de la cabane en pleine tempête de neige, mais cela ne sembla pas les affecter le moins du monde.
Camus ouvrit la cabane et Hyoga fit un détour par la petite remise pour y prendre du bois avant de le suivre à l'intérieur. Son Maître était déjà en train d'allumer le feu dans la cheminée. Il posa le bois à côté et alla ouvrir les portes des chambres et de la salle de bain pour que la chaleur s'y répande.
La température était glaciale, Hyoga se dirigea vers la cuisinière et fit chauffer de l'eau pendant que Camus leur faisait un lit de fourrure devant la cheminée. Le Cygne l'y rejoint en apportant deux tasses de thé chaud et ils s'installèrent devant le feu crépitant, ramenant une fourrure sur leurs épaules. Camus passa son bras autour de lui et Hyoga se blottit contre lui.
Ils restèrent ainsi, buvant par petites gorgées leurs tasses fumantes, laissant la pièce se réchauffer doucement à la chaleur du feu.
Puis Camus reposa sa tasse sur le sol, et se pencha sur les lèvres douces du Cygne, s'en emparant avec gourmandise.
A tâtons, Hyoga posa la sienne et referma ses bras autour du Verseau, s'abandonnant totalement à son baiser en frissonnant. Camus rompit le baiser et renversa sa tête en arrière pour parcourir son cou de baisers. Il le sentit frémir et l'entendit gémir sous la caresse et commença à parcourir son dos descendant doucement pour passer ses mains sous son tee-shirt.
Le Cygne sursauta violement au contact sur sa peau nue, il n'en était pourtant pas à sa première expérience mais aucune de ses brèves aventures ne lui avait apporté autant de sensations :
- Hyoga, mon cœur, tu veux vraiment aller plus loin ?
- Oh oui, sil vous plait, maître…gémit celui-ci.
Avec douceur, Camus allongea le Cygne sur le lit improvisé et le regarda longuement :
- Mon cœur, moi aussi j'en ais envie mais je ne veux pas te faire de mal…
Le Verseau se trouvait, lui aussi dans une situation nouvelle : il n'avait jamais vraiment laissé parler ses sentiments. Mais ce soir, il voulait donner de l'amour et son corps vibrait de désir pour le jeune être qui le regardait avec des yeux si confiants. Lui, le fier chevalier de glace était tombé dans le piège de l'amour…
Il remonta lentement le tee-shirt de Hyoga, caressant des yeux le torse halé et le lui ôta. Il reprit possession des lèvres douces avant de descendre doucement, goûtant avec délice à la peau iodée qui frémissait sous ses caresses. Sa main s'aventura plus bas, frôlant son sexe gonflé de désir encore prisonnier. Le jeune russe sursauta et poussa un râle de plaisir à ce contact. Il déboutonna son pantalon et glissa sa main à l'intérieur, caressant le membre palpitant.
Hyoga bondit pour aller encore plus au devant de cette main si caressante qui l'enivrait. Ses sensations étaient décuplées car c'était Camus… celui qu'il aimait. Il en rêvait depuis si longtemps…
Ses mains se glissèrent sous la chemise du Verseau, cherchant un contact plus intime, lui aussi voulait le sentir. Avec des gestes précipités, il la déboutonna et promena ses mains sur le torse fin et musclé, sombrant de plus en plus sous le plaisir que lui procurait Camus.
Leurs yeux se rencontrèrent, emplis d'une même fièvre, ils voulaient prendre leur temps mais le Cygne ne résista pas et se cambra dans un cri en se répandant dans la main de son maître, enfouissant sa tête dans sa chevelure, un peu honteux de son manque se résistance.
Camus se dégagea en souriant et releva sa tête pour reprendre ses lèvres et le rassurer :
- On a tout notre temps, mon cœur…
- Mais vous…murmura Hyoga en sentant le désir de Camus non assouvi contre son corps.
Camus ne répondit pas mais finit de déshabiller le Cygne avec des gestes doux, retirant le pantalon et le caleçon :
- Il va falloir laver tes vêtements, dit-il d'une voix troublée en regardant le corps nu de son disciple.
Hyoga se sentit rougir sous le regard caressant qui se promenait sur sa nudité, jamais personne ne l'avait regardé ainsi. Il décida de les mettre à égalité et entreprit de lui faire la même chose.
Camus le laissa faire en souriant et s'allongea pour lui faciliter la tâche. Le Cygne lui ôta sa chemise en prenant le temps de découvrir le torse de ses mains et de sa bouche, il était grisé par le simple fait de savoir qui il faisait frémir sous ses doigts.
Il hésita un peu devant le pantalon mais s'y attaqua et fit lentement glisser le jeans sur les longues jambes musclées qu'il parcourut des mains et de baisers. Il libéra la fière virilité et resta un instant immobile fixant avec une sorte de dévotion cette partie si intime de son maître, puis instinctivement il se pencha dessus et commença à la parcourir doucement avec sa langue.
Camus sursauta violement, surprit par son geste et se redressa sur ses avant bras pour regarder Hyoga. Il tomba sur les yeux clairs qui le fixait en continuant sa caresse :
- Mon cœur…gémit-il.
Le Verseau rejeta la tête en arrière et se laissa complètement aller oubliant tout ce qui n'était pas cette caresse un peu inexpérimentée mais si douce. Encouragé par ses gémissements incontrôlés, Hyoga poursuivit avec plus d'assurance et provoqua un cri qui le ravit en le prenant totalement en bouche.
Camus ne résista pas longtemps à ce traitement et se répandit dans un cri dans la bouche du Cygne qui avala sa semence avec délectation. Il remonta ensuite lentement vers lui et fut capté par les bras puissants qui le cala contre lui :
- Hyoga, si tu savais comme je t'aime, murmura le Verseau en capturant ses lèvres.
Tout en l'embrassant il le renversa sur la fourrure et rompit le baiser pour descendre dans son cou.
Ils pouvaient maintenant prendre le temps de se découvrir et Camus ne se priva pas. Il couvrit chaque centimètre carré de la douce peau halée où la lumière semblait danser à la lueur des flammes et des rares bougies qu'ils avaient allumées en arrivant.
Hyoga plongeait dans un monde inconnu, il s'accrochait à ce qu'il pouvait en gémissant et criant sous les divines caresses. Camus s'était mis à califourchon sur lui, et le contact de leurs deux sexes de nouveau dressés l'avait complément pris au dépourvu. Il avait hurlé. Son corps avait soudain semblé s'embraser et cela paraissait n'avoir aucune limite, car le Verseau faisait savamment onduler son bassin l'entraînant aux portes du paradis.
Leurs deux corps étaient brûlants et couverts de sueur et la tempête qui faisait rage à l'extérieur leur semblait à des milliers d'années lumières. Ils n'étaient plus que deux, seuls au monde et partageant avec une passion dévorante cet amour qui les unissait.
Camus découvrait le plaisir de faire vibrer le corps du jeune russe jusqu'à son extrême limite, repoussant les siennes par la même occasion et par Athéna, que c'était bon. Il n'avait plus aucun doute, jamais il ne laisserait quiconque le séparer du Cygne.
Il se déplaça rompant le contact de leurs deux sexes pour se pencher sur celui du jeune russe avec gourmandise, il le sentit bondir et sourit intérieurement, doucement il releva ses jambes, tout en continuant ses caresses buccales et glissa sa main vers son intimité qu'il commença à caresser avec douceur.
Hyoga se figea un instant et rouvrit les yeux, Camus avait également relevé la tête en sentant sa réaction :
- Mon cœur, c'est ta première fois ? J'ai besoin de le savoir si je ne veux pas te faire mal, demanda-t-il.
- Oui, souffla le Cygne.
- Tu préfères que j'arrête ?
Le regard clair se planta dans le sien :
- Non, je te veux en moi…dit-il en rougissant.
Camus sourit et captura ses lèvres :
- Détends-toi, mon cœur…lui dit-il avant de reprendre ses caresses avec encore plus de douceur, ému par le cadeau du Cygne.
Hyoga n'avait laissé aucun de ses rares compagnons d'une nuit lui faire ce qu'il permettait aujourd'hui, mais là tout était différend : c'était son maître, Camus, et lui il voulait tout lui donner.
Il laissa doucement les sensations l'envahir. Elles étaient de plus en plus bonnes ses sensations, chassant la douleur tout d'abord ressentie. Il sentait son tout son corps réagir. Des vagues de plus en plus brûlantes le parcouraient de toute part. Il gémit et alla à la rencontre des doigts qui lui procuraient ces vagues, son bassin bougeait malgré lui :
- Camus, c'est si bon…
Le Verseau sourit en se relevant et en changeant de position. Avec d'infinies précautions il prit possession du jeune corps brûlant et pur de son amant, car c'était ce qu'il était à présent, non plus son disciple mais son amant et un amant qu'il voulait aimer à l'infini.
- Hyoga…gémit-il à son tour.
Et il commença à bouger lentement. Ils se rejoignirent dans ce monde qui n'appartient qu'aux êtres qui s'aiment.
Leurs cris s'intensifièrent en même temps que les mouvements du Verseau qui ne contrôlait plus rien, submergé à son tour par les milliers de vagues de plaisirs qui le ravageaient. L'amour qu'il portait au Cygne intensifiait son plaisir à l'extrême. Le corps si chaud et si doux le rendait fou. Il le sentit s'arquer et se répandre dans sa main en hurlant son prénom et ne put que le suivre, incapable de se retenir plus longtemps, foudroyé par l'ultime onde qui le traversait en hurlant de plaisir à son tour.
Il se laissa retomber, épuisé et essoufflé sur le corps du Cygne qui l'accueillit dans ses bras.
Longtemps, ils restèrent ainsi, reprenant peu à peu leurs souffles et contact avec la réalité :
- Camus ?
- Oui mon cœur…
- J'avais jamais rien ressenti d'aussi fort, dit le Cygne en rougissant légèrement.
- Moi non plus, Hyoga, c'est l'amour qui rend cet acte si beau et je te promets plein d'amour… finit-il en capturant les lèvres de son amant.
Le Verseau savait déjà que les trois jours qu'ils avaient convenus avec Dohko avant de se retrouver au Sanctuaire seraient trois jours de d'amour et de plaisir.
A suivre…
