Disclamer : les personnages et l'univers appartiennent à Masami Kurumada.
Béta lectrice : Scorpio-no-Caro. Un grand merci à elle !

Manganiark : Ravie de voir que l'histoire t'inspire toujours autant ! J'espère que la conclusion te plaira ! Merci encore pour tes coms si savoureux qui me font toujours passer de bons moments et à bientôt j'espère pour une autre fic ! Bisous !

Bonne lecture !


Chapitre 3

Cinq Pics…

Le soleil s'était couché et les deux chevaliers avaient regagnés la cabane où Shiryu s'était tout naturellement mis à préparer leur repas.

Dohko se glissa derrière lui pour voir ce qu'il préparait :

- Des suchis ? Tu me gattes, Shiryu.

Celui-ci sourit sans répondre. Ce matin quand ils avaient fait les courses avec Hyoga, il avait acheté de quoi en préparer sans même réfléchir, sachant simplement que son maître les adorait. Il sursauta en sentant les bras de celui-ci autour de sa taille :

- Si je te laisse seul, tu me promets de ne pas chercher à t'enfuir, Shiryu ?

A part ce moment d'intimité sur le rocher, les deux chevaliers n'avaient eu aucun autre échange et la Balance se méfiait encore un peu des réactions de son disciple. Il passa doucement la main dans ses longs cheveux, les écartant de son épaule pour y poser sa tête en attendant sa réponse :

- Non maître, je ne m'enfuirai pas, je vous le promets, même si j'en meurs d'envie… Mais cela ne résoudrait rien, lui répondit le Dragon en essayant de masquer le trouble qu'il ressentait.

Tout à l'heure, sur le rocher, il avait profité du moment d'intimité et de paix dans un calme relatif. Mais là, sa proximité le troublait, il sentait une douce chaleur l'envahir sans pouvoir la combattre :

- Tu as raison, cela ne résoudrait rien. Je sais que tu es perdu, Shiryu, mais je te promets de tout faire pour que tout rentre dans l'ordre et que tu retrouves ta sérénité. Fais-moi confiance comme quand tu étais encore un enfant, lui dit-il tendrement.
- Ma confiance vous est acquise depuis longtemps… répondit le Dragon.
Dohko déposa un baiser dans son cou, faisant frissonner Shiryu violement, avant de rompre le contact avec une pointe de regret :
- Bon je vais prendre une douche, dit-il avant de sortir de la pièce.

Le Dragon reprit sa préparation tant bien que mal. Quand son maître s'était détaché de lui, il avait ressenti comme une sensation de vide… Il avait vraiment du mal à gérer les diverses émotions par lesquelles il passait… il soupira… mon Dieu que tout cela était compliqué…

ooo000ooo

Dohko de son côté, cherchait à se rappeler ce qui avait déclenché la fuite du Dragon du temple de la Balance, ayant compris que c'était ce jour-là qu'il avait réalisé la nature de ses sentiments. C'est en sortant de la douche qu'il se remémora la scène de la salle de bain. Occupé à ce moment avec Rozana, il avait mis son étrange comportement sur son inquiétude pour sa fille, mais il avait fait fausse route. Si seulement il avait compris à ce moment… Mais est-ce que la situation aurait été plus simple au Sanctuaire ? Il en doutait.

Dohko le rejoignit après s'être habillé et ils mangèrent en discutant de tout et de rien. La Balance ne chercha pas à revenir sur les événements de la journée pour la plus grande satisfaction de Shiryu qui préférait remettre à demain ses questions et leurs réponses.

Ils terminèrent leur soirée en faisant une partie de go, jeu qu'ils affectionnaient tous les deux, puis vint le moment de se coucher.

Shiryu eut un instant de gêne en arrivant devant la chambre de son maître mais celui-ci l'attira doucement à lui, l'enlaça et caressa doucement ses cheveux :

- Fais ce que tu veux. Si tu en as envie et uniquement si c'est le cas, tu peux dormir avec moi, lui murmura-t-il à l'oreille.
- Je préfère dormir seul, dit le Dragon d'une voix mal assurée.

Dohko n'insista pas et posa ses lèvres sur les siennes pour un chaste baiser en guise de bonsoir avant de disparaître dans sa chambre.

Shiryu resta quelques minutes immobile avant de marcher mécaniquement jusqu'à sa chambre. Tout aussi mécaniquement il se déshabilla et se coucha en se maudissant. Il y a deux jours il fantasmait sur cet homme et aujourd'hui il refusait de passer la nuit juste près de lui. Tout son être réclamait sa présence alors pourquoi ? Pourquoi ne pas le rejoindre ? Bien sur, il était mort de trouille… Mais il pouvait lui faire confiance, il ne lui ferait rien qu'il ne souhaitait pas, alors quoi ? Une stupide question de raison qui continuait à lui crier que cette relation ne pouvait pas exister ? Il ne savait pas, il ne savait plus… Tout allait beaucoup trop vite à son goût… Et Rozana ? Comment allait-il lui expliquer ça ? Déjà qu'elle avait parfois du mal à comprendre pourquoi sa mère vivait si loin d'elle…

Rageusement, il frappa son oreiller. Plus de questions. Juste dormir et oublier un peu…

Mais le sommeil le fuyait et deux heures plus tard, il en était au même point.

Et en plus il commençait à avoir sérieusement chaud à l'idée de son maître dans la chambre d'à côté, si près et si loin à la fois…

Alors une habitude de son apprentissage de chevalier lui revint naturellement. Sans le moindre bruit, il se leva et se glissa par la fenêtre, s'échappant de cette chambre trop petite à son goût et fonça au seul endroit où il pourrait calmer un peu ses hormones en pleine effervescence : la rivière. Sans savoir que ses promenades nocturnes n'avaient jamais échappées à la vigilance de son maître et que celle-ci ne fit pas exception à cette règle.

Il se débarrassa rapidement du tee-shirt long qu'il mettait pour la nuit et plongea nu dans l'eau fraîche.

ooo000ooo

Dohko ne dormait pas non plus, inquiet du trouble grandissant qu'il sentait dans le cosmos du Dragon et un peu frustré également de le savoir si près sans pouvoir le tenir dans ses bras. Quand il le sentit s'éclipser, il ne put s'empêcher de sourire aux souvenirs de ses escapades nocturnes d'autrefois. Il savait où il allait et pourquoi, aussi ne se pressa-t-il pas de le suivre.

Quand il arriva à la rivière, la lune éclairait Shiryu qui nageait dans l'eau, il s'installa un peu plus loin pour suivre ses évolutions en toute tranquillité sans le gêner.

Il le vit se calmer enfin au bout d'une bonne demi-heure de nage intensive et se laisser doucement dériver par le courant de la rivière.

Combien de fois l'avait-il suivi ici ? Il ne saurait le dire, mais en maître consciencieux, il avait toujours surveillé le jeune homme qui s'éveillait à la vie et en ressentait les premiers émois. Jamais il ne lui avait fait l'affront de lui dire. Il y avait tant de choses qu'il avait gardées pour lui, mais à cette époque il ne veillait que sur la santé du futur chevalier. Aujourd'hui il veillait sur l'homme qu'il aimait…

Il le vit se laisser glisser dans l'eau et disparaître à ses yeux, il attendait qu'il remonte à la surface mais une sourde angoisse l'envahit soudain, Shiryu ne remontait pas. Il se précipita dans l'eau et plongea à son tour.

Le Dragon s'était laissé gagner par le calme sous l'eau. Là au moins, aucune question ne l'atteignait. Son esprit s'engourdissait doucement et il était bien. Il se rendit compte trop tard qu'il était descendu bien trop profond et paniqua : il ne voulait pas mourir aussi bêtement ! Il lutta pour retrouver son souffle mais ne fit qu'aggraver les choses et commença à suffoquer et à perdre connaissance… non… Rozana… son maître… non…

Il reçut soudain un apport d'oxygène et se sentit tiré vers le haut dans un épais brouillard, il émergea à l'air libre et inspira une grande bouffée d'air, le brouillard dans son cerveau se dissipant lentement…

Il se retrouva sur la berge à cracher de l'eau alors que deux bras le soutenaient toujours et reprit ses esprits. Il croisa alors le regard vert inquiet de son maître qui ne l'avait pas lâché :

- Ça va mieux ? lui demanda-t-il d'une voix où perçait l'inquiétude.
- Oui, réussit-il à dire en se mettant à grelotter violement sous l'effet du froid et du choc.

Dohko attrapa la serviette que Shiryu avait emmenée et l'en entoura puis il le souleva dans ses bras, le Dragon s'accrocha à son cou et se blottit contre lui :

- Je ne voulais pas…
- Je sais, Shiryu, ne t'inquiète pas, tout va bien, le rassura la Balance.

Il le déposa sur son lit et alla chercher d'autres serviettes pour le frictionner et sécher ses cheveux, ses gestes étaient doux et rassurants pour le Dragon qui se laissait faire comme un enfant avec une totale confiance en lui.

Une fois qu'il fut sec et installé bien au chaud sous les couvertures, Dohko prit le temps de se sécher et de se changer à son tour avant d'aller faire du thé. Il revint pour lui faire boire, achevant ainsi de le réchauffer, ses grelottements avaient peu à peu cessé.

Il se glissa alors près de lui et le prit dans ses bras :

- Dors maintenant, bébé…

Shiryu se blottit dans la chaleur protectrice de son maître et s'endormit enfin, vaincu par les émotions.

ooo000ooo

Un rayon de soleil vint le réveiller et il ouvrit lentement les yeux, se demandant pourquoi il était encore au lit si tard. Il voulut se lever et constata qu'il était nu. Tout lui revint alors en mémoire : sa nuit, la rivière et son maître… mais où était-il ?

Il s'habilla rapidement et sortit de sa chambre, trouva de quoi déjeuner mais toujours pas de trace de son maître, ni dans la pièce, ni dehors où il se précipita. Inquiet il se rendit dans sa chambre, hésita un instant, il n'avait jamais franchi le seuil de cette pièce mais il avait besoin de savoir. Personne…. Avait-il réussi à le faire fuir finalement avec ses hésitations ? Il se laissa tomber sur le lit et laissa libre cours à son chagrin. Il n'avait pas voulu qu'il parte. Pourquoi avait-il été si bête ? Maintenant il comprenait à quel point il l'aimait… Il lui avait sauvé la vie hier soir et lui avait tout fait pour le repousser. Mais pourquoi ne lui avait-il même pas avoué son amour ? Il se recroquevilla sur le lit secoué de sanglots et sursauta en sentant une main se poser sur son épaule :

- Shiryu, qu'est-ce qui t'arrives ?
Le Dragon leva les yeux vers Dohko qui le regardait inquiet, il se précipita dans ses bras :
- Maître, j'ai eu peur… j'ai cru que vous étiez partis… ne m'abandonnez pas… je vous aime… je ne veux pas que vous partiez, réussit-il à expliquer entre deux sanglots.

Dohko avait réceptionné Shiryu en tombant à genoux sur le lit :

- Mais je n'ai jamais eu l'intention de partir, bébé, calme-toi je suis là… dit-il en le berçant tendrement.
Au bout d'un long moment, Shiryu releva la tête, un peu gêné par sa réaction :
- Je suis désolé, je ne sais pas ce qui m'arrives en ce moment, dit-il en souriant entre ses larmes.
- Tu es juste un peu perturbé par cette situation. Je sais que pour toi il est difficile de l'admettre mais il va falloir que tu t'y fasses, Shiryu, lui répondit-il en essuyant ses larmes.
- Mais j'ai vraiment l'impression de commettre un sacrilège et…
- Et ? l'encouragea la Balance.
- Et en même temps, j'en ais très envie… murmura-t-il en rougissant.
- Shiryu, tu ne commets aucun sacrilège : Shion lui-même nous a envoyé ici Camus et moi pour régler cette situation de la façon que l'on souhaitait en nous annonçant que lui et Mu étaient ensemble avec la bénédiction d'Athéna.
- Alors c'était ça votre fameuse mission ? demanda le Dragon incrédule.
- La mission était de faire en sorte de régler cette situation, Shion, tout comme Camus et moi, s'inquiétait pour vous deux.
- Shion et Mu ? Mais c'est son disciple !
- Tout comme tu es le mien et Hyoga celui de Camus. Shiryu ce n'est pas un obstacle, quand vas-tu enfin le comprendre ?

Mais le Dragon le regardait toujours aussi incrédule sans répondre. Ils étaient toujours à genoux sur le lit, dans les bras l'un de l'autre, Dohko le serra contre lui :

- Par Athéna, que dois-je faire ou dire pour que tu cesses enfin de douter ? dit-il en lui caressant doucement les cheveux.

Shiryu se décala légèrement et tout doucement, presque timidement posa ses lèvres sur celles de son maître. Dohko cessa tout mouvement, répondant avec tendresse à son baiser, sans l'approfondir, lui laissant l'initiative de poursuivre ou non.

Le Dragon n'hésita pas longtemps. Il ne voulait plus penser, se poser de questions. Il voulait aimer et être aimé. Il voulait sentir les mains de son maître sur lui et poser les siennes sur ce corps qui lui faisait tant envie. Sans plus réfléchir il approfondit son baiser, frissonnant de plaisir en sentant la réponse positive de son maître.

Ils se serrèrent un peu plus, alors que des leurs bouches unies, naissait une onde de chaleur qui se répercuta dans tout leurs corps faisant jaillir leur désir trop longtemps contenu.

Dohko rompit le baiser pour descendre sans son cou, faisant naître des gémissements et des frissons incontrôlés chez le Dragon, ses mains passant sous son tee-shirt pour enfin caresser sa peau si douce.

Shiryu sursauta et gémit de plus belle. Son corps était en pleine ébullition, il le désirait tellement fort mais il avait peur aussi. Jamais il n'avait eut de relation de ce type, il fallait qu'il le lui dise :

- Maître… gémit-il.
Celui-ci le regarda, interrompant ses baisers mais sans cesser ses caresses :
- Oui, bébé ?
- Je n'ai jamais… commença Shiryu avec difficulté
- Tu n'as jamais eu de relation avec un homme ? finit Dohko pour lui.

Le Dragon rougit pour toute réponse, mais le Balance lui sourit tendrement :

- Alors, laisse-moi t'apprendre cela aussi… dit-il en reprenant possession de ses lèvres pour un baiser brûlant, alors que ses mains parcouraient son dos.

Doucement, il lui ôta son tee-shirt et l'allongea sur le lit, ses mains parcourant son torse bientôt rejoint par sa bouche. Shiryu se laissa aller, confiant, aux multitudes de sensations inconnues que les caresses expertes déclenchaient en lui. Tout son corps vibrait de plaisir, ses sens étaient en pleine effervescence. Jamais il n'avait ressenti autant de sensations toutes plus divines les unes que les autres. Il faut dire que le sexe n'avait été pour lui qu'un besoin physiologique qu'il avait comblé le plus simplement du monde sans chercher à y trouver plus que qu'un soulagement. Mais ce que lui faisait son maître ne ressemblait en rien à cela et il n'était pas au bout de ses découvertes. Il le sentit lui enlever ses derniers vêtements et il crut défaillir quand il sentit sa main se glisser sur son sexe et commencer une caresse qui le fit bondir et crier son plaisir alors que ses mains lâchaient les draps où elles s'étaient accrochées pour attraper le dos de son maître.

Dohko lui, était aux anges : faire découvrir et guider Shiryu sur les chemins du plaisir l'enchantait. Chaque gémissement, chaque cri de son Dragon lui procurait un immense plaisir et lui donnait envie de l'emmener encore plus loin. Il était le premier à découvrir ce corps qui frémissait à chaque contact et il avait bien du mal à garder l'entière maîtrise de la situation.

Il se déshabilla et vint s'allonger sur lui, mettant en contact leurs deux sexes gonflés. De surprise Shiryu ouvrit les yeux et cria, Dohko captura de nouveau ses lèvres en intensifiant les mouvements de son bassin et en gémissant à son tour. Il prit ensuite appui sur ses bras pour savourer et poursuivre ce contact qui les libérerait tous les deux une première fois. Ils ne furent pas longs à se répandre dans un même cri, leurs yeux rivés dans ceux de l'autre :

- Oh maître…murmura Shiryu.
Celui-ci glissa à ses côtés et l'attira dans ses bras :
- Quand vas-tu cesser de m'appeler ainsi ? Là, je n'ai plus rien d'un maître, tu sais, dit-il tendrement en en caressant son visage.
Shiryu rougit :
- Ça va être dur de m'habituer, déjà que j'ai eut du mal de passer de vieux maître à maître tout court, alors passer de maître à…
- Allez, dis-le, juste une fois, demanda la Balance.
- Dohko…
- C'est si doux dans ta bouche, mon amour… dit-il en souriant.

Shiryu rougit de nouveau et pour masquer son trouble l'embrassa avec passion. Ses doutes étaient peu à peu balayé par cette infime lueur d'espoir qui prenait leur place. Oui, il avait le droit de vivre cet amour interdit. Oui, il trouverait un moyen pour que Rozana le comprenne et ils l'élèveraient tous les deux. Oui, il retournerait vivre au temple de la Balance…

Il abandonna sa bouche et descendit sur son torse, un peu timidement mais il avait lui aussi envie de goûter à son maître :

- Oh oui, bébé, montre-moi si tu as bien retenue ma leçon, je suis tout à toi, lui dit Dohko en gémissant.

Shiryu sourit et continua son exploration, encouragé par les gémissements et les râles de plaisir de son maître, sentant son propre désir se raviver et son corps frémir à nouveau sous la main que qui se baladait dans son dos.

Il explora à loisir le torse bronzé de la Balance, suivant chaque muscle avec la langue ou les doigts, s'arrêtant sur les perles brunes, recherchant les endroits sensibles avec de plus en plus d'assurance. Dohko se laissait faire avec bien-être, heureux de l'hardiesse dont faisait preuve Shiryu, signe qu'il acceptait enfin cette relation.

Le Dragon lécha les restes de leurs semences mélangées qui se trouvaient encore sur son ventre et resta un instant en contemplation devant la hampe de chair qui se dressait fièrement devant lui avant de poser sa langue dessus.

Dohko bondit sous la caresse et cria son nom, submergé par les sensations délicieuses qui l'envahissaient, il guidait le Dragon par ses cris ou gémissements, qui était ravi de l'effet qu'il produisait à son maître, mais celui-ci l'arrêta avant de succomber totalement. Shiryu le regarda étonné, mais Dohko lui sourit et le renversa sur le lit :

- A mon tour, petit coquin, j'ai encore plein de choses à t'apprendre, lui dit-il en plongeant sur son torse et Shiryu succomba à son tour sous ses caresses.

Ils jouèrent longtemps, se découvrant l'un après l'autre, embrasant leurs sens et leurs corps.

Pour Shiryu, tout était nouveautés et découvertes merveilleuses. Il s'ouvrait à un monde qu'il ne soupçonnait même pas, un monde de plaisir : aimé et être aimé, donner et recevoir. Il ne savait plus comment il en était arrivé là mais ne regrettait rien. Oh non, il se rendait compte à présent qu'il avait rêvé de cela depuis son retour, qu'inconsciemment ce qu'il vivait était pour lui le début de sa nouvelle vie.

Pour Dohko c'était enfin la délivrance, bien sur il avait sentit Shiryu changer à son contact et il avait également prit conscience de l'évolution de ses sentiments pour lui, mais tout comme Camus, une certaine moralité l'avait empêchée de poursuivre dans cette voie. Il faudrait qu'il remercie son vieil ami pour lui avoir ouvert les yeux.

Mais pour l'instant, il voulait faire encore frémir ce corps qui se donnait pour la première fois, lui faire découvrir tout ces plaisirs dit interdits mais qui étaient finalement autant de preuve d'amour quand ils étaient, tout comme maintenant, sublimés par les sentiments partagés.

Et il le faisait frémir ce corps, il était en train de crier son Dragon, de gémir de plaisir alors que Dohko l'avait encore une fois prit en bouche et explorait avec ravissement son intimité où il venait d'introduire un doigt.

Shiryu avait depuis longtemps quitté la réalité, nageant dans une douce brume et cette nouvelle caresse, si intime le plongeait encore un peu plus loin dans cette euphorie. Jamais il n'aurait pensé que son corps puisse lui donner autant de plaisir.

Il allait malgré lui au devant de cette nouvelle caresse, son bassin bougeait presque indépendamment de sa volonté. Il n'en pouvait plus, il n'était plus qu'un immense brasier qui se consumait sans fin. Quand son maître entra en lui, il crut qu'il allait chavirer, la douleur qu'il ressentit tout d'abord se transforma bien vite en quelque chose de beaucoup plus fort.

Dohko n'était plus maître de ses mouvements, dés qu'il avait enfin pris possession de son corps, il n'avait plus rien maîtrisé et les cris de plaisir de Shiryu le poussaient encore davantage vers l'ultime plaisir. Il le sentit s'arquer et se répandre dans sa main provoquant des spasmes auxquels il ne put résister et dans un cri, il se répandit à son tour, retombant épuisé sur son corps.

Longtemps après, il bougea et vint s'allonger à ses côtés, l'attirant dans ses bras, Shiryu se blottit contre lui :

- Ça va bébé ? lui demanda-t-il
- J'ignorais à quel point l'amour pouvait transformer cet acte, murmura le Dragon comme pour lui-même.
- Et ce n'est qu'un début, mon amour, dit la balance en capturant ses lèvres.

ooo000ooo

Au sanctuaire quelques mois plus tard…

L'effervescence régnait en maître absolu dans le temple de la Balance en ce début d'après-midi, et ce depuis l'aube de cette journée. D'ailleurs Dohko avait fui les lieux pour aller chercher Rozana et sa mère à l'aéroport.

Dans la cuisine, Hyoga, Shun, Aphrodite, Marine et Shaina s'activaient sous les directives d'un Shiryu au bord de la crise de nerf.

Dans le temple transformé pour l'heure en salle des fêtes, c'était Seiya qui avait pris la direction des opérations et houspillait joyeusement Camus, Mu, Shura, Milo et Kanon pour décorer la salle.

Le Sanctuaire tout entier s'apprêtait à fêter les quatre ans de la petite Rozana et son père avait voulu que ce premier anniversaire en présence de toute la chevalerie soit parfait.

Quand celle-ci entra dans le temple de la Balance, elle fut éblouie par les ballons et autres guirlandes que les chevaliers avaient disposés à son intention et Shiryu commença enfin à se détendre en voyant sa fille sauter sur place et frapper dans ses mains, transportée de bonheur.

Elle sauta dans les bras de son père avant de faire ensuite le tour de tous ses oncles qu'elle retrouvait toujours avec beaucoup de plaisir.

La fête commença et Rozana put ouvrir la montagne de cadeaux qui l'attendait, réquisitionnant pour l'aider dans cette tâche, certain de ses oncles.

Shiryu, aidé de Shun et Aphrodite qui s'étaient enfin décidés à se déclarer leurs sentiments, alimentait le buffet du goûter géant où les enfants de tout le Sanctuaire s'amusaient comme des rois. Plus tard était prévu un autre buffet pour les chevaliers.

Au moment du gâteau surmonté des traditionnelles bougies, Rozana regarda son père qui était juste à ses côtés :

- Papa, j'ai droit de faire n'importe quel vœu ?
- Bien sur mais il faut qu'il soit raisonnable quand même.
- Alors je sais, dit-elle.

Et elle ferma les yeux un court moment avant de souffler les bougies sous les applaudissements et les flashs des appareils photos. La scène était immortalisée par Kanon armé d'un caméscope tout neuf que Milo lui avait offert.

Bien plus tard dans la soirée, Shiryu sentit deux bras se refermer autour de lui :

- Alors, bébé, heureux ? demanda Dohko.
- Oui, très heureux, répondit-il en se lovant dans les bras puissants et en observant la salle.

Les enfants étaient partis, Rozana était couchée et dormait à poings fermés, épuisée par cette journée riche en émotions.

Son escapade aux Cinq Pics semblait loin au Dragon. Il n'avait plus aucun doute, il vivait tout comme Hyoga, intensément chaque nouveau jour de ces temps de paix.

Aucun de leurs compagnons n'avait émis de désapprobation et Athéna avait béni les deux couples à leur retour au Sanctuaire.

Ils avaient repris leur vie et Rozana n'avait même pas tiqué en découvrant son père dans les bras de son oncle un matin. Ils avaient alors cessé de faire chambre à part et aménagé la chambre de Shiryu pour Rozana.

Oh oui, il était heureux le Dragon. Dohko était un compagnon aimant et attentionné, il adorait sa fille et ils s'entendaient à merveille. Chaque fois qu'ils le pouvaient, leurs corps les entraînaient vers des sommets d'amour plus beau que la veille. Il n'avait jamais été plus heureux et parfois craignait même que ce soit trop de bonheur pour lui seul. Il fallait alors toute la sagesse de Dohko pour le persuader du contraire.

Pourtant il restait une ombre à ce merveilleux tableau, trois de ses compagnons filaient le parfait amour mais Seiya lui restait seul et cela contrariait Shiryu : il aurait tant voulu que son ami connaisse le même bonheur qu'eux quatre.

- Tu devrais cesser de t'inquiéter pour lui, murmura Dohko à son oreille qui avait suivi son regard.
- Je voudrais tant qu'il soit heureux.
- Cela ne devrais plus tarder, lui répondit la Balance
- Que veux-tu dire ? demanda Shiryu qui arrivait depuis peu à le tutoyer et l'appeler par son prénom :
- Regarde qui le couve des yeux et je peux t'affirmer qu'il le fait depuis un bon moment et Seiya n'y est pas aussi indifférent qu'il veut bien le faire croire.

Shiryu observa attentivement son ami qui tout en discutant avec Milo et Kanon, jetait de fréquents coups d'œil vers un autre chevalier qui lui le dévorait littéralement du regard :

- Je ne l'avais jamais remarqué, dit-il.
- Jusqu'à maintenant, il était plus discret, mais je crois que ce soir devrait être un grand soir pour Pégase, si seulement Ikki se décidait à nous mettre un slow…

A ce moment, justement un slow s'éleva des haut-parleurs, Shiryu put alors voir Aïola inviter Seiya qui accepta avec une légère couleur rosée sur le visage :

- Là, mon bonheur est complet, dit-il en entraînant Dohko sur la piste.

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Le soleil était levé depuis longtemps quand Rozana entra dans la chambre de son père et de son oncle, tirant derrière elle une peluche plus grande qu'elle qui atterrit sans ménagement sur les deux dormeurs enlacés :

- Bonjour ! cria la petite fille en sautant à son tour sur le lit.
- Rozana ! grogna Dohko en se redressant, alors que Shiryu ouvrait les yeux à son tour.
- J'ai quelque chose à te demander tonton Dohko, dit-elle très sérieusement.

Intrigué par son sérieux, les deux hommes regardèrent la petite fille.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? demanda son père, inquiet.
- C'est par rapport à mon vœu, hier, dit-elle en se tordant les mains.
- Et il disait quoi ton vœu ? interrogea Dohko avec douceur en la prenant sur ses genoux.
- Je peux t'appeler Papa comme mon papa ?

Les deux hommes restèrent muets de surprise.

- C'était ça mon vœu, avoir deux papas, reprit la petite fille.

Shiryu se ressaisit et regarda tendrement ses deux amours :

- Pour moi c'est d'accord si Dohko l'est, dit-il.
- Shiryu… dit simplement la Balance en les regardant tour à tour, trop ému pour ajouter un mot.
- Alors ? insista Rozana, plantant ses yeux si semblables à ceux de son père dans ceux de la Balance.
- Cela me ferait très plaisir, mon cœur, lui répondit celui-ci.

Rozana lui sauta au cou et après un gros câlin sortit de la chambre pour répandre la bonne nouvelle dans tout le Sanctuaire en hurlant à tue-tête.

- J'ai deux papas ! J'ai deux papas !
- Dans dix minutes, tout le Sanctuaire est au courant, commenta Shiryu en souriant, puis en découvrant Dohko.
- Dohko, que t'arrive-t-il ? Pourquoi tu pleures ?
- C'est de bonheur, bébé, jamais je ne me suis senti aussi heureux de toute ma longue vie. Mais Shunrei ?
- A mon avis, Rozana le lui a déjà demandé et ce n'est que justice pour toi.
- Pourquoi ?
- Tu nous as élevé sa mère et moi et aujourd'hui, grâce à toi, je n'ai jamais été aussi heureux…
- Shiryu…
- Je t'aime Dohko, Chevalier d'or de la Balance et ma fille me donne l'occasion de te prouver encore plus cet amour.
- Moi aussi je t'aime, Shiryu.

Dohko, à court de mots, captura les lèvres du Dragon pour un tendre baiser. Pour lui aussi la vie s'annonçait belle avec son Dragon à aimer et une petite fille à élever. Son bonheur était parfait.

Fin

Voilà pour cette petite fic, merci de l'avoir lue.