Date où se déroule l'action: 7 juillet 2019
Eh bien voilà. Nous y sommes. Dudley va devoir s'expliquer. Les secrets vont être révélés. Heureusement pour lui (et pour nous) il a grandit. C'est un père maintenant qui a appris a prendre des responsabilités.
« Un secret qu'on est vraiment seul à détenir, un tel secret rendrait malades les plus robustes, et on peut même se demander s'il existe une conscience assez intrépide pour supporter ce tête-à-tête, sans en mourir. »
[Vladimir Jankélévitch] Extrait de L'Ironie
Bonne lecture
Dudley ne savait pas par où commencer. Il y avait tant de choses à dire et tellement de choses qu'il ne comprenait pas.
- « Je sais que ça va vous paraitre complètement di-dingue, bredouilla-t-il, mais cette lettre n'est pas une blague.
-Donc l'école de magie… Jade relut le nom sur la lettre, « Pou-du-lard » existe vraiment ?
-Oui. Elle existe, affirma Dudley, même si je ne l'ai jamais vue.
-Et c'est quoi cette école ? enchaîna sa femme, c'est un cirque ou quelque chose comme ça ? »
Julie était très loin du compte. Comment devait-il annoncer ça ?
-« N-non. Ce n'est pas vraiment ce genre là, rectifia Dudley d'un ton laissant entendre qu'une mauvaise nouvelle suivait. Ce n'est pas une école de prestidigitateur, c'est une école euh….pour sorcier ! De vrais sorciers qui ont des baguettes magiques, des chapeaux pointus et qui sont capables de faire des choses inimaginables avec ! débita soudainement-il sans reprendre son souffle.
-Pour-les-sorciers? Julie avait parlé doucement en articulant chaque mot. Tiens donc ! ironisa-t-elle, persuadée que son mari cherchait à lui donner une mauvaise excuse.
-Oui. C'est ça, répéta fermement son mari, pour les sorciers. Et s'ils ont envoyé une lettre à Jade, ça veut dire qu'elle en est une.
-Une quoi ? Une sorcière ? s'étonna cette dernière.
-Oui. Comme mon cousin Harry.
-Ton quoi? s'étonnèrent Julie et Jade d'une même voix.
Jusqu'à présent, sa femme et sa fille étaient persuadée que Dudley avait grandi seul, aussi seul qu'elles.
Ne tenant plus en place, il se leva, à moitié gêné, à moitié furieux de devoir se lancer dans des explications. Il aurait souhaité ne jamais avoir à faire face à cette situation. Parcourant de long en large son salon, il déballa tout ce qu'il avait gardé secret depuis tant d'années. Son enfance avec Harry, le comportement de Vernon et Pétunia à l'égard de ce dernier et les relations qu'il entretenait avec son cousin. Il se contenta de dire que les choses essentielles, sans rentrer dans les détails. Et ceci pour deux raisons : soit parce qu'il en avait honte, soit parce qu'il ne les comprenait pas. Même avec l'âge et du recul, il y avait encore beaucoup d'épisodes de sa vie et de celle d'Harry qu'il n'expliquait pas. Ou du moins, ça restait très vague dans son esprit. Puis, il faut bien le reconnaître, il n'était pas très sûr d'avoir envie d'en savoir plus.
Durant tout le récit, ni Jade ni Julie n'avaient parlé. Elles respiraient à peine, ahuries par ce qu'elles entendaient.
Étrangement, alors qu'il pensait que leur parler d'Harry était la pire chose qui pouvait lui arriver, il se vit soulagé de le faire. Plus il en racontait, plus il se sentait léger.
-«Après avoir passé un an à se cacher auprès des Diggle, nous sommes rentrés chez nous. Tout avait été saccagé, comme si une tornade s'était abattue dessus. On ne reconnaissait plus rien. »
A l'évocation de la tornade, Julie pâlit.
- « C'était chez nous et ils ont tous cassé juste pour trouver Harry. A partir de là, mes parents n'ont plus jamais prononcé son nom. Ce qui m'allait très bien. Je voulais reprendre une vie normale…
Il hésitait sur ce qu'il allait dire ensuite.
-«Bref, un jour où on nettoyait et rangeait la maison, on est tombé sur les affaires d'Harry. Avant qu'ils ne les jettent, j'ai décidé de lui envoyer une lettre. Je ne savais pas où il habitait, s'il était toujours vivant mais ça a marché. Et il m'a répondu. Un jour il est venu les chercher quand mes parents n'étaient pas là et se fut la dernière fois qu'on s'est vu. On a quand même gardé contact. Plus tard, il m'a annoncé son mariage et moi le mien. Puis la naissance de ses enfants, et moi la tienne Jade. Et voila. C'est tout.
Ça y est, il était arrivé à la fin de son histoire. Les réactions de Julie et Jade allaient fuser de tous les côtés. Le temps d'avaler toutes ces informations, il se passa deux longues secondes avant que Julie réagit.
_« Et toi tu dis que c'est tout ? s'exclama une Julie abasourdie. »
Dudley ne savait pas trop quoi répondre. Il se passa encore quelques longues secondes avant que Julie rajouta :
-« Eh bien voilà qui explique des tas de choses.
-Vous me croyez donc ? Dudley n'en revenait pas.
-Oui, répondit simplement celle-ci. »
Mais l'ambiance était encore tendue. C'est alors que Jade se leva.
-« Bon, je vais me coucher. »
Et sans même attendre une réponse de ses parents elle monta les escaliers.
Les Dursley se regardèrent d'un air étonné. Cette réaction n'était pas habituelle chez leur fille. C'était une enfant joyeuse qui ne manquait pas de caractère. Le fait qu'elle aille se terrer dans sa chambre était mauvais signe.
Dudley jeta un dernier regard coupable à sa femme avant d'aller tout deux la rejoindre. Ils frappèrent trois coups et entrèrent. L'intérieur de la chambre n'avait jamais était autant en désordre. On pouvait voir très clairement que des tas d'objets avaient servi de punching-ball à Jade.
-« Eh ben ? Un ouragan est passée par là ou quoi ? » risqua Dudley dont la plaisanterie laissa sa fille et sa femme de marbre.
Jade ne leur avait même pas accordé un regard. Elle était planté debout, les yeux rivés sur l'extérieur. Dudley s'avança vers sa fille avec lenteur et tenta une autre approche.
- « Ecoute ma chérie, je sais que tout ça est fou et que tu m'en veux de vous avoir menti à toi et à ta mère mais…
- Non, l'interrompit sèchement Jade.
-Non quoi? balbutia Dudley pris de court.
-Non. Ce n'est pas à toi que j'en veux. Ce n'est pas toi le sorcier ici. La seule anomalie de la maison, c'est moi ! » s'exclama cette dernière.
Alors c'était ça ? Elle s'en voulait d'être ce qu'elle était ? Encore une fois, il avait mal supposé. Il pensait que sa réaction faisait suite à son mensonge, qu'elle ne le croyait pas ou qu'elle le pensait fou. Quel égocentrique il faisait. Décidément, il avait toujours autant de mal à se mettre à la place des autres. Elle avait le sentiment d'être un monstre.
Est-ce qu'Harry avait ressenti la même chose lorsqu'enfant il lui courait après pour lui taper dessus ?
-« Si tu veux vraiment le prendre dans ce sens là, c'est moi le porteur de l'anomalie ici. C'est ma famille toute entière l'anomalie. Or, je me sens très bien. »
Cette remarque eut le mérite d'apaiser un peu la colère sur le visage de la jeune blonde vénitienne.
Julie prit le relais. Il lui fallut un grand effort de volonté pour intérioriser ses doutes et prendre les choses avec pragmatisme.
C'était tout de même une curieuse réaction de la part de sa fille. Elle avait toujours adoré tout ce qui avait attrait au fantastique, contes, légendes. Ce genre de nouvelle devrait la faire sauter au plafond comme lorsqu'enfant elle allait voir des spectacles de magie et harcelait les illusionnistes pour savoir comment ils s'y prenaient.
-« Ecoute Jade, tu n'es pas une anomalie, tu es juste… spéciale ! Etre une sorcière, ce n'est pas une mauvaise chose. Tu aimais tant te déguiser en ça quant tu étais petite.
-Grand père et grand-mère vont me détester, comme tous les enfants de mon ancienne école.
-Mais non, grand père et grand-mère t'aiment beaucoup tu sais. Ils ont juste du mal avec ces choses-là, c'est pas grave…. » essaya Dudley sans être vraiment convaincu lui-même.
Ce qui ne rassura pas Jade.
-« Mais pourquoi dis-tu que les élèves de ton école te détestent à cause de ça ? demanda Julie qui venait juste de comprendre.
La jeune Dursley ne répondit pas tout de suite.
-« Jade pourquoi tu… »
-Parce qu'il s'est passé un truc à l'école.
-Quel truc ? demanda sa mère.
-Un jour, dans la cour de récréation, j'avais confié à Haley que j'aimais bien un garçon : Scott . Haley et moi, on est allée lui dire bonjour, et cette peste! s'emporta Jade. Cette peste a commencé à chanter devant lui : " Jade est amoureuse de Scott ! Elle le criait dans toute la cour ! J'avais trop honte. Je voulais juste qu'elle arrête, qu'elle se taise alors je lui ai crié : " TAIS TOI" Et là, sa bouche a fait un truc bizarre. Elle s'est verrouillée, comme si ses lèvres avaient été fermées par une fermeture éclair !
-Et qu'est-ce qui s'est passé ensuite ? demanda Julie
-C'était flippant. Haley essayait de parler mais sa bouche restait fermée. Quelques secondes plus tard, tout était redevenu normal mais quasiment toute la classe l'avait vu. Haley avait vraiment peur et elle m'a crié dessus « C'est toi ! Espèce de malade ! C'est toi qui m'as fait ça ! » Puis tout le monde s'est mis à m'éviter parce que j'étais bizarre et dangereuse. »
Les Dursley n'arrivaient pas à y croire.
-C'est pour ça que vous ne vous parlez plus avec O'Brien… »
Jade affirma d'un signe de tête.
Il était évident que ces aveux peinaient bien plus Jade que se qu'elle laissait paraitre. Pour Dudley, cette révélation eut l'effet d'une douzaine de claques ! C'est pour ça que ses notes avaient chuté. Elle n'avait jamais été très bonne à l'école mais là, c'était devenu alarmant. Et lui qui l'avait réprimandé durant toute l'année. Ce qui expliquait aussi qu'elle trainait qu'avec les garçons du quartier voisin, ils n'étaient pas dans la même école. Comment avait-il pu passer à côté de ça ?
-«Laisse tomber cette idiote de Haley. Tu vaux 100 fois mieux qu'elle. T'es une Dursley et ce n'est pas rien ! affirma fièrement Dudley. »
Mais voyant que cet argument n'avait pas beaucoup d'effet, il glissa :
-« Tu sais, tu changeras complètement d'endroit si tu vas à Poudlard. C'est une école de magie. Ils vont t'apprendre à utiliser tes pouvoirs. Moi je n'y comprends rien et j'avoue que je ne suis pas spécialement rassuré. Mais là-bas, tu pourras te faire de nouveaux amis. Tu seras avec des gens comme toi ! Mon cousin avait l'air de beaucoup si plaire. »
Jade se contenta d'acquiescer.
Tiens? C'est vrai ! Elle n'avait pas encore envisagé les choses sous cet angle! A cette idée, elle se détendit un petit peu et adressa un léger sourire à son père.
-« Ben voilà, t'es quand même plus jolie comme ça que lorsque tu fais ta tête de cochon ! » conclut Julie dans un éclat de rire timide.
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Toute la nuit, Jade s'était répété ce que son père lui avait raconté.
Bien qu'une part de plus en plus petite d'elle culpabilisait d'être une sorcière, elle commençait aussi à percevoir toutes les bonnes choses que cela impliquait. Par exemple, elle pourra se faire un tas de nouvelles amies sorcières ! Ici rien ne la retenait mis à part sa petite famille qui cachait bien des choses manifestement.
La magie existait donc ? Elle qui en avait si souvent rêvé. Et toutes les créatures mythiques ? Inventions ou réalité ?
Elle s'imaginait déjà faire des loopings sur le dos d'un dragon.
Toute la nuit, elle réfléchit ainsi, laissant ses fantasmes l'enivrer. L'enthousiasme qui montait petit à petit en elle fit qu'elle ne dormit pas beaucoup cette nuit-là.
De leur côté, M. et Mme Dursley avaient eux aussi du mal à trouver le sommeil. Bien qu'ils ne se parlaient pas, ils savaient pertinemment que l'autre était réveillé.
Dudley réfléchissait au moyen de répondre à la lettre. Il avait fait partir le hibou ce midi de la cuisine. Par la poste ? pensa-t-il. Oui, ça avait marché lorsqu'il avait voulu reprendre contact avec son cousin. Bah... au pire des cas, se disait-il, ça fera comme pour Harry lorsqu'il avait eu 11 ans, d'autres hiboux viendront apporter des lettres, il n'y aura plus qu'à en choisir un qui rapportera la réponse.
Julie quant à elle, se remémorait une scène vécue il y a quelques années. Ce jour-là, elle devait emmener sa fille à un spectacle de magie organisé par des saltimbanques du coin de la rue. Elle lui avait promis. Malheureusement, comme elle avait eu un empêchement de dernière minute à l'hôpital et que son mari travaillait, elle avait demandé à ses beaux-parents de l'accompagner à sa place. Tout à coup, lorsqu'elle avait prononcé le mot magie, les Dursley s'étaient raidis. Comme si on avait piqué son derrière, Pétunia s'était levait d'un bond cassant au passage un magnifique vase égyptien qu'elle lui avait offert et Vernon était resté les doigts crispés sur le fauteuil, les tempes battant furieusement et sa moustache frémissant.
Elle comprenait mieux maintenant le comportement grotesque de ses beaux-parents. Elle aurait aimé que Dudley lui en parla plus tôt. Elle s'était si souvent posé des questions sur lui et sur tous les phénomènes étranges autour de Jade. Un soir, alors que sa fille était bébé et qu'elle lui racontait une histoire, elle aurait juré l'avoir vu léviter quelques centimètres au-dessus du berceau. Elle avait mis ça sur le compte de la fatigue et de son imagination.
Qu'allaient-ils raconter à Vernon et Pétunia à propos de Jade ? La vérité ? Ne valait-il mieux pas mentir ? Jade était-elle vraiment obligée d'aller dans cette école ?
Bien qu'un bref instant elle s'était posée la question, il y avait des réponses qui étaient évidentes : oui. Bien sûr qu'elle devait aller dans cette école. L'accident avec la petite O'Brien le prouvait bien.
Elle avait du mal à saisir encore ce que le fait d'être sorcière impliquait, mais c'était sa fille et elle comptait faire ce qui était le mieux pour elle.
Cette nuit là, Julie eut un sommeil agité. Ses rêves étaient tourmentés par un tornade et des serpents qui la poursuivait.
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Le lendemain matin, ce fut Dudley le premier levé. Ce fut donc lui qui prépara le petit déjeuner pour tout le monde. C'était une chose rarissime car il était plutôt du genre grasse matinée lorsqu'il était en vacances, et entre nous, il fallait bien reconnaitre que Julie était une vraie fée du logis.
Jade fut tout aussi matinale que son père. Lorsqu'elle passa le pas de la porte et qu'elle vit Dudley préparer le petit déjeuner en silence, elle poussa un soupir de soulagement. En effet, le simple fait que son père prépara le déjeuner dans un silence de plomb signifiait que quelque chose d'inhabituel s'était produit dans la maison. Elle n'avait donc par rêvé les évènements de la veille. Tout ceci était bien réel ! Durant la nuit, à force de remâcher ses questions dans sa tête, elle avait fini par penser qu'elle prenait ses désirs pour des réalités et qu'à son réveil tout se serait envolé.
Sa mère arriva peu après Jade et alluma la télé pour combler le silence qu'elle trouvait gênant.
-« Ce matin notre envoyé spécial Patrick Lafouine sera en direct du manoir de la famille Mac Illan. Avant de vous donner la parole, rappelons à nos téléspectateurs que cette ancienne famille irlandaise est devenue richissime après la crise économique de 2009 en s'imposant dans l'art du discount ! Depuis, leur entreprise s'est étendue et imposée dans toute l'Europe ! Mais les Mac Illan ont connu une véritable tragédie il y a 7 ans, qui les a beaucoup affaiblis.
-En effet tout le monde se souvient de ce tragique accident qui a condamné leur fille de 8 ans à être paralysée à vie. Quant au chauffeur ivre qui l'avait renversée sous les yeux de ses parents, il avait été condamné à 7 ans de prison.
- Alors, comment a réagi la famille Mac Illan hier soir lorsqu'ils ont appris qu'il avait bénéficié d'une remise de peine d'un an pour bonne conduite ?
-Eh bien, leurs déclarations ont été très courtes mais plutôt inattendues. Le père, visiblement troublé, a déclaré à la presse: « Qu'on soit heureux ou non, la justice anglaise marche comme ça. Protester ne servirait à rien.»
- Et la mère ?
- Bien que Mme Mac Illan était au bord des larmes, elle a quand même déclaré : « De toute façon il pourrait passer une année de plus en taule, ça ne réparerait pas la colonne vertébrale de notre fille ! Qu'il vive où il veut et refasse sa vie ! Il est temps de passer à autre chose pour nous tous ! » Donc comme vous pouvez le constater, les parents semblent désirer tourner la page et pardonner à Robert Smith qui, on l'espère, ne reprendra pas son habitude de boire.
-Quant à leurs fils ?
-Eh bien, lorsque nous avons essayé de les interroger sur leurs fils aînés, âgés de 11ans à l'époque du drame, les gardes du corps nous ont fait sortir de la propriété à grands coups de pied aux fesses ! »
Julie baissa le son de la télévision.
-« Pauvre petite, je lui change ses poches tous les jours. Le Docteur Carter pense qu'il lui reste maximum un an à vivre… dit-elle chagrinée.»
Alors que tout le monde était concentré sur la télé, une chouette se percha sur le rebord de la fenêtre restée ouverte pour laisser entrer l'air frais du matin. Dudley en lâcha son couteau qui s'écrasa bruyamment au sol.
-« Mais ? C'est la chouette d'hier ! » s'exclama-t-il le sourire aux lèvres.
-La chouette d'hier ? » dirent en même temps Julie et Jade.
-Oui oui, c'est elle qui t'as apporté la lettre de Poudlard.
-Ahhhh! C'était donc ça le bruit dans la cuisine ? comprit tout à coup sa femme.
-Oui, avoua t-il avec un certain amusement. En fait, elle a loupé son atterrissage et c'est elle qui a fait tomber la bouteille vide par terre.
-Ce sont les chouettes qui transmettent les messages ? demanda Julie.
-Oui, c'est un peu comme des pigeons voyageurs.
La chouette comprenant qu'on se moquait d'elle et qu'on la comparait a un vulgaire pigeon claqua du bec.
- «Regarde, on dirait qu'elle comprend ce que tu dis, s'étonna Jade, elle n'a pas l'air très contente. »
Comme pour confirmer ses dires, elle émit un bref ululement.
Julie inquiète du comportement soudain de l'animal, se tourna vers son mari en guise de réconfort.
-« T'inquiète pas chérie, cet oiseau n'est pas dangereux, lui indiqua-t-il en s'approchant de la chouette pour la caresser. »
Mais celle-ci, toujours outrée de son attitude de la veille lui pinça à nouveau le doigt !
-« Aïe! Sale bestiole ! répliqua-t-il sous le coup de la douleur. »
Jade amusée observa la chouette et en déduisit :
-« Je crois qu'elle t'en veut !
-Ah bon tu crois ? répondit son père qui se suçait le doigt. »
Jade risqua alors une caresse à l'oiseau. Celle-ci roucoula joyeusement en guise d'encouragement.
-« Tu attends ma réponse pour Poudlard ? l'interrogea-t-elle pas tout à fait sûre que la chouette comprenait ce qu'elle lui demandait. »
Pour marquer son approbation, l'animal lui mordilla le bout des doigts affectueusement. Ravie de l'avoir comprise, elle monta en courant dans sa chambre, prit la lettre de l'école, un stylo et une feuille et redescendit dans la cuisine.
Trop excitée, elle avait du mal à tenir en place et à réfléchir.
-« Calme-toi Jade. Si elle est encore là, c'est qu'elle ne compte pas partir sans ton message. » assura sa mère en reposant la lettre de Poudlard qu'elle venait de relire.
-Qu'est-ce que je dois lui répondre pap'? »
Son père était en train de donner du lard à l'oiseau qu'il essayait d'amadouer.
-« Ben euh… que tu iras dans leur école. Et demande leur où on doit aller pour acheter les fournitures scolaires car comme on est moldu, on sait pas …
-Mordu ? » s'étonna Jade.
-Non, Moldu ! répéta son père en faisant une grimace. C'est comme ça qu'ils appellent les gens qui n'ont pas de pouvoir. Me demandez pas pourquoi, j'en ai aucune idée. Diggle le disait toujours quand il parlait de nous. »
Jade hocha la tête et se reconcentra sur son message.
-« On peut vraiment trouver tout ça en Angleterre ? s'étonna Julie.
-Ben, je suppose que oui, vu qu'Harry a pu se les procurer, répondit Dudley en haussant les épaules. »
Quelques minutes plus tard, Jade avait enfin terminé d'écrire sa lettre aidée par sa mère. Dudley lui n'était pas très doué pour ce genre d'exercice.
« Madame la Directrice,
J'ai été très surprise par votre courrier. Je serais bien entendu ravie d'étudier à Poudlard l'année prochaine. Cependant, comme nous ne sommes pas une famille de sorciers, nous n'avons aucune idée de l'endroit où nous procurer les fournitures scolaires. Peut-on vraiment trouver tout ça à Londres ?
Si vous pouviez nous indiquer où aller dans votre prochaine lettre, nous vous en serions très reconnaissants.
Serait-il possible aussi d'en savoir plus sur cette école et sur les modalités d'inscription.
Je vous prie d'agréer mes remerciements les plus sincères.
Dursley Jade. »
Cette réponse était parfaite ! Jade la plia et la mit dans une enveloppe. Mais après…
-« Comment on fait maintenant ?
-C'est très simple. Déjà, pas besoin de timbre. Il suffit de donner à manger au hibou ou de le payer selon qui te l'envoie. C'est dans le cas où on reçoit un journal, précisa Dudley, c'est Diggle qui me l'as appris »
Puis, il l'aida à accrocher l'enveloppe à la patte de la chouette qui s'envola aussitôt.
Regardant l'oiseau disparaitre dans les airs, Jade demanda :
-« Papa, combien de temps ils mettent pour répondre?
-« Ça dépend. Mais ils peuvent être très rapides ! On peut très bien avoir la réponse dans la journée comme demain ou dans une semaine.
-Dans la journée ? s'émerveilla sa fille. »
Julie dont les questions l'avaient tourmentée toute la nuit dernière, se décida enfin à les poser à haute voix :
-« Et que comptes-tu faire pour tes parents et ton cousin? Tu vas leur dire ?
-Mes parents ? C'est hors de question ! » s'affola Dudley. Je n'ose même pas imaginer quelle serait leur réaction s'ils l'apprenaient.
-Je vois, dit sombrement Julie. Je pense aussi qu'il vaut mieux ne pas tenter le sort vu le peu de tolérance qu'ils ont… »
Et en disant cela, elle pensait à son frère et Alexandre. Ce n'était pas de simples colocataires. Cela faisait maintenant 6 ans qu'ils sortaient ensemble. Ses beaux parents avaient eu beaucoup de mal à l'accepter.
Jade était un peu décontenancée. Ses grands parents allaient-ils réellement la rejeter parce qu'elle était une sorcière ? Elle allait devoir leur mentir. Enfin, encore plus que d'habitude. Cette pensée la peinait beaucoup.
-« Et pour Harry ? enchaîna Mme Dursley.
-Ben, je lui écrirais, répondit Dudley mal à l'aise. Il a une fille du même âge que Jade alors bon, on risque de se croiser… »
Puis se grattant la tête, il ajouta :
-« En revanche, je ne sais pas trop quoi lui dire.
-Bien ! C'est une excellente nouvelle! se ravit Julie. T'as entendu Jade ? Tu seras dans la même école que ta petite cousine. Au moins, elle ne sera pas seule, se félicita sa mère qui avait peur de l'envoyer dans un endroit à l'aveuglette au milieu d'inconnus.
-Euh ouais… hésita cette dernière incertaine. »
Elle avait très bien compris qu'il y avait peu de chances qu'elle se rapproche de ses cousins, vu que leurs pères avaient plutôt l'air de ne guère s'apprécier. Elle ne voulait pas imposer au sien une rencontre avec Harry.
-« Tu sais maman, il y aura sûrement beaucoup d'élèves, je ne saurais pas qui c'est et tout… »
Mais avant que sa mère ait eu le temps de lui répliquer quelque chose, Dudley déclara :
- « Bon, je monte dans ma chambre réfléchir un peu. »
Puis après leur avoir adressé un sourire rassurant, il s'enferma à l'intérieur. Il ne sortit que pour manger et aller aux toilettes.
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C'était l'heure du dîner lorsque qu'un grand duc débarqua dans la cuisine. La petite famille était à table, et il se fallut de peu que la lettre ne tombe dans la soupe. Heureusement que Jade avait d'excellents réflexes.
-« Ça y est ! C'est Poudlard ! s'écria-t-elle avec joie. »
Ses parents vinrent se placer derrière leur fille pour lire la lettre en même temps qu'elle.
« Chère Mlle Durlsey,
Veuillez excuser le manque d'information de notre précédent courrier. Normalement, un professeur est chargé d'annoncer de vive voix aux enfants nés moldus qu'ils sont des sorciers. Comme nous étions persuadé que vous aviez de la famille sorcière, nous avons cru que vous étiez au courant de tout cela. Je vous prie de bien vouloir nous excuser de cette méprise.
Vous pourrez trouver tout ce dont vous avez besoin sur « le chemin de Traverse ». Pour y accéder par l'entrée moldue, il vous faudra vous rendre à Charing Cross Road, à Londres, derrière le pub du Chaudron Baveur. Il vous suffira alors de tapoter une brique du mur et l'entrée se dévoilera.
Mais pour plus de facilité lors de votre première excursion dans le monde magique, je vous propose de vous envoyer quelqu'un dès ce vendredi. Il pourra répondre à toutes les questions que vous vous posez. Il vous suffira de nous indiquer votre préférence dans la prochaine lettre.
Veuillez croire en l'expression de mes sentiments distingués,
Le directeur adjoint, M. Londubat Neville.
Jade se tourna vers ses parents et déclara :
-« Ça serait bien que quelqu'un nous accompagne, non ?
-Oui, approuva sa mère. Je me vois mal trifouiller une brique derrière un pub, avoua-t-elle dans une grimace. Tout cela me parait encore tellement absurde. J'ai vraiment du mal à réaliser.
-Je suis d'accord avec vous. Ça serait mieux si on était accompagné, conclut Dudley. »
Sans un mot de plus, Jade donna un bout de jambon et de l'eau au hibou pendant que son père partait chercher de quoi écrire dans sa chambre. Si sa femme voyait dans quel état elle était, il allait passer un mauvais quart d'heure. Il y avait des boulettes de papiers dispersées un peu partout, un paquet de chips ouvert sur le bureau et des stylos renversés par terre. Il chercha au milieu de feuilles raturées et froissées une feuille blanche et la lettre qu'il avait passé la journée à écrire. Il la compléta avant de redescendre.
-« C'est pour qui la deuxième ? s'étonna Jade.
-C'est pour Harry, confia ce dernier. »
Dudley accrocha les deux enveloppes et expliqua bien au Grand Duc laquelle était pour Poudlard et laquelle était pour M. Potter. L'oiseau serra légèrement ses griffes pour lui signifier qu'il avait compris et s'envola.
La semaine prochaine nous retrouverons enfin les Potters. C'est ce que vous attendiez tous hein ? ;)
En tout cas, j'espère que ce chapitre vous a plu.
N'hésitez pas à me laisser un petit (ou un gros) 'est ce qui vous plu ? Qu'est ce qui vous a déplu ? Comment imaginiez vous Dudley a 40 ans ? Y a-t-il des incohérences dans mon texte ou des choses que vous n'avez pas comprises ? *
Bref ! J'attends vos impressions avec impatience.
