Merci a Lenachan33 et a mon petit pingouin pour les reviews! en espérant que ce chapitre 3 soit à la hauteur de vos espérances… x)
bisou bisou!
Votre petit gâteau.
Chapitre Troisième:
Un bruit me fait sursauter, on allume la lumière. Neji.
Je suis tellement sous la surprise que je ne réagis même pas quand la lumière s'allume. Je regarde le visage de Neji tordu par la douleur de me voir là, ma souffrance exposée à ses yeux, mon corps hurlant ma douleur et mes yeux flous dont la couleur devait ressortir bleu clair, glacials, sous le néon de la pièce. Il m'arrache le rasoir des mains, m'attrape le bras et me colle au mur. Je grimace à la sensation de sa main appuyant fortement sur mes plaies récentes. Il me scrute.
J'ai encore des pansements frais de ce matin et de nouvelles entailles sanglantes. Certaines se sont ré-ouvertes, d'autres ont des croûtes à moitié arrachées, grattées, et mon corps… est immonde. Je suis maigre, je mange juste assez pour me faire tenir sur pied, et des multiples traces blanches se dessinent sur ma peau basanée. Tout autour de mon nombril. Sur mes côtes. Mes bras. Mes jambes. Même à l'intérieur de mes cuisses. J'ai des cernes sous les yeux. Les dents jaunes. Je dois être blanc comme un linge (autant que je puisse l'être). Mon sang, qui coule encore le long de mon bras, a giclé sur mon torse où plusieurs marques de sang séché sont apparues. Je dois ressembler à un fou. Un peu comme… non. Je ne dois pas penser à lui maintenant.
Neji me regarde, horrifié. Je ne l'ai jamais vu comme ça. Je ne saurais pas vraiment le décrire, c'est un petit peu comme si quelque chose de très cher à ses yeux partait peu à peu en poussière sans qu'il ne puisse faire quoi que ce soit. Je le comprends un petit peu…
"C'est toi même qui t'es fais ça…?"
Je ne sais pas trop quoi dire, alors je me tais. Grand silence. Silence assez vite brisé par Kiba qui entre dans la salle de bain. Il a dû nous entendre. Ou même nous voir. Il parle d'une voie calme, lasse.
"Oui Neji, c'est lui qui se fait du mal. Depuis 3 ans. Je peux te le dire parce que c'est moi qui le soigne. Mais je n'en ai jamais compris la raison, il refuse de me le dire."
Je profite d'un moment d'inattention de Neji pour prendre mes jambes à mon cou, bousculant Kiba au passage (qui n'essaie même pas de me retenir) et pars m'enfermer dans ma chambre. Oui c'est mal ce que je fais. Je fuis. Je sais. J'ai l'impression que je ne sais faire que ça.
Mais malgré tout ce qu'ils peuvent bien me dire, comme quoi c'est mal ce que je fais, comme quoi je devrais trouver un autre moyen de me soulager, ça me fais du bien, à moi. Et c'est ça qu'ils ne comprennent pas. Ils ne savent pas à quel point ça m'apaise. Je m'en veux, donc je dois payer. Ça me semble normal. Je mérite ce que je me fais. Je n'ai pas l'impression de me faire mal, de me mettre en danger. Je subis juste ce que je me dois de payer pour expier mon crime.
Vous savez, tout paraît beaucoup plus simple quand on se dit qu'on le mérite, que ça soit les bonnes ou les mauvaises choses… et puis… qui sait. Si jamais j'arrête de me scarifier. Je continuerais quand même mes crises. Et si quelqu'un arrive à ce moment là? Peut être que je m'en prendrais à lui au lieu de m'en prendre à moi? Je me connais, je sais que je ne ferai pas la différence entre une personne qui m'est chère et une autre. Dans les deux cas, la personne en question est innocente et moi non. C'est injuste. Je ne me contrôle pas pendant mes crises, je suis quelqu'un d'autre. Et c'est pour ça que je ne veux pas arrêter. Même si ce n'est pas la meilleure méthode.
J'entends Neji et Kiba qui frappent ma porte, me demandant d'ouvrir. Je fais la sourde oreille. Laissez-moi tranquille avec mes faiblesses. Je ne vous ai rien demandé. Dégagez, je me sens déjà assez mal comme ça. Je me roule en boule et attends sagement le sommeil, qui tarde a venir.
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
Le réveille sonne. J'ouvre mes paupières avec difficulté et regarde l'heure: 7h. Allez, debout. Il faut que je me prépare à aller au bahut… je me lève, m'étire, et part faire le café. Mais en ouvrant la porte, j'aperçois Neji et Kiba, assis l'un contre l'autre sur le mur d'en face, dormant comme deux imbéciles. Je souris, m'amusant du spectacle qui s'offrait a moi, bien que je me sente un peu coupable par rapport à hier soir… ils ont dû s'inquiéter…
Je traverse le couloir en essayant de faire le moins de bruit possible, et alors que j'arrive dans la cuisine, je remarque l'amalgame de sang séché sur mon bras. Je grimace. Certaine plaies qui s'étaient ré-ouvertes, commencent à s'infecter. Il faut que je m'en occupe. Je me dirige donc vers la salle de bain (toujours en faisant attention aux lattes qui grincent), bien décidé à m'en occuper seul. J'ai déjà vu Kiba le faire à plusieurs reprises, je devrais être capable de m'en sortir.
Je commence par passer mon bras sous l'eau, frissonnant. C'est froid..! Et alors que je commençais à enlever le sang séché, je sens deux mains fortes, chaudes, m'enserrer les bras ainsi qu'un corps se coller au mien. Je lève la tête avec étonnement, étonnement qui s'intensifie quand je comprends que cette personne, si proche de moi n'est autre que Kiba. Il a dû m'entendre et est venu, sachant pertinemment ce que je voulais faire dans la salle de bain.
Kiba n'est pas du matin. En temps normal, il ne se serait jamais rapproché de moi comme ça. Ça lui est déjà arrivé plusieurs fois de venir dormir avec moi, pour pas que je ne fasse de crises (ce qui marche d'ailleurs vraiment bien, je dors comme un bébé) et souvent, je le retrouve au petit matin accroché a moi comme si sa vie en dépendait. Au réveil, il reste comme ça et puis il s'en va au bout de 10 minutes. Je dois dire que j'apprécie vraiment nos moments comme ça. Je me sens plus proche de lui.
Il se rapproche un peu plus de moi, me serrant un peu plus, ce qui m'arrache une grimace de douleur.
"Laisse moi m'occuper de ça, Naruto."
Ah. J'ai senti son souffle caresser l'arrière de ma nuque.
Mon cœur se serre. Je rougis violemment et me retourne, lui tendant mon bras. Il me regarde avec des yeux fatigués, cernés. Il n'a pas du beaucoup dormir, assis en face de ma porte. Il attrape le désinfectant et me dis:
"Tu sais, j'ai attendu longtemps que tu ouvres ta porte hier."
"Je sais, j'ai vu. Je suis désolé."
"Ouais t'es désolé, je te crois mais la prochaine fois, évite de me faire peur comme ça. Je me suis demandé si t'étais pas passé de l'autre côté. C'est seulement quand je t'ai entendu ronfler comme un bien-heureux que je me suis décidé à me décrisper."
"Très drôle, je ne ronfle pas."
"Ha ha. Si tu ronfles, un peu. Il faut tendre l'oreille, ça ressemble plus à un ronronnement qu'à autre chose. Rien de bien masculin quoi. Mais blague mise a part, je ne trouve pas vraiment ça drôle, je me suis vraiment inquiété."
"Pardon. Je ne recommencerai plus."
"Merci."
Il dépose un dernier pansement, prend mon crâne dans ses mains et dépose un baiser sur mon front avant de partir en direction de la cuisine. Il a vraiment dû avoir peur, pour me faire un bisou. C'est pas vraiment dans ses habitudes… Je regarde mon bras. Même complètement crevé, il arrive à prendre soin de moi. Rien que de penser à quel point il s'est inquiété, ça me fait tout bizarre. Ça fait chaud au cœur. Un peu trop chaud d'ailleurs. Faut que je me calme, il est hétéro… et puis, ça me donne l'impression de tromper un peu Sasuke, même s'il est mort et qu'il n'était pas avec moi de toute façon.
Après quelques minutes de 'je-suis-trop-choqué-pour-bouger', je vais dans la cuisine. J'y trouve Neji et Kiba en train de siroter leur cafés respectifs. Neji me regarde, ne dit rien. Je lui demande si ça va, pas de réponse. Alors je me décide à ne pas parler non plus. S'il préfère le mutisme à la discussion, libre à lui, qu'il ne vienne pas me demander le pourquoi du comment après… il ne pourra s'en prendre qu'à lui même.
Je pars de chez moi, un peu en rogne. Je me radoucis en apprenant que deux de mes profs ne sont pas là. Je fini donc à 14h. Je cherche Neji pour le charrier, mais ne le trouve pas. C'est dommage, ça m'aurait détendu de le voir faire la moue. Faut dire que la gueule d'un ananas qui fait la moue… c'est assez exceptionnel. Je rentre donc tranquillement, prêt à pardonner Neji pour ce matin. Mais quand je rentre, il m'attend, et me demande de but en blanc:
Pourquoi tu te fais ça?"
Je le regarde méchamment. Ma colère de ce matin est revenue. Il est con ou il le fait exprès? Non seulement il est censé savoir pourquoi, mais en plus de ça, il m'agresse là alors que j'ai essayé d'engager la conversation ce matin, qu'il aurait très bien pu m'en parler à ce moment là, qu'en plus je viens de rentrer… c'est pas parce que monsieur ne bosse pas qu'il doit se sentir obliger de pourrir la vie de ceux qui bossent… donc bref, je suis un peu irrité.
"Je ne pense pas que ça soit le bon moment pour en parler, Neji."
"Je veux savoir."
"Tu sais déjà."
"Comment ça, je sais déjà?"
Je lui lance un regard exaspéré. Il le faitexprès, y'a pas moyen. Je respire profondément. Il ne faut pas que je m'énerve, je n'ai pas envie de me fritter avec lui alors que nous nous sommes retrouvés juste hier.
"Je n'ai pas envie d'en parler."
"Moi j'ai envie."
Et là, je craque.
"Nan mais t'es vraiment con ma parole! Un putain d'égoïste! Je te dis que j'ai pas envie d'en parler merde! En plus tu te ramènes ici comme une fleur, en me disant que tu sais tout, mais tu sais quoi au juste pour oser me poser la question? Tu sais pertinemment que ça me fais un mal de chien d'en parler, alors quoi! Tu le fais exprès? Tu crois pas qu'avoir tué deux personne ça ne fais pas assez mal comme ça? Nan mais je n'en reviens pas de ce que tu me fais dire… tu… tu crois vraiment que je ne m'en veux pas? Que je n'ai aucun scrupule… ? Que je ne mérite pas de mourir à leur place?"
Neji me regarde, les larmes aux yeux, il ne dit rien.
"JE LES AI TUÉS VOILÀ POURQUOI JE ME FAIS DU MAL! Parce que je suis trop lâche pour aller me dénoncer, parce que je suis trop faible pour affronter la vérité, parce que je n'ai pas la force d'assumer, je me scarifie!"
Les yeux de Neji s'agrandissent, j'ai l'impression qu'il a vu quelque chose derrière moi, mais je ne m'arrête pas, il faut que ça sorte.
"Parce que je devrais être mort à leur place! Je dois payer! Tu comprend ça? Je n'avais pas le droit de faire ça! Je suis affreux, je suis un monstre, je suis immonde, je dois expier mon crime d'une façon ou d'une autre! Alors voilà, dans ma folie, c'est le seul moyen que j'ai trouvé! T'es content là, c'est bon? Ou peut être que tu veux que je continue?"
"Non ça va aller, merci, je crois que j'en ai déjà assez entendu."
Cette voix… ce n'est pas Neji. Je me retourne brusquement.
"Kiba?"
