Chapitre Cinquième:

Je suis dans ma chambre, totalement désorienté. Si Kiba s'éloigne de moi à son tour, je ne sais pas ce que je vais devenir… il est toute ma vie depuis 3 ans, le seul qui me voit tel que je suis désormais, le seul qui m'aide, le seul qui me soigne… je ne peux tout simplement pas faire sans lui. C'est impossible. Parce qu'il est plus que n'importe lequel de mes amis, parce que je l'aime un peu plus à chaque jour qui suit son contact, parce qu'il sait comment me rassurer sans même connaître les circonstances de mon mal.

C'est grâce à ses reproches, à ses inquiétudes que j'ai tenu le coup. J'ai tellement peur qu'il ne me pardonne pas, qu'il me dénonce, qu'il me déteste, car bien qu'il aurait raison de me laisser tomber, je ne suis pas sûr de supporter son départ. Mais… je sais que je ne le mérite pas. Toute son attention, toute son affection, lui qui prend soin de moi, lui qui m'aime tout simplement à sa manière, au quotidien, je ne mérite rien de ce qu'il me donne. Je lui mens, et ça depuis 3 ans.

J'entends la porte d'entrée s'ouvrir, se fermer, puis des pas dans le couloir en direction de ma chambre. Je me raidis tandis qu'un lourd silence s'installe.

"Naruto, ouvre moi."

Je sursaute. Je pensais que c'était lui qui était parti. Pourquoi est ce qu'il est encore là? Qu'est ce que je suis sensé faire ? Je ne veux pas lui ouvrir pour qu'il m'annonce qu'il ne veut plus jamais me revoir, ça me ferai trop mal. Alors je reste debout, planté au milieu de la chambre, fixant la porte avec incertitude.

"Naruto…"

J'ai l'impression que sa voie tremble un peu. Peut être que c'est juste mon imagination… je ferme douloureusement les yeux, attendant que Kiba fasse demi tour, m'abandonnant seul face a ma misère.

"NARUTO ! "

Je rouvre brusquement les yeux en reculant de plusieurs pas, m'asseyant sur le bord du lit tandis que je vois la porte de ma chambre s'écrouler devant moi. Je rêve, ou il l'a défoncée? Mon cœur se serre… je commence a espérer qu'il me pardonne. C'est mal. Il me fixe là, devant moi, le regard menaçant, des larmes au coins des yeux. C'est la première fois que je le vois dans cet état… je ne sais pas trop comment réagir, il est si beau, tourmenté par ses émotions trop fortes et complexes pour être dissimulées. Il baisse la tête.

"Pourquoi… pourquoi tu ne m'as rien dis?" me demande t il entre les dents, dans un murmure presque inaudible.

"Je ne pouvais rien te dire. Tu n'aurais plus voulu de moi, tu m'aurais laissé et… je n'aurais pas supporté. Je ne voulais pas que tu l'apprenne Kiba je suis désolé que ça se soit passé comme ça… "

"Est ce que tu te rend compte de l'angoisse que j'ai dû supporter, pendant 3 ans? Sans savoir si je te reverrai le lendemain? Sans savoir ce qui te faisais souffrir? Le matin, te voir complètement ensanglanté, me demandant de te soigner, ça me rassurait presque! Je ne comprends pas pourquoi tu ne m'as rien dit. On aurait pu trouver une solution ensemble, on aurait pu éviter toutes ces cicatrices. Je ne peux même pas imaginer à quel point tu as dû souffrir en gardant tout ça pour toi…! Tu continuais à te faire du mal et moi, je voulais juste que tu ailles mieux, c'était la seule chose. J'ai attendu que tu m'en parle mais tu n'es jamais venu! Je m'en fou royalement, que tu sois un meurtrier ou quoi que ce soit d'autre."

Je pleure. Des larmes chaudes et salées tombent mollement du coin de mes yeux pour venir s'échouer en de lourds paquets sur mes joues. Je n'arrive pas à y croire. C'est merveilleux… j'implore Kiba du regard, je suis trop choqué pour parler et pour bouger, mais je veux le remercier, à ma manière, je veux qu'il sache que moi aussi je… mais il continue, les larmes dans ses yeux sombres se faisant plus brillantes au fil de ses paroles.

"Je veux juste… que tu t'ouvres plus, que tu me considère plus, que tu te confie à moi, parce que moi, j'ai besoin de toi! Depuis la première fois où tu as pleuré dans la voiture, je n'ai eu de cesse de chercher un moyen de t'apaiser, je n'ai pas pu m'empêcher de te chérir plus que ma propre vie, je croyais sincèrement que tu avais compris. Que tu viendrais un soir, en me demandant de t'écouter, que tu me raconterai… mais finalement, après 3 ans, j'apprends toute l'histoire par quelqu'un qui m'est totalement étranger, et… et c'est trop tard! La douleur est encrée si profondément en toi, que je ne peux plus rien faire pour t'aider! Je me sens tellement impuissant Naruto… qu'est ce que, qu'est ce que je peux bien faire pour t'aider, je suis dépassé par les événements, j'ai épuisé mes ressources, je ne sais pas quoi faire pour toi, alors que tu as tellement mal!"

Je tend mes deux bras. Il s'approche, mets ses deux genoux de part et d'autre de mon bassin. Je prend son visage entre mes mains. Silence. Puis, je le regarde.

"Si je tiens le coup Kiba, c'est grâce à toi. Merci…"

Je pleure à nouveau, me courbant un peu, mes mains, qui lâchent peu à peu le visage de mon ami, descendent au niveau de ses côtes. Il me relève la tête doucement, en plaçant ses mains a l'arrière de ma nuque et lèche mes larmes, une à unes, tandis que je m'agrippe désespérément à son tee-shirt. Il boit littéralement mon chagrin désormais. Je sens une douce chaleur m'envahir et relève la tête, timidement.

Il resserre un peu plus la prise de ses mains au niveau de ma nuque et laisse glisser ses pouces sous ma mâchoire avant de poser délicatement ses lèvre sur les miennes. Tout d'abord, de simples effleurements, des caresses, nous prenons soin l'un de l'autre, nous nous aimons en de chastes touchés. Puis, la passion prenant le dessus, il entrouvre la bouche, mêlant sa langue à la mienne. C'est chaud, sucré. Je le sens mordre doucement ma lèvre inférieure, ses canines aiguisées transperçant tendrement ma peau en un gémissement étouffé, sans me faire mal juste… par provocation.

Provocation à laquelle je réponds sans hésitation en passant mes mains sous son tee-shirt, re-dessinant les courbes de son dos, de ses hanches, de ses muscles saillants avec un plaisir non dissimulé. Combien de fois ai je rêvé de ce corps si… parfait. Je lui enlève son tee-shirt, interrompant notre échange un bref instant et en profite pour m'installer un peu plus profondément dans le lit, entraînant Kiba avec moi.

Il m'enlève à son tour mon tee-shirt et passe ses mains, chaudes, sur mon torse tout en mordillant gentiment mon cou. J'ai mes mains au niveau de ses reins et presse un peu son bassin contre le mien, nous faisant deviner à chacun l'intensité de notre désir envers l'autre. J'étouffe un grognement de contentement, en me déhanchant légèrement. Il passe sa langue et le bout de ses canines sur mes tétons, dressés sous l'envie, les maltraitant. Je soupire d'aise sous cette douce torture. Il descend lentement ses mains et m'enlève mon pantalon. Je fais de même.

J'embrasse sa clavicule avant de descendre un peu plus bas, vers cet endroit que je découvre sensible chez lui entre le bas du ventre et les hanches. Il frissonne… lorsque que je touche sa virilité au travers du tissu, il pousse un grognement rauque avant de ramener sa tête vers la mienne. Je sens son souffle se faisant plus rapide alors que je prends son membre en main avec une lenteur presque inhumaine. Je commence des mouvements de va et viens.

Là, tout contre mon oreille, je sens mon amant souffler, gémir, grogner, je sens sa respiration rauque et saccadée tandis qu'il avance un petit peu son bassin, me poussant à intensifier mes mouvements. J'en veux plus. J'attrape sa main libre et place deux de ses doigts dans ma bouche, les léchant sensiblement. Une fois biens humides, je les places à l'entrée de mon intimité. Kiba me regarde, incertain. Je commence alors à enfoncer moi même un de ses doigt en moi.

"Allez… viens… "

Sans se faire prier plus que ça, il enfonce pleinement son doigt, très vite suivi du deuxième. Je me crispe sous l'intrusion. Il le remarque et commence de tout petits va et viens, faisant parfois des mouvements de ciseaux. Le plaisir vient. Emporté par cette sensation, électrisante, folle, j'arrête mes mouvements et place mes deux mains autour des épaules de Kiba, lui intimant de venir en moi en l'embrassant langoureusement.

Il place alors son membre tendu à l'entrée et force doucement le passage, prenant ma virilité en main jusque là négligée pour atténuer la douleur. Ce qui ne marche d'ailleurs pas très bien. Je serre le drap entre mes doigts alors qu'il s'enfonce de plus en plus en moi, poussant un râle quasiment animal. Une fois son membre en moi jusqu'à la garde, il ne bouge plus, me laissant m'habituer à lui.

Il bouge. D'abord doucement, régulièrement, mais quand je décide de bouger à mon tour pour le faire accélérer, il perd un peu le contrôle. Ses mouvements, désordonnés, puissants, sincères, me procurent un plaisir incommensurable. Chaque poussée me transporte quelque part où je n'ai pas encore été, me convainc un peu plus de son amour pour moi. Je suis électrisé et en train de fondre à la fois, j'ai chaud, je sens la jouissance venir alors qu'il frappe ce point si sensible, me faisant perdre la tête. Je ferme les yeux, qu'est ce que c'est bon… nous nous libérons a quelques secondes d'intervalle et Kiba vient s'écrouler à côté de moi, épuisé.

Je le regarde, amusé. Il se retourne paresseusement, m'embrasse et vient se coller contre moi.

"Je t'aime, petit ange."

J'enfonce ma tête dans ses cheveux, lui rétorquant que moi aussi, heureux. Je crois que ça fait une éternité que je ne me suis pas senti aussi bien.