Hey :D

Voilà le deuxième chapitre.
Bonne lecture ! :)


« Joyeux Noël. » marmonne pitoyablement Lestrade en me serrant la main.

Aujourd'hui personne n'est venu dans l'idée de passer un joyeux Noël. Mais il nous faut bien recommencer à vivre. Tout le monde est là cette fois-ci. Et un silence pesant s'installe, comme je l'avais prévu. Mycroft n'a pas dit un mot depuis son arrivée. Assis les jambes croisées dans le fauteuil qui avait appartenu à son frère, il s'est tourné face à la cheminée allumée, un verre de Whisky à la main.

Molly, les yeux brillants de tristesse, noie son chagrin dans un verre au liquide incolore. Lestrade, qui vient tout juste d'enlever son manteau, pose une main amicale sur l'épaule de Mrs Hudson, qui sanglote encore, un mouchoir à la main. Et moi ? Moi je cherche encore quoi dire. Ils ont tous probablement lu le dernier article de mon blog. Mais personne ne trouve les mots. En temps normal, Lestrade aurait ricané, avant de me dire que « Je le savais ! Deux célibataires qui vivent ensembles, c'est louche. ». Mais nous savons tous que ce n'est pas le moment. Alors je reste là, contemplant le tableau du Noël le plus triste de toute ma vie.

« Il est bientôt minuit les enfants. » articule péniblement Mrs Hudson. « Bientôt le 25 décembre. »

Elle s'avance fébrilement jusqu'à la cuisine, suivie de près par l'inspecteur Lestrade.

« Comme je pensais que vous n'auriez pas faim, j'ai seulement fait du thé. »

La voir aussi forte me redonne du courage. Et je vois qu'elle a toute la peine du monde à ravaler ses larmes. Molly s'affaire avec Mrs Hudson et Lestrade en cuisine. Mycroft ne nous prête même plus attention, ses affaires privées passant toujours avant tout. Je me sens tellement inutile sans Sherlock.

Le manque se faisant sentir à nouveau, comme si Sherlock avait été une drogue. Je me faufile dans sa chambre, comme je l'avais fait quelques jours auparavant. J'ai l'impression que plus un seul Noël ne sera joyeux, que ma vie entière sera triste et remplie de souvenirs de Sherlock Holmes, et que je ne serais plus jamais heureux. J'attrape une chemise de Sherlock qui traine encore sur la commode et la serre contre moi.

J'entends les invités discuter, Lestrade qui insiste pour aider Mrs Hudson. Elle refuse poliment. Le bruit de ses talons m'indique qu'elle retourne au salon, suivie par l'inspecteur et Molly. Peut-être que je devrais y retourner.

On sonne à la porte. J'entends Mrs Hudson qui se précipite dans les escaliers. Je me décide à sortir de la chambre, le vêtement à la main. Je les entends parler dans l'entrée.

« Vous avez demandé un taxi ? »

Une fausse adresse. Mrs Hudson lui répond que non. L'homme semble insister.

« Monsieur... » il hésite. « John Watson a demandé un taxi. »

Molly est maintenant immobile, la tasse de thé dans sa main droite tremble légèrement. Lestrade tente de lui faire la conversation mais abandonne bien vite, voyant que c'est inutile. Mycroft n'a toujours pas bougé d'un pouce. J'entends que ma logeuse monte les escaliers accompagnée du chauffeur de taxi. Soudain je me rappelle : le chauffeur de taxi qui poussait les gens à se suicider. Est-ce qu'un homme de main de Moriarty aurait pris la suite ? Je le regarde s'avancer. Il semble gêné d'interrompre notre petite réunion de Noël. Son bonnet lui recouvre entièrement le front. Ses grosses lunettes embuées par sa respiration dans le froid des rues de Londres cachent ses yeux. Ses mains gantées sont enlacées, et son énorme manteau d'hivers le fait paraître très imposant. Je ne suis pas sûr que je pourrais lutter contre un homme pareil.

« John Watson ? » demande l'homme en nous regardant chacun à notre tour.

Lestrade répond par la négative tandis que Mycroft ne lui jette même pas un regard. Tremblant, je fais un pas en avant.

« Vous avez demandé un taxi ? »

« N...Non. » Ma peur est trahie par mon bégaiement.

« Il est minuit, Joyeux Noël, vous prendrez bien une tasse de thé avec nous ? »

Je me tourne vers Mrs Hudson, effaré. Vous prendrez bien une tasse de thé avec nous, monsieur le meurtrier ? Elle me regarde et hausse les épaules. Son âme charitable nous tuera tous. Je n'ai pas le temps de me retourner qu'une voix grave et chaude envahie la pièce.

« Joyeux Noël John. »

Je serre la chemise couleur prune dans mon poing. J'entends un cris strident, une tasse qui se brise au sol, Lestrade qui s'étouffe dans sa tasse de thé, Mycroft qui laisse tomber son portable sur ses genoux. Puis plus rien. Je garde les yeux fermés, j'ai l'impression que mon cœur s'est arrêté de battre. Le plancher grince, quelqu'un a bougé dans ma direction. Un froissement de vêtement me fait sursauter.

« C'est ma chemise ? »

Je ne réponds pas. Je sens toutes les émotions possibles me traverser. Je suis heureux, triste, soulagé, j'ai peur, mais surtout je suis en colère. Je me retourne, les yeux baissés. Le bonnet, le manteau et les lunettes sont tombés au sol. Ses cheveux noirs bouclés sont là. Je n'ose même pas le regarder dans les yeux. Ma réaction ne se fait pas attendre, mon poing prend de l'élan, et vient s'écraser dans son abdomen. Le brun se plie en deux, mais ne cherche pas à s'éloigner.

Je ne fais plus attention à ce qui m'entoure. Je sors du salon, descend les escaliers le plus vite possible. Je ne prends même pas le temps d'attraper mon manteau, et me voilà dehors, dans le froid. J'avance sans vraiment savoir où je vais. Quand je reprends conscience, je suis assis sur un banc. Qu'est-ce qui m'a pris ? Je jette la chemise de Sherlock au sol. Une main l'attrape et la repose à mes côtés.

« Je suis désolé John. »


Troisième et dernier chapitre en cours d'écriture, merci d'avoir lu ! :)

A bientôt !