Acte II

Scène I

...

Sur Terre. Près d'une cascade où Tamao se baigne. Hao entre.

...

HAO, à lui-même

A-t-on vraiment besoin d'une reine ? Je vous le demande.

Il est évident que cette union, Jeanne l'appréhende.

La rencontrer n'a pas ranimé chez moi

Le désir d'une épouse et cette fille de foi

Semble ne surtout pas me vouloir pour mari.

Si je devais l'épouser j'en serai contrit.

Il n'y a bien que les Paches qui puissent ainsi

Me causer à cette heure tant et tant de soucis.

Mais voilà que j'entends le si doux bruit de l'eau

J'aperçois le lac entouré de ses bouleaux.

...

Silence.

...

HAO, à lui-même

Quelle est cette silhouette que je crois distinguer ?

Elle ressemble à une nymphe, je dois divaguer.

Une telle apparition serait d'ordre divin

Or je suis seul Dieu, même si j'ai bien feint

Comprendre que la dryade, croisée à l'instant,

Puisse vouer sa vie à un Dieu inexistant.

Non pourtant je ne rêve pas il y a quelqu'un

Qui sans précautions se baigne dans ces embruns.

...

Silence.

...

HAO, à lui-même

Ce qu'elle est belle. Ses cheveux mi-longs gorgés d'eau

Tombent sur ses épaules et découvrent son dos.

Je ne vois pas son visage et n'ose approcher

De crainte qu'elle ne s'enfuie soudain, effrayée.

Ah ! Belle déesse tu ne me laisses de glace.

Sublime créature qui coule sous la surface

Je te supplie, ô ange, de ne point t'échapper

Je ne résisterai pas à te courir après,

Tu as arrêté mon cœur et arrêté mon temps.

Te voilà qui émerge et qui sort de l'étang

Nue et offerte, je ne peux fermer les paupières,

Ta vue me paralyse, tu brilles de mille lumières.

Tu t'enroules dans un drap à moitié transparent

Je vais pouvoir m'avancer vers toi à présent.