Acte II
Scène II
...
HAO
Bien le bonjour, jolie demoiselle inconnue
Non ne vous sauvez pas, ne craignez ma venue,
Je ne vous veux point de mal mais seulement savoir
Quel est donc votre nom, qu'il reste en ma mémoire.
TAMAO, gênée
Je me nomme Tamao et dois vous avouer
Que je ne suis guère à l'aise, que vous me surprenez.
HAO
Oh pardon, je ne voulais point vous effrayer
Simplement votre nom connaître et demander
Ce nom qui est celui, qui sûrement cette nuit
Sera celui de l'être qui hantera mon esprit.
Vous me voyez aussi dépourvu que vous l'êtes
Votre vue dans mon cœur déclenche une tempête.
Je ne puis plus penser sans que vous m'obsédiez
Je ne veux plus que ma vie à la votre lier.
TAMAO
Sachez que ces discours on m'en parle dès l'enfance
Que j'ai été élevée dans une grande méfiance
De vous, de vos paroles et de ces beaux-parleurs
Qui ne sont en toute somme que de vils flatteurs
Et ne parlent ainsi que pour briser des cœurs.
HAO
Je crains, ma jolie nymphe, que vous fassiez erreur
Je suis pour vous transi d'amour et de folie
Et ne cherche nullement à vous tirer au lit.
TAMAO
J'aurai du mal, vous le comprendrez, à vous croire
Vous qui, près de ce lac, venez m'apercevoir
Et dont nulle pudeur ne vous fait détourner
Votre regard curieux qui chercherait hyménée.
HAO
Vous m'avez subjugué, je ne suis point fautif.
Dites-moi vos parents se font bien instructifs.
TAMAO, doucement
Je n'ai point de parents et ne suis qu'orpheline
Mon bel enseignement, je le tiens d'une amie
Qui depuis mon enfance me guide et illumine
Ma vie de ses conseils et ses nobles avis.
HAO
Vous avez là une amie précieuse, gardez-la.
TAMAO
J'y compte bien, c'est certain. Elle est bien en cela
La seule confidente qu'il m'ait donnée d'avoir.
HAO
Le soleil décline, il commence à faire soir
M'autoriseriez-vous, belle, à vous enlever
Vous mener par les bois, dans vos bras me lover ?
Vous enlacer, vous embrasser et vous aimer ?
Me voilà tout entier par vos soins enflammé
Votre voix, vos sourires, seuls suffisent à mon cœur
Pour plonger et nager dans un serein bonheur.
Il vous suffit d'un mot pour éveiller mes peurs
Il vous suffit d'un mot pour recevoir mes fleurs.
TAMAO, timide
Cessez donc de me couvrir d'éloges, j'en rougis
Je me sens transportée, quelle est cette magie
Qui fait que quelques mots me plongent dans l'émoi ?
Vous savez comment me manipuler, je crois
Mais il est bien trop tard et vos douces paroles
Comme un amère poison font de moi une folle.
Comment puis-je me défendre devant vos doux sourires ?
Ce combat inégal m'arrache des soupirs.
HAO
Alors ne vous démenez plus contre mon offre
Laissez-moi pour vos beaux yeux ouvrir tous mes coffres
Vous couvrir d'amour, de soie et de joyaux
Modestes mais précieux, et surtout aussi beaux
Que vous l'êtes à mes yeux.
TAMAO
... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... C'est assez, je ne peux.
HAO
Je vous en prie.
TAMAO
... ... ... ... ... ... ... N'insistez pas.
HAO
... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... Si, je vous aime.
TAMAO
Je ne vous aime pas.
HAO
... ... ... ... ... ... ... ... ... ... Vous vous mentez vous-même.
TAMAO
Non ! Ou peut-être que si. Me voici perdue
Au milieu de mes sentiments et de leurs flux.
Ah ! Cruel qui jouez avec mon cœur guimauve
En voici plus qu'assez, souffrez que je me sauve.
HAO
Souffrez plutôt que j'embrasse vos douces lèvres
Je ne suis qu'en vous voyant atteint d'une forte fièvre
Dont vous seule pouvez me guérir à présent.
TAMAO
Il ne m'est pas permis de vous laisser céans
Me voler ma vertu d'une telle manière
Même si mon cœur me fait votre prisonnière
J'espère avoir encore assez de dignité
Pour l'accès à mes lèvres pouvoir vous refuser.
HAO
Epousez-moi dans ce cas et je pourrai alors
Sans craindre votre courroux enlacer votre corps.
TAMAO
Vous vous moquez.
HAO
... ... ... ... ... ... ... ... ... Point du tout.
TAMAO
... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... Je suis orpheline.
HAO
Je le sais, mais à mes yeux vous êtes divine.
En s'agenouillant.
Je veux vous épouser, toujours être à vos côtés
Et vous garder aux miens, si vous le permettez.
Belle Tamao, je vous en prie, acceptez.
Vous êtes ma nymphe, je suis votre attaché.
TAMAO
Soit, je veux bien accepter de vous épouser
Pour peu qu'à votre tour, bel inconnu aisé,
Vous me décliniez votre nom désormais.
HAO, se relevant.
De votre acceptation, me voici enchanté !
Je suis le Shaman King, appelez-moi Hao
Je veux être votre époux et votre beau Roméo.
TAMAO, tombant à genoux, tête basse
Votre Majesté ! Je vous supplie d'excuser
Tous les mots déplacés que j'ai pu prononcés
Je suis votre fidèle et dévouée servante.
HAO, la relevant.
Ne dites point de sottises, vous êtes mon amante.
Je vous aime et bientôt vous serez mon épouse
Ma reine, mon âme sœur, celle que toutes jalousent.
Et qu'importe Goldova et tous ces grands discours
Sur le rang, la naissance, seul compte mon amour
Orpheline qu'importe nous allons nous marier
Et l'on fera grand bal lors de cet hyménée.
...
Tamao et Hao sortent.
