Acte III
Scène I
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A l'intérieur du Great Spririt. Entrent Goldova, Yoh et Anna.
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YOH
Ainsi donc, Goldova, vous auriez trouvé
Pour mon frère une femme digne d'être épousée ?
GOLDOVA
Prince Yoh, cela ne fait aucun doute et bientôt
La demoiselle viendra pour prendre le flambeau
Qui incombe au devoir d'une reine des shamans.
ANNA
Fort bien est tout cela, cette dame au platane
Va donc quitter la Terre pour épouser un roi
Qui daignera à peine lui offrir de la soie ?
GOLDOVA
Dame Anna, il ne vous ai point permis de dire,
De prétendre, d'oser, rapporter ces ouïs-dires,
Qui partout osent colporter que du Seigneur
L'amour envers cette dame ne vient point du cœur.
Cette fille est jolie et d'un bien noble rang
Qui sied à notre roi et fait d'elle à présent
La digne reine d'ici et de toute la Terre
Et votre jalousie ne pourra point y faire.
Si vous vouliez le trône il fallait accepter
La main que notre roi vous a tant demandée.
ANNA
Détrompez-vous très cher, je ne veux point la couronne
Et encore moins l'époux qui va avec le trône.
On m'a juste rapporté que pour la demoiselle
Le roi ne se verrait pas pousser des ailes,
Qu'elle peut être aussi belle que mille-et-un soleil
Il ne lui trouverait plus d'attraits qu'une vieille,
Que ses cheveux et yeux sont peut-être divins
Mais que son cœur pourtant ferait d'efforts en vain
Que de tenter encore de lui porter amour.
GOLDOVA
A ces viles paroles je préfère être sourd.
Sachez que ce n'est point parce qu'il s'est abstenu
D'une cour empressée dont il s'est défendu
Que son intérêt pour la belle serait moindre
Et qu'à la brève passion qui trop vite peut s'éteindre
La perpétuelle tendresse est, de loin, préférable.
YOH
Voyons mes chers amis, je vous sais plus affables.
Cessez de vous froisser et allons de ce pas
A mon frère demander de son doux cœur l'état.
