Je venais de sortir du train et regardais autour de moi... Si je m'étais retrouvée deux ans en arrière, ma mère serait là à m'attendre un sourire aux lèvres, mais on ne peut pas remonter le temps. Je replaçai mon sac sur mon épaule et commençai à marcher sur le chemin qui me mènerait à elle. Il me fallut un peu plus de dix minutes pour y arriver et je retrouvai son emplacement immédiatement. Je m'assis sur l'herbe qui entourait les pierres tombales du cimetière, ainsi que celle de ma mère. Je posai ma main dessus et soufflai un coup.
- Bonjour maman, chuchotai-je.
Je venais ici dès que je le pouvais, je venais me confier à elle. Comme à chaque fois, des larmes me montèrent aux yeux, mais je les refoulai au fond de moi.
- Aujourd'hui, j'ai parlé à Ron Weasley. Tu te souviens de lui? Tu me taquinais toujours, car dès qu'il passait devant moi je devenais rouge comme une tomate.
Je ris toute seule et levai la tête pour vérifier que personne n'était là. Je passai ma main sur l'inscription qui était gravée sur la pierre : "Lucie Granger, à tout jamais dans nos coeurs". C'était moi qui avais décidé d'écrire ça, je crois que ça lui aurait plus.
Je lui racontai ma journée, du moment où je m'étais levée à maintenant. Je n'attendais pas une réponse d'un esprit ou un autre, j'avais seulement besoin d'avoir la sensation qu'elle était encore là...
- Je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai accepté de lui donner des cours, car tu sais, j'ai dû prendre un travail à la librairie pour qu'on puisse payer une partie des factures...
Une larme tâcha la pierre et je posai ma main sur ma joue pour me rendre compte que je pleurais.
- Tu me manques tellement, dis-je en sanglotant. Je ne crois pas que je vais tenir longtemps comme ça...
Je lâchai un soupir et regardai l'heure. Si je ne partais pas vite, mon père se rendrait compte de mon absence.
Dans le quartier où j'habitais depuis ma naissance, toutes les maisons se ressemblaient : Toutes de même couleur, des fleurs sur le bord de l'allée et un jardin magnifique. Notre maison était la seule qui détonnait: Elle tombait en ruine et le jardin n'était plus entretenu depuis des mois. Je rêvais de partir d'ici, de ce quartier, de cette maison... La seule chose qui me retenait ici était mon père.
Quand je fus dans la maison, il était une fois de plus avachi sur le canapé regardant la télévision. Sur la table, étaient encore posés tous les journaux contenant des offres d'emplois que j'avais déposés là 5 jours plutôt.
- Tu y as jeté un coup d'oeil? lui demandais-je.
- Plus tard...
Je soupirai et montai dans ma chambre. Elle était assez simple, il y avait mon lit au milieu, une pile de livre venant de la bibliothèque par terre et une armoire contenant le peu de vêtements que j'avais. Je sortis une enveloppe que je cachai dans la housse de mon oreiller et y ajoutai trois dollars. En tout j'en avais 358, mais vu que les factures allaient bientôt arriver, ça n'allait pas durer très longtemps comme ça. J'ouvris les fenêtres et m'assis sur le rebord faisant pendre mes jambes dans le vide. Le soleil venait à peine de se coucher, je voyais la première étoile dans le ciel et, comme à chaque fois que je la voyais, je fis un voeu :
"Qu'un jour ce cauchemar se finisse"
