Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.
Message : Cette fic prend en considération les livres 1 à 4 d'Harry Potter, mais emprunte certaines choses du livre 5 (Notamment l'armée de Dumbledore)
Chapitre 5
Harry détestait royalement se dire qu'une part de ce que Malfoy avait dit était vraie. Même plus que vraie, et cela le rendait cinglé. Il ne voulait pas faire ça. Il ne voulait pas être la cause d'encore plus de malheurs et de désespoir. Jouait-il vraiment au martyr? Et bien si c'était le cas, le monde entier pouvait aller se faire foutre parce qu'il avait bien l'intention de continuer. Peut-être n'était-ce pas de sa faute… En fait, il savait pertinemment que ce n'était pas réellement de sa faute. Il n'avait jamais voulu entraîner quiconque dans cette guerre. Il n'avait jamais voulu que ces enfants prennent conscience de la cruauté qui régnait autour d'eux. Des enfants… Ils avaient peut-être le même âge que lui, mais ils étaient encore des enfants. Ils croyaient encore en des choses qui le faisaient mourir de rire. Ils croyaient avoir un contrôle sur leur destinée. Ils croyaient que la vie pouvait être belle et magnifique tant qu'ils faisaient des efforts.
Et bien, ce n'était pas du tout le cas. La vie se fichait éperdument des efforts et des sacrifices, elle prenait sans considération et n'éprouvait pas le moindre remord. Et maintenant… il devait détruire les illusions de ces gamins? Non seulement, il était celui qui avait annoncé le retour de Voldemort, mais il devait être aussi celui qui disait à ces enfants que leur enfance était terminée, envolée en fumée. Il était vraiment un oiseau de mauvais augure. Le Griffondor se laissa alors tomber sur son lit et ferma vivement les yeux. Il avait encore mal à la tête. Il commençait vraiment à en avoir marre. La méthode de Malfoy était peut-être brutale, mais elle était efficace. Le blond ne voulait pas être aimé ni apprécié, il voulait simplement survivre à cette guerre. Il ne mentait pas, il était vraiment venu dans leur camp.
Pourquoi avait-il fait une chose pareille? Il était inutile qu'il se pose la question, puisque Malfoy n'y répondrait jamais. Après tout, le Serpentard le méprisait. Une grimace se forma sur son visage et il se sermonna aussitôt. Malfoy le détestait depuis le début des temps et il n'en avait jamais été affecté. Il n'allait certainement pas commencer maintenant. Il était impossible d'être aimé de tous… mais, Malfoy refusait même qu'il l'effleure, comme s'il avait une maladie contagieuse. Merlin, le blond n'avait pas la moindre importance! Pourquoi ne cessait-il de penser à lui? C'était vraiment… les rideaux qui entouraient son lit s'ouvrirent brusquement et il vit que Ginny se trouvait devant lui.
-Harry, nous avons besoin de parler.
Le Griffondor hocha rapidement la tête avant de s'asseoir, fixant calmement sa petite-amie. Celle-ci se mordit doucement la lèvre inférieure avant de s'asseoir à son tour, refermant les rideaux derrière elle.
-Est-ce que tout va bien? Demanda-t-elle d'une toute petite voix.
-Étant donné les circonstances, oui tout va bien. Répondit-il calmement.
Était-elle vraiment venue pour lui demander comment il allait? Ou bien était-elle venue pour qu'ils couchent ensemble. Il n'était pas en mesure d'exaucer son souhait. Il n'avait pas envie de coucher avec elle ni avec quiconque. Il devait faire un nouveau plan d'entrainement et il allait même devoir peut-être demander l'aide de Malfoy. Il faillit éclater de rire en ayant cette pensée. Il ne pensait pas vraiment que le Serpentard accepterait de l'aider.
-Vraiment? Parce que depuis quelque temps…
-Ginny…
-Depuis quelque temps, tu ne sembles plus t'intéresser à moi. Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal?
Il dut s'empêcher de soupirer. Ron lui avait fait la même remarque il y a de cela quelques jours. Il était simplement fatigué… épuisé même. Il mourrait d'envie de prendre une journée de vacance, pas d'entrainement, pas de Voldemort, pas de problème. Même si l'A.D ne se réunissait que 5 fois par semaine, lui devait préparer les plans pour les prochaines rencontres pendant ses temps libres. Il ignorait quand était la dernière fois où il était sorti pour s'amuser. Uniquement pour s'amuser. Mais, tout cela changerait après la guerre. S'il survivait à la guerre et si celle-ci ne durait pas pendant 20 ans. Il espérait sincèrement que lui ou Voldemort serait mort avant que tout ce temps passe.
-Non, tu n'as rien fait de mal, tu es parfaite.
Un léger sourire se forma sur le visage de sa petite-amie et il se laissa embrasser sans rien dire. Le cœur battant à la chamade, les mains moites, le rougissement aux joues, il n'avait jamais connu tout cela et peut-être ne le connaitrait-il jamais. Il était bien trop cynique pour que cela lui arrive. Les lèvres de la rousse descendirent jusqu'à son cou et il la repoussa gentiment.
-Je suis désolé, mais je dois réfléchir à mon plan pour demain. Déclara-t-il doucement, mais fermement.
-Tu as déjà ton plan pour demain. Répliqua sa petite-amie, son sourire commençait à disparaitre.
-Malfoy m'a fait réaliser certaines choses que je m'étais forcé à ignorer. Il faut que j'y réfléchisse.
-Harry, est-ce que tu réalises que cela fait près d'un mois que nous n'avons pas couché ensemble?
Non, il ne le réalisait pas. Il n'avait pas la tête à ça, pourquoi est-ce que Ginny ne pouvait pas le comprendre? Le sexe n'était pas quelque chose de bien haut dans sa liste de priorité. Il savait que c'était anormal pour un garçon de penser comme il le faisait, mais bon… il avait toujours été bizarre.
-Je suis désolé. Répéta-t-il. Je dois y penser.
-Très bien, tu me reparleras quand tu trouveras le temps dans ton horaire surchargé.
Et elle partit sans lui jeter un seul regard. Aurait-il dû se sentir mal? Aurait-il dû lui courir après? Merlin qu'il avait mal à la tête… Il lui parlerait. Demain.
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-Mettez-vous en rang et écoutez-moi tous. Ordonna Harry, le visage impénétrable.
Les membres de l'A.D se placèrent alors devant lui, le fixant avec perplexité. Harry crispa les mains à ses côtés afin d'empêcher celles-ci de trembler. Il ne voulait pas faire ça. Il ne voulait vraiment pas faire ça, mais il n'avait pas le choix. Ses yeux se posèrent alors sur Malfoy qui l'ignorait avec superbe. Comme toujours… les yeux de Malfoy ne se posaient jamais sur lui. Il n'y avait rien d'étonnant à cela.
-Pendant deux ans, nous nous sommes entrainés sans vraiment aller plus loin. Nos entrainements ressemblaient aux exemples de nos livres de défense contre les forces du mal, mais ce n'est plus suffisant à présent. Nous ne pouvons plus nous permettre d'aller par les règles du livre parce que nos ennemis n'iront pas par les règles. Maintenant, votre adversaire n'est plus un ami, mais bien votre ennemi juré, celui qui cherche à tout vous enlever. L'époque du sentimentalisme est révolue, nous sommes en guerre.
Un silence de plomb régnait dans la salle sur demande et Harry attendit patiemment les réactions de ses camarades de classe.
-Tu as raison Harry et nous sommes avec toi. Fit remarquer Terry Boot. Apprends-moi Harry… Apprends-moi à me défendre contre les mangemorts et surtout… apprends-moi à ne pas me faire battre par un type qui est deux fois plus petit que moi.
Les yeux brus de Terry se posèrent alors sur Malfoy qui se contenta de lui envoyer un regard dédaigneux.
-Tout l'entrainement du monde n'arriverait pas à te rendre plus fort que moi. Répliqua le blond. Mais, au moins tu seras plus difficile à vaincre.
Harry vit le regard du Serdaigle s'attarder un peu trop longtemps sur la silhouette de Malfoy et il haussa un sourcil agacé. Il voulait entrainer l'A.D pour la rendre plus forte, pas pour que Terry puisse draguer Malfoy. Bon, cela n'avait pas la moindre importance. Ron et Hermione se placèrent alors à ses côtés et il se sentit tout de suite un peu mieux en sachant que ses meilleurs amis le soutenaient dans sa décision.
-Nous sommes ici parce que nous avons confiance en Harry. Commença Ron. S'il nous dit que nous sommes trop faibles, c'est qu'il a raison. Si vous n'êtes pas prêts à suer et à saigner afin d'apprendre à vous défendre, la porte se trouve là.
Les membres de l'A.D commencèrent alors à sourire et à acquiescer tandis qu'Harry grimaçait. Visiblement, ils n'avaient pas encore compris ce que cela voulait dire. Et ils n'avaient nullement compris à quel point l'entrainement allait être difficile.
-Entrainez-vous au corps à corps en équipe de deux. Malfoy, je dois te parler.
Pour la première fois depuis le début de la séance, les yeux gris se posèrent sur lui, le rendant étrangement nerveux. Il sortit alors de la salle sur demande, Malfoy le suivant de près. Dès qu'ils furent à l'extérieur, Harry se tourna vers le blond.
-Tu dois m'aider à les entrainer.
-C'est ce que j'allais faire Potter, que tu me le demandes ou non.
Le Griffondor ignora aisément la réplique sarcastique du blond.
-Je veux que tu les attaques par derrière.
-Quoi?
-Lorsqu'ils s'entrainent entre eux, tu dois les attaquer lorsqu'ils ne s'y attendent pas. Apprends-les à anticiper. Mets-les sur leur garde.
-Et leur innocence?
-Je ne peux que m'occuper de leur survie, pas de leurs états d'âme.
Les yeux gris le fixèrent intensément et il ne put s'empêcher d'ouvrir la bouche.
-Je déteste ça. Murmura-t-il d'une voix éteinte.
-Tu as fait la bonne chose, Potter. Un vrai Griffondor.
-Qu'est-ce que tu veux dire?
Un petit sourire se forma sur les lèvres délicates du blond alors qu'il posait une main nonchalante sur sa hanche.
-Toujours entrain de faire « la bonne chose ». Tu aurais pu ignorer le problème et ainsi sauver ta conscience, mais non… Tu dois toujours sauver tout le monde, pas vrai? Un vrai Griffondor dans toute sa splendeur.
Le blond s'apprêtait visiblement à partir lorsqu'Harry le retint en agrippant son bras. Était-ce lui ou bien il faisait souvent ça depuis quelque temps? Malfoy lui lança alors un regard glacial qui ne lui fit pas lâcher prise pour autant.
-Est-ce une insulte? Tu détestes les Griffondors, n'est-ce pas?
-Tu poses vraiment des questions débiles Potter. Qu'est-ce que cela peut te faire que j'aime ou que je déteste les Griffondors? Lâche-moi.
-Je déteste ça, tu sais. Faire la bonne chose. Ne pas penser à moi-même et penser au bonheur des autres.
-Alors pourquoi est-ce que tu le fais?
-Parce que c'est ce que les gens s'attendent de moi.
-Potter, le monde ne va pas s'écrouler parce que tu prends une journée de congé. D'ailleurs, tu rendrais même service à ton entourage.
-De quoi est-ce que tu parles?
-Tu n'as pas vu tes cernes et ton air grincheux? Tu es un tableau de Picasso ambulant.
-Merci Malfoy. Rétorqua-t-il sarcastiquement.
-Lâche-moi Potter.
Étrangement, il n'avait aucune envie de le lâcher. Et ce fut pour cette raison qu'il enleva sa main comme si la peau du blond venait de le brûler. Aussitôt, celui-ci lui tourna le dos et partit dans la salle sur demande. Prendre une journée de congé? Un doux sourire se forma sur ses lèvres avant qu'il ne secoue faiblement la tête. Pas pour le moment. Il n'arrivait pas à croire qu'il venait de dire ça à Malfoy. Il devenait vraiment fou.
À suivre…
