Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.
Message : Cette fic prend en considération les livres 1 à 4 d'Harry Potter, mais emprunte certaines choses du livre 5 (Notamment l'armée de Dumbledore)
Message de l'auteur : Merci à tous ceux qui ont pris le temps de reviewer! J'apprécie vraiment votre patience et je vous promets que la semaine prochaine je vais recommencer à répondre aux reviews puisque l'un de mes emplois se termine lundi prochain (se met à danser comme une folle). Je vous aime tous!
Chapitre 16
Drago n'arrivait pas à croire que Dumbledore avait réussi à convaincre les aurors de laisser sa mère rester à Poudlard. D'accord, elle devait vivre dans les donjons, mais c'était bien mieux que de rester à Azkaban. Ces mains se crispèrent autour des barres en fer qui retenaient sa mère alors que celle-ci le fixait sans véritablement le voir. Il n'avait pas dormi de la nuit. Comment aurait-il pu après avoir été attaqué par sa propre mère. Non, il n'avait pas été attaqué par sa mère. Il avait été attaqué par une Veela qui voulait protéger son âme sœur. Elle l'aurait probablement tué si cela voulait dire sauver son père. Bien évidemment qu'elle l'aurait fait. Après tout, il avait bien trahi sa famille uniquement parce que Potter était son âme sœur. Il avait mis ses parents dans cette situation. Non, sa vie de Veela avait mis ses parents dans cette situation. Ou était-ce sa mère puisque son âme sœur était son père? Oh et puis… est-ce que cela allait changer quelque chose de savoir qui était coupable? Non, cela n'allait rien changer. Il vit les yeux de sa mère se poser lentement sur lui, des larmes amères roulant sur ses joues de porcelaine.
-Il va le tuer, tu le sais? Murmura-t-elle.
-Mère dort s'il te plait.
-Il va lui faire du mal, et je ne peux rien y changer si tu me laisses ici.
-Si tu y retournes, il te tuera aussi.
Un gémissement inarticulé s'échappa de ses lèvres avant qu'elle ne se jette sur les barreaux, lui griffant presque le visage.
-Ma vie n'a pas d'importance! Hurla-t-elle. S'il te plait Drago… Je t'en supplie… Aide-moi... Laisse-moi partir.
-Je ne le peux pas. Tu vas avoir un procès, et le Ministère décidera quoi faire de toi.
-Je me fiche du Ministère! Laisse-moi y aller! Tu ne comprends pas!
Elle se mit alors à frapper contre les barreaux, hurlant des obscénités tout en sanglotant. Il savait pertinemment ce qu'il lui faisait. Non, il ne le savait pas. Il ne voulait pas savoir qu'est-ce que cela faisait de devoir vivre dans un monde où son âme sœur était en danger.
-Maman… Supplia-t-il. Je t'en pris, n'agis pas comme ça.
-Laisse-moi sortir Drago… Laisse-moi partir…
-Même s'il meurt…
Un râlement rauque s'échappa de la bouche de sa mère et il fit de son mieux pour l'ignorer.
-Même s'il meurt… cela ne veut pas dire que tu dois mourir.
-Ne te rends pas encore plus bête que tu ne l'es déjà!
-Je ne suis pas stupide. Qui a décidé que nous devions vivre pour eux? Qui a décidé que nous ne pouvions pas être sans eux?
-C'est notre nature.
Cette finalité dans sa voix, comme s'il n'y avait pas d'alternative, fit froid dans le dos de Drago. Il devait y avoir une alternative, une solution. Il devait pouvoir vivre sans son âme sœur. C'était parce que les Veelas n'avaient jamais essayé de se battre contre cette destiné que cela se passait ainsi!
-Non! C'est ce que nos ancêtres nous ont fait croire! Ce n'est pas vrai! La liberté doit exister.
-Il n'y a pas de liberté… Ce que tu fais est futile, Drago.
Elle se laissa alors tomber sur le sol, frappant incessamment les barreaux de sa prison. Drago pouvait le sang couler sur ses poignets. Il pouvait voir sa haine, sa colère et son désespoir, et il ne pouvait rien y faire. Il n'avait pas les clés pour la faire sortir. Et même s'il les avait, il n'aurait rien fait. Sa mère avait une chance de vivre même si elle refusait de l'accepter. Retourner voir le Seigneur des Ténèbres était du suicide tout simplement. Il n'allait pas perdre deux parents en une nuit. Les mains de sa mère se posèrent soudainement sur ses oreilles et elle se mit à hurler comme il ne l'avait jamais entendu hurler.
-Il lui fait mal! S'étrangla-t-elle. Il lui fait mal!
Comment le savait-elle donc? Drago avait presqu'oublié que plus les Veelas étaient liés à leur âme sœur, plus ils étaient affectés par ce qui pouvait leur arrivé. Quelle horreur. Mais, quelle horreur. Il vit sa mère se jeter contre le mur, hurlant à s'en déchirer les poumons, et il ne pouvait que la regarder, les yeux secs.
()
-S'il te plait… s'il te plait… Drago… Drago… Laisse-moi… Laisse-moi le rejoindre…
Drago ne faisait même plus semblant de l'écouter, il était simplement assis sur le sol, la tête sur les genoux et les mains sur les oreilles. Il ne voulait plus l'entendre, il ne voulait plus la regarder. La nuit était tombée et pourtant elle continuait à répéter sa litanie, encore et encore, menaçant de le rendre complètement cinglé. Il ne pouvait pas la laisser partir, il ne pouvait pas la laisser mourir. Les Veelas n'étaient pas dépendants de leur âme sœur, et il allait le prouver. Pour sa mère, pour sa Grand-Mère, pour lui-même. Un cri presqu'inhumain retentit dans les donjons, et Drago releva brusquement la tête, regardant sa mère recroquevillée contre le sol, des hauts le cœur féroces lui déchirant la poitrine.
-Non! Non! Non!
Elle répétait ses « Non » comme si elle pouvait effacer la réalité, effacer le fait que son âme sœur était morte. Son père était mort. Drago posa vivement sa main sur sa bouche, empêchant ses sanglots de sortir. Son père avait choisi son destin… oh oui, il l'avait choisi… et pourtant, il était tout de même son père. Même s'il ne le connaissait pas vraiment, même s'il n'avait jamais semblé affectueux ou gentil, il était son père, malgré tout. Et il était mort. Ce ne fut que lorsqu'il entendit sa mère se fracasser la tête contre le mur qu'il arrêta de se laisser aller.
-Elfe de maison! Hurla-t-il. Elfe de maison!
Celui-ci apparut aussitôt et posa à peine un regard sur sa mère avant de transplaner dans sa cellule et de se mettre à jeter des sorts. Il avait mis une camisole de force sur sa mère. Elle avait le front en sang et une camisole de force. Il allait vomir. Il allait vraiment vomir…
-Qu'est-ce qui se passe? Demanda d'une voix presqu'inaudible Potter.
Drago se tourna violemment dans sa direction, et son cœur se crispa dans sa poitrine en voyant que Ginny Weasley était avec lui. Il ne pouvait pas supporter ça. Pas pour le moment.
-Tu ne m'as pas laissé le sauver! Sanglota sa mère. Tu ne m'as pas laissé le sauver.
-Tu n'aurais pas pu le sauver, il était condamné.
Cela ne fit que pleurer encore plus fort sa mère et il s'obligea à se tourner vers le couple que formaient Potter et Weasley fille. Il ne voulait pas les voir. Il ne voulait pas les entendre. Il ne voulait pas voir leur amour briller devant lui alors qu'il se sentait tellement Veela… alors qu'il avait si peur de se sentir Veela…
-Allez-vous-en. Siffla-t-il d'une voix glaciale.
-Malfoy…
Il vit Potter faire un pas dans sa direction et sortit aussitôt sa baguette, la pointant sans ménagement dans sa direction.
-J'ai dit… Allez-vous-en!
-Tu vas finir comme moi, tu le sais Drago? Ricana Narcissa.
Sa bouche était déformée un sourire grotesque alors que des larmes amères roulaient sur ses joues.
-Tais-toi, Maman. Ordonna Drago.
-Tu penses que tu peux échapper à ton destin? Tu penses que tu peux courir? Que tu peux t'enfuir? Mais, tu es ce que tu es… peu importe à quel point -tu te mens.
-Tais-toi!
Il s'avança alors en direction du couple de Griffondors tout en continuant à pointer sa baguette dans leur direction.
-Allez-vous-en.
-Harry s'inquiétait pour toi! S'indigna Weasley. Il est tellement gentil qu'il…
-Dehors!
Les yeux bleus de la rouquine se plissèrent dangereusement avant qu'elle ne montre les dents. Potter lui fit alors un vague signe de tête, et elle partit en claquant la porte.
-Toi aussi, va-t-en. Poursuivit le Serpentard.
-Qu'est-ce qu'elle a? Pourquoi est-elle comme ça?
Drago observa du coin de l'œil sa mère qui s'était mis à chantonner des paroles sans queue ni tête. Elle devenait folle. Comment pouvait-elle déjà devenir folle? Cela prenait au moins une semaine! Il était censé avoir au moins ça! Il pouvait se souvenir de sa Grand-Mère qui s'était mise à chantonner une heure avant de s'ouvrir les veines. Il allait faire une crise, et il ne pouvait pas se permettre d'être aussi faible.
-Va-t-en Potter.
-C'est quoi cette histoire d'âme sœur? Est-ce que c'est pour ça qu'elle est comme ça?
-Va-t-en Potter!
Son ton de voix sembla le convaincre puisqu'il hocha faiblement la tête avant de partir. Une part de lui, une part que Drago détestait avec passion et qui ne cessait de devenir plus forte, hurlait de ne pas le laisser partir. De lui courir après. D'utiliser son charme Veela et de l'obliger à rester avec lui pour toujours. Mais, il n'était pas comme ça. Il refusait d'être comme ça.
-Elfe de maison.
L'elfe apparut aussitôt, lui lançant un regard éloquent.
-Ouvre la porte.
À sa grande surprise, l'elfe s'exécuta sans la moindre hésitation. Drago pénétra alors dans la cellule de sa mère, s'asseyant à côté de sa tête sur son petit lit étroit. Il prit la tête de sa mère et la posa sur ses genoux tout en lui caressant les cheveux.
-Nous ne sommes pas uniquement des Veelas, tu sais? Nous pouvons vivre sans eux.
-Comment est-ce que tu fais? Comment est-ce que tu fais alors qu'il est devant toi… qu'il pourrait être si facilement à toi…
Il ne voulait pas que Potter lui appartienne, voilà comment il faisait. Il pouvait se battre contre ce destin. Il n'était pas obligé d'y succomber. Il pouvait survivre… il se promettait de survivre…
-Laisse-moi partir Drago…
-Tu peux vivre sans lui.
-Je ne le peux pas. Et même si je le pouvais, je ne le veux pas. Il est toute ma vie.
-Si tu ne le fais pas pour toi… fais-le pour moi.
Drago ne réalisait même pas qu'il pleurait jusqu'à ce qu'une de ses larmes tombe sur la joue de porcelaine de sa mère.
-J'ai tellement mal, Drago. Laisse-moi partir…
-Non, Maman… s'il te plait… Maman…
-Drago… Tu me comprends plus que tu ne veux le laisser voir. Ne sois pas cruel, Drago. Ne sois pas si cruel.
-Je ne le veux pas!
-Nous sommes des Black, Drago.
-Et alors?
Le corps de sa mère ne tremblait plus, elle était si calme. Pourquoi était-elle si calme? Il n'allait pas la laisser mourir! Il était hors de question qu'il la laisse mourir!
-Nous sommes maudits. Être Veela n'est pas une malédiction.
-J'en doute fort.
-Mais, nous les Black sommes maudits… Maudits pour l'éternité. Tu finiras comme ça, toi aussi.
-Non, je ne vais pas finir comme ça! Que la condition Veela aille au Diable!
-Le voir avec cette femme… tu penses que tu y survivras?
-Oui.
-Non… tu ne pourras pas lui résister… il est déjà attiré par toi, tu le sais…
-Maman…
-Et quand vous ferez l'amour et qu'il retournera à cette rouquine, tu penses que tu survivras?
-Maman!
-Tu viendras me rejoindre bien assez tôt.
Ses yeux gris plongèrent dans les siens et elle lui envoya un sourire très doux.
-Je t'attendrai, mon bébé.
Sa Grand-Mère lui avait dit la même chose. Comme si elle savait déjà qu'il était destiné à cette même souffrance… à ce même destin… Il sortit alors lentement sa baguette.
-Finite incantatem.
La camisole de force se déchira aussitôt autour de sa mère et celle-ci le fixa avec un petit sourire serein. La mort la confortait. Mourir était la seule solution pour elle. Rester en vie lui faisait trop mal. Drago avait envie de mourir. Il pouvait encore voir les yeux vidés d'espoir de sa Grand-Mère, ses longs cheveux blancs sur le carrelage… sa main qui lui touchait la joue alors qu'il hurlait et que sa mère restait droite comme un « I », ne faisant absolument rien pour la sauver. Mais, il n'y avait rien à faire pour la sauver. Elle était déjà condamnée.
-Je t'attendrai pour t'emmener dans ta prochaine demeure…
Il fit alors apparaître un couteau dans sa main et le tendit à sa mère. Elle ne lui avait jamais fait un sourire aussi lumineux. Il ne lui avait jamais apporté autant de joie, mais l'idée d'aller au même endroit que son âme sœur la comblait de bonheur… de tant de bonheur…
-Merci.
Drago sortit alors de la cellule et se mit à pleurer comme il n'avait jamais pleuré de sa vie.
À suivre…
